mercredi 4 février 2009

Se rendre aux toilettes pendant une consommation

Se rendre aux toilettes pendant une consommation

Cette Hala'ha est dédiée à la réussite totale de nos soldats de Tsahal . Qu'Hashem les protège, et qu'il fasse plier nos ennemis sous leur force. Que chacun de nos frères soldats rentre chez lui sain et sauf, AMEN

Cette Hala’ha est aussi dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita)

Pour l'élévation de la Neshama de mon ami Refael Eliyahou Ben Esther (ALLOUCH)

Et aussi, pour l’élévation des Neshamot de nos frères sauvagement assassinés en Inde. Qu’Hashem venge le sang des innocents.

Question

Lorsqu’une personne se trouve en milieu d’un repas constitué de pain, et qu’elle doit se rendre aux toilettes, à son retour, doit-elle de nouveau procéder à la Netilat Yadaïm (hormis le fait qu’elle doit se laver les mains pour avoir été aux toilettes) avec un Keli, en versant l’eau 3 fois sur chaque main, et en récitant de nouveau la Bera’ha de « ‘Al Netilat Yadaïm » ? Doit-elle aussi de nouveau réciter la Bera’ha de Ha-Motsi sur le pain, ou non ?

Décision de la Hala’ha

Lorsqu’on se rend aux toilettes pendant un repas constitué de pain, hormis le fait que l’on doit se laver les mains pour avoir été aux toilettes, on doit également se laver les mains à titre de Netilat Yadaïm, avec un Keli (ustensile pour la Netila), en versant l’eau 3 fois sur chaque main, et en récitant de nouveau la Bera’ha de « ‘Al Netilat Yadaïm ». Ensuite, on récitera la Bera’ha de Asher Yatsar (Bera’ha que l’on récite après avoir été aux toilettes).

Mais on ne refait pas la Bera’ha de Ha-Motsi.

Chez les Ashkenazim, l’usage est de ne pas réciter de nouveau la Bera’ha de « ‘Al Netilat Yadaïm » lorsqu’on s’est rendu aux toilettes pendant un repas constitué de pain, mais uniquement la Bera’ha de Asher Yatsar.

Cependant, s’il s’agit d’une consommation d’aliments qui ne nécessitent pas de réciter la Bera’ha finale sur le lieu de leur consommation, par exemple des fruits ou des boissons ou autre, si l’on se rend aux toilettes pendant leur consommation, et qu’en sortant, on désire poursuivre la consommation, il faudra de nouveau réciter la Bera’ha de l’aliment.

Sources et développement

Nous avons déjà expliqué que lorsqu’une personne sort – pendant le repas – de la pièce où elle prend son repas, pour se rendre dans une autre pièce, même s’il ne faut pas agir ainsi Le’hate’hila (à priori), malgré tout, si on a agit ainsi, il ne faut pas réciter de nouveau la Bera’ha sur ce que l’on va continuer à consommer.

Nous pouvons déduire de là pour le cas de la personne qui se rend aux toilettes pendant son repas, qu’il est certain que ce déplacement ne nécessite pas de réciter de nouveau les Bera’hot sur ce qu’elle va consommer.

En particulier, selon ce que l’on a écrit au sujet d’un déplacement qui est réalisé contre le gré de la personne (par exemple lorsqu’on se déplace à cause d’une urgence) n’est pas considéré comme un changement d’endroit pendant le repas, lorsqu’on avait l’intention de retourner sur le lieu initial.

Selon cela, le fait de se rendre aux toilettes pendant le repas est – de façon certaine – considéré comme forcé, et n’est pas considéré comme un changement d’endroit pendant le repas. Même Le’hate’hila, il est permis de se rendre aux toilettes pendant le repas, et au retour, nous ne devons pas réciter de nouveau la Bera’ha de Ha-Motsi sur le pain que l’on continue à consommer.

Cependant, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita écrit dans son livre Hali’hot ‘Olam (tome 2 page 44) que s’il s’agit d’aliments qui ne nécessitent pas de réciter la Bera’ha finale sur le lieu de leur consommation, par exemple des fruits ou des boissons ou autre, si l’on se rend aux toilettes pendant leur consommation, et qu’en sortant, on désire poursuivre la consommation, il faudra de nouveau réciter la Bera’ha de l’aliment, car les toilettes représentent un lieu où l’on ne peut pas réciter une Bera’ha, ce qui constitue une interruption dans la consommation, que l’on peut assimiler au fait de sortir totalement de l’endroit où l’on se trouve, pour aller à l’extérieur.

Mais tout ceci concerne les Bera’hot sur les aliments.

Mais qu’en est-il de la Netilat Yadaïm s’il s’agit d’un repas constitué de pain ?

Est-ce que le fait d’avoir été aux toilettes pendant un repas constitué de pain, oblige cette personne à faire de nouveau la Netilat Yadaïm avec le Keli en versant l’eau 3 fois sur chaque main (hormis le fait qu’elle doit se laver les mains pour avoir été aux toilettes), et en récitant la Bera’ha de « ‘Al Netilat Yadaïm », ou non ?

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MARAN tranche dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 164-2) que lorsqu’on est entré en contact avec les parties intimes du corps pendant un repas, il faut de nouveau se laver les mains avec le Keli en versant l’eau 3 fois sur chaque main, et réciter la Bera’ha de « Al Netilat Yadaïm ».

La raison à cette obligation est simplement à cause du fait que l’obligation de procéder à la Netilat Yadaïm avant de manger du pain repose sur le fait de purifier les mains. Or, le fait d’être entré en contact avec des parties intimes du corps rend les mains de nouveau impures, et pour pouvoir continuer à consommer du pain, il faut de nouveau les purifier.

A fortiori lorsqu’il s’agit de se rendre aux toilettes pendant le repas, selon l’opinion de MARAN l’auteur du Shoul’han ‘Arou’h, on doit de nouveau se laver les mains, exactement comme la personne qui s’apprête à consommer du pain. Si cette personne désire encore consommer du pain, elle doit d’abord se laver les mains en récitant de nouveau le Bera’ha de ‘Al Netilat Yadaïm. Puisque cette personne s’est rendue aux toilettes, le simple fait de s’y être rendu lui impose l’obligation de se laver de nouveau les mains. C’est pourquoi, on doit dans ce cas se laver les mains 3 fois au moyen d’un Keli (ustensile pour la Netila), et réciter la Bera’ha de « ‘Al Netilat Yadaîm ».

Après avoir réciter la Berah’a de ‘Al Netilat Yadaïm, on récite la Berah’a de Asher Yatsar.

Cependant, le Gaon MAHARSHAL (Rabbi Shelomo LOURIA) – dans son livre Yam Shel Shelomo (sur ‘Houlin chap.8 section 41)conteste l’opinion de MARAN l’auteur du Shoul’han ‘Arou’h, et il écrit que même si l’on doit de nouveau se laver les mains, ce n’est qu’à titre d’hygiène, et non à titre d’obligation de Netilat Yadaïm avec un Keli et 3 fois. Selon le MAHARSHAL, il est certain qu’il ne faut pas réciter de Bera’ha sur cette ablution qui n’a pas réellement le Din d’une Netiila pour le repas.

De nombreux A’haronim citent ces propos du MAHARSHAL en tant qu’Hala’ha. Tel est l’usage chez les Ashkenazim.

Mais de nombreux autres Poskim maintiennent l’opinion de MARAN et tranchent qu’il faut réciter la Bera’ha de « ‘Al Netilat Yadaïm ».

Selon le principe de « Safek Berah’ot Lehakel » (lors d’un doute sur la récitation d’une Bera’ha, nous allons à la souplesse et nous ne la récitons pas), il semble que tel est l’usage même chez les Sefaradim qui pourtant ont accepté les décisions Hala’hiques de MARAN, malgré tout, puisqu’il s’agit là d’un risque de récitation de Bera’ha en vain, on ne récite pas la Bera’ha de « ‘Al Netilat Yadaîm » dans un tel cas. Tel est l’usage chez de nombreuses personnes Sefaradim. Lorsqu’elles sortent des toilettes au milieu du repas, même si elles se lavent les mains 3 fois au moyen d’un Keli, conformément à l’opinion de MARAN, malgré tout, elles ne récitent pas la Bera’ha sur cette ablution, afin de prendre en considération l’opinion du MAHARSHAL.

Mais le Gaon Rabbi David YOSSEF Shalita – dans son livre Hala’ha Beroura (tome 8 chap.164 page 312) – écrit que selon un principe cité à de nombreuses reprises par notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita dans son livre Shou’t Yabiya’ Omer, il semble que du point de vue de la décision Hala’hique, lorsqu’on s’est rendu aux toilettes au milieu du repas, et que l’on désire poursuivre la consommation de pain, on doit se laver les mains avec la Bera’ha (« ‘Al Netilat Yadaïm »).

En effet, notre maître le Rav Shalita écrit à de nombreux endroits de ses ouvrages le principe cité par notre maître le RADBAZ (tome 2 chap.626) et aussi par notre maître le ‘HYDA dans son livre Shem Ha-Guedolim (tome 2 page 92a), principe que voici :

Bien que nous craignons le risque de réciter des Bera’hot (en vain), malgré tout, lorsque la Ma’hloket (divergence d’opinion Hala’hique) se situe non pas au niveau de la Bera’ha mais au niveau de la Mitsva - par exemple dans notre cas, où la divergence ente MARAN et le MAHARSHAL n’est pas pour définir s’il faut réciter la Bera’ha sur la Netilat Yadaïm ou pas, mais plutôt sur la Mitsva de Netilat Yadaïm en elle-même, faut-il oui ou non dans ce cas refaire Netilat Yadaïm en tant que Netilat Yadaïm obligatoire pour le repas, c'est-à-dire, au moyen d’un Keli et 3 fois, ou bien l’obligation de se laver les mains n’est qu’une mesure d’hygiène uniquement, et dans ce cas, la Bera’ha n’est que conséquente à la Ma’hloket - dans un tel cas, on ne prend pas en considération le risque de réciter des Bera’hot en vain à l’encontre de l’opinion de MARAN l’auteur du Shoul’han ‘Arou’h, car la décision de la Hala’ha au sujet de la Mitsva, est fixée selon l’opinion de MARAN dont nous avons accepté les décisions Hala’hiques, il faut donc réciter la Bera’ha sur la Mitsva dans un tel cas.

(Attention !! Il est évident qu’il ne faut faire la Bera’ha de « ‘Al Netilat Yadaïm » uniquement si l’on a l’intention de consommer la quantité minimale de Kabetsa qui correspond à environ 54 g de pain, car le cas contraire, on ne récite pas cette Bera’ha.)

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5769 sheelot@free.fr

(à partir des écrits du Gaon Rabbi Ya’akov SASSON shalita)

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