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lundi 17 août 2009

Les Nédarim (les vœux)

Les Nédarim (les vœux)

QUESTIONS

Y a-t-il une interdiction à formuler des vœux même lorsque la personne a l’intention de les réaliser ?

DECISIONS DE LA HALA’HA

Il est interdit de formuler des vœux, même s’il s’agit de vœu de Mitsva comme de la Tsedakka.
De gros malheurs (qu’Hashem nous ne préserve) peuvent s’abattrent sur une personne qui formule des vœux et qu’elle ne les réalise pas. C’est la raison pour laquelle il faut aller consulter un ‘Ha’ham avant de décider de délaisser un usage quel qu’il soit, car cela peut engendrer des catastrophes pour la personne (qu’Hashem nous ne préserve)
S’il on doit participer à un appel de charité au profit d’un établissement de Torah, il faut annoncer une somme en disant la formule « Bli Néder » (« Sans faire de vœu »).
Par contre, il est permis de formuler un vœu lors d’une situation de détresse, afin qu’Hashem envoi la délivrance.

SOURCES ET DEVELOPPEMENT

Nous devons tout d’abord définir ce que la Torah appelle un vœu.
La Guémara Nedarim (13a) explique que la principale définition de ce que la Torah appelle un vœu consiste à frapper d’interdiction au profit un objet quelconque sur lequel on formule le vœu. Par exemple : une personne dit : « Ce pain devient interdit pour moi comme un sacrifice. », cette personne vient de frapper ce pain de l’interdiction de consommation qui touche les sacrifices. Ce pain lui est donc interdit à titre d’interdiction de vœu.

Malgré tout, les décisionnaires ainsi que MARAN dans le Beit Yossef (Y.D 206 et 239) expliquent que même lorsqu’on formule le vœu dans un langage plus courant de nos jours, par exemple « Je fais le vœu de manger avec toi aujourd’hui », ou bien « Je fais le vœu de ne jamais manger avec toi », le vœu prend effet.
Par conséquent, si la personne regrette ce qu’elle a dit et désire se faire délier de son vœu, elle doit aller trouver un Talmid ‘Ha’ham (érudit dans la Torah) qui lui trouvera une « ouverture » et une raison de regretter son vœu, et grâce à cela, il pourra délier la personne de son vœu en présence de 3 hommes aptes à participer à un jugement selon la Torah.

Il est rapporté dans la Guémara Shabbat (32b) :
On enseigne dans une Baraïta : Rabbi Nathan dit : En conséquence à la faute des vœux, l’homme peut perdre son épouse (qu’Hashem nous en préserve). Cet enseignement prend sa source dans un verset. Rabbi dit : En conséquence à la faute des vœux, l’homme peut perdre ses enfants lorsqu’ils sont petits (qu’Hashem nous en préserve), comme il est dit : « Ne laisse pas ta bouche faire fauter ta chair ! Pourquoi Hashem se mettrait-il en colère sur l’œuvre de tes mains ? ». Quelles sont les ouvres des mains de l’homme ? Ce sont ses enfants.
Il est enseigné dans la Guémara Nédarim (35a) :
Rabbi Yéhouda dit au nom de Rav : Un jour, en période de famine (causée par une sècheresse), un homme confia sa pièce d’or à une veuve. Elle plaça la pièce dans une cruche de farine. Par erreur, elle pétrit du pain avec la farine contenue dans cette cruche où se trouvait la pièce d’or, et elle donna le pain à un pauvre. Quelque temps plus tard, l’homme se présenta et réclama sa pièce d’or qu’il avait confiée à cette veuve. Elle lui répondit : « Que l’un des fils de cette femme (elle parle d’elle-même) soit empoisonné si j’ai tiré profit de cette pièce ! » (Cette façon de rapporter un dialogue est propre à la Guémara lorsqu’elle relate des propos qu’il ne serait pas bon au lecteur de prononcer de sa propre bouche afin de ne pas provoquer le Satan). Peu de temps s’est écoulé et l’un des fils de cette femme perdit la vie. Tout ceci en raison du fait qu’elle avait malgré tout tiré profit de cette pièce d’or puisque le pain qu’elle avait donné au pauvre avait une forme plus importante à cause de la pièce d’or qu’il contenait. Lorsque les sages eurent connaissance de cette histoire, ils dirent : « Si une personne qui avait pourtant juré de façon sincère (car cette femme pensait réellement ne pas avoir tiré profit de cette pièce d’or) a été malgré tout punit de façon aussi sévère, qu’en est-il de celui qui prête un faux serment ?! »
On enseigne à la fin du 2ème chapitre du traité Nédarim :
Prends toujours pour habitude de ne jamais formuler de vœux. Shémouel dit : Celui qui formule un vœu, même s’il le réalise, cet homme est qualifiable de Rasha’ (impie). Voici l’enseignement de Rav Dimi frère de Rav Safra : celui qui formule un vœu, même s’il le réalise, cet homme est qualifiable de fauteur. Cet enseignement prend sa source à travers des versets.
Le Talmud Yéroushalmi (Nédarim chap.1 Hal.1) enseigne :
Lorsqu’un homme tarde à réaliser son vœu, son dossier est ouvert.
C'est-à-dire : on sera plus pointilleux avec les actes de cet individu qui tarde à réaliser ses vœux.

Par conséquent, il incombe chacun à être vigilant et à s’éloigner véritablement du domaine des serments et des vœux.
MARAN cite dans le Beit Yossef (Y.203) les propos du Rosh selon lesquels même s’il s’agit de vœux de Mitsva comme la Tsedaka, il n’est pas bon de les formuler. Par exemple : « Je donne cette pièce (ou cette somme) à la Tsedaka ». S’il on a la possibilité de donner sur le moment, il faut donner. Sinon, il ne faut surtout pas faire le vœu de dnner plus tard. S’il on doit participer à un appel de charité au profit d’un établissement de Torah, il faut annoncer une somme en disant la formule « Bli Néder » (« Sans faire de vœu »).

MARAN tranche dans le Shoul’han ‘Arou’h (Y.D 203-4) conformément aux propos du ROSH.

Tout ceci en raison de la gravité du domaine des serments et des vœux, comme nous l’avons expliqué.

Par contre, il est permis de formuler un vœu lors d’une situation de détresse, afin qu’Hashem envoi la délivrance. C’est ainsi que tranche MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (Y.D 203-5)

vendredi 13 juillet 2007

Matot Dvar Torah

« Ne peut faire des voeux qui le veut ! »

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Résumé de Matot

Moshé Rabbenou réuni les chefs de tribus (Rashé HaMatot) et leur enseigne les Hala’hot des Nedarim (les faire un voeu) et des Shvouot (les serments).

Hashem ordonne à Moshé Rabbenou de lever une armée contre Midian, afin de venger les 24 000 Bné Israël morts par la colère d’Hashem, provoquée par l’incitation à la débauche des filles de Midian.

Moshé Rabbenou enseigne aux Bné Israël les règles de Kashérisation d’ustensiles ayant cuits des aliments interdits.

Moshé Rabbenou autorise les tribus de Réouven, de Gad, ainsi que la moitié de la tribu de Menashé à s’installer sur l’autre rive du Jourdain, mais uniquement à la condition qu’ils participent à la conquête d’Erets Kenaan, aux côtés de leurs frères.

Dvar Torah sur Matot

« Si un homme formule un voeu envers Hashem, ou prête serment afin d’interdire une chose sur sa personne, ne devra pas enfreindre sa parole, il devra accomplir tout ce qui sortira de sa bouche ». (Bamidbar 30 – 3 début de notre Parasha)

Midrash

Hakadosh Barou’h Hou dit : « Ne croyez pas qu’il vous soit permis de formuler des serments ou des voeux, même en Mon Nom ! Même au nom de la vérité, il ne t’est pas permis de formuler des serments ou des voeux en Mon Nom. Pour pouvoir le faire, il faut que tu possèdes les qualités suivantes : Tu devras craindre Hashem ton D., tu devras Le servir, tu t’attacheras à Lui, et tu jureras par Son Nom ».

Question

Pourquoi il n’est permis de formuler des serments et des voeux qu’à celui qui possède toutes ces qualités : craindre Hashem, servir Hashem, et être attacher à Lui ?

Rabbi Yaakov KRANTZ (ou « le Maguid de DOUVNO » Russie 18ème siècle) explique cela comme à son habitude, par une image.

Il y avait 2 pauvres qui étaient voisins.

L’un était bûcheron, l’autre était voleur.

Ils avaient tous les deux des filles.

Lorsque le bûcheron voyait que l’une de ses filles arrivait en âge de se marier, il célébrait le mariage et fournissait à sa fille une très bonne dote.

Tandis que le voleur voyait ses filles prendre de l’âge sans pour autant se marier puisqu’il n’avait pas le moindre sou.

Un jour, le voleur vint trouver son voisin le bûcheron et lui dit :

« Explique moi de quelle façon réussis tu à marier tes filles et à leur fournir une dote, n’es tu pas aussi pauvre que moi ?! »

Le bûcheron lui répondit :

« Voici mon habitude : lorsqu’un de mes enfants vient au monde, je fabrique une petite boite fermé avec un verrou, dans laquelle je mets quotidiennement une pièce. Lorsqu’ arrive le moment de marier mon enfant, je trouve dans cette boite tout ce dont j’ai besoin pour célébrer le mariage. Toi aussi, suis mon conseil et fabrique toi une boite verrouillée, que tu remplieras chaque jour. »

Lorsque le voleur entendit cela, il éclata de rire et dit :

« Ce conseil n’est valable que pour quelqu’un comme toi, car lorsque tu places une pièce de monnaie dans cette boite, elle restera fermée jusqu’au jour du mariage, quoi qu’il puisse arrivé, et cela, même si tu traverses des périodes difficiles. Mais moi qui suis habitué à forcer des portes que d’autres personnes ont verrouillé, en situation difficile, ne serai je pas en mesure de forcer un verrou que j’aurai moi-même placer ?!! »

Quelqu’un qui observe Torah et Mitsvot, et devant qui, tous les « verrous » que la Torah a placé, restent fermés, il est certain qu’une telle personne est à même de formuler un serment ou un voeu et qu’elle le respectera.

Ce qui n’est pas le cas d’un Rasha’ (un impie). Que l’importe un voeu ou un serment ?! S’il n’a déjà aucune difficulté à forcer les « gros verrous » que la Torah a elle-même posé, aura-t-il la moindre difficulté à forcer un voeu ou un serment qu’il s’est lui-même imposer ?!!!

La Torah n’a jamais demandé à l’individu de faire des Nedarim, mais exige de les honorer.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5767

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