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jeudi 16 août 2007

Quel est le moment propice pour dire les Seli’hot ?

Quel est le moment propice pour dire les Seli’hot ?

Dans la Hala’ha précédente, nous avons abordé le sujet des Séli’hot, ces supplications que nous disons pendant 40 jours, depuis le début du mois d’Elloul jusqu’à Yom Kippour.

La tradition répandue dans la plupart des communautés est de réciter les Seli’hot aux premières heures du matin, avant l’office de Sha’harit (l’office du matin).

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita rapporte que, la raison à cette tradition de dire les Seli’hot exclusivement aux premières heures du matin, est relative à ce qui est mentionné dans le Zohar Hakadosh, selon lequel aux premières heures du matin, les ‘Hassadim - les bontés (d’Hashem) se propagent dans le monde, comme il est dit dans le Tehilim : « La journée, Hashem ordonne Sa bonté … », alors qu’à partir de l’heure de Min’ha, jusqu’à ‘Hatsot (la moitié de la nuit), s’éveillent les Dinim – les rigueurs (d’Hashem) dans le monde.

Cependant, à partir de l’heure de ‘Hatsot (la moitié de la nuit), réapparaissent de nouveau les bontés d’Hashem, ainsi que les mesures de miséricordes.

C’est pour cela que notre maître le Roi David a dit (Tehilim): « Dés la moitié de la nuit, je me lève pour Te glorifier… ».

Par conséquent, il n’est pas souhaitable de réciter les Seli’hot au début de la nuit, qui est un moment où règne la rigueur Divine. Nos maîtres les Kabbalistes se sont longuement étendus sur le fait de ne pas dire les Seli’hot dans la première moitié de la nuit. Et c’est d’ailleurs ainsi que la tradition s’est répandue, de dire les Seli’hot aux premières heures du matin.

Cependant, notre maître le Rav shalita écrit que les personnes qui ne peuvent pas réciter les Seli’hot aux premières heures du matin, avant la Tefila de Sha’harit, peuvent dire les Seli’hot avant l’office de Min’ha (l’office de l’après midi).

Effectivement, bien qu’il soit expliqué dans le Zohar Hakadosh qu’à partir de l’heure où l’on peut prier Min’ha, règne la dure rigueur Divine dans le monde, et cela jusqu’à ‘Hatsot (la moitié de la nuit), comme nous l’avons expliqué, (excepté le jour de Shabbat, où au contraire, c’est à l’heure de Min’ha que s’éveillent les bontés d’Hashem dans le monde), malgré tout, il semble qu’il est permis de dire les Seli’hot avant l’office de Min’ha, au même titre que nous disons toute l’année les 13 Attributs de la Miséricorde Divine ( Vay'avor), ainsi que la Nefilat Apaïm (Ledavid Ele’ha Hahsem …) à l’office de Min’ha.

En effet, la véritable emprise de la Rigueur Divine n’apparaît réellement que la nuit, depuis la sortie des étoiles, jusqu’à ‘Hatsot (la moitié de la nuit).

Toutefois, au début de la nuit, il est préférable de ne pas du tout réciter les Seli’hot, puisque nos maîtres les Kabbalistes écrivent, que celui qui dit les Seli’hot dans la première moitié de la nuit, « provoque un dégât au lieu d’une réparation », il est donc préférable de s’en abstenir.

Par contre, les habitants de ‘Houts Laarets (les habitants de l’extérieur d’Israël) qui désirent réciter les Seli’hot avant que n’arrive l’heure de ‘Hatsot dans leur pays, comme les pays d’Europe par exemple, mais qu’en Israël l’heure de ‘Hatsot est déjà arrivé, certains disent qu’ils sont autorisés à le faire, puisque sur ce point, tout est tributaire d’Erets Israël. (voir Hala’ha Broura Tome 1 chap.1, c’est ainsi que tranche notre maître le Rav shalita dans ses Shiourim hebdomadaires ces dernières années).

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5767

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jeudi 2 août 2007

Les traditions contraires à l’opinion de MARAN, l’auteur du Shoul’han Arou’h.

Les traditions contraires à l’opinion de MARAN,

l’auteur du Shoul’han Arou’h.

Dans la précédente Hala’ha (qui traitait de la tombée de la nuit selon Rabbenou TAM[DP1]), nous avons mentionné que dans la majorité des communautés juives, la tradition est de considérer le moment de la sortie de étoiles (la tombée de la nuit), selon l’opinion des Gueonim[DP2].

Et bien qu’il serai souhaitable pour tout le monde de s’imposer la ‘Houmra (la rigueur) de faire sortir Shabbat selon l’horaire de Rabbenou TAM, c'est-à-dire 72 minutes après la Shki’a (après le couché du soleil), cependant, selon le stricte Din, de nombreuses personnes ont pour tradition de faire sortir Shabbat selon l’horaire des Gueonim, qui correspond à une heure plus avancée, tel que c’est précisé dans la plus part des calendriers.

Dans nos propos, il était stipulé que selon l’opinion de MARAN[DP3] l’auteur du Shoul’han Arou’h, dont nous, juifs Sefaradim, avons accepté les décisions, il est un devoir de se comporter sur ce point selon l’opinion de Rabbenou TAM.

Malgré cela, de nombreuses personnes n’adoptent pas sur ce point l’opinion de MARAN, et nous n’avons nous même écris qu’il était seulement souhaitable de s’imposer la ‘Houmra (la rigueur) de Rabbenou TAM, mais nous n’avons pas écris cela en tant que véritable obligation selon le Din.

Nous allons donc expliqué, avec l’aide d’Hahsem, comment se fait il que sur ce point, nous, qui avons accepté les décisions de MARAN en tout point, n’adoptons sa décision sur ce point qu’en tant que « comportement rigoureux qu’il serai bon d’adopter » ?

La réponse à cette question réside dans le fait qu’il existe quelques traditions que les juifs Sefaradim avaient déjà adopté avant même que ne se diffusent dans le monde les décisions Hala’hic de MARAN, puisque ses décisions Hala’hic, ainsi que tout son enseignement n’ont été diffusés qu’à la fin de sa vie (en 1575), et il y avaient d’autres ‘Ha’hamim qui dirigeaient leurs communautés selon les décisions Hala’hic émanant d’autres décisionnaires, comme selon le RIF[DP4] ou d’autres. Lorsque les livres de MARAN furent publiés, et que toutes les communautés Sefarades acceptèrent ses enseignements, il restait tout de même quelques traditions sur lesquelles la décision Hala’hic de MARAN ne fut pas acceptée, comme le fait de faire sortir Shabbat selon l’opinion des Gueonim, et non selon Rabbenou TAM, ce qui est contraire à l’avis de MARAN, comme en atteste le Gaon Rabbi Yona NAVON[DP5] z.ts.l dans son livre Shou’t NE’HPA BAKESSEF tome 1 page 154, 3ème colonne, que même en Erets Israël qui représente le lieu de MARAN, d’où se sont diffusées toutes ses décisions Hala’hic, même là bas, la tradition n’est pas conforme à l’opinion de Rabbenou TAM sur ce point, et cette tradition remonte à des temps éloignés, bien avant que se diffusent les décisions Hala’hic de MARAN.

Nous pouvons en déduire de façon générale, que toute tradition contraire à l’opinion de MARAN l’auteur du Shoul’han Arou’h, qui n’était pas adoptée par nos communautés avant la diffusion des décisions Hala’hic de MARAN, une telle tradition ne doit pas être adoptée, puisqu’elle est considérée comme nul dés son fondement (parce qu’elle contredit l’opinion de MARAN), puisqu’elle fut adoptée à la base en désaccord avec la Hala’ha.

Mais une tradition adoptée par nos communautés avant que les décisions Hala’hic de MARAN ne soient diffusées, peut être maintenue, et cela, même si elle va à l’encontre de l’opinion de MARAN, comme c’est le cas pour la tombée de la nuit se lon Rabbenou TAM.

C’est d’ailleurs ce qu’écrit MARAN lui-même dans l’introduction à son Shoul’han Arou’h, qu’il n’a pas pour objectif de remettre en question des traditions qui avait cours avant la rédaction de son ouvrage, mais uniquement de trancher la Hala’ha selon l’approbation majoritaire des Poskim, dans des situations où il y a Ma’hloket (divergence d’opinion Hala’hic).

Par conséquent, les personnes qui ont pour tradition la veille de Shabbat, d’allumer les Nerot (les veilleuses ou bougies de Shabbat), et ensuite de réciter la Bra’ha (la bénédiction), n’ont absolument aucun appui Hala’hic, puisque selon l’opinion de MARAN, ceux qui agissent ainsi, récitent une Bra’ha Levatala (une bénédiction en vain).

C’est pour cela qu’il faut enseigner, même à une personne qui a pour tradition de réciter la Bra’ha après l’allumage, qu’elle cesse totalement cette « tradition », et qu’elle revienne à la décision Hala’hic MARAN, selon laquelle, il faut réciter la Bra’ha avant l’allumage, comme nous l’avons expliqué dans une précédente Hala’ha.

REMARQUE

Dans la Hala’ha diffusée hier (H.Y 01.08.07), au sujet de la tombée de la nuit selon Rabbenou TAM, nous avons écris qu’il faut calculer les 72 minutes après la Shki’a (le couché du soleil), en « Sha’ot Zmaniyot » (en « heures relatives »), et nous avons écris que ce Din selon lequel il faut calculer en Sha’ot Zmaniyot, correspondait à l’opinion de tous les avis.

Mais cependant, ce n’est pas tout à fait le cas, puisque de nombreux Poskim (décisionnaires) pensent qu’au sujet de l’opinion de Rabbenou TAM sur la tombée de la nuit, on peut permettre de calculer les 72 minutes après la Shki’a, en heures ordinaires.

Récemment, a été édité le livre MISHNA BROURA[DP6] accompagné des notes et remarques des Rabbanim de la Yeshiva de Kissé Ra’hamim de Bné Brak, et à la fin du livre, un petit fascicule est rédigé par le Gaon Rabbi Meïr MAZOUZ[DP7] shalita Rosh Yeshiva de Kissé ra’hamim, et il précise que selon l’opinion de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, il n’est pas nécessaire de calculer les 72 minutes après la Shki’a en Sha’ot Zmaniyot (heures relatives, voir plus haut), mais il est suffisant de les calculer en heures ordinaires, et donc 72 minutes ordinaires après la Shki’a, nous pouvons effectuer des Mela’hot (activités interdites pendant Shabbat) à la sortie de Shabbat.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5767

sheelot@free.fr

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[DP1]

Rabbenou TAM

Rabbenou Yaakov Ben Meïr TAM France 12ème siècle, petit fils de Rashi, et l’un des principaux auteurs des Tossafot

[DP2]Gueonim Décisionnaires de la période post talmudique (9ème et 10ème siècle)

[DP3]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h

[DP4]RIF Rabbi Its’hak EL FASSI Algérie – Maroc 10ème siècle

[DP5]

Rabbi Yona NAVON

17ème et 18ème siècle , Maître du HYDA, et auteur du livre Ne’hpa Bakessef

[DP6]

Mishna Broura

Rabbi Israël Meïr HaCohen de Radin, le « ‘Hafets ’Haïm », Russie 20ème siècle, également auteur de ‘HAFETS ‘HAÏM, et de SHMIRAT HALASHON entre autres

[DP7]

Rav Meïr MAZOUZ shalita Fils de Rabbi Matslia’h MAZOUZ z.ts.l, qui fut Av Beit Din en TUNISIE, et qui a rédigé le Shou’t ISH MATSLIA’H, avant d’être assassiné au début des années 70.


mercredi 1 août 2007

La Tombée de la nuit, selon Rabbenou TAM

Que veut dire le « Zman Rabbenou TAM », selon lequel de nombreuses personnes attendent pour faire sortir Shabbat ? Doit on s’imposer cette ‘Houmra (cette rigueur) ?

Il est connu qu’il existe une très grande Ma’hloket (divergence d’opinion Hala’hic) parmi nos maîtres les Rishonim (décisionnaires antérieurs au Shoul’han Arou’h), concernant la manière de calculer le moment précis de Tset Hako’havim (la sortie des étoiles). (La sortie des étoiles marque la fin d’une journée, et le début d’une nouvelle journée pour tout ce qui est des lois de la Torah, comme la sortie de Shabbat, il est interdit de faire une Mela’ha – une activité interdite pendant Shabbat, avant que n’arrive la sortie des étoiles, qui marque la sortie de Shabbat, et le début du jour suivant)

En effet, selon l’opinion des Gueonim, le moment de la sortie des étoiles arrive 13 minutes et demie après la Shki’at Ha’hama (après le couché du soleil), et selon l’opinion de Rabbenou TAM[DP1] , la sortie des étoiles arrive bien plus tard, environs 72 minutes après la Shki’a (après le couché du soleil).

Attention ! Selon les 2 opinions, il faut calculer ces minutes selon les « Sha’ot Zmaniyot » (les « heures relatives »), c'est-à-dire : nous prenons le nombre d’heures qu’il y a entre le levé du soleil (le Nets) et le couché du soleil (la Shki’a), et nous les divisons par 12 (le temps d’une journée moyenne), nous obtenons le temps d’1 « Sha’a Zmanit » (1 « heure relative »). Pour obtenir le temps d’1 « minute relative », il suffit de diviser le résultat de la « Sha’a Zmanit » par 60. De cette façon, nous savons exactement à quoi correspondent les 2 opinions citées plus haut : 13 mn et ½ après la Shki’a selon les Gueonim, et 72 mn après la Shki’a selon Rabbenou Tam.

A titre indicatif : Ce Shabbat 4 août 2007 sort à 21h57 selon l’horaire traditionnel, et il sort à 22h56 selon l’horaire de Rabbenou TAM.

N.D.T Toute personne qui désire connaître l’horaire de la sortie de Shabbat selon Rabbenou TAM, peut se renseigner auprès de l’autorité rabbinique du lieu où elle réside, ou nous envoyer un mail à sheelot@free.fr

En Erets Israël comme dans la majorité des communautés juives du monde entier, la tradition est de considérer la sortie des étoiles selon l’opinion des Gueonim, c'est-à-dire que 13 mn et ½ en « heures relatives », après la Shki’a, comme expliqué plus haut, (+ un petit rajout que l’on appelle le Din de « Tossefet Shabbat » dont nous n’allons pas parler pour l’instant), nous faisons déjà la Havdala, et nous commençons à accomplir des Mela’hot (activités interdites pendant Shabbat), car nous considérons que Shabbat est sortie. C’est d’ailleurs ainsi que la majorité des calendriers indique l’heure de sortie de Shabbat. (Dans certains calendriers un peu plus élaborés, figure également l’horaire de la sortie de Shabbat selon Rabbenou Tam, à côté de l’horaire traditionnel)

Il est à remarquer que si la Hala’ha sur ce point n’avait pas été fixée selon l’opinion de Rabbenou Tam, en raison du fait que la quasi totalité des Poskim (décisionnaires) avaient contredis et repoussé totalement son avis, il n’y aurait pas lieu de s’imposer cette ‘Houmra (cette rigueur), puisque telle est notre habitude, de nous comporter toujours en conformité avec l’opinion des Grands de la Hala’ha de toutes les générations, selon les règles et principes Hala’hic qui nous ont été transmis de génération en génération.

Mais ce n’est pas du tout le cas !!

En effet, de nombreux et très grands Poskim, parmi nos maîtres les Rishonim, partagent l’opinion de Rabbenou Tam sur ce point, et selon cette opinion, une personne qui fait une Mela’ha (une activité interdite pendant Shabbat) avant que n’arrive la sortie des étoiles selon Rabbenou Tam, cette personne est condamnable de la peine de mort par strangulation (Skila) selon la Torah (puisque celui qui profane Shabbat, est passible de cette peine selon la Torah).

Citons quelques uns des Rishonim qui partagent l’opinion de Rabbenou Tam sur ce point :

§ Rabbenou Haï Gaon[DP2]

§ Le RAVAD[DP3]

§ Le RAZAH[DP4]

§ Le RAMBAN[DP5]

§ Le RASHBA[DP6]

§ Le RAHA[DP7]

§ Le RYTBA[DP8]

§ Le RAN[DP9]

§ L’auteur du Maguid Mishné[DP10]

§ Le Meîri[DP11]

§ L’auteur du OHEL MOED[DP12]

§ L’auteur du SaMaG[DP13]

§ L’auteur du ROKEA’H

§ Le Mordé’hi[DP14]

§ Rabbenou PERETS[DP15]

§ Le ROSH[DP16]

§ Rabbenou YERO’HAM [DP17] … etc …

Sans compter le fait que même MARAN[DP18] et le RAMA[DP19] partagent également cette opinion (voir Shoul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm chap.261 parag.2).

Tel est également l’avis du MaBYT[DP20] , du RaDBaZ[DP21] , et du MaHaRY KOLON[DP22] .

Il y a un peu plus de 300 ans, le Gaon Rabbi Yaakov FRAG’I[DP23] z.ts.l (dénommé le « MaHaRYF », qui était l’un des grands décisionnaires de la Hala’ha en Egypte, et le compagnon d’étude de Rabbi Avraham HaLevi, l’auteur du GINAT VERADIM[DP24] ) rédigea tout un fascicule pour démontré que la Hala’ha doit être fixée sur ce point selon l’opinion de Rabbenou Tam, en contradiction avec l’usage en vigueur dans les communautés juives. Son compagnon, le Gaon GINAT VERADIM z.ts.l rédigea une Tshouva (une réponse Hala’hic étayée d’arguments) afin de contredire les propos du Gaon MaHaRYF, mais celui-ci reprit la plume une nouvelle fois pour maintenir sa position Hala’hic concernant le fait qu’il faut attendre la nuit selon Rabbenou Tam pour faire sortir Shabbat.

Cependant, l’usage en Egypte, comme dans la majorité des communautés, n’était pas d’attendre la nuit selon Rabbenou Tam, et le Gaon MaHaRYF s’interrogeait sur l’utilité de diffuser son fascicule, et voici ce qu’il écrit lui-même sur le sujet :

« Voilà plus de 50 ans que je me suis positionné sur cette question, et je marche en toute innocence (il aurait désiré que tout le monde s’impose cette ‘Houmra – cette rigueur, mais personne ne l’écoutait), au point où même mon épouse refuse de m’écouter sur ce point, en me disant qu’elle fait tout simplement ce que tous les juifs font. Elle attend quand même environs ¼ d’heure de plus que les autres membres de la communauté, mais elle ne va pas jusqu’à attendre véritablement l’horaire de Rabbenou Tam. Le fascicule que j’ai rédigé, je ne l’ai rédigé finalement que pour moi-même (car lui-même s’imposait cette ‘Houmra), et je ne me suis motivé à le diffuser que parce qu’à travers un rêve, on m’a fait savoir depuis le Ciel, qu’il y avait une grande utilité à la diffusion de ce fascicule dans le monde, car grâce à lui, de nombreuses personnes respecterons peut être l’heure de Rabbenou Tam, et cela rapprochera peut être la Gueoula (la Rédemption) ! »

De nombreux autres Poskim partagent cet avis, selon lequel toute personne craignant la parole d’Hashem, doit s’imposer la ‘Houmra (la rigueur) d’attendre l’heure de sortie de Shabbat selon Rabbanou Tam et la majorité des Poskim.

En particulier pour ce qui est des Mela’hot Min Hatorah (activité interdites par la Torah pendant Shabbat), comme allumer l’électricité, écrire, porter etc…

C’est ainsi que tranche notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita dans son livre Shou’t Yabia’ Omer (tome 2 Ora’h ‘Haïm chap.21).

De notre époque, Barou’ha Hashem, de nombreuses personnes ont adopté cette ‘Houmra importante.

Il y a quelques jours de cela, notre maître le Rav shalita s’est entretenu avec les responsables du site israélien de la HALA’HA YOMIT, et lorsque notre maître a prit connaissance du nombre de personnes dans le monde qui bénéficiaient chaque jour de la réception de la Hala’ha, il s’en réjouit et demanda expressément que l’on consacre une Hala’ha au Din de la nuit selon Rabbenou Tam, puisque cette ‘Houmra est particulièrement importante car elle est liée à de grave transgressions d’interdits d’ordre de la Torah.

C’est pour cela qu’il est souhaitable à tout homme comme à toute femme de s’imposer cette ‘Houmra, au moins pour ce qui est des interdits d’ordre Min Hatotrah (activité interdites par la Torah) comme nous lavons expliqué plus haut.

« Celui qui nous écoute, résidera en toute quiétude » (Langage emprunté à Mishlé 1 – 33)

N.D.T Il est quand même intéressant de faire remarquer que la plus part des gens s’imposent toutes sortes de ‘Houmrot (rigueurs non exigées par la Hala’ha), et dans la majorité des cas, par pur ignorance de la Hala’ha. Ces ‘Houmrot sont prônées, particulièrement ici en France, par des personnes qui, elles même n’ont pas une expérience suffisante dans l’étude de la Hala’ha. On dicte « à tous va », toute les ‘Houmrot que nous pouvons puiser parmi les opinions des Poskim, ‘Houmrot qui sont souvent rejetées par la majorité des Poskim, ou qui ne correspondent pas à la tradition en vigueur chez les Sefaradim.

Mais par contre, des ‘Houmrot partagées par l’opinion majoritaire des Poskim, et rapportées par le Shoul’han Arou’h lui-même, comme notre sujet de la nuit selon Rabbenou Tam, ces ‘Houmrot passent sous silence !

La ‘Houmra serait elle, dans le milieu juif orthodoxe français, qu’un effet de mode ?!!

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5767

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[DP1]

Rabbenou TAM (Rabbenou Yaakov Ben Meïr TAM France 12ème siècle, petit fils de Rashi, et l’un des principaux auteurs des Tossafot)

[DP2]

Rabbenou Haï Gaon

(Irak 10ème siècle)

[DP3]RAVAD (Rabbenou Avraham Ben David France 12ème siècle)

[DP4]RAZAH (Rabbenou Zera’hya HaLevi Espagne 12ème siècle, auteur du MAOR)

[DP5]

RAMBAN (Rabbi Moshé Ben Na’hman ou Na’hmanide Espagne – Israël 13ème siècle)

[DP6]RASHBA (Rabbenou Shlomo Ben Aderet Espagne 13ème siècle)

[DP7]RAHA Rabbenou Aharaon HaLevi auteur présumé du SEFER HA’HINOU’H Espagne 14ème siècle

[DP8]RYTBA (Rabbenou Yom Tov Ben Avraham Espagne 14ème siècle)

[DP9]RaN (Rabbenou Nissim de Gérone Espagne 14ème siècle)

[DP10]Maguid Mishné Rabbi Vidal DI TOLOSA Espagne 14ème siècle)

[DP11]Meïri (Rabbenou Mena’hem Ben Shlomo HaMeïri France 13ème et 14ème siècle)

[DP12]OHEL MOED référence rapportée fréquemment par MARAN dans le Beit Yossef, et dont l’auteur est probablement de l’époque du Meïri (13ème siècle)

[DP13]SaMaG Sefer Mitsvot Gadol Rabbi Moshé MI KOUTSI France 13ème siècle

[DP14]Mordé’hi Rabbenou Morde’haï Bar Hillel Allemagne 13ème siècle, élève du Maharam de Rottenbourg, et ‘Haver, compagnon d’étude du Roch

[DP15]

Rabbenou PERETS France 13ème siècle

[DP16]Rosh (Rabbenou Asher Allemagne-Espagne 13ème siècle)

[DP17]

Rabbenou Yero’ham France – Espagne 14ème siècle

[DP18]MARAN (ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h)

[DP19]RaMA (Rabbi Moshé ISSERLEISS Pologne 16ème siècle, opinion Hala’hic principale pour les Ashkenazim)

[DP20]MaBYT Rabbenou Moshé Ben Yossef TIRANI Israël 16ème siècle, compagnon d’étude de MARAN

[DP21]RaDBaZ (Rabbi David Ben Zimra Egypte – Israël 16ème siècle)

[DP22]MaHaRY KOLON Rabbi Yossef KOLON Italie 17ème siècle

[DP23]Rabbi Yaakov FRAG’I Egypte 17ème siècle

[DP24]

GINAT VERADIM (Rabbi Avraham HaLevi Egypte 17ème siècle)