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le Rav Ovadia YOSSEF Shalita.

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lundi 15 juin 2009

Un doute sur le Birkat Ha-Mazon

Un doute sur le Birkat Ha-Mazon

QUESTION

Lorsque la Hala’ha nous impose en cas de doute de réciter de nouveau le Birkat Ha-Mazona (lorsqu’on a consommé du pain et que l’on est rassasié de ce que l’on a consommé), doit-on réciter l’intégralité du Birkat Ha-Mazon, ou bien seulement les 3 premières bénédictions (jusqu’à Boné Yeroushalaïm) ?

DECISION DE LA HALA’HA

Lorsqu’on a consommé du pain et que l’on est rassasié de cette consommation, en cas de doute s’il on a oui ou non récité le Birkat Ha-Mazon, on doit le réciter de nouveau par doute, mais si l’on n’est pas rassasié de ce que l’on a mangé, on ne récite pas le Birkat Ha-Mazon à cause du doute.
Lorsqu’on est tenu en cas de doute de réciter de nouveau le Birkat Ha-Mazon, on doit réciter uniquement les 3 premières bénédictions du Birkat Ha-Mazon (jusqu’à Boné Yeroushalaïm), et non la 4ème bénédiction qui est celle de « La’ad Ha-El Avinou Malkenou… ».

Dans la prochaine Hala’ha, nous expliquerons – avec l’aide d’Hashem – le Din pour les femmes en cas de doute sur le Birkat Ha-Mazon.

SOURCES ET DEVELOPPEMENT

Dans les précédentes Hala’hot, nous avons expliqué de façon générale le principe de « Safek Bénédictions Lehakel » (« Lors d‘un doute sur la récitation d’une bénédiction, on ne la récite pas »), selon lequel si une personne doute si elle a oui ou non récité une bénédiction sur ce qu’elle consomme, elle ne doit pas réciter la bénédiction par doute, car elle s’introduirait dans un risque de prononcer le Nom d’Hashem en vain en récitant de nouveau la bénédiction, car il est probable qu’elle a déjà récité cette bénédiction sur ce qu’elle consomme. Malgré cela, cette personne peut poursuivre sa consommation, selon le principe de « Sefeka Derabbanan Lakoula » (« lors d’un doute sur une ordonnance de nos maîtres, nous allons à la souplesse »), or puisque le principe des bénédictions est Miderabbanan (instauré par nos maîtres), chaque fois que l’on est face à un doute, nous considérons qu’il ne faut pas refaire la bénédiction.

Nous avons précisé que tout ceci n’est valable que pour les bénédictions dont l’obligation est Miderabbanan (par institution de nos maîtres), mais lorsqu’il s’agit du Birkat Ha-Mazon dont l’obligation est Min Ha-Torah (ordonnée par la Torah) (puisque dès lors où l’on a mangé du pain et que l’on est rassasié de ce que l’on a mangé, on est soumis à l’obligation de réciter le Birkat Ha-Mazon Min Ha-Torah, comme il est dit : « Tu mangeras, tu te rassasieras, et tu réciteras la Bénédiction… »), le Din est que même dans le doute, on est tenu de réciter de nouveau le Birkat Ha-Mazon, selon le rpincipe de « Sefeka De-Oraïta La’houmra » (« Lors d’un doute sur une ordonnance de la Torah, nous allons à la rigueur »).

Nous avons aussi donné une précision concernant le fait de recommencer le Birkat Ha-Mazon, et nous allons revenir sur celle-ci en ajoutant quelques références.

En effet, lorsque nous considérons que l’obligation de réciter le Birkat Ha-Mazon est Min Ha-Torah, ce n’est vrai que pour les 3 premières bénédictions du Birkat Ha-Mazon qui sont : « Ha-Zan Ete Hakol » ; « ‘Al Ha-Arets Ve’al Ha-Mazon » ; « Boné Yerouchalaïm ».
Par contre, la 4ème bénédiction, qui est surnommée « Ha-Tov Vehamtiv » (« La’ad Ha-El Avinou Malkenou … ») n’est pas Min Ha-Torah mais seulement instaurée par nos maîtres dans le Birkat Ha-Mazon.
Selon cela, il semble évident qu’il n’y a pas à réciter de nouveau cette bénédiction en cas de doute, selon le principe de « Sefeka Derabbanan Lakoula » (« lors d’un doute sur une ordonnance de nos maîtres, nous allons à la souplesse »).

Cependant, le Maguen Avraham (sur O.H 184 note 7) écrit que chaque fois où il faut recommencer le Birkat Ha-Mazon à cause du doute, il faut également redire la bénédiction de « Ha-Tov Vehametiv », car si l’on considère qu’il ne faut pas la dire de nouveau, on pourrait en arriver à en négliger son importance vis-à-vis des autres bénédictions du Birkat Ha-Mazon.
Il cite plusieurs grands décisionnaires qui tranchent de cette façon, comme entres autres le Maharach ‘HAYOUN ou le Mahary HA-LEVY, cités également par le Gaon auteur du Kenesset Ha-Guedola (notes sur le TOUR).

De très nombreux autres décisionnaires approuvent cette opinion, et parmi eux :
Le Peri ‘Hadash (sur O.H 209) ; le Gaon Rabbi Zalman (dans son Shoul’han ‘Arou’h chap.184 parag.2) ; notre maître le ‘HYDA dans Birké Yossef (fin du chap.209) ; le Sédé ‘Hemed (sect. Bera’hot chap.4 note 13) ; le Gaon Rabbi Malkiel Tsevi TANENBOÏM z.ts.l dans Shou’t Divré Malkiel (tome 4 chap.7) ; le Maamar Morde’haï (chap.57 page 88b) ; le ‘Arou’h Ha-Shoul’han (note 5) ; le Mishna Beroura (note 13).

Similairement, le Teroumat Ha-Deshen (chap.39) écrit que même si concernant un doute dans les autres bénédictions nous tranchons « « Sefeka Derabbanan Lakoula » (« lors d’un doute sur une ordonnance de nos maîtres, nous allons à la souplesse »), malgré tout lorsque sont mélangées ensemble des bénédictions Min Ha-Torah avec des bénédictions Miderabbanan, nous tranchons qu’il faut réciter de nouveau toutes les bénédictions, afin que l’on n’en vienne pas à négliger l’importance de ces bénédictions qui ne sont pas Min Ha-Torah.

Mais le Gaon auteur du livre Eliya Rabba (chap.184) écrit qu’il a trouvé dans le Le’hem Mishné (sur chap.2 des Hal. relatives aux bénédictions Hal.2) qu’il ne faut pas réciter de nouveau la bénédiction de « Ha-Tov Vehametiv » en cas de doute, car elle n’est pas Min Ha-Torah.
C’est également l’opinion du Gaon auteur du ‘Olat Tamid (note 3) qui fait remarquer que la forme des termes employés par MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 209-3) selon lesquels on recommence le Birkat Ha-Mazon en cas de doute « car son obligation est Min Ha-Torah » indique que c’est exclusivement la partie Min Ha-Torah du Birkat Ha-Mazon qu’il faut redire en cas de doute, mais la 4ème Bénédiction qui - elle - n’est pas Min Ha-Torah, ne doit pas être redite en cas de doute.
C’est également l’avis de nombreux autres décisionnaires – comme le Gaon Netsiv dans son livre He’mek Sheela (Parasha de ‘Ekev Shéilta 146 note 4) - selon lesquels chaque fois qu’il y a un doute, on ne doit recommencer que les bénédictions dont l’obligation est Min Ha-Torah, mais la 4ème bénédiction du Birkat Ha-Mazon dont l’obligation n’est que Miderabbanan, il ne faut pas la redire en cas de doute.

Ces décisionnaires peuvent prendre appui sur les propos du RAMBAN dans ses commentaires sur la Guemara Shabbat (23a) qui écrit explicitement que l’on ne doit pas redire la 4ème bénédiction du Birkat Ha-Mazon lorsqu’on le recommence dans le doute.

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita – dans son livre ‘Hazon Ovadia – Bera’hot (pages 220 à 225) - après s’être longuement étendu sur le sujet en citant les différents avis parmi les décisionnaires, conclut qu’en raison du doute, il ne faut pas redire la bénédiction de « Ha-Tov Vehametiv », et il ne faut redire que les 3 premières bénédictions du Birkat Ha-Mazon en cas de doute.

En conclusion :
Celui qui a consommé du pain et qui est rassasié de sa consommation, mais qui a le doute s’il a oui ou non récité le Birkat Ha-Mazon, doit le réciter de nouveau par doute, mais dans ce cas il ne doit réciter que les 3 premières bénédictions du Birkat Ha-Mazon, et non la 4ème bénédiction qui est celle de « La’ad Ha-El Avinou Malkenou… », car celle-ci ne doit pas être récitée en cas de doute.

Dans la prochaine Hala’ha, nous expliquerons – avec l’aide d’Hachem – le Din pour les femmes sur ce point.

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