mercredi 11 février 2009

Les choses qui provoquent les pertes de mémoire

Les choses qui provoquent les pertes de mémoire

Cette Hala'ha est dédiée à la réussite totale de nos soldats de Tsahal . Qu'Hashem les protège, et qu'il fasse plier nos ennemis sous leur force. Que chacun de nos frères soldats rentre chez lui sain et sauf, AMEN

Cette Hala’ha est aussi dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita)

Pour l'élévation de la Neshama de mon ami Refael Eliyahou Ben Esther (ALLOUCH)

Et aussi, pour l’élévation des Neshamot de nos frères sauvagement assassinés en Inde. Qu’Hashem venge le sang des innocents.

Question

Est-il réellement interdit de consommer ou de réaliser les choses signalées par nos maîtres du Talmud comme étant sources de perte de mémoire, ou bien sont-elles simplement des risques de perte de mémoire, sans réelle interdiction ?

Décision de la Hala’ha

Voici des choses signalées dans le Talmud par nos maîtres, pouvant provoquer des pertes de mémoire :

La consommation des restes d’un aliment consommé par une souris ou un chat ; la consommation du cœur de l’animal ; la fréquente consommation d’olives ; la consommation d’une eau qui a servi à un bain ; se laver ses pieds disposés l’un sur l’autre ; placer quelque chose (ses vêtements) sous la tête.

Cet enseignement n’implique pas de réelle interdiction pour la personne qui ne prend pas toutes ces choses en considération, mais seulement des risques de perte de mémoire.

Lorsqu’on ne consomme pas fréquemment des olives, mais seulement occasionnellement, ce type de consommation n’entraîne aucun risque, et cette personne ne subira pas de pertes de mémoire conséquentes à cette consommation.

L’huile d’olive est bénéfique pour la mémoire, et c’est pourquoi, si l’on consomme les olives lorsqu’elles sont accompagnées d’huile d’olive, il n’y a plus rien à redouter.

Sources et développement

Il est rapporté dans une Baraïta de la Guemara Horaïot (13b) :

Nos maîtres enseignent : il y a 5 situations qui provoquent l’oubli de l’étude : lorsqu’on consomme les restes d’un aliment consommé par une souris ou un chat ; lorsqu’on consomme le cœur de l’animal ; lorsqu’on consomme fréquemment des olives ; lorsqu’on consomme de l’eau qui a servi à un bain ; lorsqu’on lave ses pieds disposés l’un sur l’autre. Certains ajoutent : lorsqu’on place quelque chose (ses vêtements) sous la tête.

Concernant la consommation d’olives, nous pouvons remarquer les termes employés par la Baraïta que nous avons cité précédemment « lorsqu’on consomme fréquemment des olives » et il n’est pas enseigné « lorsqu’on consomme des olives ». Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita écrit – dans son livre Hali’hot ‘Olam (tome 7 page 217) - que les termes employés sont précis, et par conséquent, lorsqu’on ne consomme pas fréquemment des olives, mais seulement occasionnellement, ce type de consommation n’entraîne aucun risque, et cette personne ne subira pas de pertes de mémoire conséquentes à cette consommation.

C’est ce que disait le Gaon Rabbi Shlomo Zalman OYERBACH z.ts.l. Cependant, on rapporte en son nom que lorsqu’on consomme des olives une fois par mois, ce type de consommation d’olives est déjà considérée comme fréquente.

Le Gaon Rabbi Yossef H’aïm ZONENFEILD z.ts.l écrit dans son livre Shou’t Salmat ‘Haïm (tome 1 chap.41 et 42) que lorsqu’on consomme des olives accompagnées d’huile d’olive, cela peut contribuer à se protéger des pertes de mémoire, car l’huile d’olive est bénéfique pour la mémoire. (Comme il est enseigné dans la Guemara, puisque par cela nous voyons que la force du fils est supérieure à celle du père, car le père qui est représenté par l’olive entraîne la perte de mémoire, alors que ce qu’il engendre c'est-à-dire l’huile d’olive est bénéfique pour la mémoire. Par conséquent, lorsqu’on trempe les olives dans de l’huile d’olive, il n’y a absolument rien à craindre, et c’est ainsi qu’agissent de nombreuses personnes qui craignent Hashem.)

Il est dit dans la Torah (Devarim 4) :

« Préserve-toi et préserve grandement ton âme, de peur que tu oublies…».

Il est expliqué dans une Mishna du Pirké Avot (chap.3) que ce verset vient mettre en garde contre l’oubli des paroles de la Torah, qui constitue un véritable interdit de la Torah.

Nos maîtres les décisionnaires débattent afin de définir si le fait de consommer des choses qui entraînent les pertes de mémoire constitue une transgression de cette interdiction d’oublier les paroles la Torah.

Le Meïri (sur Rosh Ha-Shana section Hit’orerout Teshouva chap.1) écrit qu’il y a effectivement une transgression de cette interdiction dans le fait de consommer des choses qui entraînent des pertes de mémoire. Par conséquent – selon le Meïri – lorsqu’on a le devoir de se laver les mains par exemple lorsqu’on se lève le matin ou bien lorsqu’on sort des toilettes, ou autre, et que l’on ne se lave pas les mains, hormis l’interdiction de ne pas se laver les mains selon les exigences de nos maîtres, on commet également une transgression supplémentaire en provoquant le fait d’oublier les paroles de la Torah, car ne pas se laver les mains lorsqu’on en a l’obligation, entraîne – chez un Talmid ‘Ha’ham (un érudit dans la Torah) - la perte de la mémoire, comme le rapporte le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 4-18), ce qui constitue – comme nous l’avons expliqué – la transgression d’un interdit de la Torah puisqu’il est interdit d’oublier les paroles de la Torah.

Le Gaon Rabbi Eli’ezer PAPO z.ts.l (l’auteur du Pélé Yo’ets) écrit lui aussi – dans son livre Orot Elim (page 76) - que lorsqu’une personne ne prend pas en considération toutes les choses mentionnées dans la Guemara Horaïot (13b) qui entraînent des pertes de mémoire, je crains qu’une telle personne entre dans le cadre de ce qu’ont enseigné nos maîtres (dans les Pirké Avot) « Toute personne qui oublie, ne serai ce qu’une seule chose de ce qu’elle a appris, cette personne se condamne elle-même, comme il est dit : « Préserve-toi et préserve grandement ton âme, de peur que tu oublies… »

Telle est également l’opinion du Gaon ‘Hazon Ish z.ts.l, comme le rapporte en son nom l’auteur du Shou’t Shevet Ha-Kehati (tome 1 chap.2).

Cependant, l’auteur du Divré Malkiel (Rabbi Malkiel Tsevi Tanenboïm z.ts.l) dans son livre Shou’t Divré Malkiel (tome 2 chap.53 note 2) pose une question :

Pourquoi donc les décisionnaires n’ont-ils pas interdis la réalisation ou la consommation de toutes les choses mentionnées dans Horaïot (13b) puisqu’il est stipulé dans la Guemara Mena’hot (99b) que toute personne qui oublie ce qu’elle apprend transgresse un commandement négatif de la Torah ?

Il répond lui-même qu’il est donc évident que ces choses sont simplement des risques d’oubli, car il n’y a pas de certitude que ces choses entraîneront des pertes de mémoire, ces choses représentent seulement des éléments qui prédisposent à cela, tout comme d’autres choses. Ce qui ne veut pas dire qu’il est inévitable qu’une personne qui consomme ou qui réalise des choses comme celles-ci, en oublie forcément son étude. Il est aussi possible de faire en parallèle d’autres choses qui seront bénéfiques à la mémoire, et grâce à cela, il n’oubliera strictement rien.

C'est pourquoi certains – comme l’auteur du Taharat Ha-Maïm (section Shin note 14) - ont écrit que la personne qui ne désire pas prendre en considération les choses enseignées dans Horaïot (13b) qui entraînent des pertes de mémoire ne transgresse aucun interdit et il n’est pas nécessaire de protester contre son attitude.

De plus, nous avons un principe selon lequel toute chose qui fait l’objet d’un doute (divergence d’opinions) parmi les A’haronim, si l’on trouve parmi les Rishonim (décisionnaires de l’époque médiévale) un décisionnaire qui traite le sujet, la décision Hala’hique sera définie par son opinion, car si les Rishonim sont comparables aux Mal’a’him (anges), nous ne sommes que des êtres humains.

Or, Rabbenou Yehouda Hé-‘Hassid (qui fait partie de nos maîtres les Rishonim) écrit dans le Sefer Ha’hassidim (chap.1008) :

Quelqu’un a soumis un problème à un ‘Ha’ham en lui disant que les souris avaient consommé son pain. Or nos maîtres enseignent que le fait de consommer les restes d’un aliment consommé par une souris provoque la perte de mémoire. L’homme demanda s’il pouvait malgré cela consommer ce pain ? Le ‘Ha’ham répondit :

« Pourquoi ne le mangerais-tu pas ? » L’homme dit : « Je craints de le manger, car cela va me provoquer d’oublier mon étude, or je veille particulièrement à ne pas consommer la moindre chose pouvant provoquer l’oubli de l’étude. Or maintenant je suis affamé ! »

Le ‘Ha’ham lui répondit : « Tu n’es pas tenu de t’abstenir de consommer ce pain, car il est enseigné (dans la suite de la Mishna de Avot mentionnée plus haut) : jusqu’à ce qu’il s’asseye et qu’il fasse disparaître les paroles de la Torah de son cœur. (Ce qui veut dire que lorsqu’on consomme des choses susceptibles d’entraîner l’oublie de la Torah, on n’agit pas de façon certaine et avec intention sur l’oubli des paroles de la Torah.) Mais je constate – dit le ‘Ha’ham à cet homme – que tu es disponible et malgré tout, tu ne te consacres pas à l’étude de la Torah. Il aurait été préférable pour toi que tu ne sois pas vigilant dans toutes ces choses qui entraînent l’oubli, afin que tu oublies toutes les futilités auxquelles tu te consacres ! » Fin de citation.

A partir de là, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shailta tranche – dans son livre Shou’t Yabiya’ Omer (tome 9 section O.H chap.95 note 7) et dans son livre Hali’hot ‘Olam (tome 7 page 219) - le doute émis par les A’haronim que nous avons mentionné, et il écrit que même s’il est certain qu’il faut éviter la consommation de ces choses, malgré tout, il n’y a là aucun interdit réel.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5769 sheelot@free.fr

(à partir des écrits du Gaon Rabbi Ya’akov SASSON shalita)

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