mardi 23 septembre 2008

Les traditions de Rosh Ha-Shana

Les traditions de Rosh Ha-Shana

Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita)

Question

Quelles sont les traditions spécifiques au jour de Rosh Ha-Shana ?

Décision de la Hala’ha

Nous avons la tradition de consommer de la viande grasse, ainsi que des douceurs, le jour de Rosh Ha-Shana.

Il est interdit de jeûner le jour de Rosh Ha-Shana (même jusqu’à la moitié de la journée).

Cependant, on ne doit pas manger jusqu’à rassasiement afin de ne pas se laisser entraîner à des comportements légers, et afin de garder la crainte d’Hashem sur le visage, le jour du jugement.

Certains ont l’habitude, lors de la Bera’ha de Motsi, de tremper le pain dans du miel ou dans du sucre, mais il est préférable de le tremper d’abord dans le sel, comme l’usage habituel.

Certains ont l’habitude de s’abstenir de manger des noix le jour de Rosh Ha-Shana.

Certains ont l’habitude de ne pas consommer des raisins noirs pour Rosh Ha-Shana, ni même de les placer à table, mais cette restriction ne concerne que les raisins noirs, et non pas les raisins blancs, qui sont, au contraire un bon signe.

Certains ont l’habitude de ne pas manger de choses amères, aigre, ou au goût relevé, le jour de Rosh Ha-Shana.

Nous avons l’habitude de ne pas dormir pendant la journée de Rosh Hashana (comme la sieste par exemple). Par conséquent, il faut s’efforcer de se lever à l’aube le jour de Rosh Ha-Shana, ou au moins à l’heure du levé du soleil (le Nets), et se préparer à la Tefila (la prière) en se concentrant correctement.

Si quelqu’un est fatigué et doit absolument dormir pendant la journée de Rosh Ha-Shana, il lui est permis de dormir après ‘Hatsot Hayom (après la moitié de la journée)

Une personne qui reste éveillée le jour de Rosh Ha-Shana, mais qui consacre son temps à bavarder de futilités, est comparable à quelqu’un qui est allé dormir, et au contraire, il est même préférable d’aller dormir plutôt que de bavarder de futilités.

Certains ont l’habitude d’achever 2 fois la lecture du livre des Tehilim le jour de Rosh Ha-Shana

Il faut être vigilant et veiller à ne pas se mettre en colère le jour de Rosh Ha-Shana

Sources et développement

Le RaMA[D1] (sur Shoul’han ‘Arou’h O.H 583 parag.1) cite le Morde’hi[D2] – dans son commentaire sur la Guemara Yoma – qui rapporte la tradition de consommer de la viande grasse, ainsi que des douceurs, le jour de Rosh Ha-Shana, comme il est dit dans le livre de Ne’hemiya (8-10) : « …Allez, mangez des mets succulents, buvez des breuvages doux et envoyez-en des portions à ceux qui n'ont rien d'apprêté, car ce jour est saint pour Hashem… »

MARAN tranche dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H chap.597 parag.1) qu’il est interdit de jeûner le jour de Rosh Ha-Shana (même jusqu’à la moitié de la journée).

Cependant, on ne doit pas manger jusqu’à rassasiement afin de ne pas se laisser entraîner à des comportements légers, et afin de garder la crainte d’Hashem sur le visage, le jour du jugement.

Le Kaf Ha’haïm[DP3] (sur Shoul’han ‘Arou’h O.H chap.583 note 4) cite le Levoush[D4] qui rapporte une tradition Ashkenaze, qui s’est répandue également dans le monde Sefarade, selon laquelle certains ont l’habitude, lors de la Bera’ha de Motsi, de tremper le pain dans du miel ou dans du sucre.

Le Kaf Ha’haïm précise qu’il faut d’abord le tremper dans le sel, comme l’usage habituel.

Le RaMA (sur Shoul’han ‘Arou’h O.H chap.583 parag.2) cite le MaHaRYL[D5] qui rapporte une tradition selon laquelle certains ont l’habitude de s’abstenir de manger des noix le jour de Rosh Ha-Shana, car le mot « noix » (en hébreux « EGOZ ») a la même valeur numérique que le mot « faute » (en hébreux « ‘HET » sans le Alef).

Le Kaf Ha’haïm[DP6] (sur Shoul’han ‘Arou’h O.H chap.583 note 21) que selon la Kabbala (l’interprétation mystique de la Torah), certains ont l’habitude de ne pas consommer des raisins noirs pour Rosh Ha-Shana, ni même de les placer à table, mais cette restriction ne concerne que les raisins noirs, et non pas les raisins blancs, qui sont, au contraire un bon signe.

Certains ont l’habitude de ne pas manger de choses amères, aigre, ou au goût relevé, le jour de Rosh Hashana, comme c’est rapporté dans les Tshouvot HaGueonim[DP7] .

Nous avons l’habitude de ne pas dormir pendant la journée de Rosh Ha-Shana (comme la sieste par exemple), puisqu’il n’est pas correct de dormir le jour où sont ouverts devant Hashem, les livres de ceux qui vont vivre et les livres de ceux qui vont mourir.

Cette tradition prend sa source dans le Talmud Yeroushalmi où il est enseigné:

Celui qui dort le jour de Rosh Ha-Shana, provoque par cela que son Mazal (son destin) « dormira » également.

Ce Yeroushalmi est cité par le RaMA dans son commentaire Darké Moshé, ainsi que dans ses notes sur le Shoul’han ‘Arou’h (O.H fin du chap.583).

C’est également ce qui ressort à travers les propos du Zohar HaKadosh (tome 2, page 189, colonne 1).

Par conséquent, il faut s’efforcer de se lever à l’aube le jour de Rosh Ha-Shana, ou au moins à l’heure du levé du soleil (le Nets), et se préparer à la Tefila (la prière) en se concentrant correctement.

Si quelqu’un est fatigué et doit absolument dormir pendant la journée de Rosh Ha-Shana, il lui est permis de dormir après ‘Hatsot Hayom (après la moitié de la journée).

En effet, Rabbenou ‘Haïm VITAL[DP8] z.ts.l rapporte dans son livre Sha’ar Ha-Kavanot (page 90a) que son maître, le ARI zal[DP9] dormait le jour de Rosh Ha-Shana après ‘Hatsot Hayom.

Cette référence dans le Sha’ar Ha-Kavanot est citée par le Kaf Ha‘Haïm (sur Shoul’han ‘Arou’h O.H chap.583 note 36), ainsi que par le Ben Ish ‘Haï.

Le Maguen Avraham[D10] (sur Shoul’han ‘Arou’h O.H chap.583 note 6 ) fait remarquer qu’une personne qui reste éveillée le jour de Rosh Ha-Shana, mais qui consacre son temps à bavarder de futilité, est comparable à quelqu’un qui est allé dormir, et au contraire, il est même préférable d’aller dormir plutôt que de bavarder de futilités.

Le Kaf Ha’Haïm en expliquant La raison :

Chaque individu possède un ange qui lui est préposé dans le ciel.

Lorsque une personne est éveillée et qu’elle se consacre à la prière ou à l’étude de la Torah, elle attire l’ange qui lui est préposé, afin qu’il prie et qu’il intercède pour elle aurès d’Hashem. Mais lorsque la personne dort, elle ne peut pas attirer son ange à prier pour elle.

Selon cette explication, lorsque la personne bavarde de futilités, elle n’a pas non plus la capacité - à ce moment précis – de stimuler son ange à intercéder en sa faveur.

Certains ont l’habitude d’achever 2 fois la lecture du livre des Tehilim le jour de Rosh Ha-Shana, puisque le Tehilim contient 150 chapitres, ce qui correspond à la valeur numérique du mot « KAPER » (qui signifie « Pardonne », et dont la valeur numérique correspond à 300).

Le BEN ISH ‘HAÏ[DP11] écrit que certains ont l’habitude d’étudier après le repas, le traité de Mishna Rosh Ha-Shana accompagné du commentaire de Rabbenou Ovadia Mi-BARTENOURA, et ceci est une bonne tradition.

Le BEN ISH ‘HAÏ écrit aussi qu’il faut être vigilant et veiller à ne pas se mettre en colère le jour de Rosh Ha-Shana, car hormis l’interdiction de se mettre en colère tout le reste de l’année, ce n’est pas un bon signe d’être en colère pendant ces journées là, et il faut veiller à ne pas non plus se mettre en colère intérieurement.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768 sheelot@free.fr

(à partir des écrits du Gaon Rabbi Ya’akov SASSON shalita)

Pour recevoir la Halaha Yomit chaque jour, ainsi qu’un Dvar Torah le vendredi, par

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[D1]RaMA Rabbi Moshé ISSERLEISS Pologne 16ème siècle, opinion Hala’hic principale pour les Ashkenazim

[D2]Mordé’hi Rabbenou Morde’haï Bar Hillel Allemagne 13ème siècle, élève du Maharam de Rottenbourg, et ‘Haver, compagnon d’étude du Roch

[DP3]Kaf Ha’haïm Rabbi Yaakov ‘Haïm Sofer Irak Israël 20ème siècle

[D4]Levoush

Rabbi Morde’haï Yaffé – Pologne 16ème siècle, élève du RaMA

[D5]MaHaR’YL Rabbenou Yaakov Ben Moshe Mouline, Allemagne 14ème siècle

[DP6]Kaf Ha’haïm Rabbi Yaakov ‘Haïm Sofer Irak Israël 20ème siècle

[DP7]Gueonim Décisionnaires de la période post talmudique 8ème et 9ème siècle

[DP8]

Rabbenou ‘Haïm VITAL Israël 16ème siècle,élève du ARI zal

[DP9]ARI zal Rabbi Its’hak LOURIA AHKENAZI

[D10]

Maguen Avraham

Rabbi Avraham Gombiner Pologne 17ème siècle

[DP11]Ben Ish ‘Haï Rabbi Yossef ‘HAÏM Irak 19ème siècle

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