vendredi 30 octobre 2009

Dvar Torah sur Le'h Le'ha

DVAR TORAH SUR

LE’H LE’HA

Ce Dvar Torah est dédié à la Réfoua Shelema – la guérison totale – de mon épouse Sylvie Mazal Esther Bat Régine ‘Haya Sim’ha

EMOUNA SANS MIRACLES !!

Hashem dit à Avram : Va pour toi, quitte ton pays, ton lieu de naissance et la maison de ton père, vers la terre que je t’indiquerai. (Bersehit 12-1 début de notre Parasha)

Rashi :
Va pour toi. Pour ton profit et pour ton bien. Là bas, je ferais de toi un grand peuple, car ici tu ne peux pas avoir d’enfants, et de plus, je te ferai connaître à travers le monde.

Nos maîtres nous enseignent que ce déracinement géographique est l’une des dix épreuves infligées à Avraham Avinou.

Question :

En quoi cela représente-t-il une épreuve ?
Si l’on disait à un homme qui a des difficultés à avoir des enfants et qui habite en dehors d’Israël de voyager jusqu’en Israël où se trouve un grand professeur en médecine, expert en traitement pour la stérilité, il est plus que certain que cet homme se précipitera avec joie sur le premier billet d’avion en partance pour Israël. A fortiori si on lui garantit un traitement médical gratuit et une totale prise en charge de tous ses frais. Ici, Hashem lui-même garantit à Avraham Avinou que dès qu’il arrivera en Erets Israël, il méritera de devenir un grand peuple, et deviendra très riche et très respecté. Où est donc l’épreuve ?

Réponse :

Notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita répondit à cette question dans l’un de ses Shiourim :
La plus grande sanctification du Nom d’Hashem par Avraham Avinou se produisit lorsqu’il fut jeté dans la fournaise et qu’il en ressortit vivant et en parfait état physique.
En effet, il est raconté dans la Guémara Pessa’him 118a, ainsi que dans le Tana Devé Eliyahou Zota (25-6) :
Téra’h le père d’Avraham, était un grand idolâtre qui faisait trébucher les autres dans cette faute. Téra’h possédait un magasin dans lequel il vendait toutes sortes de statuts et d’idoles. Un jour, il demanda à son fils Avraham de le remplacer un moment dans le magasin. Avraham était stupéfait de voir des gens adorer des idoles « qui n’ont pas la moindre capacité à manger, ni à respirer ». Il vit arriver une vieille dame avec un panier rempli de toutes sortes de nourritures en « sacrifices » pour les idoles.
Avraham lui dit avec colère :
« Idiote que tu es !! Est-ce qu’une idole se nourrit ?! »
Lorsque la femme sortit, Avraham saisit une hache et brisa toutes les idoles, puis il attacha la hache dans les mains de la plus grande idole qu’il laissa en état.
Lorsque Téra’h fut de retour et qu’il trouva son magasin dans un tel état, tout affolé, il demanda à Avraham :
« Qu’as-tu fais ?!! »
Avraham lui répondit :
« Je n’ai rien fait ! Je vais te raconter ce qui s’est passé. Il y a un petit moment de cela, une vieille dame est venue apporter des offrandes à tes idoles. Tout à coup, les idoles se disputèrent la nourriture entre elles, jusqu’à ce que la grande idole se mit en colère sur les autres idoles pour lui avoir manqué de respect en voulant manger avant elle, elle saisit une hache et brisa toutes les autres idoles. »
Lorsque Téra’h entendit les propos de son fils, il lui dit :
« Te moquerais-tu de moi ?! Est-ce que ces idoles ont la capacité de se disputer ou de se donner des coups ?! Elles ne peuvent même pas faire le moindre mouvement !! »
Avraham dit à son père :
« Que tes oreilles entendent ce que ta bouche prononce !! Si tu admets de toi-même que ces idoles ne peuvent pas faire le moindre mouvement, pourquoi fais-tu trébucher les autres dans l’idolâtrie ?!! »
Téra’h se mit en colère contre son fils Avraham car il osait lui faire la morale. Il le confia au roi Nimerod en lui racontant tout ce qui s’était passé, et lui permis d’en faire ce que bon lui semble.
Le roi Nimerod commença par essayer de convaincre Avraham de servir les idoles, mais Avraham refusa catégoriquement de les servir. Nimerod lui proposa ensuite de le servir à lui-même, mais Avraham lui répondit :
« Qui es-tu, toi être de chair et de sang qui est ici aujourd’hui et demain dans la tombe ?! Pourquoi donc je te servirais ?! »
Nimerod se mit en colère contre Avraham et le jeta dans une fournaise.
Avraham se promenant librement à l’intérieur de la fournaise et y fit même des Hakafot !
A cet instant, l’ange Gavriel se présenta devant Hashem et lui dit :
« Maître du monde ! Laisse-moi le sauver ! »
Hashem lui répondit :
« Avraham est unique dans son univers et Moi je suis également unique dans mon univers. Il convient à celui qui est unique de sauver celui qui est unique (mais puisque tu t’es quand même proposé de le sauver, tu sauveras 3 de ses descendants d’une autre fournaise : ‘Hananya, Mishaël et ‘Azarya).
C’est ainsi qu’Avraham sortit indemne de la fournaise.

Nous pouvons constater que par l’intermédiaire d’Avraham Avinou, s’est réalisée une grande sanctification du Nom d’Hashem, puisque toutes les personnes qui ont assisté à cet évènement extraordinaire dans lequel un être humain, un simple mortel, entre dans une fournaise ardente et en ressort indemne, ne pouvaient ensuite qu’attester de la droiture d’Avraham qui ne rencontrerait pas la moindre difficulté pour les convaincre « d’entrer sous les ailes de la She’hina ». Cet évènement constituait donc pour Avraham un véritable tremplin pour réunir le maximum de gens sous la croyance en Hashem.
Mais soudain, Hashem lui demande de cesser ce travail gigantesque pour lequel il se donnait avec tant d’enthousiasme, et d’écouter la voix qui lui dit : « Va pour toi, quitte ton pays … » Pour aller auprès d’un peuple qu’il ne connaît absolument pas ! Qui l’écoutera là-bas ? Qui acceptera de s’approcher d’Hashem ? Ces gens ignorent totalement la grandeur d’Hashem et sa gloire ! Ils n’ont pas assisté au miracle de la fournaise !
Malgré tout, Avraham écoute la voix d’Hashem et accepte de s’expatrier, car Hashem préfère les gens qui croient en Lui sans le moindre miracle, mais seulement par la réflexion de l’esprit et par la juste pensée.

La véritable épreuve d’Avraham Avinou réside donc dans le fait d’aller transmettre le même message, mais cette fois-ci, sans le moindre miracle à produire pour donner du crédit à ses propos. Il va falloir maintenant convaincre seulement avec le Se’hel (l’intellect). Il va donc falloir faire ses preuves !!

Shabbat Shalom

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