dimanche 15 novembre 2009
Aliment composé de farine seulement pour le solidifier
QUESTION
Lorsqu’on consomme un aliment composé de plusieurs ingrédients dont de la farine de blé ou d’orge, mais que la farine n’est là que pour solidifier l’aliment ou bien pour lui donner une couleur ou un parfum mais pas pour lui ajouter du goût, doit on réciter la bénédiction de Boré Miné Mézonot sur un tel aliment ou bien la bénédiction propre aux autres ingrédients ?
DECISION DE LA HALA’HA
Lorsqu’on consomme un aliment composé de plusieurs ingrédients dont de la farine de blé ou d’orge, si la farine est présente dans le but d’ajouter du goût, on doit réciter la bénédiction de Boré Miné Mézonot sur cet aliment quelle que soit la quantité de farine ajoutée.
Si la farine n’est là que pour solidifier l’aliment ou bien pour lui donner une couleur ou un parfum mais pas pour lui ajouter du goût, on doit réciter la bénédiction propre aux autres ingrédients du mélange (en cherchant quel est l’aliment considéré comme principal).
Par conséquent, la pâtisserie orientale que l’on appelle « Baklawa », même si les noix et les autres ingrédients représentent l’aliment principal, malgré tout, puisque les feuilles de pâte sont constituées de Dagan et qu’elles sont présentent aussi pour ajouter du goût, il faut réciter la bénédiction de Mézonot et non celle de Boré Péri Ha-‘Ets.
Par contre, un gâteau fait d’œufs, d’huile, de sucre ou autre, et dans lesquels on a mélangé un peu de farine (par exemple une cuillère pour chaque gâteau), pas dans le but d’ajouter du goût, mais seulement afin que le gâteau « prenne » et tienne correctement, la bénédiction d’un tel gâteau est Shéhakol Nihya Bidvaro, car le sucre et les oeufs représentent les aliments principaux, et la farine ne vient que dans le but d’assembler les divers ingrédients du gâteau. Elle ne peut donc pas représenter l’aliment principal.
Il en est de même au sujet des meringues, même s’il arrive parfois que l’on y mélange un peu de farine, malgré tout, leur bénédiction reste Shéhakol Nihya Bidvaro.
De même lorsqu’on introduit de la farine dans une soupe de légume afin de l’épaissir, ou bien lorsqu’on fait une bouillie de farine pour l’ajouter à un bouillon afin de l’améliorer, dans tous ces cas, la farine ne peut être considérée comme aliment principal, et la bénédiction de cet aliment reste Shéhakol Nihya Bidvaro.
De même, des boulettes de viande dans lesquelles on a mélangé des miettes de pain, afin d’en améliorer la texture, leur bénédiction reste Shéhakol Nihya Bidvaro, car les miettes de pain ne viennent pas ajouter du goût, mais seulement pour améliorer la texture des boulettes de viande.
SOURCES ET DEVELOPPEMENT
Dans les précédentes Hala’hot, nous avons expliqué un Din essentiel selon lequel lorsqu’un aliment est constitué de plusieurs aliments dont les bénédictions sont différentes, il faut réciter la bénédiction de l’aliment considéré comme principal.
C'est pourquoi nous avons écrit que lorsqu’on consomme des feuilles de vigne farcies au riz, nous devons réciter la bénédiction de Mézonot, puisque c’est le riz qui représente l’aliment essentiel dans ce mélange et non les feuilles de vigne qui l’entourent.
Nous avons également écrit que lorsqu’un aliment fait de Dagan (récolte, comme le blé ou l’orge) - comme de la farine de blé ou des miettes de pain - est mélangé à un autre aliment, dans ce cas, la bénédiction de cet aliment sera celle du de l’aliment fait à base de Dagan, car les 5 espèces végétales du Dagan sont connues pour leurs propriétés rassasiantes, puisqu’on en fait du pain. C’est pourquoi les espèces du Dagan sont toujours considérées comme aliments principaux.
Par conséquent, des fines feuilles de pâte remplies de noix (la pâtisserie orientale que l’on appelle « Baklawa »), même si les noix représentent l’aliment principal, malgré tout, puisque les feuilles de pâte sont constituées de Dagan, il faut réciter la bénédiction de Mézonot et non celle de Boré Péri Ha-‘Ets.
Mais en réalité, cette règle est soumise à une condition :
Lorsque l’aliment fait à base de Dagan est mélangé à un autre aliment dans le but d’ajouter du goût, c’est l’aliment fait à base de Dagan qui est l’aliment principal. Mais lorsque l’aliment fait à base de Dagan n’est là que pour solidifier le mélange, ou bien pour assembler les différentes parties du mélange, dans ce cas, l’aliment fait à base de Dagan ne représente pas l’aliment principal de ce mélange, et il faut donc réciter la bénédiction propre au second aliment, et cette bénédiction acquittera l’ensemble.
Cette règle prend sa source dans la Guémara Béra’hot (37b) où il est expliqué que lorsqu’on a mélangé de la farine à un aliment, mais seulement dans le but d’assembler les diverses parties, on ne récite pas la bénédiction de Mézonot sur cet aliment. Telle est l’opinion de MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 208-2).
A partir de là nous apprenons pour les gâteaux faits d’œufs, d’huile, de sucre ou autre, et dans lesquels on a mélangé un peu de farine (par exemple une cuillère pour chaque gâteau), pas dans le but d’ajouter du goût, mais seulement afin que le gâteau « prenne » et tienne correctement.
La bénédiction d’un tel gâteau est Shéhakol Nihya Bidvaro, car le sucre et les oeufs représentent les aliments principaux, et la farine ne vient que dans le but d’assembler les divers ingrédients du gâteau. Elle ne peut donc pas représenter l’aliment principal.
Il en est de même au sujet des meringues, même s’il arrive parfois que l’on y mélange un peu de farine, malgré tout, leur bénédiction reste Shéhakol Nihya Bidvaro.
C’est ainsi que tranche notre maître le RAMBAM (chap.3 des règles relatives aux bénédictions, Hal. 6) que dès lors où l’on a mélangé une espèce Dagan à un autre aliment seulement pour assembler les divers ingrédients de l’aliment, il ne faut pas réciter la bénédiction de Mézonot sur ce mélange. Il ajoute qu’il en est de même lorsqu’on a mélangé l’espèce Dagan à un autre aliment seulement dans le but de lui donner un bon parfum ou une belle couleur, car tant que le Dagan ne vient pas dans le but de donner du goût, il n’est pas considéré comme aliment principal, et il ne faut pas réciter dans ce cas la bénédiction de Boré Miné Mézonot.
On peut déduire des propos du RAMBAM qu’il en est de même lorsqu’on introduit de la farine dans un plat dans le but d’améliorer sa texture, par exemple lorsqu’on introduit de la farine dans une soupe de légume afin de l’épaissir, ou bien lorsqu’on fait une bouillie de farine pour l’ajouter à un bouillon afin de l’améliorer. Dans tous ces cas, la farine ne peut être considérée comme aliment principal, et la bénédiction de cet aliment reste Shéhakol Nihya Bidvaro. De même, des boulettes de viande dans lesquelles on a mélangé des miettes de pain, afin d’en améliorer la texture, leur bénédiction reste Shéhakol Nihya Bidvaro, car les miettes de pain ne viennent pas ajouter du goût, mais seulement pour améliorer la texture des boulettes de viande.
mercredi 1 juillet 2009
QUESTIONS
Quelle bénédiction doit-on réciter avant de consommer des céréales style « Corn Flakes » ou sur une purée de céréales (style « Blédine ») ?
DECISIONS DE LA HALA’HA
Lorsqu’une chose est faite à base de l’une des 5 céréales du Dagan (blé ; orge ; épeautre ; avoine ; seigle. L’épeautre est une variante du blé, et l’avoine et le seigle sont des variantes de l’orge.), on récite au préalable la bénédiction de « Boré Miné Mezonote », et ensuite la bénédiction finale de « ‘Al Ha-Mi’hya ».
Sur des céréales du style « Corn Flakes » dont les grains restent entiers et que l’on reconnaît comme étant des grains de blé, on doit malgré tout réciter « Boré Peri Ha-Adama » et non « Boré Miné Mezonote ».
Après avoir consommé une quantité minimale de 1 Kazaït (27g) de céréales de style « Corn Flakes », on récite la bénédiction finale de « Boré Nafashote Rabbote » même s’il s’agit de grains de blé
Mais sur une purée de céréales – comme une purée d’avoine ou de blé – dont les grains sont devenus très tendres et adhèrent l’un à l’autre, on doit réciter la bénédiction de « Boré Miné Mezonote »
Même si les grains du Dagan qui se trouvent dans la purée n’ont pas cuit au point de ramollir totalement, malgré tout, les décisionnaires ont écrit qu’il est suffisant que les grains soient assez tendres pour adhérer l’un à l’autre, et dans ce cas-là, la bénédiction devient « Boré Miné Mezonote », et il n’est pas nécessaire qu’ils ramollissent totalement.
SOURCES ET DEVELOPPEMENT
Il est enseigné dans la Guemara Bera’hot (44a)
Rabbi ‘Hanina dit : Lorsqu’une chose est faite à base de l’une des 5 céréales du Dagan (blé ; orge ; épeautre ; avoine ; seigle. L’épeautre est une variante du blé, et l’avoine et le seigle sont des variantes de l’orge.), on récite au préalable la bénédiction de « Boré Miné Mezonote », et ensuite la bénédiction finale de « ‘Al Ha-Mi’hya ».
Cette Hala’ha est tranchée par les décisionnaires et MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 208-2)
C’est pour cela que nous récitons cette bénédiction avant de consommer des gâteaux, des biscuits ou autres.
De même, avant de consommer un plat fait à base de l’une des 5 céréales du Dagan, comme du Couscous ou des pâtes ou autre, on récite au préalable la bénédiction de « Boré Miné Mezonote ».
Si l’on a fait du pain à partir de l’une des 5 céréales du Dagan, sa bénédiction devient « Ha-Mosti Le’hem Min Ha-Arets ».
Malgré tout, il existe des cas où la bénédiction sur le Dagan devient « Boré Peri Ha-Adama ».
Il est enseigné dans la Guemara Bera’hot (37a) :
Lorsqu’on « croque » du blé (lorsqu’on consomme les grains du blé lorsqu’ils sont crus et entiers), on doit réciter la bénédiction de « Boré Peri Ha-Adama ».
MARAN explique dans le Beit Yossef (O.H 208) qu’il semble à travers les propos des décisionnaires que le sens de cet enseignement de la Guemara signifie que lorsqu’on croque les grains du blé, qu’ils soient crus ou cuits, tant qu’ils restent entiers et distincts, on doit réciter la bénédiction de « Boré Peri Ha-Adama ».
En effet, la bénédiction sur le blé se change en « Boré Miné Mezonote » ou en « Ha-Mosti Leh’em Min Ha-Arets » seulement lorsqu’on l’a cuit ou moulut ou autre, mais tant qu’on consomme le blé dans son état naturel et sous son aspect entier, on récite la bénédiction de « Boré Peri Ha-Adama ».
Le Mishna Beroura (208 note 4) cite l’opinion de nos maîtres les décisionnaires A’haronim que lorsqu’on a cuit des grains de Dagan suffisamment pour qu’ils deviennent tendres et qu’ils adhèrent l’un à l’autre, leur bénédiction devient « Boré Miné Mezonote », au même titre que n’importe quel plat fait à base de céréales du Dagan.
Nous pouvons déduire de tout cela que sur les céréales du style « Corn Flakes » dont les grains restent entiers et que l’on reconnaît comme étant des grains de blé, on doit réciter « Boré Peri Ha-Adama » et non « Boré Miné Mezonote ».
Tel est l’avis de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita dans son livre ‘Hazon Ovadia – Bera’hot (page 183).
Son opinion est partagée par d’autres des grands décisionnaires de notre génération, et parmi eux : le Gaon Rabbi Shelomo Zalman OYERBA’H z.ts.l comme le rapporte en son nom le Gaon auteur du livre Vezote Ha-Bera’ha (page 105).
De ce fait, après avoir consommé une quantité minimale de 1 Kazaït (27g) de céréales de style « Corn Flakes », on récite la bénédiction finale de « Boré Nafashote Rabbote » même s’il s’agit de grains de blé, conformément à l’avis de MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 208-4) qui tranche selon l’opinion du RAMBAM et non selon celle des Tossafot selon lesquels par doute, il ne faudrait réciter aucune bénédiction finale dans ce cas.
D’autant plus que le RAMBAM n‘est pas le seul a tranché ainsi, puisque son opinion est partagée par de nombreux autres Rishonim sur ce point, et les voici :
L’auteur du Hala’hot Guedolot (édition du Ma’hon Yeroushalaïm page 64) ; Rav Sa’adya GAON dans son Siddour (page 84) ; Sefer Ha-Eshkol (page 65) ; le RAVEYA (fin du chap.102 page 82) ; le RASHBA (sur Bera’hot 36a) ; le RASHBETS au nom du RAAVAD (page 212) ; le SAMAG (commandement positif 27 page 12 colonne 4) ; Rabbenou Meïr Ha-Me’ili dans son livre Sefer Ha-Hashlama (page 219) ; Sefer Ha-Meorote (page 114) ; le Meïri (page 131) ; le RYTBA (sur Bera’hot 37a), ainsi que dans ses Hala’hot Bera’hot (chap.1 Hal.27).
Ceci par opposition à l’opinion du Gaon et Tsaddik Rabbi Ben Tsion ABBA SHAOUL z.ts.l dont l’avis est rapporté dans le livre Or Le-Tsion (tome 2 page 127) et qui tranche dans ce cas qu’il faut suivre l’avis des Tossafot. Il n’a apparemment pas vu l’opinion de tous les Rishonim que l’on a cité et qui partagent tous l’opinion du RAMBAM sur ce point.
Mais sur une purée de céréales – comme une purée d’avoine – dont les grains sont devenus très tendres et adhèrent l’un à l’autre, on doit réciter la bénédiction de « Boré Miné Mezonote » au même titre que n’importe quel plat fait à base de l’une des 5 céréales du Dagan.
Même si les grains du Dagan qui se trouvent dans la purée n’ont pas cuit au point de ramollir totalement, malgré tout, les décisionnaires ont écrit qu’il est suffisant que les grains soient assez tendres pour adhérer l’un à l’autre, et dans ce cas-là, la bénédiction devient « Boré Miné Mezonote », et il n’est pas nécessaire qu’ils ramollissent totalement.
Telle est la conclusion Hala’hique du Gaon Rabbi David YOSSEF Shalita (digne fils de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita) dans son livre Hala’ha Beroura (tome 9).
jeudi 4 juin 2009
Cours audio
Je vous fais profiter d'un Shiour que j'ai donné exceptionnellement mardi soir dernier (02.06.09) pour une association qui organise un cours hebdomadaire avec un intervenant différent chaque semaine.
Ce Shiour a pour sujet:
" Les Hala'hot relatives au repas et au dessert "
Pour écouter le Shiour, cliquez ici.
Je conseille aux personnes qui ont le logiciel Quick Time installé sur leur ordinateur, de le désinstaller car il ralentit le téléchargement des Shiourim.
Kol Touv
Rav David A.PITOUN
sheelot@free.fr
mardi 19 février 2008
Bra’ha sur le gâteau en dessert (2ème partie) (Suite et correctif)
Bra’ha sur le gâteau en dessert (2ème partie)
(Suite et correctif)
Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah
Question
Une personne consomme une pâtisserie en fin de repas, avant Birkat Hamazon, mais cette pâtisserie possède en elle les 3 définitions Hala’hic du Mezonot (la pâte est à la fois sucrée, fourrée avec des ingrédients, et croustillante), doit elle réciter dans ce cas la Bra’ha de Boré Miné Mezonot sur cette pâtisserie, ou bien il n’y a aucune différences entre les diverses pâtisserie sur ce point ?
Décision de la Hala’ha
Selon l’opinion de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, même lorsque la pâtisserie possède en elle les 3 définitions Hala’hic du Mezonot (la pâte est à la fois sucrée, fourrée avec des ingrédients, et croustillante), on ne récite pas la Bra’ha de Boré Miné Mezonot quand on la consomme en fin de repas, avant Birkat Hamazon (sauf si on a débarrassé la table avant Birkat Hamazon).
Il est souhaitable de ne pas servir de pâtisserie en dessert, quelle que soit la sorte, tant que l’on n’a pas encore réciter Birkat Hamazon, de façon à s’écarter de toute situation douteuse sur la récitation de la Bra’ha de Boré Miné Mezonot.
Sources et développement
Dans la Hala’ha Yomit du 17.02.08 (que vous pouvez consulter en cliquant sur ce lien http://halahayomit.blogspot.com/2008/02/braha-sur-le-gteau-en-dessert.html) , nous avons expliqué le Din pour une pâtisserie consommée en dessert, en fin de repas, avant Birkat Hamazon.
Nous avons cité les 3 opinions Hala’hic sur la définition du Mezonot (pâtisserie), rapportées dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H chap.168 parag.7).
Chacune des ces 3 opinions considère que toute pâte qui ne répond pas à sa définition, est considérée, non pas comme du Mezonot, mais comme du pain sur lequel on récite Hamotsi et Birkat Hamazon.
C’est pour cela qu’à titre de doute, on ne récite pas la Bra’ha de Boré Miné Mezonot sur aucune pâtisserie – quelque soit la catégorie à laquelle elle appartient (pâte sucrée, fourrée ou croustillante) – lorsqu’on la consomme en fin de repas avant Birkat Hamazon, car selon au moins 2 opinions sur les 3, cette pâtisserie sera considérée comme du pain, sur lequel on a déjà récité Hamotsi en début de repas.
Cependant, on a aussi précisé que si la pâtisserie possède les 3 critères à la fois (la pâte est à la fois sucrée, fourrée et croustillante), dans ce cas, on récite la Bra’ha de Boré Miné Mezonot sur cette pâtisserie, même lorsqu’on la consomme en dessert, en fin de repas, avant Birkat Hamazon.
Mais en réalité – et c’est le but correctif de la Hala’ha d’aujourd’hui – il existe une autre opinion Hala’hic selon laquelle, même lorsque la pâtisserie possède les 3 critères du Mezonot, on ne récite pas la Bra’ha de Boré Miné Mezonot, lorsqu’on la consomme en fin de repas avant Birkat Hamazon.
Cette opinion est celle du RaSHBA (Rabbi SHelomo Ben Aderet[DP1] ).
En effet, il écrit (commentaires du RaSHBA sur la Gmara Bra’hot 41b) qu’il existe une situation précise dans laquelle, même une pâtisserie qui possède les 3 critères du Mezonot, sera malgré tout considérée comme du pain, et il faudra réciter Birkat Hamazon, après consommation.
Cette situation est celle de la personne qui consomme la quantité d’un repas de pâtisseries (216 g). Nous savons que selon la Hala’ha, cette personne devra ensuite réciter, non pas ‘Al HaMi’hya, mais Birkat Hamazon après cette grosse consommation de pâtisserie.
Le RaSHBA prouve à partir d’ici, que la pâtisserie – même lorsqu’elle possède en elle les 3 critères du Mezonot – peut être quand même assimilée à du pain, et par conséquent, quelque soit la situation, la Bra’ha de Hamotsi récitée en début de repas sur le pain, acquittera de Bra’ha, même cette catégorie de pâtisserie qui possède les 3 critères du Mezonot.
Cependant, l’auteur du MISHNA BEROURA[DP2] écrit que le RaSHBA est le seul parmi les Poskim, à adopter cette opinion sur ce sujet, et la Hala’ha n’est donc pas comme lui (le RaSHBA).
D’ailleurs, tel était l’idée reçue jusqu’à nos jours, que lorsqu’on consomme en fin de repas, avant Birkat Hamazon, une pâtisserie qui possède en elle les 3 critères du Mezonot, on doit réciter la Bra’ha de Boré Miné Mezonot.
C’est aussi ce que nous avions écrit nous aussi dans la Hala’ha Yomit du 17.02.08.
Mais attention !!!
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, dans son livre ‘HAZON OVADIA – BRA’HOT (page 280 2ème colonne), cite d’autres Poskim qui partagent l’opinion du RaSHBA sur ce point.
Ces Poskim sont : l’auteur du Or’hot ‘Haïm[DP3] , le RAHa (Rabbi Aharon HaLevi)[DP4] , et le RYTBA (Rabbi Yom Tov Ben Avraham)[DP5] .
Tous ces Poskim tranchent que même lorsqu’on mange une pâtisserie qui possède en elle les 3 critères du Mezonot, on ne récite pas la Bra’ha de Boré Miné Mezonot, quand on la consomme dans le cadre d’un repas, avant Birkat Hamazon.
Excepté lorsque l’on a débarrassé la table, et que l’on apporte la pâtisserie avant Birkat Hamazon. Dans ce cas précis, si la pâtisserie possède les 3 critères du Mezonot, on récite la Bra’ha de Boré Miné Mezonot avant de la consommer, même avant Birkat Hamazon.
Mais si la table n’est pas encore débarrassée et que l’on apporte une pâtisserie, même si elle possède les 3 critères du Mezonot, on ne récite pas de Bra’ha avant de la consommer, quand on la consomme avant Birkat Hamazon.
Puisque de nombreux Poskim sont de cet avis, nous avons le devoir de prendre leur propos en considération, et de ne pas réciter de Bra’ha de Boré Miné Mezonot sur aucune sorte de pâtisserie servie avant Birkat Hamazon (sauf lorsqu’elle est servie après le débarrassage de la table, et qu’elle possède les 3 critères du Mezonot).
C’est pourquoi, Il est souhaitable de ne pas servir de pâtisserie en dessert, tant que l’on n’a pas encore réciter Birkat Hamazon, de façon à s’écarter de toute situation douteuse sur la récitation de la Bra’ha de Boré Miné Mezonot.
Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768
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[DP1]RaSHBA Rabbenou Shlomo Ben Aderet Espagne 13ème siècle
[DP2]Mishna Beroura Rabbi Israël Meïr HaCohen de Radin, le « ‘Hafets ’Haïm », Russie 20ème siècle, également auteur de ‘HAFETS ‘HAÏM, et de SHMIRAT HALASHON entre autres.
[DP3]Or’hot ‘Haïm Rabbenou Aharon Bar Rabbi Yaakov France 13ème siècle
[DP4]RAHA Rabbenou Aharaon HaLevi auteur présumé du SEFER HA’HINOU’H Espagne 14ème siècle
[DP5]RYTBA Rabbenou Yom Tov Ben Avraham Espagne 14ème siècle