jeudi 18 février 2010
Birkat Ha-Gomel en sortant de prison
Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de :
mon épouse Sylvie Mazal Esther Bat Régine ‘Haya Sim’ha ; du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita) ; l’enfant Yo’heved Mazal Bat ‘Hassiba (fille de Yéhouda et Eva ALLOUN) ; Its’hak Ben ‘Aïsha ; I’hya Nathan Yossef Aharon Ben Déborah ; Yonathan Yehouda Ben Aviva ; Marc Samuel Ben Rosa Vé-Nessim Hadjadj ; Sarah Bat Miryam ; ‘Haïm Ben Yéhouda ; Avraham Moshé Ben Miriam Tova ; Yit'hak ben Avraham ; ainsi que pour ma propre Refoua Shelema David Avraham Ben Simi.
Elle est aussi dédiée à la santé de la famille ARBIB.
Elle est aussi dédiée à l’élévation de l’âme de : Ora Bat Myriam (Boukobza) ; Georges Yitshak ben Chlomo ; Tsipora bat Esther ;’Hemissa Bat Sarah
QUESTIONS
Quelle est la définition de l’emprisonnement qui nécessite le Birkat Ha-Gomel, et quels sont les déférents cas pratiques pouvant être considérés ou pas comme un emprisonnement ?
DECISIONS DE LA HALA’HA
Lorsqu’une personne a été emprisonnée, quel que soit le motif de son emprisonnement, aussi bien pour une affaire de meurtre, aussi bien pour une affaire d’argent, elle doit réciter le Birkat Ha-Gomel à sa libération.
Voici quelques cas pratiques concernant l’emprisonnement :
1. Un prisonnier évadé ne récite pas le Birkat Ha-Gomel.
2. Un condamné aux travaux d’utilité collective, tenu de se présenter chaque jour au poste de police afin qu’on lui attribue son travail, ne récite pas le Birkat Ha-Gomel lorsqu’il termine sa peine.
3. Une personne retenue en garde à vue au commissariat durant 1 ou 2 jours ne récite pas le Birkat Ha-Gomel à sa sortie
4. Une personne faisant l’objet d’un mandat d’arrêt, qui a été libérée sous caution, ne récite pas le Birkat Ha-Gomel.
5. Un prisonnier condamné à passer quelques jours au cachot de la prison, ne récite le Birkat Ha-Gomel qu’à sa sortie définitive de prison, et non lorsqu’il réintègre sa cellule en sortant du cachot.
6. Un prisonnier en permission ne récite pas le Birkat Ha-Gomel, car il ne le récitera qu’à sa sortie définitive de prison.
7. une personne assignée à résidence ne récite pas le Birkat Ha-Gomel lorsque sera levé son assignement.
8. Les passagers d’un avion victimes d’un détournent commis par des terroristes qui ont forcé le pilote à atterrir dans un pays hostile aux juifs, doivent réciter le Birkat Ha-Gomel à leur libération. (réponse Hala’hique donnée par notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita en 1974 lorsqu’on vint le consulter après la libération des passagers du vol Air France 139 reliant Tel Aviv à Paris et qui fut détourné sur Entebbe en Ouganda par des terroristes palestiniens).
A partir de dimanche, nous entamons - avec l’aide d’Hashem - les Hala’hot Pourim.
Après Pourim – avec l’aide d’Hashem - nous consacrerons encore 2 Hala’hot à Birkat Ha-Gomel :
Le Birkat Ha-Gomel pour une femme. Le Birkat Ha-Gomel dans diverses situations.
Ensuite, nous entamerons – avec l’aide d’Hashem – les Hala’hot Pessa’h.
SOURCES ET DEVELOPPEMENT
Dans les précédentes Hala’hot, nous avons expliqué qu’il y a 4 situations à la suite desquelles, nous avons l’obligation de réciter Birkat Ha-Gomel en présence d’un Minyan (10 hommes).
L’une de ces situations est celle de celui qui est sorti de prison.
Aujourd’hui, nous allons – avec l’aide d’Hashem -, donner la définition de cette situation.
Le Maguen Avraham (sur O.H 219 note 1) précise qu’il s’agit d’une personne emprisonnée pour une affaire de meurtre et finalement acquittée.
Le Léket Yosher (O.H page 40) est du même avis puisqu’il écrit :
« Je me souviens qu’en Autriche, lorsque des personnes étaient arrêtées pour ne pas avoir payé les impôts, ne récitaient pas le Birkat Ha-Gomel à leur sortie de prison. »
Mais notre maître le ‘HYDA – dans son commentaire Birké Yossef (sur O.H 219 note 4) – tranche que l’on doit réciter le Birkat Ha-Gomel même après un emprisonnement pour affaire d’argent.
Il cite en référence Rabbenou Yossef IBN MIGASS dans l’une de ses Tshouvot (manuscrite, chap.90) en réponse à cette même question, et voici ses termes :
« Concernant ta question : Celui qui est emprisonné pour une dette ou pour un impôt qu’il n’a pas payé, doit-il réciter le Birkat Ha-Gomel à sa sortie de prison, ou bien doit-on réciter cette bénédiction seulement après un emprisonnement pour une affaire de meurtre ? Réponse : Toute individu qui était prisonnier, sans aucun pouvoir sur sa propre personne, doit réciter le Birkat Ha-Gomel à sa sortie de prison. De même, toute personne emprisonnée pour ne pas avoir payer l’impôt parce qu’elle n’en avait pas les moyens, et qu’Hashem lui a finalement procuré les moyens pour rembourser sa dette, cette personne doit réciter le Birkat Ha-Gomel à sa sortie de prison. Il n’y a pas de différence entre un emprisonnement pour affaire de meurtre ou d’argent. Le seul cas qui nécessite peut être réflexion est celui de la personne qui avait les moyens de payer l’impôt et qui a été emprisonnée parce qu’elle refusait de le payer, ou parce qu’elle pensait s’arranger avec l’autorité sans finalement obtenir de résultats, de sorte que l’emprisonnement est arrivé de sa propre faute. Mais on ne peut concevoir qu’une obligation soit quantifiée de la sorte. » Fin de citation.
Notre maître le ‘HYDA, après avoir cité ces propos, ajoute :
« Nous ne pouvons que constater et prendre connaissance des paroles qui émanent de cette sainte bouche, selon lesquelles même une personne emprisonnée pour une affaire d’argent doit réciter le Birkat Ha-Gomel à sa libération. Je vois que même le Gaon auteur du Eliyah Rabba rapporte le Tassafot Yom Tov, qui prouve lui-même à partir des propos de Rabbenou Yona au nom du Rav Haï GAON que le prisonnier dont il est question au sujet du Birkat Ha-Gomel est – la plupart du temps – emprisonné pour des raisons d’argent, dont le danger n’est pas très important. Le prisonnier pour affaire d’argent doit lui aussi réciter e Birkat Ha-Gomel à sa sortie de prison, par opposition à l’opinion du Maguen Avraham. Tel est l’usage répandu de réciter le Birkat Ha-Gomel après toute sorte d’emprisonnement. » Fin de citation du ‘HYDA.
De nombreux autres A’haronim (décisionnaires récents ou contemporains) réfutent l’opinion du Maguen Avraham et attestent que l’on récite le Birkat Ha-Gomel même après un emprisonnement pour affaire d’argent.
Parmi ces décisionnaires :
Le Gaon auteur du ‘Havot Yaïr dans son livre Mékor ‘Haïm ; Le Gaon auteur du Korban Nétan’el dans son livre Nétiv ‘Haïm ; le Maamar Mordé’Haï (note 2) et d’autres…
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita fait remarquer – dans son livre ‘Hazon Ovadia – Béra’hot (page 358 et 359) – que l’on peut expliquer l’opinion du Maguen Avraham selon l’usage qui n’oblige un malade a réciter le Birkat Ha-Gomel qu’en cas de maladie grave, comme telle est l’opinion du RAMA (sur O.H 219-8) et l’usage en vigueur chez les Ashkénazim.
Selon cela, il en est de même pour l’emprisonnement, et l’on ne devrait réciter le Birkat Ha-Gomel qu’en cas d’emprisonnement qui aurait pu entraîner un danger, comme pour une affaire de meurtre.
Mais selon l’usage qui oblige à réciter le Birkat Ha-Gomel même après une maladie sans gravité mais qui a forcé le malade à s’aliter, conformément à l’opinion de MARAN dans le Shoul’han Arou’h (O.H 219-8) et l’usage répandu chez les Séfaradim, il faudrait réciter le Birkat Ha-Gomel même après un emprisonnement qui n’entraînait pas forcément un danger, comme pour une affaire d’argent.
Cette remarque et déjà émise par notre maître le ‘HYDA dans son commentaire Birké Yossef (Shiyouré Béra’ha note 2), ainsi que par le Mishna Béroura dans Biour Hala’ha (219-1 titre « ‘Havoush »), mais le ‘HYDA termine en disant que puisque Rabbenou Yossef IBN MIGASS et Rabbenou Yona attestent explicitement que l‘on récite le Birkat Ha-Gomel même après un emprisonnement pour affaire d’argent, c’est ainsi qu’il faut se comporter. Telle est l’usage répandu dans notre pays (Israël).
Le ‘HYDA exprime de nouveau cette opinion dans d’autres de ces ouvrages (Voir Ma’zik Béra’ha note 4 ; Lé-David Emet chap.23 note 7).
Telle est l’opinion d’un grand nombre de nos décisionnaires Séfarades, comme le Gaon Rabbi ‘Haïm FALLAG’I (Sefer ‘Haïm chap.26 note 7), le Ben Ish ‘Haï (‘Ekev note 8), Rabbi Its’hak ABOUL’AFIYA (Shou’t Péné Its’hak sect. « Ha-Gomel » fin du chap.67) Rabbi Ya’hya TSALA’H (Shou’t Pé’oulat Tsaddik tome 3 chap.223), Rabbi Ya’akov BIBASS (Shéerit Ya’akov page 68a).
(Voir Biour Hala’ha sur 219-1, titre « ‘Havoush »).
Telle est également l’opinion de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita, dans son livre ‘Hazon Ovadia – Béra’hot (page 359).
Quelques cas pratiques concernant l’emprisonnement :
1. Un prisonnier évadé ne récite pas le Birkat Ha-Gomel puisqu’il est fort probable que les autorités le retrouveront et l’arrêteront de nouveau. (Birké Yossef sur O.H 219 – Shiouré Béra’ha note 1, par opposition à l’opinion du Gaon Rabbi David PARDO dans son livre Lamnatséa’h Lé-David sur Béra’hot 54b)
2. Un condamné aux travaux d’utilité collective, tenu de se présenter chaque jour au poste de police afin qu’on lui attribue son travail, ne récite pas le Birkat Ha-Gomel lorsqu’il termine sa peine.
3. Une personne retenue en garde à vue au commissariat durant 1 ou 2 jours ne récite pas le Birkat Ha-Gomel à sa sortie (Mishna Béroura dans Biour Hala’ha 219-1 fin du titre « ‘Havoush ». Par opposition à l’opinion du Gaon et Tsaddik Rabbi Ben Tsion ABBA SHAOUL z.ts.l citée dans le livre Shou’t Or LéTsion tome 2 chap.14 parag.42)
4. Une personne faisant l’objet d’un mandat d’arrêt, qui a été libérée sous caution, ne récite pas le Birkat Ha-Gomel, car il est fréquent que l’enquête aboutisse sur un acquittement.
5. Un prisonnier condamné à passer quelques jours au cachot de la prison, ne récite le Birkat Ha-Gomel qu’à sa sortie définitive de prison, et non lorsqu’il réintègre sa cellule en sortant du cachot.
6. Un prisonnier en permission ne récite pas le Birkat Ha-Gomel, car il ne le récitera qu’à sa sortie définitive de prison.
7. une personne assignée à résidence ne récite pas le Birkat Ha-Gomel lorsque sera levé son assignement.
8. Les passagers d’un avion victimes d’un détournent commis par des terroristes qui ont forcé le pilote à atterrir dans un pays hostile aux juifs, doivent réciter le Birkat Ha-Gomel à leur libération. (réponse Hala’hique donnée par notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita en 1974 lorsqu’on vint le consulter après la libération des passagers du vol Air France 139 reliant Tel Aviv à Paris et qui fut détourné sur Entebbe en Ouganda par des terroristes palestiniens)
A partir de dimanche, nous entamons - avec l’aide d’Hashem - les Hala’hot Pourim.
Après Pourim – avec l’aide d’Hashem - nous consacrerons encore 2 Hala’hot à Birkat Ha-Gomel :
Le Birkat Ha-Gomel pour une femme.
Le Birkat Ha-Gomel dans diverses situations.
Ensuite, nous entamerons – avec l’aide d’Hashem – les Hala’hot Pessa’h.
dimanche 14 février 2010
Birkat Ha-Gomel après un voyage en avion
Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de :
mon épouse Sylvie Mazal Esther Bat Régine ‘Haya Sim’ha ; du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita) ; l’enfant Yo’heved Mazal Bat ‘Hassiba (fille de Yéhouda et Eva ALLOUN) ; Its’hak Ben ‘Aïsha ; I’hya Nathan Yossef Aharon Ben Déborah ; Yonathan Yehouda Ben Aviva ; Marc Samuel Ben Rosa Vé-Nessim Hadjadj ; Sarah Bat Miryam ; ‘Haïm Ben Yéhouda ; ainsi que pour ma propre Refoua Shelema David Avraham Ben Simi.
Elle est aussi dédiée à la santé de la famille ARBIB.
Elle est aussi dédiée à l’élévation de l’âme de : Ora Bat Myriam (Boukobza) ; Georges Yitshak ben Chlomo ;Tsipora bat Esther
QUESTION
Doit on réciter le Birkat Ha-Gomel après un voyage en avion ?
DECISION DE LA HALA’HA
Toute forme de voyage est considérée comme dangereuse, et de ce fait, il n’y a pas de différence entre un voyage par la terre ferme, par la mer ou dans les airs.
Dès lors où il s’agit de voyage, la notion de danger entre en considération et l’on est tenu de remercier Hashem pour nous avoir épargné de ce danger.
Par conséquent, exactement comme pour un voyage en voiture ou en train, lorsqu’on a voyagé 72 mn en avion ou en hélicoptère, on doit réciter le Birkat Ha-Gomel, car un tel voyage est considéré comme une traversée du désert ou de la mer.
Lorsqu’on voyage en avion, on peut rencontrer divers dangers, comme le fait que le pilote perde le contrôle de l’appareil en plein vol et soit dans l’obligation d’effectuer un atterrissage d’urgence, ou bien que l’un des moteurs de l’avion tombe en panne et que le pilote soit dans l’obligation d’atterrir en pleine forêt d’un pays hostile dont les habitants pourraient faire du mal aux passagers de l’avion.
C’est pourquoi on doit réciter le Birkat Ha-Gomel après un voyage en avion. Tel est l’usage répandu.
Il n’y a aucune différence entre un homme et une femme vis-à-vis du devoir d’adresser à Hashem des bénédictions de reconnaissance. Par conséquent, une femme qui a voyagé durant 72 mn en avion ou en hélicoptère est tenue - elle aussi - de réciter Birkat Ha-Gomel en présence d’un Minyan (à la synagogue, dans la partie réservée aux femmes par exemple), comme elle est tenue de le réciter après une maladie ou un accouchement. (Une future Hala’ha sera – B’’H – exclusivement consacrée au Birkat Ha-Gomel pour la femme).
Dans la prochaine Hala’ha, nous traiterons du prisonnier libéré, ainsi que des victimes de kidnapping.
SOURCES ET DEVELOPPEMENT
Dans les précédentes Hala’hot , nous avons expliqué qu’il y a 4 situations à la suite desquelles, nous avons l’obligation de réciter Birkat Ha-Gomel en présence d’un Minyan (10 hommes).
Parmi ces situations, deux concernent le voyage :
Lorsqu’on a traversé un désert, et par extension, lorsqu’on a voyagé en voiture ou en train d’une vile à l’autre.
Lorsqu’on a traversé la mer, et par extension, lorsqu’on a voyagé sur un fleuve, lorsqu’on a nagé dans une mer ou un fleuve, ou lorsqu’on a fait une simple promenade en bateau.
Nous allons à présent nous intéresser au voyage en avion.
Le Gaon « Ragatsovi » (Rabbi Yossef ROZZIN) fut consulté afin de déterminer si on doit réciter Téfilat Ha-Déreh (prière lorsqu’on entreprend un voyage) lorsqu’on voyage en avion.
Il répondit par un enseignement de la Guémara ‘Houlin (139a) où l’on traite de la Mitsva du renvoi du nid d’oiseau ;
En effet, la Torah dit (Dévarim 22-6 et 7) :
« Si un nid d’oiseau se trouve devant toi sur la route, sur tout arbre ou au sol, rempli de poussins ou d’œufs, alors que la mère couve les poussins où les œufs, tu ne prendras pas la mère avec les petits. Tu devras renvoyer la mère et prendre les petits pour toi, afin qu’il te soit fait du bien et que tes jours se rallongent. »
La Guémara déclare : si l’on trouve un nid dans la mer, on est tenu d’accomplir la Mitsva, car il est dit (Isha’ya 43-16) : « Celui qui procure une route en pleine mer ». (Le mot –דרך - route est commun à ce verset et celui dans lequel est mentionnée la Mitsva du nid).
La Guémara s’étonne : Dans ce cas, si l’on trouve un nid dans le ciel, nous serions donc tenu d’accomplir la Mitsva, puisqu’il est dit (Mishlé 30-19) : « La route de l’aigle se trouve dans le ciel » ?!
La Guémara répond : C’est seulement lorsqu’elle est pratiquée par l’aigle qu’une route dans le ciel est qualifiée de « route », mais en toute autre situation, elle n’est pas qualifiée de route.
Le Ragatsovi en déduit que la notion de route (דרך) n’existe pas dans le ciel.
Selon ce raisonnement, lorsqu’on voyage en avion, on ne doit donc pas réciter Téfilat Ha-Dére’h.
A partir de là, nous pouvons en déduire qu’il en est de même vis-à-vis du Birkat Ha-Gomel que l’on récite après un voyage, puisque le terme דרך (route) est également employé dans le verset des Téhilim (107) qui sert de source au Birkat Ha-Gomel, comme il est dit : « Ils se sont égaré dans le désert, par des routes désolées, sans trouver de ville habitée. » Il ne faudrait donc pas le réciter après un voyage en avion, puisque la notion de route (דרך) n’existe pas dans le ciel.
C’est également l’opinion du Gaon Rabbi Mordé’haï Ya’akov BREÏSH dans une Tshouva éditée dans la brochure mensuelle « Ha-Maor » (Tamouz 5716), ainsi que dans son livre Shou’t ’Helkat Ya’akov (tome 2 chap.9) où il précise tout de même que les Séfaradim qui ont l’usage de réciter le Birkat Ha-Gomel même lorsqu’ils voyagent d’une ville à l’autre (au moins 72 mn) - puisque selon leurs décisionnaires toutes les routes sont présumées dangereuses - il semble évident qu’un voyage en avion n’est pas moins dangereux qu’un voyage d’une ville à l’autre. Mais pour les Ashkénazim, cela reste une question et il est bon qu’ils la récite sans « Shem Ou-Mal’hout » (sans « Ata A.D.O.N.A.Ï Elohenou Mele’h Ha-‘Olam »).
Le Min’hat Its’hak (tome 2 cap.47) et d’autres décisionnaires pensent également que l’on doit réciter le Birkat Ha-Gomel sans « Shem Ou-Mal’hout » lorsqu’ils ont voyagé en avion.
Cependant, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita – dans son livre Shou’t Yabiya’ Omer (tome 2 sect. O.H chap.19) – tranche que l’on doit réciter le Birkat Ha-Gomel même après un voyage en avion.
Dans son livre ‘Hazon Ovadia – Béra’hot (page 368) – notre maître réfute le parallèle fait par le Gaon Ragatsovi entre le terme דרך (route) employé dans le verset qui sert de source à l’obligation de réciter le Birkat Ha-Gomel, et le terme דרך (route) employé dans le verset duquel on apprend que la notion de route n’existe pas dans le ciel.
En effet, notre maître cite le Méïri dans son commentaire sur Béra’hot (54a) dont voici les termes :
« Selon certains, on ne récite le Birkat Ha-Gomel que lorsqu’on a traversé un désert et que l’on s’est réellement perdu. De même, lorsqu’on a traversé la mer et que l’on a réellement affronté une tempête qui a faillit provoquer un naufrage, ou bien lorsqu’une personne a subit une grave maladie, selon les versets exacts du Téhilim 107. Mais je conteste cette opinion, même si la compréhension des versets va dans ce sens, car toutes les routes sont présumées dangereuses. De même, tout malade qui est alité est comparable à un condamné qui monte sur l’échafaud. De même pour toute personne qui traverse la mer. » Fin de citation.
Les propos du Méïri nous apprennent explicitement que les conditions de voyage citées par les versets n’indiquent pas une exclusivité, mais elles montrent plutôt une idée générale selon laquelle toute forme de voyage est considérée comme dangereuse, et de ce fait, il n’y a pas de différence entre un voyage par la terre ferme, par la mer ou dans les airs. Dès lors où il s’agit de voyage, la notion de danger entre en considération et l’on est tenu de remercier Hashem pour nous avoir épargné de ce danger.
Le Gaon Rabbi Moshé ‘HAGUIZ écrit lui aussi – dans l’introduction de son livre Shou’t Shété Ha-Lé’hem – que ces versets ne sont pas à prendre dans un sens exclusif, mais plutôt en retenir l’idée principale : qu’Hashem a fait parvenir le voyageur à bonne destination.
Notre maître conclut que même lorsqu’il s’agit de versets explicites, on peut considérer qu’ils ne sont pas exhaustifs, et de ce fait, une personne qui voyage en avion, doit réciter le Birkat Ha-Gomel après son voyage (s’il a duré au moins 72 mn) car lorsqu’on voyage en avion, on peut rencontrer divers dangers, comme le fait que le pilote perde le contrôle de l’appareil en plein vol et soit dans l’obligation d’effectuer un atterrissage d’urgence.
Ou bien que l’un des moteurs de l’avion tombe en panne et que le pilote soit dans l’obligation d’atterrir en pleine forêt d’un pays hostile dont les habitants pourraient faire du mal aux passagers de l’avion.
Même si d’importants décisionnaires comme le Gaon auteur du Shou’t Bé-Tsel Ha-‘Ho’hma (tome 2 chap.20) au nom du Gaon de Tshébin, ainsi que d’autres décisionnaires tranchent qu’il faut réciter le Birkat Ha-Gomel sans « Shem Ou-Mal’hout » lorsqu’on a voyagé en avion, malgré tout, le Gaon auteur du Shou’t Beer Moshé (tome 7 chap.69) relate sa rencontre avec le Admour de Satmar - Rabbi Yoël TEITLBOÏM z.ts.l - durant laquelle il s’est entretenu avec le Gaon sur la question. Le Admour de Satmar lui répondit qu’il n’avait pas le moindre doute que tout voyage en avion nécessite le Birkat Ha-Gomel. L’auteur du Beer Moshé lui répondit que l’usage courrant était de ne réciter cette bénédiction qu’après un long voyage comme des Etats-Unis à Israël ou vers l’Europe, et que son propre frère, l’auteur du Bé-Tsel Ha-‘Ho’hma cite au nom du Gaon de Tshébin qu’il ne faut pas la réciter après un voyage en avion. Mais l’Admour de Satmar lui répondit qu’il n’était pas d’accord avec cette décision Hala’hique.
Cette opinion du Admour de Satmar est également rapportée par le Min’hat Its’hak (tome 2 chap.47).
Le Gaon Rabbi Pin’hass EPSHTEIN – qui était le chef suprême des tribunaux rabbiniques de la ‘Eda Ha-‘Harédite de Jérusalem – exprime une opinion contraire à celle de l’auteur du Bé-Tsel Ha-‘Ho’hma (publiée dans le tome 2 du Bé-Tsel Ha-‘Ho’hma, page 190b), et il lui écrit explicitement que selon lui, il n’y a pas le moindre doute que l’on doit réciter le Birkat Ha-Gomel après un voyage en avion.
De ce fait, le Gaon auteur du Shou’t Bé-Tsel Ha-‘Ho’hma rectifie légèrement son opinion (tome 5 chap.88 note 1) et ajoute que « puisque de nombreux et importants décisionnaires tranchent qu’il faut réciter le Birkat Ha-Gomel après un voyage en avion, il est certain que ceux qui enseignent selon cet avis ont sur qui s’appuyer. » Fin de citation.
Telle est également l’opinion du Gaon Rabbi Avraham ‘Haïm Nahé dans son livre Kétsot Ha-Shoul’han (chap.68 Badé Ha-Shoul’han note 2), selon qui on doit réciter le Birkat Ha-Gomel après un voyage en avion.
Telle est aussi l’opinion du Gaon Rabbi Matslia’h MAZOUZ z.ts.l dans son livre Shou’t Ish Matslia’h (tome 2 sect. O.H chap.11 parag.5) où il ajoute qu’il a personnellement vu de grands Rabanim Ashkénazim voyager de France vers la Tunisie et réciter le Birkat Ha-Gomel.
Le livre Méïr Nétivot (nouvelle édition page 299) rapporte que telle est également l’opinion du Gaon Rabbi Shémouel Ha-LEVY WOZNER Shalita et du Gaon Rabbi Shélomo Zalman OYERBACH z.ts.l.
Telle est également l’opinion du Gaon Rabbi Moshé FEINSTEIN z.ts.l dans son livre Shou’t Iguérot Moshé (tome 2 sect. O.H chap.69).
Telle est également l’avis du Gaon Rabbi Shélomo Zalman OYERBACH z.ts.l comme il l’écrit lui-même dans son livre Hali’hot Shélomo (page 276) où il atteste que « tel est l’usage en vigueur ».
Le livre Tshouvot Vé-Hanahagot (page 193) atteste également que « tel est l’usage en vigueur ».
Le livre Sha’aré Hala’ha Ou-Minhag (tome 1 page 217) cite l’opinion du Gaon de LOUBAVISTH selon qui on doit réciter le Birkat Ha-Gomel après un voyage en avion.
Telle est également l’opinion du Gaon Rabbi Eli’ezer Yéhouda WALDINBERG z.ts.l dans son livre Tsits Eli’ezer (tome 11 chap.14) où il conteste l’opinion du Min’hat Its’hak.
Des témoins dignes de confiance ont attesté que telle était également l’opinion du Gaon ‘Hazon Ish.
Par conséquent, lorsqu’on a voyagé 72 mn en avion ou en hélicoptère, on doit réciter le Birkat Ha-Gomel avec « Shem Ou-Mal’hout », car un tel voyage est considéré comme une traversée du désert ou de la mer. Tel est l’usage répandu.
Dans la prochaine Hala’ha, nous traiterons du prisonnier libéré, ainsi que des victimes de kidnapping.
Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5770 sheelot@free.fr
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Birkat Ha-Gomel après un voyage en bateau
Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de :
mon épouse Sylvie Mazal Esther Bat Régine ‘Haya Sim’ha ; du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita) ; l’enfant Yo’heved Mazal Bat ‘Hassiba (fille de Yéhouda et Eva ALLOUN) ; Its’hak Ben ‘Aïsha ; I’hya Nathan Yossef Aharon Ben Déborah ; Yonathan Yehouda Ben Aviva ; Marc Samuel Ben Rosa Vé-Nessim Hadjadj ; Sarah Bat Miryam ; ‘Haïm Ben Yéhouda ; ainsi que pour ma propre Refoua Shelema David Avraham Ben Simi.
Elle est aussi dédiée à la santé de la famille ARBIB.
Elle est aussi dédiée à l’élévation de l’âme de : Ora Bat Myriam (Boukobza) ; Georges Yitshak ben Chlomo ;Tsipora bat Esther
QUESTIONS
Doit-on réciter le Birkat Ha-Gomel seulement après un voyage en mer, ou même après un voyage sur un fleuve ?
Doit-on réciter le Birkat Ha-Gomel après une simple promenade en mer ou sur un fleuve ?
Doit-on réciter le Birkat Ha-Gomel lorsqu’on est allé nager à la mer ou dans un fleuve ?
Lorsque le bateau fait une croisière avec des étapes, doit-on réciter le Birkat Ha-Gomel après chaque étape ou seulement lors de l’arrivée à destination finale ?
Comment doivent procéder des marins professionnels, des pêcheurs professionnels ou des soldat de la marine militaire vis-à-vis de Birkat Ha-Gomel ?
DECISIONS DE LA HALA’HA
On doit réciter le Birkat Ha-Gomel aussi bien après un voyage en mer, aussi bien après un voyage sur un fleuve.
On doit réciter le Birkat Ha-Gomel même après une simple promenade en mer ou sur un fleuve.
On doit réciter le Birkat Ha-Gomel lorsqu’on a nagé en mer ou sur un fleuve.
Lorsque le bateau marque des étapes, on ne doit pas réciter le Birkat Ha-Gomel après chaque étape, même si on descend à terre lors de l’étape, on récitera cette bénédiction seulement lors de l’arrivée à destination finale.
Les marins - y compris ceux qui servent dans les forces militaires maritimes - lorsqu’ils sortent en permission, même pour seulement quelques jours, sont tenus de réciter Birkat Ha-Gomel lors qu’ils arrivent chez eux. Ceci, même s’ils désirent aller en mer durant leur période de permission.
De même, les pêcheurs professionnels qui, du fait de leur métier, sont forcés d’aller quotidiennement en haute mer afin de pêcher le poisson, réciteront Birkat Ha-Gomel une fois par semaine (le Shabbat) devant un Minyan.
Dans la prochaine Hala’ha, nous traiterons – avec l’aide d’Hashem – du voyage en avion
SOURCES ET DEVELOPPEMENT
Dans les précédentes Hala’hot , nous avons expliqué qu’il y a 4 situations à la suite desquelles, nous avons l’obligation de réciter Birkat Ha-Gomel en présence d’un Minyan (10 hommes).
L’une de ces situations est celle de celui qui a traversé la mer et est arrivé à bon port.
Aujourd’hui, nous allons – avec l’aide d’Hashem -, donner la définition de cette situation.
Rabbenou Avraham fils du RAMBAM écrit dans son livre Ha-Maspik Lé-’Ovdé Hashem (Hala’hot Bra’hot page 253) :
« Ceux qui voyagent en bateau, même s’ils n’ont affronté aucun danger durant leur voyage, sont tenus de réciter Birkat Ha-Gomel en arrivant à bon port. »
Cependant, le Gaon, auteur du Mishna Béroura dans Biour Hala’ha (chap.219) fait remarquer que les fleuves de notre époque (il vivait au début du 20ème siècle) ne sont peut être plus autant dangereux qu’avant, et celui qui sort d’un voyage sur un fleuve, n’a peut être pas à réciter Birkat Ha-Gomel. Par opposition à la mer où il y a des vagues, dans un tel cas on doit réciter le Birkat Ha-Gomel de façon certaine.
Mais il conclut ses propos en disant que selon la tradition des Sefaradim - qui récitent Birkat Ha-Gomel même après avoir voyager d’une ville à l’autre durant 72 mn, conformément à l’opinion de MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 219-7), et cela, quel que soit le moyen de transport, bien que d’une ville à l’autre, la probabilité de danger est moins importante - celui qui sort d’un voyage sur un fleuve, récitera Birkat Ha-Gomel.
Mais selon la tradition Ashkénaze, selon laquelle on ne récite Birkat Ha-Gomel après un voyage que lorsque l’on a voyagé d’un pays à l’autre, celui qui sort d’un voyage sur un fleuve, ne récite pas Birkat Ha-Gomel.
Il semble que la divergence d’usage entre les Séfaradim et les Ashkénazim sur ce point se définit par une présence certaine du danger (distance entre un pays et un autre, vagues de la mer…).
Selon l’usage Ashkénaze, il faut un danger certain, alors que pour l’usage des Séfaradim, même un risque de danger (distance d’une vile à l’autre, risque de noyade dans un fleuve…) suffit pour réciter cette bénédiction.
Selon cela, même si l’on sort pour une promenade en Yacht pour seulement quelques heures, selon l’usage Séfarade, dès lors que l’on a pénétré la haute mer, nous sommes tenus de réciter Birkat Ha-Gomel au retour.
Ceci concerne aussi bien une promenade en mer, qu’une promenade sur un fleuve, dès lors que les eaux sont assez profondes pour risquer de se noyer, on est tenu de réciter Birkat Ha-Gomel, après en être sorti.
Selon cela, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit – dans son livre ‘Hazon Ovadia – Béra’hot (page 363) - que même lorsque l’on va seulement nager à la mer, ou bien même dans un fleuve se trouvant à proximité d’un lieu d’habitations (comme le Kineret en Israël), même s’il y a un maître nageur en permanence, malgré cela, on est tenu de réciter Birkat Hagomel au retour, à titre de « Yordé Hayam » (ceux qui descendent en mer).
En effet, de nombreuses noyades (qu’Hashem nous en préserve) se sont produites lors de séances de natation en mer.
Par opposition à l’opinion du Gaon Rabbi Shélomo Zalman OYERBACH z.ts.l dans son livre Hali’hot Shélomo (Dvar Hala’ha page 277)
(Nous ne pouvons pas faire une extension pour la piscine, car les termes exacts de l’institution de nos maîtres stipulent « la mer », ce qui peut inclure le fleuve mais pas la piscine)
Le Gaon auteur du Shou’t Kéné Bossem (tome 1 chap.11) tranche qu’un personne qui est allé se baigner en mer et qui a faillit se noyer, doit réciter le Birkat Ha-Gomel même selon l’usage Ashkénaze.
Le Gaon auteur du Kétsot Ha-Shoul’han (Badé Ha-Shoul’han note 7) tranche que lorsqu’on voyage en bateau, on doit réciter le Birkat Ha-Gomel seulement lorsqu’on arrive à destination finale et non lorsque le bateau fait étape à différents endroits.
En effet, même si le bateau fait étape dans un port, qu’il mouille l’ancre et que les marins descendent à terre, malgré tout, si ce port n’est pas la destination finale, on ne doit pas encore réciter le Birkat Ha-Gomel, car on ne récite cette bénédiction que lorsqu’on est sortit définitivement du danger. (Eliyah Rabba sur 219 note 1)
Le Gaon Rabbi Avraham Its’hak COHEN – KOOK z.ts.l écrit dans son livre Shou’t Ora’h Mishpat (chap.45), que même de notre époque où nous voyageons à bord de bateaux à moteur, et que la probabilité de danger dans ces conditions là, est diminuée, nous sommes tenus, malgré tout, de réciter Birkat Ha-Gomel au retour du voyage en mer.
En effet, même si en apparence, la raison d’une institution de nos ‘Ha’hamim, disparaît (le niveau de probabilité du danger), l’institution persiste, comme c’est le cas pour toutes les institutions de nos ‘ha’hamim.
C’est le grand principe de BATEL TA’AM, LO BATELA TAKANA.
C’est ainsi que tranche également le Gaon Rabbi Moshé FEINSTEIN z.ts.l dans son livre Shou’t Iguérot Moshé (sect. O.H tome 2 chap.59) et d’autres …
Les marins - y compris ceux qui servent dans les forces militaires maritimes - lorsqu’ils sortent en permission, même pour seulement quelques jours, sont tenus de réciter Birkat Ha-Gomel lors qu’ils arrivent chez eux. Ceci, même s’ils désirent aller en mer durant leur période de permission.
Telle est la conclusion du Gaon auteur du Shou’t Bé-Tsel Ha-‘Ho’hma (fin du chap.20) et du Gaon Rabbi Shémouel Ha-Lévy WOZNER Shalita dans son livre Shou’t Shévet Ha-Lévy (tome 9 chap.45).
De même, les pêcheurs professionnels qui, du fait de leur métier, sont forcés d’aller quotidiennement en haute mer afin de pêcher le poisson, réciteront Birkat Ha-Gomel une fois par semaine (le Shabbat) devant un Minyan.
Dans la prochaine Hala’ha, nous traiterons – avec l’aide d’Hashem – du voyage en avion.
Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5770 sheelot@free.fr
Pour recevoir la Hala’ha Yomit chaque jour, ainsi qu’un Dvar Torah le vendredi, par
email, contactez nous sur sheelot@free.fr Toutes les Hala’hot, ainsi que divers Divré Torah sur
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jeudi 11 février 2010
Birkat Ha-Gomel après un voyage en voiture ou en train
Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de :
mon épouse Sylvie Mazal Esther Bat Régine ‘Haya Sim’ha ; du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita) ; l’enfant Yo’heved Mazal Bat ‘Hassiba (fille de Yéhouda et Eva ALLOUN) ; Its’hak Ben ‘Aïsha ; I’hya Nathan Yossef Aharon Ben Déborah ; Yonathan Yehouda Ben Aviva ; Marc Samuel Ben Rosa Vé-Nessim Hadjadj ; Sarah Bat Miryam ; ‘Haïm Ben Yéhouda ; ainsi que pour ma propre Refoua Shelema David Avraham Ben Simi.
Elle est dédiée aussi à l’élévation de l’âme de : Ora Bat Myriam (Boukobza)
QUESTION
Doit-on réciter le Birkat Ha-Gomel lorsqu’on a voyagé en voiture ou en train d’une ville à l’autre ?
DECISION DE LA HALA’HA
Toutes les routes sont présumées dangereuses.
Selon l’usage Séfarade, on récite le Birkat Ha-Gomel si l’on a voyagé d’une ville à l’autre, et que le voyage a duré au moins 72 mn, quel que soit le moyen de transport (voiture, train,…).
Selon l’usage Ashkénaze, on ne récite cette bénédiction que lorsqu’on a voyagé d’un pays à l’autre, et que le voyage a duré au moins 72 mn.
Si la durée du voyage entre les 2 villes est inférieure à 72 mn, mais qu’en additionnant l’aller et le retour, on obtient les 72 mn, on récitera Birkat Ha-Gomel, à condition d’avoir fait l’aller et le retour dans la même journée, même si l’aller s’est fait le matin et le retour dans la nuit.
Une personne qui voyage plusieurs fois dans la semaine, d’une ville à l’autre, récitera Birkat Ha-Gomel 1 fois par semaine (Shabbat), et pensera à inclure tous ses voyages.
Il n’y a aucune différence entre un homme et une femme vis-à-vis du devoir d’adresser à Hashem des bénédictions de reconnaissance
Par conséquent, une femme qui a voyagé durant 72 mn est tenue - elle aussi - de réciter Birkat Ha-Gomel en présence d’un Minyan (à la synagogue, dans la partie réservée aux femmes par exemple), comme elle est tenue de le réciter après une maladie ou un accouchement. (Une future Hala’ha sera – b’’h – exclusivement consacrée au Birkat Ha-Gomel pour la femme).
La prochaine Hala’ha sera consacrée – b’’h - au Birkat Ha-Gomel après un voyage en bateau ou en avion.
SOURCES ET DEVELOPPEMENT
Dans les précédentes Hala’hot , nous avons expliqué qu’il y a 4 situations à la suite desquelles, nous avons l’obligation de réciter Birkat Ha-Gomel en présence d’un Minyan (10 hommes).
L’une de ces situations est celle de celui qui a traversé le désert, et est arrivé à destination.
Aujourd’hui, nous allons – avec l’aide d’Hashem -, donner la définition de cette situation.
Il est enseigné dans le Talmud Yéroushalmi (Béra’hot chap.4 Hala’ha 4) :
Toutes les routes sont présumées dangereuses.
Ce qui veut dire que chaque route que l’on emprunte, d’une ville à l’autre, est définie comme potentiellement dangereuse.
Nous pouvons déduire de là que l’institution de Birkat Ha-Gomel ne concerne pas seulement la traversée d’un véritable désert, où le niveau de danger est très élevé à cause des bandits et des animaux sauvages, mais également n’importe quelle route que l’on emprunte pour se déplacer d’une ville à l’autre (vis-à-vis de la bénédiction, le niveau de danger sur une route n’est pris en considération que lorsqu’il s’agit d’un déplacement d’une ville à l’autre). Lorsqu’on arrive à bonne destination, nous devons réciter Birkat Ha-Gomel en présence d’un Minyan.
Le RAMBAN, - dans son livre Torat Haadam ainsi que dans ses commentaires sur Béra’hot 54b - écrit que nous devons remercier Hashem après avoir emprunté n’importe quelle route, car nous avons appris dans le Yeroushalmi que « Toutes les routes sont présumées dangereuses. »
Le TOUR (O.H 219) atteste que tel était l’usage en Espagne.
Rabbenou David ABOUDARHEM (page 340, il est cité par le Beit Yossef O.H 219) atteste que selon l’usage répandu, on récite le Birkat Ha-Gomel même si l’on a voyagé seulement d’une ville à l’autre. Il cite l’auteur du Hala’hot Guédolot (sur Béra’hot chap.4) selon qui on récite la Téfilat Ha-Dére’h seulement si on entreprend un voyage d’une distance d’une Parsa (env.4 Km), mais pour une distance inférieure, on ne récitera pas Téfilat Ha-Dére’h. Rabbenou David ABOUDARHEM en déduit que la distance significative d’un voyage est de 1 Parsa. Il en est donc de même pour le Birkat Ha-Gomel lorsqu’on voyage d’une ville à l’autre.
Mais le ROSH écrit dans son commentaire sur la Guémara Béra’hot (chap.9 section 3), « qu’en Allemagne et en France, nous n’avons pas l’usage de réciter Birkat Ha-Gomel lorsqu’on se déplace d’une ville à l’autre, car nos maîtres n’ont institué cette bénédiction que pour celui qui traverse un véritable désert où les formes de dangers sont très fréquentes. Le Talmud Yéroushalmi qui atteste que « toutes les routes sont présumées dangereuses », fait allusion à la Tefilat Ha-Dere’h, la prière que l’on fait lorsqu’on entreprend un voyage, et non pas à Birkat Ha-Gomel que l’on récite après le voyage. Pour ce qui est de Tefilat Hadere’h, effectivement, toutes les routes sont présumées dangereuses, et il faut donc prier avant d’emprunter n’importe quelle route, pour qu’Hashem nous préserve durant notre voyage. » Fin de citation.
Nous pouvons constater qu’il y a une divergence d’interprétation sur ce Yéroushalmi :
Selon le ROSH, cet enseignement ne parle que de Tefilat Hadere’h
Selon le RAMBAN, et le témoignage du TOUR sur l’usage en Espagne, cet enseignement parle bel et bien de Birkat Ha-Gomel.
MARAN, dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 219-7) - après avoir cité l’usage en France, ainsi que l’usage en Espagne – écrit : « Mais toutefois, si l’on a voyagé moins d’une Parsa (moins de 4 km environ), on ne récite pas Birkat Ha-Gomel.
Sauf si l’endroit où nous nous sommes rendu, est réputé pour être un danger mortel (par exemple, une personne qui s’est égarée, et qui se retrouve en territoire palestinien), dans ce cas, même si l’on n’a pas voyager une Parsa (voir plus haut), on récite quand même Birkat Ha-Gomel. »
Sur le plan pratique :
Selon l’usage Séfarade, conformément à l’opinion de MARAN l’auteur du Shoul’han ‘Arou’h et de l’usage en vigueur en Espagne, on récite le Birkat Ha-Gomel si l’on a voyagé d’une ville à l’autre, et que le voyage dure au moins 72 mn, quel que soit le moyen de transport (voiture, train,…).
Selon l’usage Ashkénaze, on ne récite cette bénédiction que lorsqu’on a voyagé d’un pays à l’autre, et que le voyage dure au moins 72 mn.
Il faut maintenant définir la notion de Parsa citée par les Rishonim et MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h.
Représente-t-elle une notion de distance ou de temps ?
C'est-à-dire : Est-ce que l’obligation de réciter Birkat Ha-Gomel dépend du simple fait d’avoir parcouru une Parsa - qui équivaut à environ 4 km – que l’on a parcouru cette distance à pied ou même en voiture, ou bien dépend-elle du temps qu’il faut pour parcourir cette distance à pied, c'est-à-dire environ 72 mn ? Dans ce cas, dès l’instant où l’on a voyagé pendant 72 mn (le temps qu’il faut pour parcourir une Parsa à pied), on est tenu de réciter Birkat Ha-Gomel, quel que soit le moyen de déplacement.
Sur le plan pratique, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita conclu – dans son livre ‘Hazon Ovadia – Béra’hot (page 364 parag.14) - que l’obligation de réciter Birkat Ha-Gomel dépend du temps qu’il faut pour parcourir 1 Parsa à pied, c'est-à-dire environ 72 mn.
Dès l’instant où l’on a voyagé pendant 72 mn (le temps qu’il faut pour parcourir une Parsa à pied), on est tenu de réciter Birkat Ha-Gomel, quel que soit le moyen de déplacement.
Mais si l’on voyage durant un laps de temps assez court (moins de 72 mn), même si l’on a parcouru une distance de 1 Parsa (4 km environ), on ne récite pas Birkat Ha-Gomel.
Il est vrai que notre maître le ‘HYDA – dans son livre Lé-David Emet (chap.23 note 9) – écrit que lorsqu’on se rend de la ville vers des villages, ou bien vers une destination proche, on ne récite pas le Birkat Ha-Gmel, même si le voyage dure plus du temps qu’il faut pour parcourir 1 Parsa (72 mn).
Il est possible que le ‘HYDA parle de routes pratiquées et maîtrisées par les gens, et de ce fait, le danger n’existait pas.
Cependant, Rabbenou Asher Ben ‘Haïm (qui est un décisionnaire de l’époque médiévale) - dans le Sefer Ha-Pardess (page 77) – rapporte que Rabbenou Ya’akov Hé’Hassid (certainement Rabbi Ya’akov de Mervich) procéda à « Sheelat ‘Halom » (questionna le Ciel au moyen du rêve) sur le fait de réciter Birkat Ha-Gomel lorsqu’on voyage d’une ville à l’autre, et on lui répondit qu’il était un devoir de remercier Hashem chaque fois qu’il nous sauve d’un danger.
De plus, le Gaon Rabbi Avraham Its’hak Ha-COHEN KOOK z.ts.l écrit dans son livre Shou’t Ora’h Mishpat (chap.45) que même si de notre époque, le danger a relativement diminué, car nous ne trouvons pas spécialement de bandits ou de bêtes sauvages sur les routes, malgré tout la Takana (l’institution) de nos maîtres de réciter Birkat Ha-Gomel, persiste, et cela, même si la raison à cette Takana peut sembler avoir disparue.
Tout ceci par opposition à l’opinion du Gaon et Tsaddik Rabbi Ben Tsion ABBA SHAOUL z.ts.l rapportée dans le livre Shou’t Or Lé-Tsion (tome 2 chap.14 note 42) qui pense que de notre époque où les routes sont fréquentées par des voitures, on ne doit pas réciter le Birkat Ha-Gomel lorsqu’on a voyagé d’une ville à l’autre.
Le Gaon Rabbi Moshé FEINSTEIN z.ts.l ajoute – dans son livre Shou’t Iguérot Moshé (sect. O.H chap.59) - que si les Sefaradim ont l’usage de réciter Birkat Ha-Gomel même pour un déplacement d’une ville à l’autre, c’est parce que le fait que les bandits et les bêtes sauvages ne se trouvent pas sur notre route constitue en soi un ‘Hessed d’Hashem (une bonté d’Hashem), et nous devons adresser un remerciement à Hashem pour cela.
D’autant plus qu’une autre forme de danger se fait de plus en plus fréquente de notre époque : les accidents de la route.
Le Gaon Rabbi Yéhoshoua’ MAMAN Shalita atteste également – dans son livre Shou’t ‘Emek Yéhoshoua’ (tome 1 sect. O.H chap.41) – que l’usage est de réciter le Birkat Ha-Gomel lorsqu’on a voyagé d’une ville à l’autre pendant 72 mn.
Telle est également l’opinion du Gaon Rabbi Moshé ‘Halfon Ha-Cohen dans son livre Shoel Vé-Nish’al (tome 3 chap.180).
Le Gaon auteur du Kaf Ha-‘Haïm (sur O.H 219 note 40) s’appuie sur les propos du Kenesset Ha-Guédola pour justifier le fait que même lorsqu’on a voyagé plus d’1 Parsa (plus d’1 Km), il ne faut pas réciter le Birkat Ha-Gomel.
Mais en réalité, lorsqu’on consulte directement le Kenesset Ha-Guédola, on constate qu’il ne fait que relater une attitude adoptée par les gens de sa ville, et le Kenesset Ha-Guédola lui-même émet une critique à l’égard de cette attitude qui est contraire au Din, comme il le souligne sur place.
Si la durée du voyage entre les 2 villes est inférieure à 72 mn, mais qu’en additionnant l’aller et le retour, on obtient les 72 mn, on récitera Birkat Ha-Gomel, à condition d’avoir fait l’aller et le retour dans la même journée, même si l’aller s’est fait le matin et le retour dans la nuit, comme on le déduit des propos du Maamar Mordé’haï (sur 227 note 3).
Une personne qui voyage plusieurs fois dans la semaine, d’une ville à l’autre, récitera Birkat Ha-Gomel 1 fois par semaine (Shabbat), et pensera à inclure tous ses voyages.
Tout ceci correspond exclusivement à la tradition Sefarade, conforme à l’opinion de MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h, selon laquelle on récite Birkat Ha-Gomel, même pour un voyage d’une ville à l’autre (72 mn).
Mais selon la tradition Ashkenaz, on ne récite cette bénédiction que lorsqu’on a voyagé d’un pays à l’autre.
Par contre, pour ce qui est de Tefilat Ha-Dere’h, tous les usages sont en accord.
Dès lors où l’on va voyager durant 72 mn d’une ville à l’autre, on récite Tefilat Ha-Dere’h en débutant le voyage.
Il n’y a aucune différence entre un homme et une femme vis-à-vis du devoir d’adresser à Hashem des bénédictions de reconnaissance, comme l’écrivent plusieurs décisionnaires comme le Gaon Rabbi Its’hak ABOUL’AFIYA dans son livre Péné Ist’hak (sect. « bénédictions » note 69).
Par conséquent, une femme qui a voyagé durant 72 mn est - elle aussi - tenue de réciter Birkat Ha-Gomel en présence d’un Minyan (à la synagogue, dans la partie réservée aux femmes par exemple).
Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5770 sheelot@free.fr
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mercredi 10 février 2010
Birkat Ha-Gomel après une maladie
Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de :
mon épouse Sylvie Mazal Esther Bat Régine ‘Haya Sim’ha ; du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita) ; l’enfant Yo’heved Mazal Bat ‘Hassiba (fille de Yéhouda et Eva ALLOUN) ; Its’hak Ben ‘Aïsha ; I’hya Nathan Yossef Aharon Ben Déborah ; Yonathan Yehouda Ben Aviva ; Marc Samuel Ben Rosa Vé-Nessim Hadjadj ; Sarah Bat Miryam ; ‘Haïm Ben Yéhouda ; ainsi que pour ma propre Refoua Shelema David Avraham Ben Simi.
Elle est dédiée aussi à l’élévation de l’âme de : Ora Bat Myriam (Boukobza)
QUESTIONS
Pour quel type de maladie devons nous réciter le Birkat Ha-Gomel après guérison ?
Y a-t-il un nombre de jours minimum de maladie pour être tenu de réciter le Birkat Ha-Gomel ?
DECISIONS DE LA HALA’HA
Selon l’usage des Séfaradim, on réciter le Birkat Ha-Gomel même après avoir guéri d’une maladie sans danger, à la condition qu’il y a eu alitement (et que le malade n’avait pas la capacité de marcher).
Selon l’usage des Ashkénazim, on ne récite le Birkat Ha-Gomel qu’après une maladie grave.
Les Séfaradim récitent le Birkat Ha-Gomel même si l’on n’est resté alité qu’un seul jour, pour cause de forte fièvre ou de baisse de tension par exemple (et que le malade n’avait pas la capacité de marcher), même dans ces cas là on doit réciter le Birkat Ha-Gomel après la guérison.
A fortiori, lorsqu’on a subit une intervention chirurgicale, ou bien lorsque quelqu’un a subit une crise cardiaque et qu’il en a guéri.
L’usage est de réciter le Birkat Ha-Gomel dès la fin de la maladie, même s’il y a encore faiblesse physique.
Une femme qui vient d’accoucher est également considérée comme une personne qui se lève d’une maladie et doit elle aussi réciter le Birkat Ha-Gomel en présence d’un Minyan, mais nous traiterons de son cas plus longuement – avec l’aide d’Hashem - lors d’une prochaine Hala’ha consacrée spécialement à ce sujet.
SOURCES ET DEVELOPPEMENT
Lors de la précédente Hala’ha, nous avons abordé l’obligation de réciter le Birkat Ha-Gomel lorsqu’on se trouve dans 4 situations :
Après avoir traversé la mer ; après avoir traversé le désert ; après avoir guéri d’une maladie ; après avoir été libéré d’un emprisonnement.
Le TOUR (O.H 219) cite une divergence d’opinions Hala’hiques au sujet du type de maladie pour lequel il faut réciter le Birkat Ha-Gomel après guérison :
« Selon Rabbenou Yossef et le RAAVAD, on ne récite le Birkat Ha-Gomel qu’après une maladie grave qui a forcé le malade à s’aliter. Mais pour une maladie sans gravité, on ne récite pas cette bénédiction. Par contre, selon le RAMBAM (le Beit Yossef, corrige « RAMBAN ») au nom du Talmud Yéroushalmi, toute maladie mérite que l’on récite le Birkat Ha-Gomel, même s’il n’y a pas eu de gravité, puisque « toutes les maladies sont présumées dangereuses ». Le ‘Arou’h (sect. « Arba’ ») va même jusqu’à dire que l’on doit réciter cette bénédiction après un mal à l’œil ou à la tête. Tel est l’usage en Espagne. » Fin de citation.
MARAN – dans le Beit Yossef – cite les propos du RAMBAN dans son livre Torat Ha-Adam (au sujet du remerciement, page 15c) :
« Le Birkat Ha-Gomel pour un malade qui a guéri ne se récite pas seulement pour une maladie grave, puisque toute situation dans laquelle la personne s’est alitée (et n’a pas la capacité de marcher) et a ensuite guéri de son mal, cette personne doit réciter le Birkat Ha-Gomel, car la Guémara Shabbat (32a) compare quelqu’un qui est alité à un condamné à mort qui monte sur l’échafaud. S’il a de bons avocats, il peut encore s’en sortir, mais dans le cas contraire, il sera condamné. Dans le cas du malade qu a guéri, c’est la miséricorde Divine qui lui a fait acquérir de bons avocats ». Fin de citation.
C’est également l’opinion du RASHBA dans l’une ses Tshouvot (tome 1 chap.82) où il ajoute que même dans le cas d’une maladie récurrente et de laquelle on a toujours guéri, c’est le Ciel qui prend le malade en pitié et il doit donc malgré tout réciter le Birkat Ha-Gomel, car « le miracle ne se produit pas en permanence » (Méguila 7b). Fin de citation.
Le Méïri partage lui aussi cette opinion puisqu’il écrit dans on commentaire sur la Guémara Béra’hot (54b) :
« Certains pensent que l’on ne récite cette bénédiction que lorsqu’on a guéri d’une maladie grave…mais je ne suis pas d’accord avec cette opinion – même si les versets (Téhilim 107) indiquent une telle compréhension – car nos maîtres nous ont enseigné que quelqu’un qui est alité est comparable à un condamné à mort qui monte sur l’échafaud. S’il a de bons avocats, il peut encore s’en sortir, mais dans le cas contraire, il sera condamné. Or, les meilleurs avocats que l’on possède sont la Téshouva (repentir) et les bonnes actions. De plus, il faut considérer toutes les maladies comme présumées dangereuses. » Fin de citation.
Telle est également l’opinion du RAHA (Rabbenou Aharon Ha-LEVI) dans son livre Pékoudat Ha-Léviim (sur Béra’hot 54b), et du RYTBA (sur Béra’hot 54b), du RASHBETS dans ses décisions Hala’hiques (sur Béra’hot 54b), du Ohel Mo’ed (page 96b), et du Or’hot ‘Haïm (règles relatives au lundi et au jeudi chap.24).
MARAN tranche dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 219-8) conformément à cette majorité de Rishonim (décisionnaires médiévaux) selon lesquels, on doit réciter le Birkat Ha-Gomel même après avoir guéri d’une maladie sans danger, dès lors où cette maladie a forcé le malade à s’aliter (et qu’il n’avait pas la capacité de marcher).
Mais le RAMA – sur place – tranche conformément à l’opinion des Tossafot et du RAAVAD selon lesquels on ne récite le Birkat Ha-Gomel qu’après avoir guéri d’une grave maladie.
Le BA’H (Baït ‘Hadash) (sur O.H 219) réfute l’opinion du RAMA sur ce point et tranche selon l’avis de MARAN dans le Beit Yossef et le Shoul’han ‘Arou’h.
Le Maguen Avraham (sur O.H 219 note 8) atteste que certains Ashkénazim adoptent la décision de MARAN sur ce point et récitent le Birkat Ha-Gomel après toutes sortes de maladies, même sans gravité, dès lors où cette maladie a forcé le malade à s’aliter (et qu’il n’avait pas la capacité de marcher).
Les Séfaradim – qui se réfèrent toujours aux décisions Hala’hiques de MARAN l’auteur du Shoul’han ‘Arou’h – doivent réciter le Birkat Ha-Gomel même après avoir guéri d’une maladie sans danger, à la condition qu’il y a eu alitement (et que le malade n’avait pas la capacité de marcher) .
Les Ashkénazim – qui se conforment aux décisions Hala’hiques du RAMA – ne récitent le Birkat Ha-Gomel qu’après une maladie grave.
Le TAZ (Touré Zahav) écrit (sur O.H 219 note 5) que l’on ne récite le Birkat Ha-Gomel qu’après plus de 3 jours d’alitement.
Mais selon les termes employés par MARAN (« …tant que l’on s’est alité et que l’on a guéri… »), il en ressort que même 1 jour d’alitement suffit pour réciter le Birkat Ha-Gomel, dès lors où la maladie a forcé le malade à s’aliter (et qu’il n’avait pas la capacité de marcher).
On peut expliquer cette exigence de plus de 3 jours d’alitement citée par le TAZ, par le fait que l’usage Ashkénaze n’autorise la récitation de cette bénédiction qu’après une maladie grave, conformément à l’opinion du RAMA mentionnée plus haut.
Selon cela, il faudrait au moins 3 jours d’alitement pour justifier la récitation de cette bénédiction.
Alors que selon l’opinion de MARAN et selon l’usage en vigueur en Espagne, on récite le Birkat Ha-Gomel même après une maladie sans danger.
Selon cet avis, 1 jour d’alitement suffirait pour justifier la récitation du Birkat Ha-Gomel.
C’est ainsi que le Gaon auteur du Mishna Béroura – dans Biour Hala’ha (sur 219) -explique l’opinion de MARAN.
Telle est l’opinion du Gaon auteur du Kaf Ha-‘Haïm (sur O.H 219 note 46).
C’est également l’opinion du Gaon Rabbi Ben Tsion ABBA SHAOUL z.ts.l telle qu’elle est rapportée dans le livre Or Lé-Tsion (tome 2 page 141 note 44).
Tout ceci par opposition à l’opinion du Ben Ish ‘Haï qui écrit (‘Ekev note 6) que l’on ne peut réciter le Birkat Ha-Gomel qu’après 3 jours d’alitement.
Par conséquent, même si l’on n’est resté alité qu’un seul jour, pour cause de forte fièvre ou de forte baisse de tension ou autre, on doit réciter le Birkat Ha-Gomel après la guérison.
A fortiori, lorsqu’on a subit une intervention chirurgicale, ou bien lorsque quelqu’un a subit une crise cardiaque et qu’il en a guéri.
Quoi qu’il en soit, même selon le Ben Ish ‘Haï, si la maladie était grave, on doit réciter le Birkat Ha-Gomel même si on est resté alité moins de 3 jours, puisque tel est l’usage chez les Ashkénazim, même si selon le RAMA on ne récite le Birkat Ha-Gomel qu’après une maladie grave.
Le cas d’une personne malade qui est complètement guéri mais qui reste encore un peu faible fait l’objet d’une discussion parmi les décisionnaires contemporains :
Le Gaon Rabbi Shmouel Ha-Lévi WOZNER Shalita écrit dans son livre Shou’t Shevet Ha-Levi (tome 4 chap.152) que la personne peut déjà réciter le Birkat Ha-Gomel sans attendre de se rétablir complètement puisqu’elle n’est plus en danger et qu’elle peut marcher et sortir de chez elle, même si elle nécessite encore des traitements, elle peut déjà réciter le Birkat Ha-Gomel, car Hashem lui a réalisé un miracle en lui envoyant Sa parole qui lui a apporté la guérison.
Mais le Gaon auteur du Shou’t Divré Yatsiv (sect. chap.87) cite l’opinion de son grand père l’auteur du Divré ‘Haïm (de Tsanz) qui ne laissait pas le malade réciter le Birkat Ha-Gomel jusqu’à son total rétablissement.
Similairement, le Gaon auteur du Shou’t MAHARASH de Louvlin (chap.11) écrit que l’on ne peut dire « …Shégémalani Kol Touv » (« qui ‘a prodigué tout le bien ») tant qu’une « totale » amélioration n’est survenue.
Malgré tout, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita – dans son livre ‘Hazon Ovadia – Béra’hot (page 379 fin de la note 26) – atteste que l’usage est de réciter le Birkat Ha-Gomel dès la fin de la maladie, même s’il y a encore faiblesse physique, conformément à l’opinion du Shevet Ha-Levi.
Une femme qui vient d’accoucher est également considérée comme une personne qui se lève d’une maladie et doit elle aussi réciter le Birkat Ha-Gomel, mais nous traiterons de son cas plus longuement – avec l’aide d’Hashem - lors d’une prochaine Hala’ha consacrée spécialement à ce sujet.
mardi 9 février 2010
Birkat Ha-Gomel (1ère partie)
le Birkat Ha-Gomel
Birkat Ha-Gomel
Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de :
mon épouse Sylvie Mazal Esther Bat Régine ‘Haya Sim’ha ; du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita) ; l’enfant Yo’heved Mazal Bat ‘Hassiba (fille de Yéhouda et Eva ALLOUN) ; Its’hak Ben ‘Aïsha ; I’hya Nathan Yossef Aharon Ben Déborah ; Yonathan Yehouda Ben Aviva ; Ora Bat Myriam (Boukobza) ; Marc Samuel Ben Rosa Vé-Nessim Hadjadj ; Sarah Bat Miryam ; ainsi que pour ma propre Refoua Shelema David Avraham Ben Simi.
QUESTION
Quelle est la signification du « Birkat Ha-Gomel » ?
DECISION DE LA HALA’HA
4 catégories de personnes doivent remercier Hashem. Celui qui a traversé la mer et est arrivé à bon port ; celui qui a traversé le désert et est arrivé à bonne destination ; celui qui était malade et qui a guéri ; celui qui était emprisonné et qui est sortit.
Ces 4 catégories de personnes doivent réciter :
Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam Ha-Gomel Lé-’Hayavim Tovot Shéguémalani Kol Touv
Traduction : Tu es Bénis Hashem (Tu es la source de la Bénédiction) Notre D.,Roi du Monde, qui prodigue aux coupables, tant de bienfaits, comme tu m’a prodigué tout ce bien.
Il y a 2 conditions pour la récitation de cette bénédiction :
1. la présence d’un Minyan (10 hommes)
2. la présence de 2 Talmidé ‘Ha’hamim (2 érudits dans la Torah) parmi ce Minyan.
L’absence de 2 Talmidé ‘Ha’hamim n’empêche pas la récitation de cette bénédiction.
Par contre, l’absence de 10 hommes empêche totalement la récitation de cette bénédiction.
Nous avons l’usage d’introduire cette bénédiction par les versets suivants :
Odé A-D-O-N-A-Ï Bé’hol Lévav Béssod Yésharim Vé’eda. Yodou L A-D-O-N-A-Ï ‘Hasdo Vénifléotav Livné Adam
Après la bénédiction, l’assemblée répond au récitant :
Tsour Shéguémal’ha Kol Touv, Hou Igmol’ha Kol Touv La’ad Nétsa’h Sélah
Nous avons l’usage de réciter cette bénédiction lors de la lecture de la Torah, puisque c’est un moment où l’on est sûr d’avoir la présence d’un Minyan.
Si quelqu’un monte au « Mashlim » (dernière montée à la Torah avant le Maftir), il doit réciter le Birkat Ha-Gomel seulement après avoir dit le Kaddish et pas avant.
Celui qui monte au « Maftir » ne doit réciter le Birkat Ha-Gomel qu’après la Haftara, après avoir dit les dernières bénédictions.
Dans les prochaines Hala’hot, nous étudierons, avec l’aide d’Hashem, quelques cas pratiques liés à la bénédiction de Birkat Ha-Gomel.
SOURCES ET DEVELOPPEMENT
Il est enseigné dans la Guémara Béra’hot (54b) :
Rav Yéhouda dit au nom de Rav : « 4 catégories de personnes doivent remercier Hashem. Celui qui a traversé la mer et est arrivé à bon port ; celui qui a traversé le désert et est arrivé à bonne destination ; celui qui était malade et qui a guérit ; celui qui était emprisonné et qui est sortit. »
Il existe un repère pour les mémoriser : « וכל החיים יודוך סלה » (« Ve’hol Ha’Haïm Yodou’ha Sélah ») (« Tous les êtres vivants te remercieront… Phrase de la prière quotidienne »).
Chacune des lettres hébreu du mot חיים (‘HAÏM) représente l’initiale de chacune des 4 catégories de personnes.
ח (‘Het) = חבוש (‘Havoush, le prisonnier)
י (Youd) = ים (Yam, la mer)
י (Youd) = יסורין (Yissourin, les souffrances physiques du malade)
ם (Mem) = מדבר (Midbar, le désert)
La Guémara demande :
Quelle bénédiction doivent-ils réciter ?
Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam Ha-Gomel Lé-’Hayavim Tovot Shéguémalani Kol Touv
Traduction : Tu es Bénis Hashem (Tu es la source de la Bénédiction) Notre D.,Roi du Monde, qui prodigue aux coupables, tant de bienfaits, comme tu m’a prodigué tout ce bien.
Le Gaon auteur du Nétivé ‘Am (page 109) précise que même si dans de nombreux Siddourim il est écrit « Kol Tov » - comme l’écrit le Gaon auteur du Kaf Ha-‘Haïm (sur O.H 219 note 16) – la tradition dan la ville de Jérusalem depuis des générations est de dire « Kol Touv », en référence à un verset de Isha’ya (63-7) où le mot « Touv » est employé.
MARAN explique le sens de cette bénédiction dans le Beit Yossef (O.H 219) :
Qui prodigue aux coupables tant de bienfaits : Même avec les personnes coupables, c'est-à-dire les Resha’im (les impies, Voir Targoum Onkelouss sur Bereshit 18), Hashem prodigue des bienfaits. La personne qui récite cette bénédiction se considère comme non méritante des bienfaits d’Hashem, et s’inclue parmi ces « Hayavim » (coupables) à qui Hashem prodigue - malgré tout - tant de bienfaits.
La Guémara cite 2 conditions pour la récitation de cette bénédiction :
3. la présence d’un Minyan (10 hommes)
4. la présence de 2 Talmidé ‘Ha’hamim (2 érudits dans la Torah) dans ce Minyan.
Le Méiri (sur Béra’hot 54b) écrit que l’absence de 2 Talmidé ‘Ha’hamim n’empêche pas la récitation d cette bénédiction.
Par contre, l’absence de 10 hommes empêche totalement la récitation de cette bénédiction, selon l’opinion de nombreux Rishonim comme Rabbenou Yona cité par MARAN dans le Beit Yossef, par opposition à l’opinion du TOUR (O.H 219) qui considère qu’à posteriori si une personne a récité cette bénédiction sans la présence d’un Minyan, elle est quitte de son obligation.
MARAN tranche dans le Shoul’han ’Arou’h (O.H 219-3) selon l’opinion de Rabbenou Yona selon qui l’absence de 10 hommes empêche totalement la récitation de cette bénédiction, puisqu’il rapporte son opinion en 2ème avis. Or, selon la règle, « Yesh Vé-Yesh, Hala’ha Ké-Yesh Batra » (Lorsque plusieurs avis contraires son cités dans un même paragraphe du Shoul’han ‘Arou’h, MARAN partage le dernier avis)
MARAN conclut malgré tout que si l’on a récité cette bénédiction sans la présence d’un Minyan, il est bon dans ce cas de la réciter sans Shem Ou-Mal’hout (sans la mention du Nom d’Hashem, et sans l’expression de Sa Royauté), c'est-à-dire :
Barou’h Ha-Gomel Lé-’Hayavim Tovot Shéguémalani Kol Touv.
Si l’on ne trouve pas de Minyan (10 hommes), il est bon dans ce cas de la réciter sans Shem Ou-Mal’hout (sans la mention du Nom d’Hashem, et sans l’expression de Sa Royauté), c'est-à-dire :
Barou’h Hagomel Lé-’Hayavim Tovot Shéguémalani Kol Touv.
[Cependant notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita écrit dans son livre ‘Hazon Ovadia – Béra’hot (page 342 fin de la note 5) que même après plus de 30 jours, il est préférable d’attendre la présence d’un Minyan afin de pouvoir réciter cette bénédiction.]
Selon la majorité des A’haronim (décisionnaires récents ou contemporains), la personne qui récite le Birkat Ha-Gomel est incluse dans le compte des 10 personnes du Minyan.
Le Sefer Ha-Agouda (chap.196 page 184a) écrit qu’il est un bon usage d’introduire cette bénédiction par les versets suivants, extraits d’un psaume du Téhilim :
Odé A-D-O-N-A-Ï Bé’hol Lévav Béssod Yésharim Vé’eda. Yodou L A-D-O-N-A-Ï ‘Hasdo Vénifléotav Livné Adam.
Le RAMBAM (chap.10 des règles relatives aux bénédictions, Hal.8) écrit que lorsque la personne a terminé la bénédiction, l’assemblée doit lui répondre une phrase dans laquelle on lui souhaite qu’Hashem lui prodigue encore du bien dans l’avenir.
MARAN tranche cette Hala’ha dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 219-2).
Rabbenou Yéhouda Bar Yakar – dans son commentaire sur les prières (page 53) - explique que la personne qui a - par exemple - traversé un désert et qui est arrivé à bonne destination, a réellement bénéficié d’un miracle. Mais l’obtention d’un miracle engendre une diminution des mérites. C’est pourquoi l’assemblée souhaite à cette personne qu’Hashem continue dans l’avenir à lui prodiguer d’autres bienfaits, sans pour autant lui diminuer ses mérites.
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita - dans son livre ‘Hazon Ovadia – Béra’hot (page 341) cite la version des cette phrase par le Or’hot ‘Haïm (règles relatives au Lundi et au Jeudi note 24) et le Kol Bo :
Tsour Shéguémal’ha Kol Touv, Hou Igmol’ha Kol Touv La’ad Nétsa’h Sélah.
Nous avons l’usage de réciter cette bénédiction lors de la lecture de la Torah, puisque c’est un moment où l’on est sûr d’avoir la présence d’un Minyan.
Le Gaon auteur du Shou’t Yére’h Ya’akov écrit (chap.40) que si quelqu’un monte au « Mashlim » (dernière montée à la Torah avant le « Maftir »), il doit réciter le Birkat Ha-Gomel seulement après avoir dit le Kaddish et pas avant.
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita - dans son livre ‘Hazon Ovadia – Béra’hot (page 343 note 7) – écrit qu’il en est de même pour celui qui monte au « Maftir ». Il ne doit réciter le Birkat Ha-Gomel qu’après la Haftara, après avoir dit les dernières bénédictions, et non entre la dernière bénédiction de la Torah et la première bénédiction de la Haftara, par crainte d’interruption.
Telle est également l’opinion du Gaon Rabbi Eliyahou ‘HAZZAN dans on livre Névé Shalom (après le chap.284).
Ceci par opposition à l’opinion du Gaon Rabbi ‘Haïm FALLAG’I qui écrit dans son livre Roua’h ‘Haïm (chap.143 note 3) que l’on doit dire dans ce cas le Birkat Ha-Gomel avant d’entamer la première bénédiction de la Haftara, par crainte de ne plus avoir la présence du Minyan après la Haftara.
Dans les prochaines Hala’hot, nous étudierons, avec l’aide d’Hashem, quelques cas pratiques liés à la bénédiction de Birkat Ha-Gomel.
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mardi 20 novembre 2007
S’acquitter par audition
S’acquitter par audition
Dans des précédentes Hala’hot, nous avons abordé le devoir de réciter certaines Bra’hot de remerciement à Hashem, comme Birkat Hagomel pour diverses occasions.
Nous allons à présent développé le Din de Shome’a Ka‘oné – s’acquitter par audition.
Nos ‘Ha’hamim nous enseignent dans la Gmara Soukka (38b), un principe fondamental dans toutes les lois de la Torah, qui sont liées à la parole, comme le Birkat Hamazon ou autre.
Selon ce principe, la personne qui écoute la Bra’ha, a le même statut que celui qui l’a récite.
Exemple : Une personne s’apprête à réciter la Bra’ha de Boré Peri Ha’ets sur un fruit, et quelqu’un d’autre désire lui aussi consommer un fruit. Ces 2 personnes peuvent être quittes par la Bra’ha d’un seul d’entre eux, qui récitera la Bra’ha en pensant à acquitter l’autre. Celui qui écoute devra lui aussi penser à s’acquitter de la Bra’ha de celui qui récite.
C’est ce que nous faisons le jour de Shabbat, lorsque nous disons le Kiddoush, que nous faisons le Motsi : le chef de famille récite le Kiddoush, ainsi que la Bra’ha de Motsi, et il acquitte les personnes présentes qui répondent AMEN, sans qu’elles aient à les recommencer.
Il en est de même pour Birkat Hagomel (voir sur notre Blog, les Hala’hot du 31.10.07, 01.11.07, 05.11.07, 06.11.07).
S’il y a plus d’une personne dans la synagogue, qui doivent réciter Birkat Hagomel, il n’est pas nécessaire que toutes ces personnes viennent réciter elles même, mais uniquement l’une d’entre elles vient réciter et pense à acquitter les autres de leur obligation de la Bra’ha. Dans ce cas, toutes ces personnes sont quittes, et n’ont plus à la réciter.
Tel est l’usage dans de nombreuses synagogues des SEFARADIM - qui récitent Birkat Hagomel même pour un voyage d’une ville à l’autre, à condition que le voyage dure au moins 72 mn – puisqu’il est très fréquent de notre époque, de trouver plusieurs personnes dans la synagogue, qui doivent réciter Birkat Hagomel.
Il n’est donc pas nécessaire que chacun vienne réciter sa Bra’ha, mais une seule personne qui est dans l’obligation de réciter Birkat Hagomel, s’approche du Sefer Torah, et juste avant qu’elle récite, le Rav ou le ‘Hazzan annonce que l’on va réciter Birkat Hagomel, et que toute personne dans l’obligation de réciter cette Bra’ha, se concentre attentivement afin de s’acquitter. Celui qui va réciter doit également penser à acquitter toutes les personnes dans l’obligation de réciter cette Bra’ha.
Voici les termes exacts de MARAN[DP1] dans le Shoul’han ‘Arou’h (Ora’h ‘Haïm chap.219) :
« Si une personne récite le Gomel en pensant à acquitter une autre personne, et que cette autre personne a écouté en pensant également à s’acquitter, cette personne est quitte, même si elle n’a pas répondu AMEN »
Le RaMA[DP2] ajoute :
« Puisque celui qui a récité, était lui aussi dans l’obligation de cette Bra’ha, l’autre est quitte même sans AMEN ».
L’auditeur doit penser lui aussi à s’acquitter, car « les Mitsvot nécessitent une pensée ».
C'est-à-dire : pour déterminer si une personne s’est acquittée de son devoir, il faut pouvoir établir qu’elle a pensé à ce devoir lors de son accomplissement.
Quelqu’un qui accomplie un devoir religieux, sans penser à ce qu’il est en train de faire, n’est pas quitte de son devoir (cette règle est constituée de nombreuses nuances, qu’il nous sera difficile d’expliquer aujourd’hui).
Par conséquent, lorsque l’on écoute une Bra’ha, par laquelle nous accomplissons une Mitsva, on ne peut s’en acquitter qu’à la condition de s’être concentrer sur la Bra’ha.
Le Gaon ’HATAM SOFER[DP3] z.ts.l relate, dans son livre de souvenirs, les miracles dont il a bénéficié, lui et sa communauté, lors de la guerre contre l’empereur Napoléon.
En effet, ils ont été épargnés de cette guerre dévastatrice, dans des conditions surnaturelles !
Il écrit :
« Lorsque nous sommes revenus sains et saufs dans notre ville, je suis monté à la Torah, et j’ai ensuite récité Birkat Hagomel, au pluriel (… Sheguemalanou Kol Touv.), et l’assemblée à répondu également au pluriel : Hae-l Sheguemalanou Kol Touv, Hou Igmelenou Kol Touv Sela. »
Une personne qui a récité Birkat Hagomel, et s’est acquitté de son devoir, ne peut pas la réciter pour acquitter une autre personne.
Nous expliquerons ce point, b’’h, à une autre occasion.
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mardi 6 novembre 2007
Birkat Hagomel après un voyage (par la terre)
Birkat Hagomel après un voyage (par la terre)
Dans les précédentes Hala’hot , nous avons expliqué qu’il y a 4 situations à la suite desquelles, nous avons l’obligation de réciter Birkat Hagomel en présence d’un Minyan (10 hommes).
L’une de ces situations est celle de celui qui a traversé le désert, et est arrivé à destination.
Nous allons, b’’h aujourd’hui, donner la définition de cette situation.
Il est enseigné dans le Talmud Yeroushalmi (Bra’hot chap.4 Hala’ha 4) :
Toutes les routes sont présumées dangereuses.
Ce qui veut dire que chaque route que l’on emprunte, d’une ville à l’autre, est définie comme potentiellement dangereuse.
Nous pouvons déduire de là que l’institution de Birkat Hagomel ne concerne pas seulement la traversée d’un véritable désert, où le niveau de danger est très élevé, à cause des bandits et des animaux sauvages, mais également n’importe quelle route que l’on emprunte pour se déplacer d’une ville à l’autre (Vis-à-vis de la Bra’ha, le niveau de danger sur une route n’est pris en considération que lorsqu’il s’agit d’un déplacement d’une ville à l’autre). Lorsque l’on arrive à bonne destination, nous devons réciter Birkat Hagomel en présence d’un Minyan.
Mais le ROSH[DP1] écrit dans son commentaire sur la Gmara Bra’hot (chap.9 section 3), qu’en Allemagne et en France, nous n’avons pas l’usage de réciter Birkat Hagomel lorsque l’on se déplace d’une ville à l’autre, car les ‘Ha’hamim n’ont institué cette Bra’ha que pour celui qui traverse un véritable désert où les formes de dangers sont très fréquentes. Le Talmud Yeroushalmi qui atteste que « toutes les routes sont présumées dangereuses », fait allusion à la Tefilat Hadere’h, la prière que l’on fait lors qu’on entreprend un voyage, et non pas à Birkat Hagomel que l’on récite après le voyage. Pour ce qui est de Tefilat Hadere’h, effectivement, toutes les routes sont présumées dangereuses, et il faut donc prier avant d’emprunter n’importe quelle route, pour qu’Hashem nous préserve durant notre voyage.
Cependant, le RaMBaN[DP2] , dans son livre Torat Haadam, écrit que nous devons remercier Hashem après avoir emprunté n’importe quelle route, car nous avons appris dans le Yeroushalmi que « Toutes les routes sont présumées dangereuses. »
Le TOUR[DP3] atteste que tel était l’usage en Espagne.
Nous pouvons constater qu’il y a une divergence d’interprétation sur ce Yeroushalmi :
§ Selon le ROSH, cet enseignement ne parle que de Tefilat Hadere’h
§ Selon le RaMBaN, et le témoignage du TOUR sur l’usage en Espagne, cet enseignement parle bel et bien de Birkat Hagomel.
MARAN[DP4] , dans le Shoul’han ‘Arou’h (Ora’h ‘Haïm chap.219 parag.7) - après avoir cité l’usage en France, ainsi que l’usage en Espagne – écrit : « Mais toutefois, si l’on a voyagé moins qu’une Parsa (moins que 4 km environ), on ne récite pas Birkat Hagomel.
Sauf si l’endroit où nous nous sommes rendu, est réputé pour être un danger mortel (comme par exemple, une personne qui s’est égaré, et qui se retrouve en territoire palestinien), dans ce cas, même si l’on n’a pas voyager une Parsa (voir plus haut), on récite quand même Birkat Hagomel. »
Il faut définir si la notion de Parsa dont MARAN fait mention dans le Shoul’han ‘Arou’h, représente une notion de distance ou de temps.
C'est-à-dire, est ce que l’obligation de réciter Birkat Hagomel ne nous incombe que lorsque l’on a parcouru une Parsa - qui équivaut à environ 4 km – que l’on ai parcouru cette distance à pied ou même en voiture (ce qui prendra beaucoup moins de temps), ou bien est-ce seulement le temps qu’il faut pour parcourir cette distance – ce qui prend environ 72 mn – qui est pris en compte ? Dans ce cas, dés l’instant où l’on a voyager pendant 72 mn (le temps qu’il faut pour parcourir une Parsa à pied), on est tenu de réciter Birkat Hagomel.
Sur le plan pratique, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita conclu qu’il faut mesurer le temps selon la durée du voyage. Si l’on voyage à pied, et que l’on met 72 mn pour parcourir une distance d’une ville à l’autre, ou bien que l’on voyage en voiture, en train, ou en avion, et que l’on met 72 mn pour parcourir la distance, on doit réciter Birkat Hagomel.
Mais si l’on voyage en voiture, durant un laps de temps assez court (moins de 72 mn), même si l’on a parcouru une distance de 1 Parsa (4m environ), on ne récite pas Birkat Hagomel.
Et même si de notre époque, le danger a relativement, diminué, car nous ne trouvons pas spécialement de bandits ou de bêtes sauvages sur les routes, malgré tout la Takana (l’institution) de nos ‘Ha’hamim de réciter Birkat Hagomel, persiste, et cela, même si la raison à cette Takana peut semblée avoir disparue.
Come nous l’avons rapporté hier au nom du Gaon Rabbi Avraham Its’hak COHEN KOOK[DP5] z.ts.l
Le Gaon Rabbi Moshé FEINSTEIN[DP6] z.ts.l ajoute que si les Sefaradim ont l’usage de réciter Birkat Hagomel même pour un déplacement de ville à ville, c’est parce que le fait que les bandits et les bêtes sauvages ne se trouvent pas sur notre route, constitue en sois un ‘Hessed d’Hashem (une bonté d’Hashem), et nous devons adresser un remerciement à Hashem pour cela.
D’autant plus qu’une autre forme de danger se fait de plus en plus fréquente de notre époque : les accidents de la route.
Si la durée du voyage entre les 2 villes est inférieure à 72 mn, mais qu’en additionnant l’aller et le retour, on obtient les 72 mn, on récitera Birkat Hagomel, à condition d’avoir fait l’aller et le retour dans la même journée.
Une personne qui voyage plusieurs fois dans la semaine, d’une ville à l’autre, récitera Birakat Hagomel 1 fois par semaine (Shabbat), et inclura tous ses voyages.
Tout ceci correspond exclusivement à la tradition Sefarade, conforme à l’opinion de MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h, selon laquelle on récite Birkat Hagomel, même pour un voyage d’une ville à l’autre (72 mn).
Mais selon la tradition Ashkenaz, on ne récite cette Bra’ha après un voyage, que lorsque l’on a été d’un pays à l’autre.
Par contre, pour ce qui est de Tefilat Hadere’h, tous les usages sont en accord.
Dés lors où l’on va voyager durant 72 mn d’une ville à l’autre, on récite Tefilat hadere’h en débutant le voyage.
Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768
sheelot@free.fr
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[DP1]Rosh Rabbenou Asher Allemagne-Espagne 13ème siècle
[DP2]RaMBaN Rabbi Moshé Ben Na’hman ou « Na’hmanide » Espagne – Israël 13ème siècle
[DP3]Tour Rabbenou Yaakov Ben Asher Allemagne, fils du RoSH, Espagne 13ème et 14ème siècle.
[DP4]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h
[DP5]Rabbi Avraham Its’hak COHEN – KOOK Russie – Israël 19ème siècle (disparu en 1934)
[DP6]Rabbi Moshé FEINSTEIN Russie – (Lituanie) – Etats-Unis 20ème siècle, auteur du Shout Iguerot Moshé, et d’autres ouvrages