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mercredi 27 juin 2007

Viande de volaille et laitages

Consommer des laitages après avoir consommer de la viande de volaille.

Nous avons expliqué dans la précédente Hala’ha que de façon générale, nous avons l’obligation d’attendre 6 heures entre une consommation de viande et une consommation de laitages, ceci en raison du fait que la viande a pour nature de rester entre les dents, et aussi parce que le goût de la viande persiste longtemps dans la bouche.

Le RaMBaM (ou Maïmonide Rabbi Moshé Ben Maïmon Espagne – Egypte 12ème siècle) écrit (fin du chap.9 des Hala’hot sur les consommations interdites) :

« Une personne qui a consommé de la viande, que ce soit de la viande bovine, ou que ce soit de la viande de volaille, n’a pas le droit de consommer des laitages, tant qu’il ne s’est pas écoulé le temps qui sépare 2 repas, ce qui correspond à environs 6 heures ».

Ainsi écrivent également le Kol Bo et le Or’hot ‘Haïm (Rabbenou Aharon Bar Rabbi Yaakov France 13ème siècle).

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita prouve à partir du fait que ces Poskim emploient les termes « environs 6 heures » qu’il est suffisant d’attendre 5 heures et demie, ce qui nous rapproche des 6 heures (Dans tout le Talmud, chaque fois qu’il est question de la notion de « proche de tel moment », il s’agit toujours de la demie heure qui précède).

Nous pouvons également le prouver à partir des propos du Meïri (Rabbenou Mena’hem Ben Shlomo HaMeïri France 13ème et 14ème siècle) qui écrit : « …6 heures ou se qui s’en rapproche … ».

Cependant, le Ginat Véradim (Rabbi Avraham HaLevi Egypte 17ème siècle) écrit qu’il faut attendre 6 heures précises. C’est aussi ce que l’on comprend des propos d’autres Poskim.

C’est pour cela que notre maître le Rav shalita écrit que Lé’hat’hila (selon les exigences du Din tel que nous sommes sensés les respecter) il ne faut pas consommer de laitages avant que ne se soient écoulé 6 heures précises, et cela, même si on a consommé uniquement de la viande de volaille. Mais toutefois, dans une situation de grande nécessité, une personne qui s’autoriserai à consommer des laitages après 5 heures et demie, aurai un fondement Hala’hic crédible, en particulier s’il s’agit de consommer des laitages après avoir consommer de la viande de volaille.

(N.D.T Les lecteurs de cette Hala’ha qui désirent savoir la raison pour laquelle il y aurai une différence pour la viande de volaille, peuvent nous adresser un mail à sheelot@free.fr. Nous préférons ne pas donner de précisions qui pourraient être mal interprété.)

Le Gaon Rabbi Shlomo Kloguer (Russie 19ème siècle) écrit qu’une personne qui goûte de la viande et la recrache immédiatement, sans avoir avaler quoi que ce soit, n’a pas besoin d’attendre 6 heures avant de consommer des laitages. C’est ainsi que tranchent également le Shou’t Kapé Aharon (Rabbi Aharon Azriel Jérusalem 19ème siècle), et le Kaf Ha’haïm (Rabbi Yaakov ‘Haïm Sofer Irak Israël 20ème siècle). Ceci en raison où dans la mesure où l’on n’a ni mâché, ni avalé, il n’y a pas à craindre ni à la raison du RaMBaM, selon laquelle de la viande peut rester entre les dents, ni à celle de RaSHI (Rabbi Shlomo ITS’HAKI France 11ème siècle) et du RoSH (Rabbenou Asher Allemagne-Espagne 13ème siècle) selon laquelle le goût de la viande persiste longtemps dans la bouche.

Par conséquent, il est permis de goûter des plats de viande la veille de Shabbat, et de recracher immédiatement, puis de consommer des laitages. De même, il est permis de mettre un morceau de viande dans la bouche et de le recracher immédiatement, puis de consommer des laitages.

Cependant, si l’on veut consommer des laitages immédiatement après avoir recraché de la viande que l’on n’a ni mâcher, ni avalé, il faudra veiller à se rincer la bouche et à se laver les mains.

En 1954, notre maître le Rav shalita a écrit dans une Tshouva (réponse Hala’hic) que nous pouvons permettre à des enfants en bas âge de consommer des laitages, même s’il ne s’est pas encore écoulé 6 heures, tant qu’il s’est écoulé au moins 1 heure et qu’ils ne se trouvent plus dans le même repas.

Cependant, des enfants qui sont en âge de ‘Hinou’h (qui sont réceptif d’une éducation. Entre 6 et 9 ans en moyenne et selon les capacités intellectuelles de l’enfant), s’ils sont à même de comprendre les Mitsvot ordonnées par la Torah, comme celles ordonnées par les ‘Ha’hamim, il est un devoir de les éduquer à attendre 6 heures entre la viande et les laitages.

Le Gaon Rabbi Its’hak YOSSEF shalita écrit que si une personne a le doute s’il s’est écoulé 6 heures ou pas, a le droit de consommer des laitages, puisque ce doute n’est que sur un Din (une loi) d’ordre des ‘Ha’hamim, nous appliquons donc dans ce cas, la règle de Sfeka Derabanan Lakoula (Lorsqu’il y a un doute sur un Din instauré par les ‘Ha’hamim, nous allons à la souplesse)

(N.D.T L’obligation d’attendre 6 heures est instaurée par les ‘Ha’hamim, comme nous l’avions compris depuis la précédente Hala’ha)

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5767

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mardi 26 juin 2007

L'attente entre la viande et les laitages

Question

Combien de temps faut-il attendre après avoir consommé de la viande, pour pouvoir consommer des laitages ?

Réponse

Dans la Gmara ‘Houlin (105), il est enseigné :

Mar Oukva dit : « Vis-à-vis de mon père, je ne suis que du vinaigre que l’on compare à du vin. Car lorsque mon père consommait de la viande, il ne consommait des laitages que 24 heures plus tard. Mais moi qui ne suis pas à son niveau, je me contente de ne pas consommer des laitages dans un repas dans lequel j’ai consommé de la viande, mais seulement dans le repas suivant ».

Le RIF (Rabbi Its’hak EL FASSI Algérie – Maroc 10ème siècle) écrit que nous apprenons d’ici qu’il est interdit de consommer des laitages après avoir consommé de la viande. Il sera permis d’en consommer qu’après avoir attendu le laps de temps qui sépare un repas d’un autre.

Les Rishonim (décisionnaires antérieurs au Shou’han Arou’h. Période du moyen âge.) discutent sur le temps qu’il faut attendre. L’opinion de Rabbenou TAM (Rabbenou Yaakov Ben Meïr TAM France 12ème siècle, petit fils de Rashi, et l’un des principaux auteurs des Tossafot )est qu’il est permis de consommer des laitages immédiatement après avoir consommé de la viande, à condition de se laver les mains et la bouche. Selon lui, il faut expliquer les propos de Mar Oukva qui attendait le prochain repas, comme une attitude de ‘Houmra (une rigueur non exigée par la stricte Hala’ha) qui n’atteignait pas le niveau rigoureux de son père qui, lui, attendait 24 heures.

Cependant, la grande majorité des Rishonim, le RIF et le RaMBaM (ou Maïmonide Rabbi Moshé Ben Maïmon Espagne – Egypte 12ème siècle) entre autres, expliquent que Mar Oukva qui attendait le prochain repas, agissait selon le stricte Din (les exigences de la Hala’ha), et non pas par ‘Houmra. Il se différenciait de son père sur ce point, puisque son père agissait par ‘Houmra en attendant 24 heures, alors que Mar Oukva se contentait d’appliquer le Din, et n’attendait que le prochain repas.

C’est ainsi que tranche MARAN (ou « Notre Maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yosef et du Shoul’han Arou’h) dans le Shoul’han Arou’h (Yoré Dea chap.89), que la stricte Hala’ha impose d’attendre le laps de temps qu’il y a entre deux repas.

Il faut maintenant déterminer ce laps de temps qu’il y a entre deux repas. L’opinion des Tossafot (gendres et petits enfants de RASHI. Commentateurs et décisionnaires de France et d’Allemagne 11ème et 12ème siècle) est que ce laps de temps n’est pas quantifié. Selon eux, dés l’instant où l’on a achevé son repas, par exemple si l’on a débarrassé la table, il est permis de consommer des laitages.

Cependant, l’opinion de la grande majorité des Rishonim est qu’il faut attendre 6 heures entre la consommation de la viande, et celle de laitages. Selon eux, ce délai représente le laps de temps qu’il y a entre un repas et un autre dont nous a parlé Mar Oukva. C’est ainsi que tranche le RaMBaM, qu’il faut attendre 6 heures. C’est ainsi que tranche également MARAN dans le Shoul’han Arou’h (Yoré Dea chap.89). Même le RaMA (Rabbi Moshé ISSERLEISS Pologne 16ème siècle, opinion Hala’hic principale pour les Ashkenazim) écrit que c’est ainsi qu’il est juste d’agir, mal gré qu’il y a des opinions contraires. Et bien qu’il y a des Ashkenazim qui sont moins rigoureux, et qui consomment des laitages en attendant moins de 6 heures, notre maître le ‘HYDA (Rabbi Haïm Yossef David AZOULAÏ (Israël - Italie 18ème siècle) écrit que dans nos régions (Erets Israël), l’usage est, pour tout homme, d’attendre 6 heures. Le MaHaRSHaL (ou RaSHaL, Rabbenou SHlomo Louria Pologne 16ème siècle) écrit que même selon l’usage Ashkenaz, toute personne contenant une odeur de Torah doit s’imposer la ‘Houmra d’attendre 6 heures entre la viande et les laitages. Le Arou’h Hashoul’han (Rabbi Ye’hiel Mi’hal EPSHTEIN Russie 19ème siècle) écrit que la plupart des Ashkenazim se sont maintenant imposé cette ‘Houmra d’attendre 6 heures, et que l’on ne peut plus changer cet usage.

Il y a 2 explications à l’obligation d’attendre entre la viande et les laitages :

  • selon RaMBaM, des particules de viande peuvent rester coincées entre les dents, et il est à craindre que lorsque l’on va consommer des laitages, ces particules de viande se libèrent et que nous les consommions en même temps que des laitages.
  • Selon RaSHI et le RoSH (Rabbenou Asher Allemagne-Espagne 13ème siècle), la viande produit un goût qui persiste longtemps dans la bouche. Or, toutes les lois de mélanges alimentaires ne sont régies que par la présence du goût.

(N.D.T une incidence pratique existe entre les 2 explications : si une personne a consommé une soupe de viande, c'est-à-dire de la viande que l’on a liquéfié, selon RaMBaM, il ne serai pas nécessaire d’attendre, ce qui ne serai pas le cas selon RaSHI et le RoSH)

Sur le plan Hala’hic, nous prenons en considération les 2 explications.

Après 6 heures, selon toutes les opinions Hala’hic, il est permis de consommer des laitages, et cela, même selon le RaMBaM qui craint les particules de viandes coincées entre les dents. Car après 6 heures, la viande est considérée comme déjà digérée, et n’est plus à prendre en considération.

Cependant, après 6 heures, une personne sachant qu’elle a encore des particules de viandes entre les dents, doit les retirer avant de consommer des laitages.

Dans la prochaine Hala’ha, nous expliquerons, avec l’aide de D., quel est le Din après avoir consommé de la viande de volaille, ainsi que d’autres détails de ce sujet.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5767

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dimanche 3 juin 2007

Quelques cas pratiques de consommation d’un aliment trempé dans un liquide

Rappel

Dans les Hala’hot précédentes, nous avons expliqué que lorsque l’on désire consommer un aliment trempé dans un liquide, c'est-à-dire, mouillé par ce liquide, comme des légumes humides, nous devons nous laver les mains (Netilat Yadaïm) au préalable, selon toute les règles de la Netilat Yadaïm du pain, mais sans réciter la Bra’ha (bénédiction).

Nos ‘Ha’hamim (nos sages) n’ont institué cette ablution que lorsque ce liquide est réceptif de la Toum’a (l’impureté). En effet, à l’époque où le Beit Hamikdash (le Temple de Jérusalem) existait, le peuple d’Israël veillait à toujours consommer en état de pureté, et lorsque quelqu’un touchait un aliment, celui-ci ne devenait impure qu’à la condition où il était mouillé par un liquide le rendant réceptif de la Toum’a. Or, nous avons déjà expliqué dans les précédentes Hala’hot qu’il n’existe que les 7 liquides suivants, qui rendent un aliment réceptif de Toum’a : Vin, Miel, Huile, Lait, Rosée, Sang (de poisson), Eau. Le miel cité dans cette liste, est du miel d’abeille, mais si l’aliment est trempé dans du miel de datte, il ne faut pas se laver les mains avant de le consommer. De même, l’huile citée, est de l’huile d’olive, si l’aliment est trempé dans n’importe quelle autre huile, il ne faut pas se laver les mains avant de le consommer.

Par conséquent, des fruits qui ne sont pas mouillés par de l’eau, mais seulement par une humidité naturelle, comme des oranges sur lesquelles il y a du jus sorti de l’orange elle-même, ou des légumes qui, de façon naturelle, produisent une certaine humidité, lorsqu’on s’apprête à les manger, il n’est pas nécessaire de se laver les mains.

Dans tous les cas de figure, si nous les consommons avec du pain, il est obligatoire de se laver les mains (Netilat Yadaïm), en récitant la Bra’ha.

Si l’on trempe un aliment (ex : un Cracker) dans un Yaourt, ou dans un fromage blanc, il faut se laver les mains (Netilat Yadaïm) sans Bra’ha, puisque ils sont fait à base de lait, qui fait partie des 7 liquides. Mais lorsqu’on trempe un aliment dans du beurre encore solide, il n’est pas nécessaire de se laver les mains, car le beurre n’est pas considéré comme liquide dans ce cas là. (N.D.T Si le beurre a fondu, au point d’avoir atteint le stade de liquide, si on y trempe un aliment, il faut se laver les mains avant de le consommer)

Lorsqu’on mange un aliment d’un poids inférieur à Kazaït (27g), trempé dans un liquide, il n’est pas nécessaire de se laver les mains.