mercredi 21 mai 2008

Cuire pendant Yom Tov

Cuire pendant Yom Tov

Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah

Question

A-t-on le droit de cuire toute sorte d’aliments pendant Yom Tov ?

Décision de la Hala’ha

Selon le strict Din, il est permis de cuire toute sorte d’aliments pendant Yom Tov (pour les besoins de Yom Tov), même les aliments que l’on peut cuire depuis la veille de Yom Tov, sans qu’ils ne perdent de leur qualité.

C’est ainsi que tranche MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H chap.495 parag.1)

Les Ashkenazim ont l’usage de différencier entre les aliments, conformément à l’avis du RaMa qui précise que les aliments que l’on peut cuire depuis la veille de Yom Tov, sans qu’ils ne perdent de leur qualité, il est interdit de les cuire pendant Yom Tov, mais ceux qui perdent de leur qualité s’ils sont cuits la veille, il est permis de les cuire pendant Yom Tov.

Sur le plan pratique, il est juste (mais non obligatoire) de s’efforcer de cuire avant Yom Tov, tous les aliments qui ne perdront pas de leur qualité.

Il est interdit de cuisiner (cuire ou préparer) pendant Yom Tov en prévision pour un jour de semaine ou en prévision de la sortie de Yom Tov.

De même – en dehors d’Israël – il est interdit de cuisiner pendant le 1er Yom Tov en prévision du 2ème Yom Tov.

Il en est de même pour les 2 jours de Rosh Ha Shana.

Même une activité qui ne représente pas réellement une Mela’ha (un interdit) mais seulement une fatigue, est interdite pendant Yom Tov (ou pendant Shabbat) en prévision du 2ème Yom Tov ou d’un jour de semaine. C’est pourquoi il est interdit de laver la vaisselle pendant Yom Tov, en prévision de la sortie de Yom Tov (ou en prévision du 2ème Yom Tov, en dehors d’Israël).

Dans la prochaine Hala’ha, nous expliquerons – B’’H – le Din concernant l’allumage du feu pendant Yom Tov.

A la demande de nombreuses personnes

Cette année, où le jour de Lag Ba’Omer (le 33ème jour du ‘Omer) tombe un vendredi, il est permis – même pour les Sefaradim – de se couper les cheveux et de se raser le jour même de Lag ba’Omer (alors qu’en temps normal, les Sefaradim attendent le 34ème jour au matin). Si pour une raison quelconque, une personne ne peut se couper les cheveux le jour de Lag Ba’Omer (vendredi en journée), elle est autorisée à le faire dés jeudi soir (à la tombée de la nuit).

Sources et développement

Dans la précédente Hala’ha (que vous pouvez consulter en cliquant sur ce lien http://halahayomit.blogspot.com/2008/05/introduction-aux-lois-de-yom-tov.html), nous avons expliqué que même si effectivement, le statut de Yom Tov est le même que celui de Shabbat concernant l’interdiction d’effectuer un travail, malgré tout, certains travaux liés à la préparation de la nourriture du Yom Tov (« O’hel Nefesh »), sont permis, comme par exemple, la cuisson d’aliments que l’on désire consommer pendant Yom Tov.

Nos maîtres les Rishonim (décisionnaires de l’époque médiévale) discutent sur des aliments qui gardent toute leur fraîcheur même lorsqu’ils sont cuisinés depuis la veille, comme du pâté en croûte ou autre…

Est-il permis malgré tout, de cuisiner de tels aliments pendant Yom Tov, ou bien du fait qu’il est possible de les cuisiner depuis la veille de Yom Tov, sans qu’ils ne perdent de leur qualité, il serai interdit de les cuisiner pendant Yom Tov ?

Selon Rashi[DP1] et le Sefer Ha Mi’htam[DP2] , entre autres, il est interdit par nos ‘Ha’hamim de cuisiner pendant Yom Tov, un aliment que l’on peut cuisiner depuis la veille de Yom Tov, sans qu’il perde de sa qualité.

Selon les Tossafot[DP3] et le RaN[DP4] , entre autres, il n’y a aucune différence entre un aliment que l’on peut cuisiner depuis la veille de Yom Tav, sans qu’il ne perde de sa qualité, et un aliment que l’on ne peut cuisiner que le jour de Yom Tov lui-même, afin qu’il conserve sa qualité, il est permis de cuisiner toute sorte d’aliments pendant Yom Tov.

MARAN tranche dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H chap.495 parag.1) conformément à l’opinion des Tossafot et du Ran, qui pensent qu’il n’y a pas de différence entre un aliment que l’on peut cuisiner depuis la veille de Yom Tov sans qu’il ne perde de sa qualité, et un aliment que l’on ne peut cuisiner que le jour de Yom Tov lui-même, il est permis de cuisiner n’importe quel type d’aliment pendant om Tov.

Le RaMa[DP5] conteste cette opinion et tranche sur place selon l’avis de Rashi et du Sefer Ha Mi’htam, selon lesquels, il est interdit de cuisiner pendant Yom Tov, un aliment que l’on peut cuisiner depuis la veille sans qu’il ne perde de sa qualité. Cependant, le RaMa admet que si l’on a omis de cuisiner un tel plat, il serai malgré tout permis de le cuisiner pendant Yom Tov, en modifiant la façon de faire (Shinouï).

Ce débat se poursuit parmi les A’haronim (décisionnaires de l’époque post médiévale, jusqu’à nos jours).

L’auteur du Peri ‘Hadash[DP6] ainsi que l’auteur du Beit David[DP7] tranchent qu’il est interdit de cuisiner pendant Yom Tov, un plat que l’on peut cuisiner depuis la veille de Yom Tov, sans qu’il ne perde de sa qualité, conformément à l’opinion de Rashi, du Sefer Ha Mi’htam, et du RaMa.

Par contre, de nombreux autres A’haronim se rangent à l’opinion de MARAN, et tranchent qu’il n’y a aucune différence entre un plat que l’on peut cuisiner depuis la veille, sans qu’il ne perde de sa qualité, et un plat que l’on ne peut cuisiner que le jour de Yom Tov liui même, afin de conserver sa qualité.

Selon ces Poskim, il est permis de cuisiner tous les type de plat pendant Yom Tov.

Parmi ces Poskim : Rabbi ‘Haïm ABOUL’AFIA[DP8] , Rabbi Shelomo KLUGUER[DP9] , Rabbi Yehouda KATSIN et son élève Rabbi Avraham ‘ANTIBI (tous deux, de grands Rabbanim de la ville d‘Alep, en Syrie, il y a quelques siècles), ainsi que l’auteur du Pe’oulat Tsaddik (Haute autorité Hala’hic du Yemen, il y a quelques siècles)

Par conséquent, il est permis aux Sefaradim - qui agissent exclusivement selon les décisions Hala’hic de MARAN – de cuisiner pendant Yom Tov (pour les besoins du jour de Yom Tov lui-même) toute sorte de plat, même un plat que l’on peut cuisiner depuis la veille de Yom Tov, sans qu’il ne perde de sa qualité.

Par contre, les Ashkenazim doivent s’imposer la rigueur – conformément à l’opinion du RaMa – et ne peuvent cuisiner pendant Yom Tov uniquement des plats qui n’auraient pas perdu de leur qualité s’ils avaient été cuisinés la veille de Yom Tov, comme par exemple du pain, puisque le pain réalisé le jour même n’est pas comparable à un pain fait la veille.

Sur le plan pratique, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita conclut que l’essentiel à retenir du point de vue de la Hala’ha, est l’opinion de MARAN selon laquelle, même si un aliment ne perd pas du tout de sa qualité lorsqu’il est cuisiné la veille de Yom Tov pour Yom Tov, il est malgré tout permis de le cuisiner pendant Yom Tov (pour Yom Tov).

Cependant, notre maître le Rav shalita ajoute qu’il est justeà priori - de se montrer quelques peu rigoureux et de s’efforcer de préparer se type d’aliment (qui préservent toute leur qualité, même lorsqu’ils sont cuisinés depuis la veille de Yom Tov) depuis la veille de Yom Tov, en particulier de nos jours où nous possédons des frigidaires et des congélateurs.

Par exemple, une compote de pommes, ou une confiture de fruits, il est juste de les préparer depuis la veille de Yom Tov, puisque de tels aliments préservent toute leur qualité, même lorsqu’ils sont préparés à l’avance.

Si toutefois on ne les a pas préparé depuis la veille de Yom Tov, il sera permis de le faire pendant Yom Tov lui-même, mais – dans la mesure du possible – avec une modification dans la façon de faire (par exemple, en plaçant la casserole sur le feu, en changeant de la façon habituelle).

Mais les Ashkenazim doivent se montrer rigoureux sur ce point, du point de vue du Din lui-même, et pas seulement du point de vue de la ‘Houmra (rigueur), puisque le RaMa interdit Le’hate’hila (à priori).

Il est interdit de cuisiner (cuire ou préparer) pendant Yom Tov en prévision pour un jour de semaine ou en prévision de la sortie de Yom Tov.

De même – en dehors d’Israël – il est interdit de cuisiner pendant le 1er Yom Tov en prévision du 2ème Yom Tov.

Il en est de même pour les 2 jours de Rosh Ha Shana.

Même une activité qui ne représente pas réellement une Mela’ha (un interdit) mais seulement une fatigue, est interdite pendant Yom Tov (ou pendant Shabbat) en prévision du 2ème Yom Tov ou d’un jour de semaine.

C’est pourquoi il est interdit de laver la vaisselle pendant Yom Tov, en prévision de la sortie de Yom Tov (ou en prévision du 2ème Yom Tov, en dehors d’Israël).

Bien qu’il est interdit de cuisiner pendant Yom Tov en prévision de la sortie de Yom Tov, une femme est – malgré tout – autorisée à cuire pendant Yom Tov une pleine marmite de poisson ou de viande, le matin avant le repas de la journée, malgré qu’elle n’a l’intention de consommer qu’un seul morceau de cette marmite lors de son repas de la journée, car la quantité ajoute de la qualité au goût à la cuisson.

Mais cependant, il faut veiller – Le’hate’hila (à priori) – à ne pas dire explicitement que l’on cuit cette marmite également en prévision de la sortie de la fête.

Mais attention !!!

Après le repas de la journée de Yom Tov, il est interdit de cuire pour les besoins du repas du soir, une pleine marmite, avec l’intention de ne consommer qu’un seul morceau dans la journée, car dans ce cas, il ne s’agit plus d’une cuisson pour les besoins de Yom Tov, mais plutôt une ruse.

Dans la prochaine Hala’ha, nous expliquerons – B’’H – le Din concernant l’allumage du feu pendant Yom Tov.

A la demande de nombreuses personnes

Cette année, où le jour de Lag Ba’Omer le 33ème jour du ‘Omer) tombe un vendredi, il est permis – même pour les Sefaradim – de se couper les cheveux et de se raser le jour même de Lag ba’Omer (alors qu’en temps normal, les Sefaradim attendent le 34ème jour au matin). Si pour une raison quelconque, une personne ne peut se couper les cheveux le jour de Lag Ba’Omer (vendredi en journée), elle est autorisée à le faire dés jeudi soir (à la tombée de la nuit).

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768 sheelot@free.fr

(à partir des écrits du Gaon Rabbi Ya’akov SASSON shalita)

Pour recevoir la Halaha Yomit chaque jour, ainsi qu’un Dvar Torah le vendredi, par

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[DP1]RaSHI Rabbi Shlomo ITS’HAKI France 11ème siècle

[DP2]Sefer Hami’htam Rabbi David Bar Levi, parmi les premiers décisionnaires, antérieur au 13ème siècle

[DP3]Tossafot gendres et petits enfants de RASHI. Commentateurs et décisionnaires de France et d’Allemagne 11ème et 12ème siècle

[DP4]RaN Rabbenou Nissim de Gérone Espagne 14ème siècle

[DP5]RaMA Rabbi Moshé ISSERLEISS Pologne 16ème siècle, opinion Hala’hic principale pour les Ashkenazim

[DP6]

Péri Hadash Rabbi Hizkiyaou DA SILVA Israël 17ème siècle

[DP7]Beit David Rabbi Yossef DAVID Av Beit Din de Salonique (18ème siècle) et auteurs de nombreux autres ouvrages. Maître de Rabbi Yossef MOL’HO, l’auteur du Shoul’Han Gavoha.

[DP8]

Rabbi ‘Haïm ABOUL’AFIA Israël – Turquie 17ème et 18ème siècle. Elève de Rabbi Moshé GALANTI et compagnon d’étude du Peri ‘Hadash. Il est aussi l’un des maîtres du Or Ha ‘Haïm Ha Kadosh (Rabbi ‘Haïm Ben ‘ATTAR)

[DP9]

Rabbi Shelomo KLUGUER Russie 19ème siècle. Auteur – entre autres - du Shou’t Ha Elef Le’Ha Shelomo.

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