jeudi 20 mars 2008

Pourim dans les temps messianiques

Pourim dans les temps messianiques

Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah

Question

Est-il vrai que dans les temps messianiques, toutes les fêtes du calendrier, sont appelées à disparaître, à l’exception de Pourim ?

La Torah n’est elle pas éternelle, et il est donc impossible que ses Mitsvot disparaissent ?!

Décision de la Hala’ha

En réalité, les fêtes du calendrier sont appelées à disparaître, uniquement à cause des souffrances de l’exile. Il n’y a en effet aucune garantie que les juifs observeront les fêtes durant leur exile, à cause des souffrances et des pérégrinations qu’ils traversent. Par contre, il y a une garantie exprimée par nos ‘Ha’hamim que la fête de Pourim ne disparaîtra jamais complètement.

Selon une autre explication, c’est surtout l’obligation de la lecture de la Meguilat Esther qui ne disparaîtra jamais, par opposition à la lecture publique des autres extraits des livres des prophètes (Ei’ha, les Haftarot…), que l’on ne fera plus.

Sources et développement

Il est rapporté dans le Yeroushalmi :

Tous les livres des prophètes sont appelés disparaître, mais les 5 livres de la Torah, ainsi que la Meguilat Esther, ne sont pas appelés à disparaître, car il est écrit dans la Torah : « …d’une voix forte, qui ne s’interrompait pas… », et il est dit dans la Meguilat Esther : « le souvenir de ces jours ne s’interrompra jamais »

N.D.T il s’agit ici des mots « Lo Yassaf » ou « Lo Yassouf » qui signifient « sans interruption », et qui sont communs au texte de la Tora et à celui de la Meguilat Esther.

D’autre part, il est écrit dans le Midrash sur Mishlé :

Toutes les fêtes sont appelées à disparaître, excepté la fête de Pourim qui sera célébrée pour l’éternité.

Notre maître le RaMBaM (Rabbi Moshé Ben Maïmon)[DP1] écrit à la fin des Hala’hot Meguila :

Tous les livres des prophètes sont appelés disparaître lors des temps messianiques, exceptée la Meguilat Esther, car elle est pérennisera comme les 5 livres de la Torah et comme les lois tirées de la Loi Orale, qui ne disparaîtront jamais. Malgré que le souvenir des souffrances d’Israël disparaîtra, la fête de Pourim (qui est issue de souffrances) ne disparaîtra jamais, comme il est dit dans la Meguila : « Ces jours de Pourim ne disparaîtront jamais parmi les juifs, et leur souvenir ne s’interrompra pas de leur descendance ».

Le RAVAD (Rabbi Avraham Ben David)[DP2] conteste l’explication du RaMBaM.

En efet, selon le RAVAD, le Midrash ne vient pas nous enseigner que les livres des prophètes disparaîtront, puisqu’ils sont des parties de la Torah, et il n’existe pas un seul livre duquel on ne peut apprendre, mais en réalité, le Midrash veut nous enseigner que même si l’institution de lire en publique certains livres des prophètes (Ei’ha, les Haftarot…) doit disparaître, l’obligation de lire la Meguilat Esther en publique ne disparaîtra jamais.

Plusieurs commentateurs font remarquer que l’on peut tout à fait interpréter les propos du RaMBaM dans le même sens que le RAVAD.

Notre maître le RaSHBA (Rabbi Shelomo Ben Aderet)[DP3] écrit dans une Tshouva (une réponse Hala’hic) chap.93, qu’en réalité, le Midrash cité, veut nous faire part d’une garantie.

En effet - même si toutes les fêtes sont appelées à disparaître totalement du peuple d’Israël ‘Hass Veshalom, à cause de leurs fautes, et qu’il n’est pas garantie auprès d’Hashem que les juifs continuent à observer toutes les fêtes - concernant la fête de Pourim, nous avons la garantie qu’elle ne disparaîtra jamais totalement à aucune génération. Le verset « Ces jours de Pourim ne disparaîtront jamais parmi les juifs, et leur souvenir ne s’interrompra pas de leur descendance » constitue donc une garantie selon laquelle, le peuple d’Israël célèbrera la fête de Pourim pour l’éternité.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768

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[DP1]RaMBaM ou Maïmonide Rabbi Moshé Ben Maïmon Espagne – Egypte 12ème siècle

[DP2]RAVaD Rabbenou Avraham Ben David France 12ème siècle

[DP3]RaSHBA Rabbenou Shlomo Ben Aderet Espagne 13ème siècle

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