mardi 16 septembre 2008

L’obligation de manger sous la Soukka

L’obligation de manger sous la Soukka

Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita)

Question

Quelles sont les conditions de l’obligation de manger sous la Soukka ?

Décision de la Hala’ha

Durant toute la fête de Soukkot, aussi bien la journée que le soir, il est interdit de consommer un « repas régulier » (une Seoudat Keva’), c'est-à-dire une quantité de pain de plus de Kabetsa (plus de 54 g).en dehors de la Soukka. A partir de cette quantité de pain, nous sommes tenus de consommer sous la Soukka, en récitant également la Bera’ha de Lishev Bassoukka.

En dessous de cette quantité de pain, nous ne sommes pas tenus de consommer sous la Soukka.

Lorsqu’on consomme des pâtisseries en quantité supérieure à Kabetsa (54 g), nous sommes tenus de les consommer sous la Soukka, mais nous ne récitons pas la Bera’ha de Lishev Bassoukka.

Cependant, si l’on consomme une quantité importante de pâtisseries, à partir de 216 g, puisque dans ce cas là, nous sommes tenus de faire Netilat Yadaïm, de réciter la Bera’ha de Hamotsi sur les pâtisseries (et non plus Mezonot), et ensuite le Birkat Hamazon, dans cette quantité de pâtisseries, nous sommes tenus de consommer sous la Soukka, et de réciter la Bera’ha de Lishev Bassoukka.

De même, si on consomme une quantité de 216 g de pâtes, nous sommes tenus de consommer sous la Soukka, et de réciter la Bera’ha de Lishev Bassoukka. Par contre, tous les autres aliments ou boisson ne nécessitent pas de Soukka.

Les femmes sont exemptes de la Mitsva de siéger sous la Soukka, comme elles sont exemptes de la majorité des commandements positifs liés à un laps de temps. Mais cependant, il est certain qu’une femme qui mange sous la Soukka obtient une récompense pour cela.

Mais attention !!! Si une femme désire manger sous la Soukka, elle ne peut en aucun cas réciter la Bera’ha de Lishev Bassoukka

Puisque les femmes sont exemptes de la Mitsva de Soukka, il faut veiller à ce qu’elles ne répondent pas AMEN à la Bera’ha de Lishev Bassouka qui se trouve insérée dans le Kiddoush les 2 premiers soirs, ainsi que dans celui de Shabbat, pour cause de Hefsek (interruption) entre le Kiddoush et la dégustation du vin.

Dans la prochaine Hala’ha, nous expliquerons, B’’H, d’autres détails sur la Bera’ha de Lishev Bassoukka.

Sources et développement

Dans la Hala’ha précédente, nous avons expliqué la Mitsva de manger dans la Soukka le 1er soir de la fête de Soukkot. Cette Mitsva est une ordonnance de la Torah, qui consiste à consommer au moins un Kazaït de pain (54 g) dans la Soukka.

Hormis cette Mitsva, il y a également une interdiction de consommer en dehors de la Soukka durant toute la durée de la fête de Soukkot, comme nous allons l’expliquer.

Durant toute la fête de Soukkot, aussi bien la journée que le soir, il est interdit de consommer un « repas régulier » (une Seoudat Keva’) en dehors de la Soukka.

Selon la Hala’ha, une Seoudat Keva’ se définit par une quantité de pain de plus de Kabetsa (plus de 54 g).

A partir de cette quantité de pain, nous sommes tenus de consommer sous la Soukka, en récitant également la Bera’ha de Lishev Bassoukka.

En dessous de cette quantité de pain, nous ne sommes pas tenus de consommer sous la Soukka, conformément à l’opinion de MARAN[D1] dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H chap.639 parag.2).

Par conséquent, si nous consommons moins de Kabetsa de pain sous la Soukka, nous ne récitons pas Lishev Bassoukka, puisque cette quantité n’impose pas d’être sous la Soukka, .

Lorsqu’on consomme des pâtisseries en quantité supérieure à Kabetsa (54 g), nous sommes tenus de les consommer sous la Soukka, mais nous ne récitons pas la Bera’ha de Lishev Bassoukka dans ce cas là, puisque cela fait l’objet d’une Ma’hloket (une divergence d’opinion Hala’hic) parmi les Poskim (les décisionnaires), et nous appliquons dans ce cas, le principe de Safek BEra’hot Lehakel (Quand il y a un doute s’il faut réciter une Bera’ha ou pas, nous allons à la souplesse et nous ne la récitons pas), comme nous l’avons déjà expliqué dans diverses Hala’hot.

La Ma’hloket se situe entre l’auteur du Ginat Veradim[D2] (section O.H règle 4 chap.6) et notre maître le ‘HYDA[D3] dans son livre ‘Haïm Shaal (tome 1 chap.71).

Selon le Ginat Veradim, lorsqu’on consomme plus de Kabetsa de pâtisserie, il faut manger sous la Soukka, en récitant la Bera’ha de Lishev Bassoukka, alors que selon le ‘HYDA, il est effectivement impératif de consommer cette quantité de pâtisserie sous la Soukka, mais on ne récite pas la Bera’ha de Lishev Bassoukka.

De nombreux A’haronim partagent l’opinion du ‘HYDA sur ce point :

Le Rishon Letsion Rabbi Meyou’hass Ba’har SHEMOUEL[D4] dans son livre Peri Haadama (tome 1 page 41 colonne 3) ; l’auteur du Ben Ish ‘Haï (1ère année Parasha de Haazinou note 5) ; le Gaon Rabbi Its’hak ABOUL’AFIYA[D5] dans son livre Péné Its’hak (section Soukka note 206) ; le Kaf Ha-‘Haïm (chap.639 note 33).

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita tranche lui aussi selon l’opinion du ‘HYDA, mais il précise que les personne qui désirent malgré tout réciter la Bera’ha de Lishev Bassoukka lorsqu’elles consomment plus de Kabetsa de pain, ces personnes ont sur qui s’appuyer.

Cependant, si l’on consomme une quantité importante de pâtisseries, à partir de 216 g, puisque dans ce cas là, nous sommes tenus de faire Netilat Yadaïm, de réciter la Bra’ha de Hamotsi sur les pâtisseries (et non plus Mezonot), et ensuite le Birkat Hamazon, dans cette quantité de pâtisseries, nous sommes tenus de consommer sous la Soukka, et de réciter la Bera’ha de Lishev Bassoukka.

Les Ashkenazim ont diverses traditions sur ce cas précis, et nous ne pouvons pas les détailler ici.

La Guemara Soukka (28) apprend d’une Hala’ha LeMoshé MiSinaï (une Hala’ha enseignée oralement à Moshé Rabbenou au mont Sinaï) que les femmes sont exemptes de la Mitsva de siéger sous la Soukka, comme elles sont exemptes de la majorité des Mitsvot ‘Assé Shehazeman Guerama (les commandements positifs liés à un laps de temps), et la Soukka est justement limitée à 7 jours de la fête, c’est pour cela qu’elles en sont exemptes.

Mais cependant, il est certain qu’une femme qui mange sous la Soukka obtient une récompense pour cela.

Mais attention !!!

Si une femme désire manger sous la Soukka, elle ne peut en aucun cas réciter la Bera’ha de Lishev Bassoukka (elle ne peut pas dire VETSIVANOU – Il nous a ordonnée, puisqu’elle est exempte).

Cependant, selon la tradition des Ashkenazim, les femmes récitent la Bera’ha même sur une Mitsva de laquelle elles sont exemptes, comme le Loulav ou la Soukka.

Une femme Sefarade n’a absolument pas le droit de réciter la Bera’ha sur la Soukka ou le Loulav, ou sur toute autre Mitsva de laquelle elle est en réalité exempte selon la Hala’ha. Cette Bera’ha serait considérée Levatala (en vain).

Puisque les femmes sont exemptes de la Mitsva de Soukka, il faut veiller à ce qu’elles ne répondent pas AMEN à la Bera’ha de Lishev Bassouka qui se trouve insérée dans le Kiddoush les 2 premiers soirs.

En effet, cette Bera’ha ne les concerne pas, et en répondant, elles provoqueraient un Hefsek (une interruption) entre les premières Bera’hot du Kiddoush (Bore Peri Heguefen et Mekadesh Israël Vehazemanim), et la dégustation du vin (au même titre qu’il est interdit de s’interrompre entre le moment où l’on termine le Kiddoush, et le moment où l’on goûte le vin).

Dans la prochaine Hala’ha, nous expliquerons, B’’H, d’autres détails sur la Bera’ha de Lishev Bassoukka.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768 sheelot@free.fr

(à partir des écrits du Gaon Rabbi Ya’akov SASSON shalita)

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[D1]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h

[D2]Ginat Véradim (Rabbi Avraham HaLevi Egypte 17ème siècle)

[D3]HYDA Rabbi Haïm Yossef David AZOULAÏ Israël - Italie 18ème siècle

[D4]

Rabbi Meyou’hass Ba’har SHEMOUEL Israël 18ème siècle Rishon Letsion (Grand Rabbin Sefarade d’Israël) Grand décisionnaire, il est l’auteur de nombreux ouvrages de Hala’ha dont le fameux Peri Haadama sur le RaMBaM, et autres…

[D5]Rabbi Its’hak ABOUL’AFIYA Syrie Israël 19ème siècle. Il fut Av Beit Din de Damas et auteur de nombreux ouvrages de Hala’ha dont le Shou’t Péné Its’hak et autres…

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