vendredi 23 janvier 2009

Divré Torah sur Vaera

quelques regards sur la Parasha de

Vaera

Ces Divré Torah sont dédiés à la réussite totale de nos soldats de Tsahal . Qu'Hashem les protège, et qu'il fasse plier nos ennemis sous leur force. Que chacun de nos frères soldats rentre chez lui sain et sauf, AMEN

Ces Divré Torah sont aussi dédiés à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita)

Pour l'élévation de la Neshama de mon ami Refael Eliyahou Ben Esther (ALLOUCH)

Et aussi, pour l’élévation des Neshamot de nos frères sauvagement assassinés en Inde. Qu’Hashem venge le sang des innocents.

1. La Emouna et la réflexion

Si déjà les Béné Israël ne m’écoutent pas, comment Pharon m’écoutera t-il ?... (Shemot 6–12, extrait de notre Parasha)

Moshé Rabbenou se plaint à Hashem en lui disant que sa mission ne peut pas réussir, car les Béné Israël eux même refusent d’entendre sa parole. Comment aura t-il donc plus de succès auprès de Pharaon ?!

Rashi commente :

Nos ‘Ha’hamim disent que ce raisonnement fait partie des 10 raisonnements qualifiés de « KAL VA’HOMER » ou raisonnements « à fortiori », que contient la Torah.

Question

Le raisonnement de Moshé Rabbenou est très étonnant.

Nous savons en effet que si le Béné Israël ont refusé d’entendre la Parole Divine apportée par Moshé Rabbenou, c’est uniquement à cause de la diminution de leur esprit (Kotser Roua’h), et de la dureté de l’esclavage (‘Avoda Kasha), comme le texte le précise lui-même quelques versets plus haut (verset 9) :

« Ils n’écoutèrent pas Moshé, du fait de la diminution de leur esprit, et du fait de la dureté du travail ».

Mais ce n’était pas le cas de Pharaon !

Il pouvait lui, écouté Moshé.

Quel est donc ce raisonnement que tient Moshé Rabbenou ?!

Qui plus est, sur quoi repose l’argument de Moshé Rabbenou selon lequel, les Béné Israël ne l’écoutent pas et refusent de croire en sa parole, alors qu’il est écrit plus haut (dans la Parasha de la semaine dernière) : « Le peuple a crut … » ?

Réponse

Le Rav ‘HASMANN z.ts.l répond à cette question dans son livre OR YAHEL (tome 3), de la façon suivante :

Il existe chez l’être humain, 2 forces opposées.

D’une part « Le peuple a crut … », et d’autre part « Ils n’écoutèrent pas Moshé… ». Ils croient et ils ne croient pas, et cela, en parfaite cohabitation.

Le roi Salomon écrit dans son livre Mishlé (chap.25) :

« Aussi hauts que sont les cieux, et aussi profonde qu’est la terre, ainsi est le cœur des rois, sans aucune limite ».

La taille du cœur humain est relativement petite.

Et malgré cela, ce cœur possède en lui une capacité de contenance aussi importante que la hauteur des cieux et la profondeur de la terre.

Et que contient-il ? D’innombrables chemins. Certains sont bons, d’autres mauvais.

Il est donc compréhensible qu’il y ait dans un seul et même cœur, de la place pour divers conceptions ou diverses sensibilités, même si elles sont cachées les unes à côtés des autres, et même si elles se contredisent les unes et les autres.

Le Sforno explique que « la diminution d’esprit » des Béné Israël correspond au fait que leur cœur ne réfléchissait plus. Ce qui veut dire que leur réflexion était diminuée, et de ce fait, ils n’écoutèrent pas Moshé Rabbenou. Leur cœur ne les laissait plus réfléchir et écouter ce qui leur était dit. C’est la maladie spirituelle qui frappe la plupart des individus à toutes les générations.

Pharaon lui aussi était victime de ce phénomène de refus de la réflexion.

En effet, nos ‘Ha’hamim nous disent dans le Midrash que chaque matin, Pharaon se rendait au Nil pour y soulager ses besoins naturels, car il prétendait être une divinité. Or, pour ne pas faire démasquer sa supercherie, il s’y rendait tôt chaque matin. Ensuite, il revenait à son palais, s’asseyait sur son trône et proclamait : « Le Nil m’appartient et c’est moi qui l’ai créer ! » Il est évident qu’aucune personne sensée ne porterait de crédit à ses propos, malgré tout, c’est ce qu’il faisait chaque jour. Pharaon était à la fois convaincu qu’il n’était qu’un être humain et non un dieu, puisqu’il se rendait au Nil chaque matin pour y soulager ses besoins naturels, mais cela ne l’empêchait pas de se convaincre du contraire. Pharaon n’est pas le seul dirigent de l’histoire, qui se trompait à lui-même sans le moindre complexe, puisque nos ‘Ha’hamim nous indiquent de nombreux cas de Resha’im qui avaient une très grande perception d’Hashem, et qui malgré cela, possédaient la force de se rebeller contre Lui. D’où peut donc provenir une telle quantité de force et d’insolence envers Hashem, alors qu’on est totalement convaincu de Son Existence ?!

D’une seule cause : Le manque de réflexion (Kotser Roua’h)

Tout homme, et même le plus grand - puisqu’il n’est qu’un homme, et qu’il a été crée à partir de la terre - est exposé à cette maladie grave que l’on appelle KOTSER ROUA’H ou le manque de réflexion.

Il existe des gens dotés d’une très grande Emouna en Hashem et la Torah, mais qui commettent pourtant de très graves fautes, et de façon consciente. Seulement, puisqu’ils ne réfléchissent pas, ils se sont convaincus avec le temps que leur comportement est juste.

Combien de gens vénèrent profondément (et très sincèrement) des Tsaddikim, et s’habillent encore de façon contraire à la Hala’ha, ou profanent encore le Shabbat ou des règles de la Casherout ?!

Avoir une foi profonde dans les valeurs de la Torah, ne suffit pas pour être immunisé contre la faute. Pour cela, il est nécessaire de s’imposer de la réflexion sur ces valeurs dans lesquels on a foi.

Pharaon a pleinement conscience qu’il n’est qu’un être humain, mais parce qu’il ne s’impose pas la réflexion, il tombe dans l’absurdité de croire que « Le Nil lui appartient et c’est lui qui l’a créé ! ». Il ne peut donc concevoir l’existence d’un autre D., et il n’écoutera donc pas Moshé Rabbenou !!

Le raisonnement de Moshé Rabbenou est donc maintenant parfaitement clair :

Si déjà les Bné Israël – la sainte descendance d’Avraham, Its’hak et Ya’akov – si eux ne m’écoutent pas, c'est-à-dire, s’ils sont contaminés par la maladie de KOTSER ROUA’H, s’ils se sont arrêtés de réfléchir, à fortiori Pharaon qui lui, s’est arrêté de réfléchir depuis bien longtemps, depuis le jour où il s’est convaincu qu’il était une divinité.

2. « Ils ne font jamais comme les autres !! »

Tu lui diras : « Hashem le D. des hébreux (‘Ivrim) m’envoi te dire : laisse partir mon peuple afin qu’ils me servent dans le désert… » (Shemot 7-16)

Le Or Ha-‘Haïm Ha-Kadossh (Rabbi ‘Haïm Ben ‘Attar z.ts.l) pose la question suivante :

Tout ce verset semble apparemment superflu, et il aurai été plus simple que le texte passe directement au verset suivant dans lequel Moshé annonce à Pharaon l’arrivée prochaine de la plaie du sang qui est la 1ère des 10 plaies qui vont s’abattre sur le pays d’Egypte.

Quelle est l’utilité de dire à Pharaon qu’Hashem est « le D. des hébreux (‘Ivrim) » ?

Le Gaon z’’l répond lui-même à sa propre question en disant que la Torah vient ici mettre en relief la grande Rish’out (mécréance) de Pharaon.

En effet, il refuse d’écouter la voix d’Hashem qui est « le D. des hébreux (‘Ivrim) ».

Or, le mot « Ivri » qui signifie « hébreu », provient de la racine « La’avor » qui signifie « passer ».

On appelle les Béné Israël les « ‘Ivrim » (les hébreux) parce qu’ils descendent d’Avraham Avinou qui était aussi surnommé « Avraham Ha-‘Ivri » qui signifie « Avraham celui qui est passé de l’autre côté ». Il s’agit ici du fait que lorsqu’ Avraham reconnut Hashem, il se mit à l’écart, à contre courrant du reste de l’humanité qui était resté de « l’autre côté » et continuait à croire aux divinités idolâtres.

On peut dire ainsi que lorsque Pharaon rejette l’existence d’Hashem (si l’on peut s’exprimer ainsi), il rejette le fait qu’Israël – par sa reconnaissance d’Hashem le D. unique, et par sa fidélité à sa Torah et à ses Mitsvot – est à contre courrant du reste du monde ! C’est l’idée contenue dans le terme « Ivrim », des gens qui se sont placés de « l’autre côté ».

C’est justement ce rejet que la Torah veut rappeler à Pharaon, en lui disant d’abord « Hashem le D. des hébreux (‘Ivrim) m’envoi te dire… ». Afin qu’il comprenne qu’il aura à combattre un peuple dont toute la force réside dans le fait qu’il est en marge de toutes les autres nations.

De nos jours, certaines personnes s’autorisent à émettre des critiques sur le mode de vie quelque peu « marginal » de ceux qui ont fait le choix d’être fidèles à la Torah de façon très scrupuleuse.

Il faut répondre à ces « Pharaons » en puissance que toute la particularité du peuple d’Israël c’est qu’il ne ressemble à aucun peuple, et que sa vocation est justement de ne jamais prendre exemple sur les autres nations !

3. 1ère plaie : le sang

…le sang se propagera dans tout le pays d’Egypte. (Shemot 7-19)

Midrash Rabba

Rabbi Avin Ha-levy Bar Rabbi dit : la plaie du sang a enrichi les Béné Israël.

En effet, lorsqu’un égyptien et un Ben Israël se trouvaient dans la même maison, si l’égyptien avait soif et qu’il désirait de l’eau, il allait vers le tonneau d’eau pour se servir, mais lorsque l’eau coulait dans son verre, c’était du sang. Si le Ben Israël allait se servir de l’eau du même tonneau, c’était de l’eau. En voyant cela, l’égyptien demandait au Ben Israël de le servir lui-même, mais voilà que l’eau que le Ben Israël servait pour l’égyptien se transformait elle aussi en sang. L’égyptien proposai alors au Ben Israël de boire tous les deux du même tonneau en même temps, mais pour le Ben Israël l’eau restai de l’eau, alors que pour l’égyptien, elle devenait du sang. A ce moment précis, l’égyptien proposait de l’argent au Ben Israël, afin qu’il lui serve de l’eau du tonneau, et là, l’eau restait de l’eau.

4. 2ème plaie : Les grenouilles

La grenouille monta… (Shemot 8-2)

Rashi

Il y a avait une seule grenouille mais les égyptiens la frappèrent en la voyant, et à chaque coup qu’elle recevait, la grenouille produisait de nombreux essaims de grenouilles.

A partir de ce Rashi, le Gaon Rabbi Ya’akov Israël KANIYEVSKY (le « Steippler ») z.ts.l fait remarquer que nous pouvons tirer une grande leçon de morale de ce sujet.

En effet, au moment où les égyptiens constatent qu’à chaque coup qu’ils donnent à la grenouille, celle-ci produit d’avantage d’essaims de grenouilles, il serai plus logique de cesser les coup immédiatement afin de ne pas aggraver la situation. Mais au lieu de cela, que dit la colère humaine ? « Au contraire, puisque nous continuons à lui donner des coups et qu’elle continue à produire, il est donc plus qu’évident qu’il faut se venger d’elle et continuer à la frapper encore et encore ! »

C’est pourquoi, autant qu’elle continua à produire des grenouilles, leur colère augmenta en eux, et ils continuèrent à la frapper jusqu’à ce que toute l’Egypte fut recouverte de grenouilles.

Ceci vient nous apprendre qu’il est préférable à l’individu de retenir ses pulsions, d’entendre son insulte sans répondre et ainsi, de laisser la discorde s’estomper progressivement, plutôt que de livrer bataille et d’ajouter de l’huile brûlante sur le feu de la querelle.

5. 3ème et 4ème plaies : Les poux et les bêtes sauvages

Hashem dit à Moshé : « Parle ainsi à Aharon: Étends ton bâton et frappe la poussière de la terre, elle se changera en poux dans tout le pays d'Egypte. (Shemot 8-12)

Que si tu ne renvoies pas mon peuple, moi je susciterai contre toi et tes serviteurs et ton peuple et tes maisons, les animaux malfaisants; les maisons des Egyptiens seront envahies par eux, comme aussi la contrée où ils demeurent. (Shemot 8-17)

L’ordre de ses deux versets nous indique que la plaie des poux s’est produite avant celle des bêtes sauvages.

Pourtant, dans le Tehilim (105-31), l’ordre est inversé, puisqu’il est dit :

Il dit : Que viennent les bêtes sauvages, des poux dans toute leur frontière.

On explique cela par l’image suivante :

Un homme très riche célébra un jour le mariage de son fils avec la fille d’un grand notable. Le père du marié organisa 7 jours avant le mariage, une grande fête d’une semaine de festin pour tous les nécessiteux de toutes les catégories.

Le 1er jour était réservé pour les pauvres de la ville. Le 2ème jour était réservé aux étudiants de la Yeshiva. Le 3ème jour était réservé à ceux qui fixent de moment de Torah dans la journée. Le 4ème jour était réservé aux membres nécessiteux de sa famille.

Le maître de maison avait donné des ordres très clairs à ses domestiques :

Personne ne doit venir 2 soirs lors du festin.

L’un des soirs du festin, un homme se présenta à la porte de la grande maison où se déroulaient les festivités. Un domestique arrêta l’homme et lui dit :

« Excuse moi de cette question mais il me semble t’avoir déjà vu avant-hier soir, et dans ce cas, je ne peux pas te laisser entrer, par ordre du chef de maison. »

L’homme répondit :

« Il est vrai que tu m’as déjà vu avant-hier soir, et ce soir là était réservé à ceux qui fixent des moments de Torah dans la journée, et il se trouve que je fait partie de cette catégorie d’individus. Mais aujourd’hui je suis revenu car le festin est réservé aux membres de la famille du père du marié, et il se trouve que je suis un de ses cousins. »

Il en est de même pour les poux qui ont déjà participé à un véritable festin, puisque la plaie des poux allait jusqu’à une coudée (48 cm) de profondeur dans la terre.

Mais nos maîtres disent dans la Midrash que lors de la plaie des bêtes sauvages, toutes les races d’animaux et d’insectes se joignirent aux bêtes sauvages. Parmi ces insectes, les poux. C’est également ce qui est rapporté dans le Sefer Ha-Yashar (Parasha de Bo)

Il est donc justifié que la plaie des poux réapparaisse lors de la plaie des bêtes sauvages, puisqu’ils sont de la même famille !

Ceci est donc le véritable sens du verset dans les Tehilim :

Il dit : Que viennent les bêtes sauvages, des poux dans toute leur frontière. Les poux reviennent lors de la plaie des bêtes sauvages.

Shabbat Shalom

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5769

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