mercredi 9 septembre 2009
L’obligation de manger sous la Soukka
Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de : mon épouse Sylvie Mazal Esther Bat Sim’ha ; le Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita) ; l’enfant Gavriel Yossef ben Leah, et aussi pour l’élévation de la Neshama de Shmouel Ben Miryam
QUESTIONS
Quelles sont les conditions de l’obligation de manger sous la Soukka ?
Quel est l’usage le plus juste selon la Hala’ha concernant la Bera’ha de « Leshev Bassoukka » : Faut-il la réciter debout, avant de s’asseoir pour prendre le repas dans la Soukka, ou bien faut-il réciter cette Bera’ha lorsqu’on est assis, après avoir récité « Ha-Motsi Le’hem Min Haarets » sur le pain ?
DECISIONS DE LA HALA’HA
Durant toute la fête de Soukkot, aussi bien la journée que le soir, il est interdit de consommer un « repas régulier » (une Seoudat Keva’), c'est-à-dire une quantité de pain de plus de Kabetsa (plus de 54 g).en dehors de la Soukka. A partir de cette quantité de pain, nous sommes tenus de consommer sous la Soukka, en récitant également la Bera’ha de Lishev Bassoukka.
En dessous de cette quantité de pain, nous ne sommes pas tenus de consommer sous la Soukka.
Lorsqu’on consomme des pâtisseries en quantité supérieure à Kabetsa (54 g), nous sommes tenus de les consommer sous la Soukka, mais nous ne récitons pas la Bera’ha de Lishev Bassoukka.
Cependant, si l’on consomme une quantité importante de pâtisseries, à partir de 216 g, puisque dans ce cas là, nous sommes tenus de faire Netilat Yadaïm, de réciter la Bera’ha de Hamotsi sur les pâtisseries (et non plus Mezonot), et ensuite le Birkat Hamazon, dans cette quantité de pâtisseries, nous sommes tenus de consommer sous la Soukka, et de réciter la Bera’ha de Léshev Bassoukka.
De même, si on consomme une quantité de 216 g de pâtes, nous sommes tenus de consommer sous la Soukka, et de réciter la Bera’ha de Léshev Bassoukka. Par contre, tous les autres aliments ou boisson ne nécessitent pas de Soukka.
Les femmes sont exemptes de la Mitsva de siéger sous la Soukka, comme elles sont exemptes de la majorité des commandements positifs liés à un laps de temps. Mais cependant, il est certain qu’une femme qui mange sous la Soukka obtient une récompense pour cela.
Mais attention !!! Si une femme désire manger sous la Soukka, elle ne peut en aucun cas réciter la Bera’ha de Léshev Bassoukka
Puisque les femmes sont exemptes de la Mitsva de Soukka, il faut veiller à ce qu’elles ne répondent pas AMEN à la Bera’ha de Léshev Bassouka qui se trouve insérée dans le Kiddoush les 2 premiers soirs, ainsi que dans celui de Shabbat, pour cause de Hefsek (interruption) entre le Kiddoush et la dégustation du vin.
Le soir et le matin du 1er jour de la fête de Soukkot (de même, le soir et le matin du 2ème jour, en dehors d’Israël), ainsi que le jour de Shabbat de la fête de Soukkot, où nous récitons la Bera’ha de Léshev Bassoukka lors du Kiddoush sur le vin, il faut réciter la Berah’a de Léshev Bassouka à la fin du Kiddoush, et ensuite s’assoir et goûter le vin (le 1er soir de la fête – ainsi que le 2ème soir en dehors d’Israël – on récite également la Bera’ha de Shehe’heyanou après la Berah’a de Léshev Bassoukka, et ensuite on s’assoit pour boire le vin).
Les jours de la fête de Soukkot où il n’y a pas de Kiddoush, certains ont l’usage de réciter la Bera’ha de Leshev Bassouka après la Bera’ha de Ha-Motsi, lorsqu’ils sont assis, mais d’autres ont l’usage de la réciter en entrant dans la Soukka (après s’être laver les mains pour la Netilat Yadaïm du repas) en étant encore debout, avant la Bera’ha de Ha-Motsi.
Selon notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, il est préférable – les autres jours de la fête où il n’y a pas de Kiddoush - d’opter pour la 2ème façon de faire, c'est-à-dire, se laver les mains (Netilat Yadaïm), réciter la Bera’ha de « Leshev Bassoukka », et ensuite la Bera’ha de « Ha-Motsi Le’hem min Haarets ».
Les personnes qui ont l’usage de réciter la Bera’ha de Leshev Bassoukka après la Bera’ha de Ha-Motsi en étant déjà assis, ont sur qui s’appuyer.
Si une personne a oublié de réciter la Bera’ha de Leshev Bassoukka en début de repas, et s’en souvient lorsqu’elle a récité le Birkat HaMazon, elle ne peut plus réciter la Bera’ha de Leshev Bassouka à l’occasion de ce repas.
Par contre, si elle s’en souvient à la fin du repas mais avant de réciter le Birkat HaMazon, tant qu’elle consomme encore quelque chose de ce repas, même une simple boisson, elle peut encore réciter la Bera’ha de Leshev Bassouka.
SOURCES ET DEVELOPPEMENT
Dans la Hala’ha précédente, nous avons expliqué la Mitsva de manger dans la Soukka le 1er soir de la fête de Soukkot. Cette Mitsva est une ordonnance de la Torah, qui consiste à consommer au moins un Kazaït de pain (54 g) dans la Soukka.
Hormis cette Mitsva, il y a également une interdiction de consommer en dehors de la Soukka durant toute la durée de la fête de Soukkot, comme nous allons l’expliquer.
Durant toute la fête de Soukkot, aussi bien la journée que le soir, il est interdit de consommer un « repas régulier » (une Seoudat Keva’) en dehors de la Soukka.
Selon la Hala’ha, une Seoudat Keva’ se définit par une quantité de pain de plus de Kabetsa (plus de 54 g).
A partir de cette quantité de pain, nous sommes tenus de consommer sous la Soukka, en récitant également la Bera’ha de Léshev Bassoukka.
En dessous de cette quantité de pain, nous ne sommes pas tenus de consommer sous la Soukka, conformément à l’opinion de MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 639-2).
Par conséquent, si nous consommons moins de Kabetsa de pain sous la Soukka, nous ne récitons pas Léshev Bassoukka, puisque cette quantité n’impose pas d’être sous la Soukka.
Lorsqu’on consomme des pâtisseries en quantité supérieure à Kabetsa (plus de 54 g), nous sommes tenus de les consommer sous la Soukka, mais nous ne récitons pas la Bera’ha de Léshev Bassoukka dans ce cas là, puisque cela fait l’objet d’une Ma’hloket (une divergence d’opinion Hala’hic) parmi les Poskim (les décisionnaires), et nous appliquons dans ce cas, le principe de SAFEK BERA’HOT LEHAKEL (Quand il y a un doute s’il faut réciter une Bera’ha ou pas, nous allons à la souplesse et nous ne la récitons pas), comme nous l’avons déjà expliqué dans diverses Hala’hot.
La Ma’hloket se situe entre l’auteur du Ginat Veradim (section O.H règle 4 chap.6) et notre maître le ‘HYDA dans son livre ‘Haïm Shaal (tome 1 chap.71).
Selon le Ginat Veradim, lorsqu’on consomme plus de Kabetsa de pâtisserie, il faut manger sous la Soukka, en récitant la Bera’ha de Léshev Bassoukka, alors que selon le ‘HYDA, il est effectivement impératif de consommer cette quantité de pâtisserie sous la Soukka, mais on ne récite pas la Bera’ha de Léshev Bassoukka.
De nombreux A’haronim partagent l’opinion du ‘HYDA sur ce point :
Le Rishon Letsion Rabbi Meyou’hass Ba’har SHEMOUEL dans son livre Peri Haadama (tome 1 page 41 colonne 3) ; l’auteur du Ben Ish ‘Haï (1ère année Parasha de Haazinou note 5) ; le Gaon Rabbi Its’hak ABOUL’AFIYA dans son livre Péné Its’hak (section Soukka note 206) ; le Kaf Ha-‘Haïm (chap.639 note 33).
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita tranche lui aussi selon l’opinion du ‘HYDA, mais il précise que les personne qui désirent malgré tout réciter la Bera’ha de Léshev Bassoukka lorsqu’elles consomment plus de Kabetsa de pâtisseries, ces personnes ont sur qui s’appuyer.
Cependant, si l’on consomme une quantité importante de pâtisseries, à partir de 216 g, puisque dans ce cas là, nous sommes tenus de faire Netilat Yadaïm, de réciter la Béra’ha de Hamotsi sur les pâtisseries (et non plus Mezonot), et ensuite le Birkat Hamazon, dans cette quantité de pâtisseries, nous sommes tenus de consommer sous la Soukka, et de réciter la Bera’ha de Léshev Bassoukka.
Les Ashkenazim ont diverses traditions sur ce cas précis, et nous ne pouvons pas les détailler ici.
La Guemara Soukka (28) apprend d’une Hala’ha LeMoshé MiSinaï (une Hala’ha enseignée oralement à Moshé Rabbenou au mont Sinaï) que les femmes sont exemptes de la Mitsva de siéger sous la Soukka, comme elles sont exemptes de la majorité des Mitsvot ‘Assé Shehazeman Guerama (les commandements positifs liés à un laps de temps), et la Soukka est justement limitée à 7 jours de la fête, c’est pour cela qu’elles en sont exemptes.
Mais cependant, il est certain qu’une femme qui mange sous la Soukka obtient une récompense pour cela.
Mais attention !!!
Si une femme désire manger sous la Soukka, elle ne peut en aucun cas réciter la Bera’ha de Léshev Bassoukka (elle ne peut pas dire « VETSIVANOU » – « Il nous a ordonnée », puisqu’elle est exempte).
Cependant, selon la tradition des Ashkenazim, les femmes récitent la Bera’ha même sur une Mitsva de laquelle elles sont exemptes, comme le Loulav ou la Soukka.
Une femme Sefarade n’a absolument pas le droit de réciter la Bera’ha sur la Soukka ou le Loulav, ou sur toute autre Mitsva de laquelle elle est en réalité exempte selon la Hala’ha. Cette Bera’ha serait considérée Levatala (en vain).
Puisque les femmes sont exemptes de la Mitsva de Soukka, il faut veiller à ce qu’elles ne répondent pas AMEN à la Bera’ha de Léshev Bassouka qui se trouve insérée dans le Kiddoush les 2 premiers soirs.
En effet, cette Bera’ha ne les concerne pas, et en répondant, elles provoqueraient un Hefsek (une interruption) entre les premières Bera’hot du Kiddoush (Bore Peri Heguefen et Mekadesh Israël Vehazemanim), et la dégustation du vin (au même titre qu’il est interdit de s’interrompre entre le moment où l’on termine le Kiddoush, et le moment où l’on goûte le vin).
Hormis les jours de Yom Tov de Soukkot - les autres jours de la fête où il n’y a pas de Kiddoush - ces jours là, certains ont l’usage de réciter la Bera’ha de Leshev Bassouka après la Bera’ha de Ha-Motsi, lorsqu’ils sont assis, mais d’autres ont l’usage de la réciter en entrant dans la Soukka (après s’être laver les mains pour la Netilat Yadaïm du repas) en étant encore debout, avant la Bera’ha de Ha-Motsi.
Cette dernière manière de procéder est l’opinion de nombreux Rishonim (décisionnaires de l’époque médiévale), comme le MAHARAM de ROTTENBOURG (cité par son élève le ROSH dans son commentaire sur la Guemara Soukka chap.4), qui se réfère à une Baraïta rapportée dans la Guemara Soukka (46a) : « Si l’on entre pour s’asseoir dans la Soukka, on doit réciter la Bera’ha de Leshev Bassoukka. ». Le MAHARAM de ROTTENBOURG en déduit que l’on doit la réciter en étant encore debout, et ensuite on s’assoit pour réciter Ha-Motsi. Cet avis est également partagé par le Meïri (dans son commentaire sur la Guemara Bera’hot 40a), et le RAMBAM (chap.6 des Hal. Soukka Hal.12).
Il semble que leur argument principal repose sur l’interprétation du terme « Leshev ».
En effet, la traduction littérale de ce mot est « s’assoir ».
Selon cette traduction, nous comprenons aisément l’opinion du MAHARAM de ROTTENBOURG et des autres Rishonim qui exigent de réciter la Bera’ha de Leshev Bassoukka avant de s’asseoir dans la Soukka (avant Motsi), puisque cette façon de faire permet de réciter la Bera’ha avant l’accomplissement de la Mitsva et non après s’être déjà assis.
Effectivement, nous pouvons fonder cette opinion grâce à une Guemara Meguila (21a) qui se heurte à la compréhension de 2 versets de la Torah qui se contredisent, au sujet de Moshé Rabbenou :
« Je m’asseyais dans la montagne durant 40 jours et 40 nuits ».
« Et je me suis tenu debout dans la montagne ».
Selon Rav, Moshé Rabbenou apprenais la Torah en étant debout, et la révisait en étant assis.
Selon Rabbi ‘Hanina, Moshé Rabbenou était ni debout, ni assis mais courbé.
Selon Rabbi Yo’hanan, le terme « Yeshiva » employé dans le 1er verset ne veut pas dire « s’assoir » mais « séjourner ».
Selon Rava, Moshé Rabbenou apprenait les lois faciles en étant debout, et les lois difficiles en étant assis.
Le fait que certains Sages (3 sur 4) n’ont pas expliqué la contradiction entre les 2 versets comme Rabbi Yo’hanan, prouve qu’il est préférable de préserver le sens premier du terme « Yeshiva » c’est à dire « s’assoir ».
D’ailleurs, c’est aussi ce que laisse entendre le Zohar Ha-Kadosh (Parasha de Emor page 103b), puisqu’il rapporte que lorsque Rav Hamenouna Saba entrait dans la Soukka, il se tenait d’abord à la porte et invitait les Oushpizin (les « Saints Invités » de la fête de Soukkot, Avraham, Its’hak, Ya’akov…) puis il récitait la Bera’ha de Leshev Bassoukka et entrait.
Ceci vient renforcer la position du MAHARAM de ROTTENBOURG et du RAMBAM, selon qui, il faut réciter la Bera’ha de Leshev Bassoukka avant de s’asseoir dans la Soukka.
Mais ce terme peut prendre aussi le sens de « rester » ou « séjourner », comme nous le voyons à travers certains versets de la Torah, comme « וַיֵּשֶׁב הָעָם בְּקָדֵשׁ » (« Vayeshev Ha’am Bekadesh ») qui signifie « le peuple resta (ou séjourna) à Kadesh » (Bamidbar 20-1).
Selon cette explication, il est tout à fais concevable de réciter la Bera’ha de Leshev Bassoukka, après s’être assis, puisque nous allons encore séjourner dans la Soukka, au-delà du repas.
C’est ainsi qu’expliquent le ROSH (sur Soukka chap.4) et le Nimouké Yossef (sur Pessa’him 7b) au nom du RYTBA, ainsi que d’autres Rishonim.
MARAN dans le Beit Yossef (O.H 643) atteste que l’opinion du MAHARAM de ROTTENBOURG lui semble la plus juste, malgré que le monde a adopté un usage différend sur ce point, comme il le confirme dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 643-2 et 3).
De plus, de nombreux A’haronim partagent cette opinion selon laquelle, il faut d’abord réciter la Bera’ha de Leshev Basoukka et ensuite Ha-Motsi.
Parmi ces Poskim : le Gaon Rabbi Yossef ISKAFA dans son livre Rosh Yossef ; le Gaon Rabbi ‘Haïm FALLAG’I dans son livre Mo’ed Le’hol ‘Haï (chap.22 note 1) ; son fils le Gaon Rabbi Its’hak FALLAG’I dans son livre Yafé Lalev (tome 3 chap.643 note 2) ; le Gaon Rabbi Yossef ‘HAÏM dans son livre Ben Ish ‘Haï (1ère année Parasha de Haazinou note 5) ; le Gaon Ya’bets dans son livre Mor Ouktsi’a reconnaît qu’il est préférable d’adopter cette usage, mais que la tradition Ashkenaze est différente.
Selon notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, il est préférable – les autres jours de la fête où il n’y a pas de Kiddoush - d’opter pour la 1ère façon de faire, c'est-à-dire, se laver les mains (Netilat Yadaïm), réciter la Bera’ha de « Leshev Bassoukka », et ensuite la Bera’ha de « Ha-Motsi Le’hem min Haarets ».
Si une personne a oublié de réciter la Bera’ha de Leshev Bassoukka en début de repas, et s’en souvient lorsqu’elle a récité le Birkat HaMazon, elle ne peut plus réciter la Bera’ha de Leshev Bassouka à l’occasion de ce repas.
Par contre, si elle s’en souvient à la fin du repas mais avant de réciter le Birkat HaMazon, tant qu’elle consomme encore quelque chose de ce repas, même une simple boisson, elle peut encore réciter la Bera’ha de Leshev Bassouka.
En effet, selon le RAMBAM (chap.11 des Hal.Bera’hot, Hal.5), tant que l’accomplissement de la Mitsva se poursuit, on peut encore réciter la Bera’ha propre à la Mitsva.
Il est vrai que lorsqu’on ne consomme que des aliments divers, comme de la viande, du poisson, des fruits ou des boissons ou autres, ces consommations ne nécessitent pas de Soukka. Dans notre cas – la personne qui a oublié de réciter la Bera’ha de Leshev Bassoukka en début de repas et qui s’en souvient à la fin du repas, avant de réciter le Birkat Hamazon, ne pourrai donc plus réciter cette Bera’ha si elle ne consomme plus de pain mais uniquement des aliments divers.
Mais ceci est faux, car le Gaon Rabbi Yehouda ‘AYASH écrit dans on livre Le’hem Yehouda (chap.6 des Hal.Soukka, page 35 colonne 4) que lorsqu’on se trouve dans un repas « régulier » (repas accompagné de pain) sous la Soukka, et que l’on sort un instant de la Soukka, il est interdit de consommer quoi que ce soit en dehors de la Soukka, même de l’eau. La raison réside dans le fait que puisque nous avons entamé un repas « régulier » (de pain), toute consommation annexe est dépendante du pain.
Cette décision Hala’hic est partagée par d’autres Poskim, comme le Gaon Rabbi Shelomo Ha-Cohen de Vilna dans son livre Shou’t Binyan Shelomo (chap.41) ; l’auteur du Shoel ouMeshiv (4ème édition, tome 3 chap.11) ; Rabbenou Yossef de SLOUTSK dans ses Tshouvot (chap.22) ; le Mishna Beroura (chap.639 dans Sha’ar HaTsioun note 29) (sauf qu’il se pose simplement la question s’il est permis de consommer quoi que ce soit en dehors de la Soukka si l’on est en train de prendre un repas de pain dans la Soukka. Apparemment, notre maître le Mishna Beroura z.ts.l n’a pas eu connaissance de la position des A’haronim cités plus haut sur ce point)
C’est ce qui ressort également des propos du Ben Ish ‘Haï (1ère année Parasha de Haazinou note 5).
Il en est donc de même dans notre cas.
Puisque la personne a siégé dans un repas de pain sous la Soukka, même si ce qui lui reste à consommer ne nécessite pas de Soukka, tous ces aliments sont dépendants du pain, et elle peut donc encore réciter la Bera’ha de Leshev Bassoukka (tant qu’elle n’a pas récité le Birkat HaMazon).
Tout ceci, par opposition à l’opinion du Gaon auteur du Kaf Ha-‘Haïm qui écrit (sur chap.639 note 100) que lorsqu’on a oublié de réciter la Bera’ha de Leshev Bassoukka en début de repas, et que l’on s’en souvient au milieu du repas, on ne peux plus la réciter de nouveau lors de ce repas, sauf si l’on consomme de nouveau plus de Kabetsa de pain par la suite.
A la lueur de l’opinion des Poskim cités précédemment, si l’on a oublié de réciter la Bera’ha de Leshev Bassouka en début de repas, on peut encore la réciter en milieu de repas (ou même en fin, avant Birkat Hamazon).
lundi 7 septembre 2009
Kazaït de pain le 1er soir de Soukkot, et que faire lorsqu’il pleut ?
Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de : mon épouse Sylvie Mazal Esther Bat Sim’ha ; le Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita) ; l’enfant Gavriel Yossef ben Leah, et aussi pour l’élévation de la Neshama de Shmouel Ben Miryam
QUESTION
Est-il obligatoire de consommer une quantité minimale de pain dans la Soukka le 1er soir de la fête ?
DECISION DE LA HALA’HA
Le 1er soir de la fête de Soukkot, la Torah ordonne (aux hommes) de consommer une quantité minimale de 1 Kazaït de pain (27 g) sous la Soukka.
Cette quantité de pain doit être mangée sans dépasser le laps de temps que l’on appelle « TO’H KEDE A’HILAT PERASS » (en moins de 6 à 7 mn). Si une personne l’a consommer en 7 mn et ½, cette personne est quitte Bedi’avad (à posteriori).
Il est permis selon le Din d’accompagner le Kazaït de pain dans la Soukka le 1er soir de Soukkot, de n’importe quel autre aliment, comme une salade ou autre, mais il est plus juste de le consommer sans aucun accompagnement.
S’il pleut ou si l’on est incommodé d’être sous la Soukka, il n’y a aucune différence entre le 1er soir et les autres jours de la fête, et par conséquent, même si le 1er soir de la fête, il pleut au point de détériorer le goût du plat, ou que la lumière s’est éteinte dans la Soukka, ou qu’il y a des mouches ou des moustiques qui dérangent, ou bien qu’il y a un vent qui souffle fort au point que la personne ne peut plus rester sous la Soukka, ou bien qu’il y ait une mauvaise odeur sous la Soukka, dans toutes ces situations, nous sommes exempts de manger sous la Soukka, selon le principe de « MITSTA’ER PATOUR MIN HASOUKKA » (« Celui qui souffre du fait d’être sous la Soukka, est exempt de la Soukka »)
Même si quelqu’un voudrait s’imposer la ‘Houmra (la rigueur non exigée par la Hala’ha) de manger sous la Soukka le 1er soir dans le cas où il pleut par exemple, il n’a - en aucun cas - le droit de réciter la Bera’ha de Lishev Bassoukka dans ce genre de situation, puisqu’en réalité, il en est exempt.
Les Ashkenazim s’imposent de manger sous la Soukka le 1er soir, même s’il pleut.
Il faut veiller particulièrement à revêtir des vêtement chauds pour manger sous la Soukka, car dans le cas où la personne aurait froid, elle est exempte de la Soukka, et sa Bera’ha de Lishev Bassoukka est donc Levatala.
SOURCES ET DEVELOPPEMENT
Il est une Mitsvat ‘Assé Min Hatorah (un commandement positif ordonné par la Torah) de consommer au moins un Kazaït de pain (27 g) dans la Soukka le 1er soir de Soukkot.
En effet, la Guemara Soukka (27a) apprend cette obligation en mettant 2 versets en parallèle (Guezera Shava) : l’un concernant le 15 Nissan (Pessa’h) et l’autre le 15 Tishré (Soukkot).
En effet, le 15 Nissan, nous avons le devoir de consommer un Kazaït de Matsa, et le 15 Tishré, nous avons le devoir de consommer un Kazaït de pain dans la Soukka.
Cette quantité de Kazaït de pain est soumise aux mêmes Hala’hot que le Kazaït de Matsa, c'est-à-dire, qu’il faut le manger sans dépasser le laps de temps que l’on appelle TO’H KEDE A’HILAT PERASS (en moins de 6 à 7 mn). Si une personne l’a consommer en 7 mn et ½, cette personne est quitte Bedi’avad (à posteriori).
Lors de la consommation de ce Kazaït de pain dans la Soukka le 1er soir de la fête, il faut avoir 2 pensées (Kavanot) précises :
1. Penser que l’on est entrain d’accomplir la Mitsva ordonnée par la Torah, de manger un Kazaït de pain dans la Soukka le 1er soir de Soukkot.
2. Penser que l’on est en train d’accomplir la Mitsva de siéger dans la Soukka, en souvenir du miracle des 7 colonnes de nuée avec lesquelles Hashem à protégé les Béné Israël dans le désert, après la sortie d’Egypte.
Puisque l’obligation de consommer un Kazaït de pain dans la Soukka le 1er soir de Soukkot, prend sa source dans l’obligation de consommer un Kazaït de Matsa le 1er soir de Pessa’h, il serai logique de respecter les mêmes conditions pour les 2 obligations.
En effet, selon le Din, lorsqu’on consomme un Kazaït de Matsa le 1er soir de Pessa’h, il faut impérativement le consommer sans aucun accompagnement (sans salade, ni aliment quelconque).
Le Din est-il le même pour la consommation du Kazaït de pain dans la Soukka le 1er soir de Soukkot ?
2 avis sur la question :
1. Le Tsla’h (l’auteur du Noda’ Biyhouda) - dans son commentaire sur la Guemara Pessa’him 108a – pense qu’au 1er soir de Soukkot, il est permis d’accompagner le Kazaït de pain d’un aliment quelconque, comme une salade ou autre.
2. L’auteur du Shou’t Yad Eliyahou (chap.23) pense qu’au même titre qu’il est interdit d’accompagner le Kazaït de Matsa de quoi que ce soit le 1er soir de Pessa’h, de même, il est interdit d’accompagner le Kazaït de pain d’un aliment quelconque, dans la Soukka le 1er soir de Soukkot.
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita tranche qu’il est permis d’accompagner le Kazaït de pain dans la Soukka le 1er soir de Soukkot, de n’importe quel autre aliment, comme une salade pou autre, mais il précise quand même qu’il est plus juste de consommer le Kazaït de pain dans la Soukka le 1er soir de Soukkot, sans aucun accompagnement.
Il est dit dans la Torah (Vaykra 23-42) :
« Pendant 7 jours, vous siègerez dans les Soukkot… »
Nos ‘Ha’hamim commentent dans la Guemara Soukka (27a) :
« Vous siègerez », « comme vous habitez ».
C'est-à-dire, que la Torah n’ordonne de consommer dans la Soukka, que seulement comme nous le faisons dans notre maison.
Le RYTBA – dans ses commentaires à la Guemara Soukka – en déduit qu’un homme n’habite pas dans un lieu où il souffre, et de ce fait, une personne qui souffre du fait d’être dans la Soukka, est exempte d’y siéger au même titre qu’elle ne resterai pas dans un lieu où elle souffrirai.
Tout ceci, hormis le principe de :
« MITSTA’ER PATOUR MIN HASOUKKA » (« Celui qui souffre du fait d’être sous la Soukka, est exempt de la Soukka »)
Malgré tout, selon l’opinion du ROSH, le principe de « Mitsta’er » ne s’applique pas le 1er soir.
Tel est également l’avis du Sefer Ha-Mi’htam ; du Teroumat Ha-Deshen ; du RAN ; du Or’hot ‘Haïm (Hal.Soukka note 38) ; du Kol Bo (chap.71).
Par contre, le Or Zaroua’ et le SAMAG pensent que s’il pleut le 1er soir, on est exempt de consommer dans la Soukka
MARAN dans le Beit Yossef (O.H 639) cite la Ma’hloket (divergence d’opinion Hala’hic) entre le Rosh et le Or Zaroua’ et le SaMaG, et il écrit ensuite que ceci n’est pas en accord avec ce qu’écrit le RASHBA dans l’une de ses Tshouvot (tome 4 chap.78) dont voici les termes :
« Il me semble que la personne indisposée par la Soukka, ainsi que la personne qui prend la pluie, au point où son plat risque de se détériorer, sont totalement exemptes de la Mitsva de Soukka, car il est établi que l’habitation dans la Soukka doit être similaire à l’habitation dans la maison. Or, la Torah n’a pas imposé d’obligation de siéger dans la Soukka, plus que lorsque l’on siège à la maison… »
le Maguid Mishné (chap. 6 des Hal.Soukka, Hal.7) tranche également que s’il pleut le 1er soir, on est exempt de consommer dans la Soukka.
C’est pourquoi, MARAN – dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 639-5) - ne fait aucune différence entre le 1er soir et les autres jours de la fête, et par conséquent, si le 1er soir de la fête, il pleut au point de détériorer le goût du plat, ou que la lumière s’est éteinte dans la Soukka, ou qu’il y ait des mouches ou des moustiques qui dérangent, ou bien qu’il y ait un vent qui souffle fort au point que la personne ne peut plus resté sous la Soukka, ou bien qu’il y ait une mauvaise odeur sous la Soukka, dans toutes ces situations, nous sommes exempts de manger sous la Soukka, selon le principe de « MITSTA’ER PATOUR MIN HASOUKKA » (« Celui qui souffre du fait d’être sous la Soukka, est exempt de la Soukka »)
En effet, selon cet avis, si les situations d’exemptions que nous avons cité plus haut (pluie, vent, insectes etc …), arriveraient dans notre maison, nous ne resterions pas à l’intérieur, par exemple, s’il arriverait une fuite d’eau provenant du toit, nous ne resterions pas dans la pièce où se trouve la fuite, de la même manière, pour la Soukka, nous devons y siéger comme nous habitons nos maisons, c'est-à-dire, selon les même principes d’habitation.
Tel est également la compréhension du Gaon de Vilna dans son commentaire au Shoul’han ‘Arou’h, ainsi que celle du Maamar Morde’hai (chap.639 note 6), et du Shoul’han Gavoah (chap.639 note 19).
Même si quelqu’un voudrait s’imposer la ‘Houmra (la rigueur non exigée par la Hala’ha) de manger sous la Soukka le 1er soir dans le cas où il pleut par exemple, il n’a - en aucun cas - le droit de réciter la Bera’ha de Lishev Bassoukka dans ce genre de situation, puisqu’en réalité, il en est exempt.
Selon MARAN, cette Bera’ha sera Levatala (récitée en vain).
Le RAMA tranche selon l’opinion du Rosh, selon qui, le principe de Mitsta’er (celui qui souffre d’être sous la Soukka) ne s’applique pas le 1er soir et par conséquent, selon le RAMA, même s’il pleut le 1er soir, on est tenu de manger sous la Soukka.
C’est pour cela que les Ashkenazim s’imposent de manger sous la Soukka le 1er soir, même s’il pleut.
Notre maître le ‘Hafets ‘Haïm écrit dans le Mishna Beroura que s’il fait froid, il faut veiller à se couvrir convenablement pour manger dans la Soukka.
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita ajoute à cela qu’il faut veiller particulièrement à revêtir des vêtement chauds pour manger sous la Soukka, car dans le cas où la personne aurait froid, elle est exempte de la Soukka, et sa Bera’ha de Lishev Bassoukka est donc Levatala.
jeudi 18 septembre 2008
Principales Hala’hot relatives à la construction de la Soukka (Abrégé)
Principales Hala’hot relatives à
la construction de la Soukka
(Abrégé)
Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita), et également à la Refoua Shelema de ma belle mère Sim’ha Bat Fre’ha.
Les Hala’hot relatives à la construction de la Soukka sont très nombreuses et très complexes.
Nous proposons ici uniquement un tour d’horizon des principaux point de ce sujet.
Question
De quelle matière les parois de la Soukka doivent-elles être constituées, ainsi que le Ska’h (toit de la Soukka), et est ce qu’une Soukka dont les parois sont faites de tissu, est valable ?
Sources et développement
La Soukka doit être constituée de 3 parois et d’un Skah’ (toit de la Soukka).
Chaque paroi doit avoir une hauteur minimale de 10 Tefa’him (80 cm ou 1 M selon certains) et une hauteur maximale de 20 Amot (9,60 M).
Les parois – c'est-à-dire les murs – de la Soukka, peuvent être constituées de la matière que l’on désire, à la condition que les parois soient suffisamment résistantes et stables, pour tenir correctement face au vent, car les parois qui ne résistent pas au vent, ne sont pas valables pour accomplir la Mitsva de Soukka.
C’est pourquoi notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita tranche qu’il ne faut pas constituer les parois de la Soukka avec des draps, des tentures ou autres, car ces choses se déplacent avec le vent. Même s’il s’agit uniquement d’un léger mouvement, ils ne sont pas considérés comme résistants au vent. Même si l’on tend correctement les draps, et qu’on les attache fortement à l’armature de la Soukka afin qu’ils ne bougent pas avec le vent, on ne peut pas permettre, car il arrive parfois que les nœuds se desserrent avec le vent et que les draps se mettent à bouger, à ce moment là, la Soukka devient Pessoula (non valable selon la Halah’a), la personne qui s’y trouve ne siège pas dans une Soukka, et si cette personne a récité la Bera’ha de « Leshev Bassoukka », sa Bera’ha est « Levatala » (récitée en vain). Même si selon l’opinion de certains Poskim (décisionnaires), tant que les draps ne se déplacent pas beaucoup avec le vent (le mouvement n’atteint pas 3 Tefah’im = 24 cm de chaque côté), les parois sont valables, malgré tout, il semble à travers les propos des Rishonim (décisionnaires de l’époque médiévale) que même le mouvement le plus léger invalide la Soukka. Telle est l’approbation de la majorité des décisionnaires contemporains, et parmi eux :
Le Gaon Rabbi Shelomo Zalman OYERBACH z.ts.l, et le Gaon Rabbi Yossef H’aïm ZONENFEILD z.ts.l.
Le Gaon Rabbi Moshé FEINSTEIN z.ts.l écrit qu’il ne faut pas autoriser la construction de telles Soukkot constituées de tentures en tissus ou plastique, et il ajoute que même si l’on constate aux Etats-Unis (lieu où résidait le Gaon Rabbi Moshé FEINSTEIN z.ts.l) la vente de Soukkot dont les parois sont constituées de tentures, il est évident que cela ne se fait pas sous les instructions d’un Moré Horaa (un décisionnaire), car il ne faut pas utiliser de telles Soukkot.
Un mur rattaché au sol est valable pour servir de paroi à la Soukka. De même, la balustrade d’un balcon (non couvert), constituée de barres de métal entre lesquelles il n’y a pas 3 Tefa’him (24 cm), peut également servir de parois pour la Soukka.
Ou bien des longues planches de bois, couchées en largeur, solidement clouées, et entre lesquelles il n’y a pas 3 Tefa’him (24 cm), peuvent aussi servir de parois pour la Soukka.
Lorsque nous avons écris qu’il est permis de constituer les parois de la Soukka de tout ce que l’on désire, cela inclus même des objets, comme une armoire, une caisse ou autre, malgré le fait que l’armoire est un objet, et qu’en tant que tel, elle est réceptive de l’impureté (c'est-à-dire : A l’époque où les lois de pureté et d’impureté étaient en vigueur, si une personne impure touchait cette armoire celle-ci pouvait recevoir à son tour l’impureté,et même si de notre époque ces lois ne sont plus en vigueur, leurs conséquences le sont encore), or, selon la règle, toute chose réceptive de la Toum’a (l’impureté) ne peut pas être utilisée pour le Ska’h (le toit) de la Soukka, malgré cela, les parois peuvent être constituées même de choses qui sont réceptives de l’impureté.
Cependant, la partie des parois de la Soukka sur laquelle le Ska’h repose, s’appelle « Ma’amid » (support du Ska’h), or, Le’hate’hila (à priori), il faut constituer le Ma’amid du Ska’h à partir d’une chose qui n’est pas réceptive de l’impureté, par crainte d’en arriver à constituer le Ska’h lui-même avec une chose qui est réceptive de l’impureté.
Par conséquent, si l’on constitue une des parois de la Soukka avec une chose qui est réceptive de l’impureté, comme une armoire ou des tuyaux de métal (qui sont eux aussi réceptifs de l’impureté), il est bon dans ce cas de placer une planche en bois sur l’armoire ou sur les tuyaux aux 4 côtés de la Soukka, de sorte que le Ska’h soit posé sur la planche de bois, et non sur une chose réceptive de l’impureté.
Le Ska’h (le toit) doit être constitué uniquement de végétaux qui ne sont plus rattachés au sol, et d’éléments qui ne sont pas réceptifs de l’impureté.
Ceci vient exclure le métal, le verre, les peaux d’animaux, le papier, des meubles quelconques (même s’ils sont démontés), …
Il est interdit de constituer le Ska’h avec du lin ou du coton, car leur apparence a été modifiée.
Il est impératif de créer d’abord les parois de la Soukka, et seulement ensuite le Ska’h, car si l’on a fait l’inverse, la Soukka est Pessoula (non valable).
Une Soukka qui laisse passer plus de soleil que d’ombre, n’est pas valable.
Il faut faire en sorte que le Ska’h laisse entrevoir les grosses étoiles, mais malgré tout, si le Ska’h est si épais que même les grosses étoiles, ou même les rayons du soleil ne sont pas visibles de l’intérieur de la Soukka, la Soukka est valable.
Si le Ska’h est si épais que même de très fortes pluies ne peuvent pénétrer la Soukka, ce cas fait l’objet d’une Ma’hloket (divergence d’opinion Hala’hic) et il est bon de s’imposer l’avis rigoureux sur ce point.
Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768 sheelot@free.fr
(à partir des écrits du Gaon Rabbi Ya’akov SASSON shalita)
Pour recevoir la Halaha Yomit chaque jour, ainsi qu’un Dvar Torah le vendredi, par
mercredi 17 septembre 2008
La Bera’ha de Leshev Bassoukka
La Bera’ha de Leshev Bassoukka
Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita)
Question
Quel est l’usage le plus juste selon la Hala’ha concernant la Bera’ha de « Leshev Bassoukka » : Faut-il la réciter debout, avant de s’asseoir pour prendre le repas dans la Soukka, ou bien faut-il réciter cette Bera’ha lorsqu’on est assis, après avoir récité « Ha-Motsi Le’hem Min Haarets » sur le pain ?
Décision de la Hala’ha
Le soir et le matin du 1er jour de la fête de Soukkot (de même, le soir et le matin du 2ème jour, en dehors d’Israël), ainsi que le jour de Shabbat de la fête de Soukkot, où nous récitons la Bera’ha de Leshev Bassoukka lors du Kiddoush sur le vin, il faut réciter la Berah’a de Leshev Bassouka à la fin du Kiddoush, et ensuite s’asseoir et goûter le vin (le 1er soir de la fête – ainsi que le 2ème soir en dehors d’Israël – on récite également la Bera’ha de Shehe’heyanou après la Berah’a de Leshev Bassoukka, et ensuite on s’assoit pour boire le vin).
Les jours de la fête de Soukkot où il n’y a pas de Kiddoush, certains ont l’usage de réciter la Bera’ha de Leshev Bassouka après la Bera’ha de Ha-Motsi, lorsqu’ils sont assis, mais d’autres ont l’usage de la réciter en entrant dans la Soukka (après s’être laver les mains pour la Netilat Yadaïm du repas) en étant encore debout, avant la Bera’ha de Ha-Motsi.
Selon notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, il est préférable – les autres jours de la fête où il n’y a pas de Kiddoush - d’opter pour la 2ème façon de faire, c'est-à-dire, se laver les mains (Netilat Yadaïm), réciter la Bera’ha de « Leshev Bassoukka », et ensuite la Bera’ha de « Ha-Motsi Le’hem min Haarets ».
Les personnes qui ont l’usage de réciter la Bera’ha de Leshev Bassoukka après la Bera’ha de Ha-Motsi en étant déjà assis, ont sur qui s’appuyer.
Si une personne a oublié de réciter la Bera’ha de Leshev Bassoukka en début de repas, et s’en souvient lorsqu’elle a récité le Birkat HaMazon, elle ne peut plus réciter la Bera’ha de Leshev Bassouka à l’occasion de ce repas.
Par contre, si elle s’en souvient à la fin du repas mais avant de réciter le Birkat HaMazon, tant qu’elle consomme encore quelque chose de ce repas, même une simple boisson, elle peut encore réciter la Bera’ha de Leshev Bassouka.
Sources et développement
En réalité, la question concerne les autres jours de la fête de Soukkot où il n’y a pas de Kiddoush, ces jours là, certains ont l’usage de réciter la Bera’ha de Leshev Bassouka après la Bera’ha de Ha-Motsi, lorsqu’ils sont assis, mais d’autres ont l’usage de la réciter en entrant dans la Soukka (après s’être laver les mains pour la Netilat Yadaïm du repas) en étant encore debout, avant la Bera’ha de Ha-Motsi.
Cette dernière manière de procéder est l’opinion de nombreux Rishonim (décisionnaires de l’époque médiévale), comme le MaHaRaM de ROTTENBOURG[D1] (cité par son élève le ROSH dans son commentaire sur la Guemara Soukka chap.4), qui se réfère à une Baraïta rapportée dans la Guemara Soukka (46a) : « Si l’on entre pour s’asseoir dans la Soukka, on doit réciter la Bera’ha de Leshev Bassoukka. ». Le MaHaRaM de ROTTENBOURG en déduit que l’on doit la réciter en étant encore debout, et ensuite on s’assoit pour réciter Ha-Motsi. Cet avis est également partagé par le Meïri[D2] (dans son commentaire sur la Guemara Bera’hot 40a), et le RaMBaM[D3] (chap.6 des Hal. Soukka Hal.12).
Il semble que leur argument principal repose sur l’interprétation du terme « Leshev ».
En effet, la traduction littérale de ce mot est « s’asseoir ».
Selon cette traduction, nous comprenons aisément l’opinion du MaHaRaM de ROTTENBOURG et des autres Rishonim qui exigent de réciter la Bera’ha de Leshev Bassoukka avant de s’asseoir dans la Soukka (avant Motsi), puisque cette façon de faire permet de réciter la Bera’ha avant l’accomplissement de la Mitsva et non après s’être déjà assis.
Effectivement, nous pouvons fonder cette opinion grâce à une Guemara Meguila (21a) qui se heurte à la compréhension de 2 versets de la Torah qui se contredisent, au sujet de Moshé Rabbenou :
« Je m’asseyais dans la montagne durant 40 jours et 40 nuits ».
« Et je me suis tenu debout dans la montagne ».
Selon Rav, Moshé Rabbenou apprenais la Torah en étant debout, et la révisait en étant assis.
Selon Rabbi ‘Hanina, Moshé Rabbenou étais ni debout, ni assis mais courbé.
Selon Rabbi Yo’hanan, le terme « Yeshiva » employé dans le 1er verset ne veut pas dire « s’asseoir » mais « séjourner ».
Selon Rava, Moshé Rabbenou apprenait les lois faciles en étant debout, et les lois difficiles en étant assis.
Le fait que certains Sages (3 sur 4) n’ont pas expliqué la contradiction entre les 2 versets comme Rabbi Yo’hanan, prouve qu’il est préférable de préserver le sens premier du terme « Yeshiva » c’est à dire « s’asseoir ».
D’ailleurs, c’est aussi ce que laisse entendre le Zohar Ha-Kadosh (Parasha de Emor page 103b), puisqu’il rapporte que lorsque Rav Hamenouna Saba entrait dans la Soukka, il se tenait d’abord à la porte et invitait les Oushpizin (les « Saints Invités » de la fête de Soukkot, Avraham, Its’hak, Ya’akov…) puis il récitait la Bera’ha de Leshev Bassoukka et entrait.
Ceci vient renforcer la position du MaHaRaM de ROTTENBOURG et du RaMBaM, selon qui, il faut réciter la Bera’ha de Leshev Bassoukka avant de s’asseoir dans la Soukka.
Mais ce terme peut prendre aussi le sens de « rester » ou « séjourner », comme nous le voyons à travers certains versets de la Torah, comme « וַיֵּשֶׁב הָעָם בְּקָדֵשׁ » (« Vayeshev Ha’am Bekadesh ») qui signifie « le peuple resta (ou séjourna) à Kadesh » (Bamidbar 20-1).
Selon cette explication, il est tout à fais concevable de réciter la Bera’ha de Leshev Bassoukka, après s’être assis, puisque nous allons encore séjourner dans la Soukka, au-delà du repas.
C’est ainsi qu’expliquent le ROSH[D4] (sur Soukka chap.4) et le Nimouké Yossef[D5] (sur Pessa’him 7b) au nom du RYTBA[D6] , ainsi que d’autres Rishonim.
MARAN[D7] dans le Beit Yossef (O.H chap.643) atteste que l’opinion du MaHaRaM de ROTTENBOURG lui semble la plus juste, malgré que le monde a adopté un usage différend sur ce point, comme il le confirme dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H chap.643 parag. 2 et 3).
De plus, de nombreux A’haronim partagent cette opinion selon laquelle, il faut d’abord réciter la Bera’ha de Leshev Basoukka et ensuite Ha-Motsi.
Parmi ces Poskim : le Gaon Rabbi Yossef ISKAFA[D8] dans son livre Rosh Yossef ; le Gaon Rabbi ‘Haïm FALLAG’I[D9] dans son livre Mo’ed Le’hol ‘Haï (chap.22 note 1) ; son fils le Gaon Rabbi Its’hak FALLAG’I dans son livre Yafé Lalev (tome 3 chap.643 note 2) ; le Gaon Rabbi Yossef ‘HAÏM[D10] dans son livre Ben Ish ‘Haï (1ère année Parasha de Haazinou note 5) ; le Gaon Ya’bets[D11] dans son livre Mor Ouktsi’a reconnaît qu’il est préférable d’adopter cette usage, mais que la tradition Ashkenaze est différente.
Selon notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, il est préférable – les autres jours de la fête où il n’y a pas de Kiddoush - d’opter pour la 1ère façon de faire, c'est-à-dire, se laver les mains (Netilat Yadaïm), réciter la Bera’ha de « Leshev Bassoukka », et ensuite la Bera’ha de « Ha-Motsi Le’hem min Haarets ».
Si une personne a oublié de réciter la Bera’ha de Leshev Bassoukka en début de repas, et s’en souvient lorsqu’elle a récité le Birkat HaMazon, elle ne peut plus réciter la Bera’ha de Leshev Bassouka à l’occasion de ce repas.
Par contre, si elle s’en souvient à la fin du repas mais avant de réciter le Birkat HaMazon, tant qu’elle consomme encore quelque chose de ce repas, même une simple boisson, elle peut encore réciter la Bera’ha de Leshev Bassouka.
En effet, selon le RaMBaM (chap.11 des Hal.Bera’hot, Hal.5), tant que l’accomplissement de la Mitsva se poursuit, on peut encore réciter la Bera’ha propre à la Mitsva.
Il est vrai que lorsqu’on ne consomme que des aliments divers, comme de la viande, du poisson, des fruits ou des boissons ou autres, ces consommations ne nécessitent pas de Soukka. Dans notre cas – la personne qui a oublié de réciter la Bera’ha de Leshev Bassoukka en début de repas et qui s’en souvient à la fin du repas, avant de réciter le Birkat Hamazon, ne pourrai donc plus réciter cette Bera’ha si elle ne consomme plus de pain mais uniquement des aliments divers.
Mais ceci est faux, car le Gaon Rabbi Yehouda ‘AYASH[D12] écris dans on livre Le’hem Yehouda (chap.6 des Hal.Soukka, page 35 colonne 4) que lorsqu’on se trouve dans un repas « régulier » (repas accompagné de pain) sous la Soukka, et que l’on sort un instant de la Soukka, il est interdit de consommer quoi que ce soit en dehors de la Soukka, même de l’eau. La raison réside dans le fait que puisque nous avons entamé un repas « régulier » (de pain), toute consommation annexe est dépendante du pain.
Cette décision Hala’hic est partagée par d’autres Poskim, comme le Gaon Rabbi Shelomo Ha-Cohen de Vilna [D13] dans son livre Shou’t Binyan Shelomo (chap.41) ; l’auteur du Shoel ouMeshiv[D14] (4ème édition, tome 3 chap.11) ; Rabbenou Yossef de SLOUTSK[D15] dans ses Tshouvot (chap.22) ; le Mishna Beroura[D16] (chap.639 dans Sha’ar HaTsioun note 29) (sauf qu’il se pose simplement la question s’il est permis de consommer quoi que ce soit en dehors de la Soukka si l’on est en train de prendre un repas de pain dans la Soukka. Apparemment, notre maître le Mishna Beroura z.ts.l n’a pas eu connaissance de la position des A’haronim cités plus haut sur ce point)
C’est ce qui ressort également des propos du Ben Ish ‘Haï (1ère année Parasha de Haazinou note 5).
Il en est donc de même dans notre cas.
Puisque la personne a siégé dans un repas de pain sous la Soukka, même si ce qui lui reste à consommer ne nécessite pas de Soukka, tous ces aliments sont dépendants du pain, et elle peut donc encore réciter la Bera’ha de Leshev Bassoukka (tant qu’elle n’a pas récité le Birkat HaMazon).
Tout ceci, par opposition à l’opinion du Gaon auteur du Kaf Ha-‘Haïm[D17] qui écris (sur chap.639 note 100) que lorsqu’on a oublié de réciter la Bera’ha de Leshev Bassoukka en début de repas, et que l’on s’en souvient au milieu du repas, on ne peux plus la réciter de nouveau lors de ce repas, sauf si l’on consomme de nouveau plus de Kabetsa de pain par la suite.
A la lueur de l’opinion des Poskim cités précédemment, si l’on a oublié de réciter la Bera’ha de Leshev Bassouka en début de repas, on peut encore réciter en milieu de repas (ou même en fin, avant Birkat Hamazon).
Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768 sheelot@free.fr
(à partir des écrits du Gaon Rabbi Ya’akov SASSON shalita)
Pour recevoir la Halaha Yomit chaque jour, ainsi qu’un Dvar Torah le vendredi, par
[D1]MaHARaM de Rottenbourg Morénou Harav Rabbenou Meïr de Rottenbourg Allemagne 13ème siècle
[D3]RaMBaM ou Maïmonide Rabbi Moshé Ben Maïmon Espagne – Egypte 12ème siècle
[D4]Rosh Rabbenou Asher Allemagne-Espagne 13ème siècle
[D5]Nimouké Yossef Rabbi Yossef Ben ‘Habiba Espagne 14ème siècle. Elève du RaN (Rabbenou Nissim de Gérone)
[D6]RYTBA Rabbenou Yom Tov Ben Avraham Espagne 14ème siècle
[D7]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h
[D10]Ben Ish ‘Haï Rabbi Yossef ‘HAÏM Irak 19ème siècle Auteur de nombreux ouvrages, dont Shou’t Rav Pe’alim, ‘Od Yossef ‘haï et d’autres…
[D11]Ya’BeTS (Le Gaon) Allemagne 18ème siècle. Auteur de nombreux ouvrages de Hala’ha. Fils du ‘Ha’ham Tsevi.
[D13]Rabbi Shelomo Ha-Cohen de Vilna Auteur – entre autres - du ‘Heshek Shelomo et du Shou’t Binyan Shelomo. Europe de l’est début du 20ème siècle
[D14]Shoel Oumeshiv Rabbi Yossef Shaoul NATANZON. Pologne 19ème siècle. Auteur de nombreux autres ouvrages, comme le Maguen Guiborim ou le Mefarshé Ha Yam écrits en collaboration avec son beau frère le Gaon Rabbi Morde’haï Zeev SEGUEL – ETTINGUE.
[D15]Rabbenou Yossef PEYMER de SLOUTSK Europe de l’est 19ème siècle
[D16]Mishna Beroura Rabbi Israël Meïr HaCohen de Radin, le « ‘Hafets ’Haïm », Russie 20ème siècle, également auteur de ‘HAFETS ‘HAÏM, et de SHMIRAT HALASHON entre autres.
[D17]Kaf Ha’haïm Rabbi Yaakov ‘Haïm Sofer Irak Israël 20ème siècle
mardi 16 septembre 2008
L’obligation de manger sous la Soukka
L’obligation de manger sous la Soukka
Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita)
Question
Quelles sont les conditions de l’obligation de manger sous la Soukka ?
Décision de la Hala’ha
Durant toute la fête de Soukkot, aussi bien la journée que le soir, il est interdit de consommer un « repas régulier » (une Seoudat Keva’), c'est-à-dire une quantité de pain de plus de Kabetsa (plus de 54 g).en dehors de la Soukka. A partir de cette quantité de pain, nous sommes tenus de consommer sous la Soukka, en récitant également la Bera’ha de Lishev Bassoukka.
En dessous de cette quantité de pain, nous ne sommes pas tenus de consommer sous la Soukka.
Lorsqu’on consomme des pâtisseries en quantité supérieure à Kabetsa (54 g), nous sommes tenus de les consommer sous la Soukka, mais nous ne récitons pas la Bera’ha de Lishev Bassoukka.
Cependant, si l’on consomme une quantité importante de pâtisseries, à partir de 216 g, puisque dans ce cas là, nous sommes tenus de faire Netilat Yadaïm, de réciter la Bera’ha de Hamotsi sur les pâtisseries (et non plus Mezonot), et ensuite le Birkat Hamazon, dans cette quantité de pâtisseries, nous sommes tenus de consommer sous la Soukka, et de réciter la Bera’ha de Lishev Bassoukka.
De même, si on consomme une quantité de 216 g de pâtes, nous sommes tenus de consommer sous la Soukka, et de réciter la Bera’ha de Lishev Bassoukka. Par contre, tous les autres aliments ou boisson ne nécessitent pas de Soukka.
Les femmes sont exemptes de la Mitsva de siéger sous la Soukka, comme elles sont exemptes de la majorité des commandements positifs liés à un laps de temps. Mais cependant, il est certain qu’une femme qui mange sous la Soukka obtient une récompense pour cela.
Mais attention !!! Si une femme désire manger sous la Soukka, elle ne peut en aucun cas réciter la Bera’ha de Lishev Bassoukka
Puisque les femmes sont exemptes de la Mitsva de Soukka, il faut veiller à ce qu’elles ne répondent pas AMEN à la Bera’ha de Lishev Bassouka qui se trouve insérée dans le Kiddoush les 2 premiers soirs, ainsi que dans celui de Shabbat, pour cause de Hefsek (interruption) entre le Kiddoush et la dégustation du vin.
Dans la prochaine Hala’ha, nous expliquerons, B’’H, d’autres détails sur la Bera’ha de Lishev Bassoukka.
Sources et développement
Dans la Hala’ha précédente, nous avons expliqué la Mitsva de manger dans la Soukka le 1er soir de la fête de Soukkot. Cette Mitsva est une ordonnance de la Torah, qui consiste à consommer au moins un Kazaït de pain (54 g) dans la Soukka.
Hormis cette Mitsva, il y a également une interdiction de consommer en dehors de la Soukka durant toute la durée de la fête de Soukkot, comme nous allons l’expliquer.
Durant toute la fête de Soukkot, aussi bien la journée que le soir, il est interdit de consommer un « repas régulier » (une Seoudat Keva’) en dehors de la Soukka.
Selon la Hala’ha, une Seoudat Keva’ se définit par une quantité de pain de plus de Kabetsa (plus de 54 g).
A partir de cette quantité de pain, nous sommes tenus de consommer sous la Soukka, en récitant également la Bera’ha de Lishev Bassoukka.
En dessous de cette quantité de pain, nous ne sommes pas tenus de consommer sous la Soukka, conformément à l’opinion de MARAN[D1] dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H chap.639 parag.2).
Par conséquent, si nous consommons moins de Kabetsa de pain sous la Soukka, nous ne récitons pas Lishev Bassoukka, puisque cette quantité n’impose pas d’être sous la Soukka, .
Lorsqu’on consomme des pâtisseries en quantité supérieure à Kabetsa (54 g), nous sommes tenus de les consommer sous la Soukka, mais nous ne récitons pas la Bera’ha de Lishev Bassoukka dans ce cas là, puisque cela fait l’objet d’une Ma’hloket (une divergence d’opinion Hala’hic) parmi les Poskim (les décisionnaires), et nous appliquons dans ce cas, le principe de Safek BEra’hot Lehakel (Quand il y a un doute s’il faut réciter une Bera’ha ou pas, nous allons à la souplesse et nous ne la récitons pas), comme nous l’avons déjà expliqué dans diverses Hala’hot.
La Ma’hloket se situe entre l’auteur du Ginat Veradim[D2] (section O.H règle 4 chap.6) et notre maître le ‘HYDA[D3] dans son livre ‘Haïm Shaal (tome 1 chap.71).
Selon le Ginat Veradim, lorsqu’on consomme plus de Kabetsa de pâtisserie, il faut manger sous la Soukka, en récitant la Bera’ha de Lishev Bassoukka, alors que selon le ‘HYDA, il est effectivement impératif de consommer cette quantité de pâtisserie sous la Soukka, mais on ne récite pas la Bera’ha de Lishev Bassoukka.
De nombreux A’haronim partagent l’opinion du ‘HYDA sur ce point :
Le Rishon Letsion Rabbi Meyou’hass Ba’har SHEMOUEL[D4] dans son livre Peri Haadama (tome 1 page 41 colonne 3) ; l’auteur du Ben Ish ‘Haï (1ère année Parasha de Haazinou note 5) ; le Gaon Rabbi Its’hak ABOUL’AFIYA[D5] dans son livre Péné Its’hak (section Soukka note 206) ; le Kaf Ha-‘Haïm (chap.639 note 33).
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita tranche lui aussi selon l’opinion du ‘HYDA, mais il précise que les personne qui désirent malgré tout réciter la Bera’ha de Lishev Bassoukka lorsqu’elles consomment plus de Kabetsa de pain, ces personnes ont sur qui s’appuyer.
Cependant, si l’on consomme une quantité importante de pâtisseries, à partir de 216 g, puisque dans ce cas là, nous sommes tenus de faire Netilat Yadaïm, de réciter la Bra’ha de Hamotsi sur les pâtisseries (et non plus Mezonot), et ensuite le Birkat Hamazon, dans cette quantité de pâtisseries, nous sommes tenus de consommer sous la Soukka, et de réciter la Bera’ha de Lishev Bassoukka.
Les Ashkenazim ont diverses traditions sur ce cas précis, et nous ne pouvons pas les détailler ici.
La Guemara Soukka (28) apprend d’une Hala’ha LeMoshé MiSinaï (une Hala’ha enseignée oralement à Moshé Rabbenou au mont Sinaï) que les femmes sont exemptes de la Mitsva de siéger sous la Soukka, comme elles sont exemptes de la majorité des Mitsvot ‘Assé Shehazeman Guerama (les commandements positifs liés à un laps de temps), et la Soukka est justement limitée à 7 jours de la fête, c’est pour cela qu’elles en sont exemptes.
Mais cependant, il est certain qu’une femme qui mange sous la Soukka obtient une récompense pour cela.
Mais attention !!!
Si une femme désire manger sous la Soukka, elle ne peut en aucun cas réciter la Bera’ha de Lishev Bassoukka (elle ne peut pas dire VETSIVANOU – Il nous a ordonnée, puisqu’elle est exempte).
Cependant, selon la tradition des Ashkenazim, les femmes récitent la Bera’ha même sur une Mitsva de laquelle elles sont exemptes, comme le Loulav ou la Soukka.
Une femme Sefarade n’a absolument pas le droit de réciter la Bera’ha sur la Soukka ou le Loulav, ou sur toute autre Mitsva de laquelle elle est en réalité exempte selon la Hala’ha. Cette Bera’ha serait considérée Levatala (en vain).
Puisque les femmes sont exemptes de la Mitsva de Soukka, il faut veiller à ce qu’elles ne répondent pas AMEN à la Bera’ha de Lishev Bassouka qui se trouve insérée dans le Kiddoush les 2 premiers soirs.
En effet, cette Bera’ha ne les concerne pas, et en répondant, elles provoqueraient un Hefsek (une interruption) entre les premières Bera’hot du Kiddoush (Bore Peri Heguefen et Mekadesh Israël Vehazemanim), et la dégustation du vin (au même titre qu’il est interdit de s’interrompre entre le moment où l’on termine le Kiddoush, et le moment où l’on goûte le vin).
Dans la prochaine Hala’ha, nous expliquerons, B’’H, d’autres détails sur la Bera’ha de Lishev Bassoukka.
Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768 sheelot@free.fr
(à partir des écrits du Gaon Rabbi Ya’akov SASSON shalita)
Pour recevoir la Halaha Yomit chaque jour, ainsi qu’un Dvar Torah le vendredi, par
[D1]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h
[D2]Ginat Véradim (Rabbi Avraham HaLevi Egypte 17ème siècle)
[D3]HYDA Rabbi Haïm Yossef David AZOULAÏ Israël - Italie 18ème siècle
[D5]Rabbi Its’hak ABOUL’AFIYA Syrie Israël 19ème siècle. Il fut Av Beit Din de Damas et auteur de nombreux ouvrages de Hala’ha dont le Shou’t Péné Its’hak et autres…