lundi 22 décembre 2008

LE ou LES miracles de ‘Hanouka ?

LE ou LES miracles de ‘Hanouka ?

Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita)

Pour l'élévation de la Neshama de mon ami Refael Eliyahou Ben Esther (ALLOUCH)

Et aussi, pour l’élévation des Neshamot de nos frères sauvagement assassinés en Inde.

Qu’Hashem venge le sang des innocents.

Dans cette période qui est celle de la fête de ‘Hanouka, nos maîtres ont institués l’allumage des Nerot de ‘Hanouka durant 8 jours, afin de divulguer le Miracle qu’Hashem a réalisé avec nos ancêtres.

En réalité, l’allumage des Nerot de ‘Hanouka ne vient pas divulguer tous les miracles qui se sont produits à ‘Hanouka, mais uniquement le miracle de l’ultime flacon d’huile pure qui restait dans le Beit Ha-Mikdash, et qui contenait seulement la quantité nécessaire pour allumer un seul jour. Or, un miracle se produisit et ils purent allumer les Nerot grâce à ce flacon, durant 8 jours.

Mais nos maîtres n’ont pas établis d’institution pour les autres miracles d’Hashem, comme celui de la victoire militaire, où la minorité a vaincu la majorité, et le fait que le nom d’Israël n’a pas été effacé du monde.

Cela nécessite justement réflexion, car lorsqu’on observe le texte du « ‘Al Hanissim » que l’on dit dans la prière quotidienne ainsi que dans le Birkat Hamazon pendant ‘Hanouka, il y est mentionné le miracle de la victoire militaire des Makabim sur les grecs, ainsi que les objectifs des grecs, comme il y est écrit :

« …afin de leur faire oublier Ta Torah et les égarer de Tes lois, mais Toi, dans Ta grande Miséricorde, Tu as donné les forts dans la main des faibles, la majorité dans la main de la minorité… ». Alors que le merveilleux miracle du flacon d’huile n’est pas du tout mentionné dans la prière.

Si nos maîtres ont vu une si grande importance dans le miracle du flacon d’huile, au point d’en instituer une Mitsva d’allumer les Nerot de ‘Hanouka, il aurait été donc souhaitable que ce miracle soit mentionné lui aussi dans la prière et le Birkat Hamazon. Pourquoi le miracle essentiel est-il absent de la prière ?

Dans la Guemara Ta’anit (25a), on rapporte une histoire au sujet de Rabbi ‘Hanina Ben Dossa. Un jour, sa fille alluma par erreur les Nerot de Shabbat avec du vinaigre à la place de l’huile. Elle resta assise en pleurant, car les Nerot allaient s’éteindre d’un moment à l’autre, et cela les forcera à rester dans l’obscurité durant tout le Shabbat. Son père constata sa grande peine, et lui dit : « Ma fille, pourquoi pleures tu ? Celui qui a dit l’huile de brûler, dira également au vinaigre de brûler ! » Il en fut selon ses paroles, et les « Nerot au vinaigre » brûlèrent durant tout le Shabbat, et s’éteignirent seulement à la sortie de Shabbat.

Nous pouvons donc constater que le miracle du flacon d’huile de ‘Hanouka qui s’est produit avec les H’ashmonaïm, se produisit également avec Rabbi ‘Hanina Ben Dossa. Il semble donc apparemment que le miracle qui s’est produit avec les Makabim, n’a rien de si impressionnant, car un tel phénomène se répéta dans le monde avec d’autres Tsaddikim, pour lesquels Hashem a bouleversé les règles de la nature sur ce point.

Pourquoi donc nos maîtres ont-ils autant attiré notre attention sur ce miracle en établissant une institution, alors que le miracle essentiel qui est le miracle de la victoire, n’a pas bénéficié d’autant d’attention, ni même d’une institution pour le célébrer ?

En réalité, le miracle essentiel de ‘Hanouka reste le miracle de la victoire des Makabim sur les maudits grecs, seulement, tous les miracles qui se sont produits lors des batailles des Makabim, restaient dans des proportions humainement explicables, et celui qui voudrait nier leur authenticité, en disant que toute la victoire n’est due qu’à la force supérieure des Makabim, car même s’ils étaient minoritaires, malgré tout, grâce à leur force physique, leur intelligence et leur sens de la stratégie, ils ont su comment vaincre les nombreuses armées grecques (comme l’écrit le RAN sur ‘Houlin 95b, que de façon naturelle, 2 ou 3 courageux peuvent mettre en fuite de nombreuses personnes).

Mais par le mérite du miracle du flacon d’huile, les arguments de tous ceux qui désireraient philosopher sur la question, sont réfutés, car le miracle du flacon d’huile est – sans le moindre doute possible – un phénomène inexplicable du point de vue naturel, et de ce fait, il dévoile par lui-même les autres miracles de ‘Hanouka qui provenaient tous d’Hashem. Certains de ces miracles étaient dévoilés, certains d’entre eux étaient cachés. Mais par la récitation du Hallel, ainsi que par l’accomplissement de l’institution de l’allumage des Nerot de ‘Hanouka durant 8 jours, nous exprimons notre reconnaissance envers Hashem pour tous les Miracles qu’Il a réalisé pour nous en cette période de ‘Hanouka.

C’est pour cette raison également que nous ne marquons pas les jours de ‘Hanouka par des repas ou des délices comme nous en avons l’habitude lors des autres jours de fêtes, car l’essentiel du miracle pour lequel nous sommes reconnaissant envers Hashem, n’est pas le sauvetage du corps humain de la main des grecs - puisque les grecs n’ont pas voulu l’anéantissement physique du peuple d’Israël, mais uniquement l’anéantissement de l’âme de notre peuple – mais le sauvetage de l’esprit.

C’est pourquoi, il est souhaitable de faire un rappel du miracle par un moyen spirituel, par la lumière des Nerot de ‘Hanouka qui symbolisent l’âme de l’homme, ainsi que la lumière spirituelle qui réside dans son âme.

Le sauvetage physique dont nous avons bénéficié à l’époque des Makabim, n’est en réalité que le sauvetage de l’esprit de notre peuple, car s’ils l’avaient désiré, les Makabim pouvaient aussi se soumettre et se joindre eux aussi aux hellénisants (juifs qui avaient accepté de s’assimiler aux grecs), et par cela, la Torah se serai interrompue du peuple d’Israël (qu’Hashem nous en préserve).

La réelle joie n’est pas celle de la victoire mais surtout celle du sauvetage spirituel, et nous devons donc marquer ce sauvetage par un moyen spirituel, qui fut démontré à la lumière du soleil par le Miracle du flacon d’huile, qui est entièrement spirituel, et dont la lumière qu’il a produit, nous éclaire jusqu’à aujourd’hui.

Par le mérite de ce miracle, nous pourrons continuer dans la Torah et la crainte d’Hashem, jusqu’à la venue du Mashia’h qui nous délivrera définitivement, rapidement et de nos jours, AMEN.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5769 sheelot@free.fr

(à partir des écrits du Gaon Rabbi Ya’akov SASSON shalita)

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