mardi 27 mai 2008

Pirké Avot - « Quel est l’homme fort ? C’est celui qui maîtrise son penchant »

« Quel est l’homme fort ?

C’est celui qui maîtrise son penchant »

Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rav Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita)

Puisque nous sommes dans la période du ‘Omer, pendant laquelle nous avons l’usage de lire les Pirké Avot (chaque Shabbat) en public – comme tel est l’usage de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita – nous allons donc rapporter quelques notions mentionnées dans les Pirké Avot.

Il est enseigné dans les Pirké Avot (chap.4 Mishna 1) :

« Quel est l’homme fort ? C’est celui qui maîtrise son penchant. »

Question

Il aurait été plus juste de dire « Quel est l’homme fort ? C’est celui qui maîtrise le mauvais penchant. ». Le terme « son penchant », peut aussi bien indiqué le Yetser HaTov (le bon penchant) que le Yetser Hara’ (le mauvais penchant). Or, l’individu se doit d’écouter la voix du Yetser Hatov.

Quel est donc ce type de « force » qui réside dans le fait de maîtriser « son penchant » ? N’aurait-il pas été plus juste de dire « le mauvais penchant » ?

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita explique que le Yetser Hara’ (le mauvais penchant) diffère selon les différentes catégories d’individus.

Par exemple, les Talmidé ‘Ha’hamim (les érudits de la Torah) qui s’adonnent à l’étude de la Torah avec assiduité, se verront incités par le Yetser Hara’ à aller s’occuper de Tsedakot (bienfaisance) et de Guemilout ‘Hassadim (pratiquer la bonté) , ou bien à être des membres actifs de la ‘Hevra Kaddisha (le Dernier Devoir). Non pas que le Yetser Hara’ désire que ces Talmidé ‘Ha’hamim pratiquent tout ce bien et qu’ils fassent preuve d’autant altruisme, mais seulement afin qu’ils n’étudient pas la Torah. Tout le but du Yetser Hara’ est d’éloigner leurs pas de l’étude de la Torah, et pour atteindre ce but, il est prêt à utiliser même des Mitsvot comme le ‘Hessed (la pratique du bien).

Les gens riches – qui possèdent les moyens de soulager de leurs détresses, les veuves et les orphelins – se verront incités par le Yetser Hara’ à aller étudier la Torah ou à lire des Tehilim ou autre.

Avec cela, nous pouvons expliquer le terme « son penchant » employé par notre Mishna. Car en effet, non seulement chaque individu possède un Yetser Hara’ particulier, mais qui plus est, il apparaît parfois comme un Yetser Hatov qui incite à faire des Mitsvot.

Mais en réalité, il n’est que LE Yetser Hara’, qui vient pour attirer l’individu vers un chemin qui ne lui correspond pas, et dans lequel, l’individu ne peut exploiter les capacités spirituelles qui lui ont été données.

On raconte que dans la ville de Rofshitz (une petite ville de la région de la Galicie, en Pologne), vivait un homme très riche, réputé pour être avare.

Un soir de Yom Kippour, après la prière de Arvit, quelques nécessiteux se regroupèrent dans un coin de la synagogue pour lire des Tehilim. Le riche avare se joint à eux.

Le Gaon Rabbi Naftali de Rofshitz z.ts.l se trouvait à ce moment là dans la synagogue. Il envoya chercher le riche, qui interrompit sa lecture des Tehilim pour venir près du Rav.

Le Rav lui dit :

« Nous sommes actuellement dans une période d’urgence puisque la Pologne a déclaré la guerre à l’Autriche. Or, nous savons que le gouvernement possède divers corps d’armée. Il y a l’infanterie, le génie et la marine militaire. Quel est ton avis au sujet d’un soldat qui servait dans le génie, mais - sachant qu’il possédait également de grandes aptitudes en tant que commandant de navire militaire - il abandonna son unité pour aller servir dans la marine, et le comble, c’est qu’il se battit avec beaucoup de succès et remporta de nombreuses victoires sur l’ennemi. Selon toi, quelle citation à l’éloge, mérite ce soldat ? »

Le riche répondit au Rav :

« Non seulement ce soldat ne mérite aucune citation à l’éloge, mais de plus, il mérite une sanction, et il a le statut de déserteur. Il est inconcevable qu’un soldat puisse juger de lui-même dans quel corps d’armée doit il servir. Puisqu’il a été affecté au génie, il n’est pas autorisé à abandonner son camp sans en avoir reçu l’ordre explicite des autorités militaires. »

Le Rav demanda de nouveau :

« Et si le contraire se produisait ? Si un soldat de la marine militaire – sachant qu’il est aussi doué pour combattre dans le génie – se lève et galope à cheval jusque derrière les lignes ennemies en faisant des ravages sur son passage, selon toi, quelle citation à l’éloge mérite ce soldat ? »

Le riche répondit :

« Selon moi, ce soldat aussi est qualifiable de déserteur et mérite des sanctions, puisqu’il n’a pas agit selon les ordres de ses supérieurs. Mais pardonnez moi monsieur le Rav, quel rapport y a-t-il entre tes questions et cette sainte soirée qui est celle de Yom Kippour ? »

Le Rav lui répondit :

« Je dois attirer ton attention sur les réponses que tu m’as toi-même donné, et à la lueur desquelles, toi aussi tu es un déserteur, et tu dois - toi aussi - rendre des comptes aujourd’hui, lors de cette sainte journée ! »

Le Riche répondit :

« Comment puis je être un déserteur puisque je ne suis même plus en âge de servir dans l’armée ! Quel rapport peut il y avoir avec moi pour que je sois qualifiable de déserteur ?! »

Le Rav lui dit :

« Saches que dans le Ciel, on a attribué différentes sortes d’armées à Hashem, car le Nom d’Hashem est « Hashem Tsevaot » (le Dieu des armées).

Il y a l’armée des Talmidé ‘Ha’hamim (les érudits de la Torah), il y a l’armée des nécessiteux qui lisent les Tehilim, et il y a aussi l’armée des généreux donateurs.

Voici que toi, tu as mérité que l’on te donne une belle part dans la richesse matérielle, afin de soulager le cœur des opprimés, mais tu ne remplies pas ce que l’on attend de toi, et au lieu de cela, tu va te joindre à un groupe de nécessiteux qui lisent des Tehilim ! C’est la raison pour laquelle, je te qualifie de déserteur vis-à-vis de l’armée dans laquelle Hashem t’as placé, car ce que tu fais n’est pas bon. Tu te dois d’aller dormir sur des coussins et des couvertures de soie et de broderie, dans le repos, et demain matin, lorsque sera effectuée la collecte de fond habituelle, tu devras contribuer généreusement en faveur des nécessiteux, afin que tout le monde apprenne de toi, et que chacun soit motivé à agir de la même façon. Maintenant, lève toi, rentre chez toi et dors paisiblement, et demain, tu observeras tout ce que je t’ai ordonné. »

Le lendemain, avant la lecture de la Torah, le Rav commença une collecte en faveur d’une Yeshiva précise, et il se tourna vers le riche.

Le riche leva la voix et annonça :

« 10 000 roubles ! ».

Tous les membres de l’assemblée furent stupéfaits du don important que le riche venait de faire, car il n’était pourtant pas réputé pour être généreux.

Cette situation provoqua un grand réveil parmi l’assemblée, et chacun contribua de façon généreuse. Cette année fut abondante en délivrances et en consolations.

Il est évident que nos propos sont uniquement tournés vers l’essentiel du service d’Hashem de chaque juif, qui se doit de trouver le chemin qui lui correspond le plus et dans lequel il exploite pleinement toutes ses capacités.

Mais en réalité, chaque juif est tenu de fixer un moment d’étude régulier, afin d’apprendre les lois de la Torah, et afin d’avoir une part directe dans la Torah d’Israël.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768 sheelot@free.fr

(à partir des écrits du Gaon Rabbi Ya’akov SASSON shalita)

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