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vendredi 24 août 2007

Ki Tetsé - Dvar Torah

« Et si on se bougeait un peu ?! »

« Tu ne dois pas voir l'âne ou le bœuf de ton frère s'écrouler (par sa charge) sur la voie publique et te dérober à eux: tu es tenu de les relever avec lui. » (Dvarim 22-4, extrait de notre Parasha)

Sifré sur Dvarim

Si le propriétaire de l’animal va s’assoire en disant à la personne venu l’aider : « Puisqu’il t’incombe de décharger mon âne, décharge le.»

Dans ce cas là, on est exempt de l’aider.

Selon le ‘Hafets ‘Haïm[DP1] , cette Hala’ha est porteuse d’un grand message de morale pour l’homme dans sa relation avec Hashem.

En effet, l’homme demande de l’aide à son Créateur pour différends domaines de la vie :

« Hashem, de grâce, donne moi la Parnassa (la subsistance matérielle ! »

« Hashem, j’aimerai bien me marier ! »

« Hashem, donne moi la santé ! » …

Hashem, dans sa grande bonté est tout disposé à nous venir en aide, et à nous défaire du lourd fard d’eau de nos soucis.

Mais Il nous demande qu’une seule et toute petite chose :

Je veux bien t’aider en te déchargeant de tous tes soucis, mais la moindre des choses c’est que tu « mettes la main à la pâte » !!! Ce n’est pas le tout de demander, il faut aussi montrer par notre Hishtadlout (notre effort personnel), que nous voulons réellement le changement dans notre vie que nous demandons à Hashem !

Quelqu’un qui demande la Parnassa à Hashem, mais qui passe la majeure partie de son temps à des futilités comme rester devant la télévision, surfer sur Internet, faire des grâces matinées, Hashem n’aidera jamais une telle personne qui ne fait aucun geste pour montrer qu’elle veut s’en sortir. Cette personne fera une brillante carrière de chômeur !!!

De même pour les gens qui veulent tellement se marier, mais qui font tout pour rester célibataire :

Si on propose un Shidou’h (une présentation) à une personne, qu’elle commence déjà par accepter de se rendre au rendez vous, au lieu de chercher d’abord à connaître tout le « pedigree » de la personne que l’on désir lui présenter !!

Ou alors, cette personne devrai tout simplement revoir ses « critères » de recherche, et vérifier si le problème ne vient pas plutôt d’elle.

Hashem ne peut aider quelqu’un à se marier que si cette personne montre vraiment, et pas seulement par sa prière, mais aussi par ses actes, qu’elle veut se marier !!

De même, pour la santé :

Hashem peut il aider quelqu’un à protéger sa santé, alors que cette personne l’a néglige totalement ?!

Lorsqu’on a un traitement prescrit par un médecin et qu’on ne le prend pas, toutes les Kavanot (les concentrations) dans la Bra’ha de Réfaenou (la bénédiction consacrée à la guérison, dans la ‘Amida – la prière quotidienne), ainsi que toutes les prières, ne serviront pas à obtenir la guérison !!

Nous demandons tous les jours à Hashem :

« Elokaï ! Netsor Leshoni Mera’, Ousfate’ha Midaber Mirma… »

« Mon D. ! Preserve ma langue du mal, et mes lèvres de la médisance… »

Est-ce que nous faisons nous même un effort pour nous préserver de tout cela ?!

Nous sommes plutôt à l’affût de la moindre discussion pouvant « démolir » n’importe qui !!!

Et plus il y a de victimes de nos « attentats verbaux », plus c’est intéressant !!!

Hahsem doit il nous aider à nous préservé dans de telles conditions ?!

Le ‘Hafets ‘Haïm donne une image pour comprendre ce message :

Un jour, un nécessiteux - dont la situation matérielle était arrivée à son stade le plus catastrophique- rencontre un homme très riche dans la rue.

Le nécessiteux dit au riche :

« J’ai une demande très importante à vous adresser : Pouvez vous m’accorder la faveur de me prêter la somme de 5 Roubles (une grande somme pour l’époque), car j’ai l’occasion de conclure une grande affaire financière qui pourra me permettre de ne pas mourir de faim ? »

Le riche lui répondit :

« Sans problèmes ! Je suis tout disposé à te les prêter, simplement je ne les ai pas sur moi maintenant. Passe chez moi ce soir à 17h, et je te les remettrais. »

Le soir, le riche s’efforça d’être rentré chez lui pour 17h afin de remettre l’argent au nécessiteux, mais il attendit plus d’1 heure sans que personne ne vint. Le riche pensa que le nécessiteux avait été retenu par un quelconque empêchement de dernière minute.

Le lendemain, le riche marchait dans la rue, quand soudain le nécessiteux se dirigea vers lui en disant :

« Monsieur, je vous en prie, j’ai vraiment besoin de cette somme d’argent ! Accordez moi ce prêt ! »

Le riche lui répondit :

« Mais je t’ai déjà dis hier de passer chez moi à la maison et je te remettrais ce que tu demande ! Je t’ai même attendu plus d’1 heure mais tu n’es pas venu ! Bon, ce qui est fait est fait ! Je t’attends aujourd’hui pour 17h chez moi à la maison, et l’argent sera prêt. »

Le riche mis encore une fois tout en œuvre pour être rentré chez lui pour 17h, mais le nécessiteux ne se présenta pas.

Le lendemain, le nécessiteux trouva le riche dans la rue et le supplia de nouveau :

« Je dois absolument conclure cette affaire pour me sortir de ma situation difficile et j’ai besoin de se 5 Roubles ! Prêtez les moi de grâce !! »

Le riche ne pouvant se contenir d’avantage, répondit au nécessiteux :

« Je constate qu’il n’y a aucune vérité dans tes propos ! Tu n’as absolument pas besoin d’argent, car si tu en avais vraiment besoin, tu serais venu chez moi hier ou avant-hier, à l’heure que je t’avais fixé !! Je t’ai attendu plus d’1 heure à chaque fois, et tu n’es jamais venu.

Si tu serais venu, tu aurais reçu l’argent que je t’avais préparé. Je pense que tu n’ais qu’un fou qui n’es pas conscient de ce qu’il dit !! »

Nous adressons des demandes à Hashem, et il est disposé à nous accorder tout ce que nous lui demandons. Mais il nous demande d’être là au rendez vous qu’il nous fixe, afin de nous procurer ce que nous avons besoin. Le rendez vous est fixé à la synagogue aux heures des Tfilot (prières quotidiennes), au Beit Hamidrash (la maison d’étude) pour y entendre des cours de Torah, mais nous ne sommes pas là !!!

Avons-nous réellement besoin de tout ce que nous demandons ?!!!

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5767

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[DP1]le ‘Hafets ’Haïm Rabbi Israël Meïr HaCohen de Radin, , Russie 20ème siècle, auteur du Mishna Broura. Egalement de SHMIRAT HALASHON entre autres.

jeudi 23 août 2007

Le poisson et la viande

Le poisson et la viande

On enseigne dans la Gmara Pessa’him 76b) :

Un poisson qui a cuit dans le même four qu’une viande, Mor Bar Rav Ashé dit qu’il est interdit de manger ce poison, car le mélange de la viande et du poisson provoque des maladies.

MARAN[DP1] tranche cette Hala’ha est dans le Shoul’han Arou’h (Yoré Dé’a chap.116 parag.2) selon laquelle, il est interdit de manger de la viande et du poisson ensemble, à cause du danger que cela engendre.

Bien qu’il soit interdit de cuire un aliment lacté dans un ustensile « viande » (ou le contraire), notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit qu’il n’y a pas d’interdiction de frire du poisson dans une poêle « viande », puisque la raison pour laquelle il est interdit de consommer de la viande et du poisson ensemble, réside dans le danger que cela peut provoquer. Or, ce danger ne peut être provoqué que lorsqu’il y a mélange concret de viande et de poisson, et non lorsqu’il s’agit uniquement de mélange du goût « viande » imprégné dans les parois de la poêle, avec le poisson qui sera frit dedans, car ce goût « viande » n’est pas suffisant pour provoquer un danger.

Cependant, Il est interdit de cuire une viande et un poisson ensemble dans le même four, même s’ils ne se touchent pas, puisque le fait qu’ils cuisent tous les deux dans un même four fermé, et que les vapeurs des 2 cuissons se mélangent, le danger persiste.

Toutefois, si par erreur on a mis à cuire dans le même four, un plateau contenant de la viande, et un autre contenant du poisson, on peut tolérer leur consommation (de façon indépendante bien sûr !!), car ce Din contient différends doutes (Sefekot) à posteriori.

Cependant, le Gaon Rabbi Its’hak YOSSEF shalita[DP2] raconte qu’il y a quelques années, lors d’un voyage à l’étranger en compagnie de son père, notre maître le Rav shalita, les gens chez qui ils se trouvaient avaient cuis par erreur, de la viande et du poisson dans le même four, et notre maître le Rav shalita s’est abstenu de consommer ces aliments qui avaient été cuits dans le même four.

Mais d’un point de vue Hala’hic, cela reste autorisé, lorsque cela c’est produit par erreur ou par accident.

Toute l’interdiction de cuire de la viande et du poisson ensemble dans le même four, ne concerne que nos fours standards qui sont fermés (et qui ne sont pas très grands), mais il est permis de griller de la viande et du poisson ensemble, sur la même grille (qui ne se trouve pas dans un four, par exemple en plein air), la viande à une extrémité et le poisson à l’autre extrémité de façon à se qu’ils ne se touchent pas, car dans ces conditions, les vapeurs et la fumée des deux grillades se dispersent dans l’air, et ne reviennent pas s’absorber à l’intérieur des aliments.

(Dans certains restaurants dans lesquels on propose de la viande et du poisson, il est très fréquent que l’on grille des morceaux de viande et des morceaux de poisson sur la même grille, en veillant à ce qu’ils ne se touchent pas.)

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5767

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[DP1]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h

[DP2]Rav Its’hak YOSSEF shalita, auteur des célèbres YALKOUT YOSSEF et d’autres ouvrages de Hala’ha, directeur de la Yeshiva de ‘HAZON OVADIA à Jérusalem, et digne fils de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita

mercredi 22 août 2007

Sefaradim et Ashkenazim dans la Hala'ha

Les décisions Hala’hic de MARAN, l’auteur du Shoul’han Arou’h, et celles de Rabbenou Moshé ISSERLEISS (le RaMA)

Il est de notoriété que dans la majeur partie des problèmes Hala’hic, les Juifs Sefarades, ainsi que les juifs des communautés d’Orient tranchent selon l’opinion de MARAN (« Notre Maître » en araméen) Rabbenou Yossef KARO z.ts.v.l[DP1] , et les décisions Hala’hic de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, dans leur quasi-totalité, sont fondées sur les conclusions Hala’hic de MARAN Rabbenou Yossef KARO z.ts.v.l.

Tandis que les communautés des juifs Ashkenaz (en particulier en dehors d’Israël) tranchent généralement selon l’opinion de Rabbenou Moshé ISSERLEISS, le RaMA[DP2] z.ts.v.l.

Nous allons nous efforcer de rapporter ici quelques témoignages de Poskim (décisionnaires) contemporains de MARAN ou des générations suivantes, qui attestent de l’importance pour les Sefaradim de se comporter exclusivement en conformité à l’opinion de MARAN, et cela même à l’encontre d’opinions Hala’hic contraires.

Les références qui vont être citées sont prises à travers ce qu’a écrit notre maître le Rav shalita dans divers endroits de ses nombreux livres.

§ Le Gaon Rabbi Eliyahou Ben ‘Haïm (surnommé le « MaHaRANa’H », qui fait partie des grands décisionnaires de Turquie au 17ème siècle) écrit :

« Rabbenou Yossef KARO a été accepté sur nous comme le Rav selon lequel nous allons. »

La raison est due au fait que déjà de son vivant, les décisions Hala’hic de MARAN bénéficiaient d’une très large écoute parmi les juifs originaires d’Espagne (les juifs « Sefarades »), qui ont accepté ses décisions Hala’hic même après sa disparition (1575).

Après sa disparition, il n’y avait quasiment aucune autorité Hala’hic Sefarade qui contredisait son avis, hormis quelques cas isolés dans lesquels certains Poskim Sefaradim ont émient un avis Hala’hic divergent de celui de MARAN.

§ Le Grand des sages d’Italie, le MaHaRY MINTS (Rabbenou Yehouda MINTS z.ts.l Italie 16ème siècle, contemporain de MARAN) écrit au sujet de MARAN :

« Sa grande sagesse, ainsi que ses décisions Hala’hic se sont déjà étendus à travers le monde, « aucune ville ne lui résiste », au point où nous pouvons dire sans exagérer que depuis l’époque du RaMBaM (12ème siècle) et celle du RaMBaN (13ème siècle) jusqu’à aujourd’hui (16ème siècle), nous n’avons pas trouvé son égal au sein du peuple d’Israël, pour grandir la Torah et la fortifier. »

Même notre maître le RaMA (Rabbenou Moshé ISSERLEISS), le plus important des décisionnaires des Ashkenazim, et contemporain de MARAN, écrit dans une Tshouva (une réponse Hala’hic) adressée à MARAN :

« Je viens répondre respectueusement aux propos de notre maître et notre Rav, le Grand Rav, Rabbi Yossef KARO, qui nous abreuve de son eau. Je prie Hashem pour qu’il accorde une longue vie à notre maître et notre Rav, le Prince de D. parmi nous, et je peux affirmer que c’est des paroles de la Torah de notre maître, ainsi que de ses livre que j’apprend, et ce ne serai que blasphème que de contredire les paroles de son éminence, car celui qui le contredit, est comparable à celui qui contredit la She’hina (la présence Divine). »

Cependant, il est très fréquent de constater que l’opinion du RaMA contredit celle de MARAN.

Ceci est du au fait que même selon l’opinion de MARAN, les communautés qui ont des traditions contraires à ce qu’il a écrit dans le Shoul’han Arou’h, et que ces traditions remontent à une époque antérieure à la parution du Shoul’han Arou’h, ces communautés doivent préserver leurs traditions.

Mais les Sefaradim et les juifs des communautés d’Orient gèrent la quasi-totalité de leurs problèmes Hala’hic selon l’opinion de MARAN, notre saint Maître.

Par conséquent, ses décisions Hala’hic engagent les Sefaradim (dans la plus part des cas), puisque il est leur maître.

Rabbenou Yehonatan EÏVSHITZ[DP3] z.ts.l écrit dans son livre SEFER HATOUMIM :

« C’est un blasphème de s’écarter d’une quelconque manière des paroles de MARAN, l’auteur du Beit Yossef, ainsi que de celle du RaMA, puisqu’ils ne sont pas considérés comme les autres Poskim, sur lesquels il est possible d’émettre un avis divergeant. Les enseignements de MARAN, comme ceux du RaMA, ont été écrits en bénéficiant d’une aide extraordinaire envoyée par le Ciel, grâce à laquelle, aucune erreur n’a pu s’y introduire. »

De nombreux autres Grands Poskim écrivent des propos similaires au sujet de MARAN :

· Rabbi Yona NAVON, z.ts.l, (Israël 18ème siècle) dans son livre Ne’hpa Bakessef (‘Hoshen Mishpat-chap.18)

· Son élève Rabbi ‘Haïm Yossef David AZOULAÏ, le ‘Hyda, z.ts.l, (Israël 18ème siècle) dans son livre Birké Yossef sur ‘Hoshen Mishpat chap.25)

· Rabbi ‘Haïm MODA’I, z.ts.l, (19ème siècle) dans son livre Sh’’out Haïm Laolam (Yoré Déa chap.1)

· Rabbi Yossef MOLHO, z.ts.l, (Turquie 18ème siècle) dans son livre Sh’’out Ohel Yossef Yoré Déa chap.30. Auteur du livre Shoulhan Gavoa

· Rabbi Yaakov BEN TSOUR, z.ts.l, (19ème siècle) Grand décisionnaire du Maroc, dans son livre Sh’’out Mishpat Outsdaka Béyaakov (tome II chap.5)

· Rabbi Shlomo LANIYADO, z.ts.l, (18ème siècle), Av Beit Din de la ville de Halab (Alep) en Syrie, dans son livre Beit Dino Shel Shlomo (Orah Haïm chap.4)

Il est important de citer également ce qu’écrivent de nombreux Poskim, comme le ‘HYDA entre autres :

« Un juif Sefarade qui se comporte conformément aux décisions Hala’hic du RaMA, lorsqu’elles contredisent celles de MARAN, cette personne nécessite une Teshouva (un repentir) et une Kapara (une expiation) au jour de Yom Kippour. »

Ces propos sont confirmés par :

§ Notre Maître le ‘HYDA dans son livre SHEM HAGUEDOLIM (section Livres – section 9, note 12), ainsi que dans son livre YA’IR OZEN (‘Ain Zo’her, section 1, note 72), et également dans son livre DEVARIM A’HADIM (page 26b)

§ Le Gaon Rabbi ‘Haïm FALLAG’I (Turquie 19ème siècle) dans son livre Shou’t HIKEKEY LEV (tome 1 page 53 et tome 2 page 194), ainsi que dans son livre MO’ED LE’HOL ‘HAÏ (chap.2 note 22)

§ Le Gaon Rabbi ‘HaIm Pontrimoli (Turquie 19ème siècle) dans son livre PETA’H HADVIR (tome 2 chap.232 note 10)

La tradition raconte que dans la génération de MARAN, 3 grands Rabbanim étaient dignes de s’attacher à cette sainte besogne, d’assembler toutes les Hala’hot, et de dévoiler leurs sources et leurs origines dans la Gmara et les Rishonim, et de faire jaillir de leurs enseignements, la Hala’ha sur le plan pratique, comme l’a fait MARAN à travers ses livres, le BEIT YOSSEF et le SHOUL’HAN AROU’H.

Ces 3 Grands Rabbanim sont :

§ Le Gaon Rabbi Yossef TEÏTSAK z.ts.l (maître du MaHaRaSHDaM et de l’auteur du RESHIT ‘HO’HMA)

§ Le Gaon Rabbi Yossef Ben Lev – le « MaHaRYBaL »

§ MARAN Rabbi Yossef KARO

On peut constater que chacun de ces 3 éminents Rabbanim se nomme Yossef.

Malgré la grandeur incontestable de chacun de ces 3 sommités de la Hala’ha, c’est MARAN Rabbi Yossef KARO qui bénéficia de la décision Divine selon laquelle, ce sera lui qui rédigera ces œuvres gigantesques que représentent le BEIT YOSSEF et le SHOUL’HAN AROU’H.

Ce mérite s’explique par la grande humilité qui caractérisait MARAN.

En effet, nos ‘Ha’hamim nous enseignent dans la Gmara ‘Erouvin 13b, au sujet de la Ma’hloket entre Beit Shamaï et Beit Hillel :

Les paroles des uns et des autres sont toutes, les paroles d’Hashem.

Alors pourquoi Beit Hillel ont mérité que la Hala’ha soit fixée selon leur opinion ?

La Gmara répond : Parce qu’ils étaient humbles, et qu’ils apprenaient aussi bien leurs propres enseignements que ceux de Beit Shamaï, qui les contredisaient.

De plus, ils rapportaient d’abords les propos de Beit Shamaï avant leurs propres paroles.

Justement à ce propos, MARAN écrit dans son Livre KLALEY HATALMOUD :

« Il assez curieux de constater que le critère qui fait bénéficier à Beit Hillel que la Hala’ha soit fixée selon leur opinion, ne soit qu’un critère d’humilité. Est-ce qu’une personne qui possède de bonnes Midot (de bonnes qualités) mérite pour autant que la Hala’ha soit fixée selon son avis ?! »

Et MARAN répond en disant qu’il faut expliquer cette Gmara dans le sens où la véritable question est :

Qu’est ce qui a fait mérité à Beit Hillel de trancher de façon juste ?

Et sur cela, la Gmara répond :

Parce qu’ils étaient humbles, ils restaient proches de la vérité !!

De même, concernant MARAN, parce qu’il était rempli de très grandes Midot, il a toujours eu le mérite de trancher dans le sens de la vérité.

Soyons heureux, nous qui sont « conviés » à sa « Table pure » (« Shoul’han Arou’h » veut dire « La Table dressée »), afin de trancher chaque problème selon ses justes paroles, selon l’habitude de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, pour qui, la Torah de MARAN est une véritable lanterne qui éclaire sa route.

Notre maître le Rav shalita nous a expliqué l’opinion de MARAN à plusieurs reprises, et nous a montré que c’est ainsi qu’il faut trancher.

Même les Ashkenazim tranchent la plus part du temps selon les décisions de MARAN.

Même le RaMA a fondé son ouvrage DARKEY MOSHE autour des paroles du BEIT YOSSEF sur le TOUR, ainsi que son ouvrage HAMAPA (la « Nappe » sur la « Table dressée ») qui ne sont autres que les fameuses « Hagahot », sur le Shoul’han Arou’h.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5767

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[DP1]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h

[DP2]RaMA Rabbi Moshé ISSERLEISS Pologne 16ème siècle, opinion Hala’hic principale pour les Ashkenazim

[DP3]Rabbi Yehonatan EÏVSHITZ Tchécoslovaquie et France 18ème siècle

mardi 21 août 2007

L’homme et son prochain

L’homme et son prochain

N.D.T Il m’est très difficile de traiter de ces Hala’hot, puisque je ne me considère pas comme un « modèle » dans ce domaine.

Mais sachant que la Hala’ha Yomit vise un public qui possède bien plus de bonnes Midot que moi, je ne peux pas priver d’autres personnes de ce qu’elles doivent savoir, puisqu’elles seront – en tout cas plus que moi - en mesure de les appliquer.


Dans la Hala’ha précédente, nous avons expliqué de façon générale, les principes de la Teshouva (le repentir).

Il est enseigné dans une Mishna de Yoma (85b) :

Rabbi El’azar Ben ‘Azarya commente : Il est dit dans la Torah, au sujet de Yom Kippour :

« Car ce jour là, Il vous pardonnera, afin de vous purifier de toutes vos fautes devant Hashem, vous serez pures » (Vaykra 16).

Yom Kippour pardonne les fautes commises envers Hashem (si l’on a fait Teshouva), Mais les fautes commises envers le prochain, Yom Kippour ne les pardonne qu’à la condition où l’on va demander pardon à la personne envers qui on a fauté.

C’est la raison pour laquelle, si l’on a irrité son prochain, ou qu’on l’a vexé de façon quelconque, on est tenu d’aller le trouver pour lui demander pardon.

C’est ce que nous apprenons dans la Gmara Bava Kama (92a) au sujet de celui qui a causer des dommages à quelqu’un, bien qu’on a dédommagé la personne, la faute ne sera expiée que lorsqu’on aura demander pardon à la victime des dommages.

La Gmara apprend cela à partir de ce qui est écrit au sujet du roi Avimele’h qui avait pris enlevé Sarah d’ Avraham Avinou. Hashem lui dit : « Maintenant, rend cette femme à son mari car c’est un prophète, et il priera pour toi afin que tu guérisse … » (en punition à l’enlèvement de Sarah, Hashem avait frappé de lèpre Avimele’h et tout son palais).

Nous voyons d’ici que si Avraham Avinou ne pardonnait pas à Avimele’h, sa faute n’aurai pas été expiée, et cela malgré qu’il lui aurait restitué sa femme.

En plus du fait de faire Teshouva devant Hashem pour avoir fauté envers son prochain, il faut aussi demander pardon au prochain pour la faute commise envers lui.

Lorsqu’une personne demande pardon à quelqu’un, il n’est pas convenable de se comporter avec dureté envers la personne qui vient demander pardon de façon sincère, et il n’est pas souhaitable de lui refuser le pardon.

D’où apprenons nous ce comportement ?

D’ Avraham Avinou sur lequel il est dit : « Avraham pria Hashem, et Hashem guérit Avimele’h… »

C’est ainsi que tranche notre maître le RaMBaM[DP1] (chap.2 des Hala’hot sur la Teshouva Hala’ha 9), et voici ses termes :

« La Teshouva et Yom Kippour n’ont le pouvoir de pardonner que les fautes commises envers Hashem. Mais les fautes commises envers le prochain, Yom Kippour ne les pardonne que lorsqu’on a été demander pardon au prochain envers qui nous avons fauté.

Si la personne offensée refuse de pardonner, nous devons retourner la voir, accompagné de 3 amis de la personne offensée, qui lui demanderont de nous pardonner.

Si la personne offensée refuse toujours de pardonner, nous devons retourner la voir une 2ème et une 3ème fois, accompagné à chaque fois de 3 nouvelles personnes, toujours choisies parmi ses amis, afin qu’ils puissent le convaincre de nous pardonner.

Si malgré tout, la personne offensée refuse toujours de pardonner, nous devons la laisser sans plus de considération, mais cette personne offensée, qui a refusé le pardon à la celui qui est venu s’excuser sincèrement, cette personne commet à son tour une très grave faute.

Si une personne a fauté envers son Rav (son maître dans la Torah, qui lui a enseigné la majeure partie de ce qu’il connaît), elle doit aller lui demander pardon, même 1000 fois si c’est nécessaire, jusqu’à ce que le Rav lui pardonne ».

C’est ainsi que tranche également MARAN[DP2] dans le Shoul’han Arou’h (Ora’h ‘Haïm chap.606 parag.1).

Il est interdit de se montrer cruel et de refuser de pardonner.

Au contraire, il faut faire preuve de bonne foi envers la sincérité de celui qui vient demander pardon, et il faut s’efforcer de travailler sa nature, afin d’être difficilement irritable.

Lorsqu’une personne vient demander pardon, il faut pardonner de tout son cœur et avec sincérité, car c’est ce qui fait toute la beauté du peuple d’Israël, et toute la droiture de leur cœur. Par opposition aux non juifs dont la rancœur est éternelle !

Si l’on a fauté envers une personne qui est décédée sans que l’on ai eu le temps de lui demander pardon, nous devons prendre 10 personnes avec lesquelles nous devons nous rendre sur la tombe de la personne offensée, et nous devons déclarer :

« J’ai fauté envers le D. d’Israël et envers untel (nous devons citer le nom du défunt).

Je lui demande pardon en votre présence »

Le RaMBaM écrit que l’on doit détailler les fautes commises envers le défunt.

C’est ainsi que tranche également le Eliya Rabba[DP3] et le Mishna Broura[DP4] (chap.606).

Si l’on ne trouve pas 10 personnes, nous devons aller trouver 10 Avre’him ou 10 étudiants en Yeshiva, en les rétribuant pour le temps qu’ils vont consacrer, et en leur compagnie, nous devons nous rendre au cimetière pour demander au défunt de nous pardonner, et ainsi sera expiée notre faute.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5767

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[DP1]RaMBaM ou Maïmonide Rabbi Moshé Ben Maïmon Espagne – Egypte 12ème siècle

[DP2]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h

[DP3]Eliya Rabba Rabbi Eliyahou Shapira Tchécoslovaquie 17ème siècle

[DP4]Mishna Broura Rabbi Israël Meïr HaCohen de Radin, le « ‘Hafets ’Haïm », Russie 20ème siècle, également auteur de ‘HAFETS ‘HAÏM, et de SHMIRAT HALASHON entre autres.

lundi 20 août 2007

La Teshouva - Le Repentir

Les règles de la Teshouva (Le Repentir)

Le mois d’Elloul est un mois marqué par la Miséricorde Divine et les supplications.

C’est la raison pour laquelle, il est un devoir sacré pour chaque individu du peuple juif, homme et femme, de procéder pendant cette période, à une véritable introspection afin d’analyser nos actes, pour se repentir devant Hashem.

Ainsi, lorsque nous nous présenterons devant Hashem au jour du Jugement de Rosh Hashana, Il se rempliera de Pitié et de Miséricorde envers nous, et il nous accordera une nouvelle année pleine de bien.

Il n’est pas concevable pour tout individu responsable de repousser le moment de son repentir et de sa prise de conscience, comme l’écrit Rabbenou Moshé ‘Haïm LUZZATO[DP1] z.ts.l dans son livre MESSILAT YESHARIM : « …Le retard de la prise de conscience et du repentir n’est fréquent que chez les incultes… »

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit au nom de notre maître le ARI zal, qu’il est souhaitable de se concentrer, particulièrement pendant cette période, dans la Bra’ha de « Hashivenou Avinou Letorate’ha… » de la ‘Amida (la prière quotidienne), qui est la Bra’ha consacrée au repentir, et de prier Hashem pour ceux qui se sont écarter de la Torah, en particulier s’il s’agit de nos proches, car ces jours là sont des jours d’acceptation et sont propices à cela, puisque « la Droite d’Hashem est tendue pour accueillir ceux qui reviennent vers Lui ».

Le RaMBaM[DP2] écrit (Chap.1 des Lois sur la Teshouva, Hala’ha 1) :

Toutes les Mitsvot de la Torah, si un individu transgresse l’une d’entre elle, aussi bien volontairement qu’involontairement, lorsqu’il fait Teshouva, lorsqu’il se repent de sa faute, il est tenu de procéder au Vidouï (d’avouer ses fautes verbalement et de dire concrètement : « J’ai fauté devant Toi Hashem … ») devant Hashem, comme il est dit dans la Torah (Bamidbar 5) :

« … Un homme ou une femme qui commettront une des fautes de l’homme … Ils devront avouer la faute qu’ils auront commis … »

Il s’agit ici des aveux verbaux.

Nous apprenons de là qu’avouer ses fautes envers Hashem, est un commandement de la Torah.

Comment avoue-t-on ses fautes ?

On doit dire :

« De grâce Hashem, j’ai fauté involontairement (‘Het), j’ai fauté volontairement (‘Avon), j’ai fauté par rébellion envers Toi (Pesha’), devant Toi, et j’ai agis de telle et telle façon. Je regrette ce que j’ai fais et j’ai honte de mes actes, et je m’engage à tout jamais à ne plus revenir à de tels agissements (On s’engage à ne plus commettre cette faute de nouveau) ».

Ceci représente l’essentiel du Vidouï (les aveux).

Toute personne qui multiplie et s’étend longuement dans son Vidouï, est digne de louange.

A l’époque ou le Beit Hamikdash (le Temple de Jérusalem) existait, lorsque l’on commettait certaines fautes, on apportait un sacrifice expiatoire (Korban ‘Hatat ou Korban Asham) pour expier sa faute.

Avant de procéder à ce sacrifice, on avouait sa faute, car toute personne qui ne se repent pas des ses fautes, ne peut pas bénéficier d’une expiation de ses fautes, et cela, même s’il offrait des milliers de sacrifices !

N.D.T Une grande leçon de morale pour certains « grands donateurs » de nos diverses communautés, qui sont convaincus qu’en donnant de leur argent, ils bénéficieront d’une expiation systématique de leurs fautes. Nous voyons à travers ce RaMBaM, qu’au Beit Hamikdash, celui qui apportait un sacrifice expiatoire, devait aussi avouer ses fautes et prendre conscience qu’il doit changer ses actes.

On ne se rachète pas une conscience en signant quelques chèques !!!

Le Vidouï (les aveux) étant l’une des conditions essentielles de la Teshouva (le repentir), celui qui n’avoue pas ses fautes, n’accomplie pas du tout son devoir de se repentir !

De notre époque, où nous n’avons malheureusement ni le Beit Hamikdash, ni le Mizbea’h (l’autel sur lequel on faisait les Sacrifices, et qui avait, de par lui-même, la capacité d’expier les fautes d’Israël), nous n’avons plus que la Teshouva.

Celui qui effectue une Teshouva sincère, ne se verra rappelé aucune de ses fautes (lorsqu’il aura à rendre des comptes sur ses actes).

Il existe une condition supplémentaire à la Teshouva :

S’engager à ne plus jamais récidiver sa faute.

Ex : Si une personne a transgressé un interdit de la Torah, comme profaner Shabbat ou consommer des aliments interdits, ou s’il s’agit d’une femme, porter des vêtements qui ne sont pas dignes d’une fille d’Israël, du fait de leur indécence…

Tous ces comportements, nécessitent un engagement à ne plus les récidiver.

De même lorsqu’on a négligé l’accomplissement de commandements positifs, comme quelqu’un qui ne récitait pas le Kiddoush les jours de Shabbat ou de fêtes, ou qu’il n’honorait pas ses parents comme il se doit …

Ses négligences nécessitent également un engagement à ne plus les récidiver.

Tandis que celui qui se dit : « Je peux fauter puisque je me repentirais », Hahsem l’empêchera de faire Teshouva.

L’individu doit également regretter ses fautes, en prenant conscience à quel point il a provoqué du mal en fautant, et à quel point il a provoqué la colère de son Créateur, qui lui prodigue tellement de bien !!

Mais celui qui ne regrette pas ses fautes, même s’il les a abandonné et qu’il ne les recommence plus, et même s’il les a avoué, il n’a pas accomplie son devoir de repentir, et ses fautes ne lui seront pas pardonnées !!

Nous avons donc appris que la Teshouva se divise en 3 points principaux :

  1. Vidouï – Avouer concrètement et verbalement ses fautes.
  2. Kabbala – Engagement sincère à ne pas récidiver ses fautes.
  3. ‘Harata – Regrets sincère de ses fautes et de leurs conséquences.

Celui qui respecte ses 3 points, a accomplie véritablement le commandement de la Teshouva, il est aimé par son Créateur, et l’on peut attribuer à cette personne l’enseignement de Rabbi ‘Akiva dans la Gmara Yoma (85b) :

« Soyez heureux, Israël ! Constatez devant qui vous vous purifiez, et Qui vous purifie ?

Votre père qui est dans le ciel, comme il est dit : « Le Mikvé d’Israël, c’est Hashem ! ». Comme un Mikvé a la capacité de purifier ceux qui sont impures, de même, Hashem purifie Israël (de ses fautes) ».

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5767

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[DP1]Rabbi Moshé ‘Haïm LUZZATO le RaM’HaL, auteur du célèbre Messillat Yesharim, Hollande – Israël 18ème siècle

[DP2]RaMBaM ou Maïmonide Rabbi Moshé Ben Maïmon Espagne – Egypte 12ème siècle

dimanche 19 août 2007

Rav Ovadia YOSSEF shalita et le voyage à OUMAN

Bonjour à tous
Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita à tenu à faire une petite " mise au point " en public lors de son dernier Shiour hebdomadaire (hier soir 18.08.07), sur un petit mal entendu concernant sa position sur une question.
Vous trouverez à la fin de ce message, la video de cette " mise au point "
Mais d'abord, remettons les choses dans leur contexte.
Samedi soir 11 août 2007.
Comme tous les samedis soirs, un Rav invité prend la parole lors du Shiour hebdomadaire de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, avant que n'arrive notre maître.
Ce soir là, l'invité était un Rav représentant des institutions de la 'Hassidout Breslav.
Il prit la parole jusqu'à l'arrivé de notre maître, puis lorsque notre Maître arriva, le Rav en question termina son intervention en parlant du célèbre pèlerinage annuel à Ouman (Russie) sur la tombe du Tsaddik Rabbi Na'hman de Breslav z.ts.l, le jour de Rosh Hashana, jour de sa Hilloula.
Le Rav en question précisa devant le public (et devant des centaines de milliers de spectateurs puisque le Shiour est retransmis par satellite dans le monde entier, ainsi que sur Internet !) qu'il avait consulter notre maître s'il fallait aller à Ouman pour Rosh Hashana, et il dit que notre maître avait donner son total consentement.
Notre maître, dans sa grande humilité, n'a pas pour habitude de faire honte à quelqu'un en public, et préféra garder le silence, sous les yeux de tous les auditeurs du Shiour.
Ceci eu pour conséquence une fausse interprétation de l'opinion de notre maître sur la question:
" Peut on laisser sa famille, un jour de Yom Tov, même si c'est pour aller péleriner un Tsaddik ? "
La véritable version des faits est la suivante:
Le Shiour hebdomadaire de notre maître existe depuis plus de 40 ans !
C'est le shiour le plus écouté, le plus regardé, le plus prisé, le seul Shiour donné par une haute autorité du monde orthodoxe, et qui a été capable de réunir toutes les couches sociales de la population israélienne, pour ne pas dire du peuple juif dans son intégralité (satellite, Internet ...) !!
On y voit des orthodoxes, des traditionalistes, des religieux nationalistes, des 'Hassidim, des Ashkenazim, des étudiants en Yeshiva, aussi bien que des ouvriers de tous les corps de métiers, des femmes, des enfants, des gens âgés...
Tous se précipitent pour arriver les premiers pour avoir la meilleur place (certains arrivent bien avant la sortie de Shabbat !!)
Et de gens mal attentionnés viennent exploiter ce succès pour servir leurs intérêts, quitte à provoquer ce que l'on appelle GUENEVAT DA'AT - Voler l'esprit des gens, en trompant des centaines de milliers de personnes sur la réelle opinion de leur maître !
Notre maître à ,voulu s'exprimer clairement sur la question lors du Shiour suivant (celui d'hier soir 18.08.07), et à précisé qu'il a été pris au dépourvu par ce Rav en public et devant les caméra de la retransmission satellite, mais que sa véritable opinion sur la question est très claire:
Chacun doit célébrer la fête de Rosh Hashana dans le cadre de son foyer, entouré de sa famille.
Le Rav s'est exprimé d'une façon très claire, qui ne s'interprète pas de diverses manières
Voici un extrait traduit de ses propos :
" ... A Rosh Hashana, quand chacun est chez lui, chacun sous sa vigne, chacun sous son figuier, lorsqu'on est assis à la maison avec la famille. Quel Rosh Hashana !!! Quelle beauté !!! Quelle resplendissence !!! C'est Yom Tov !! Pourquoi aller à Ouman ?!!... Ce ne sont pas nos traditions, ce sont des traditions 'Hassidic. Qu'ils fassent ce qu'ils veulent, ça les regarde, qu'est ce que cela peut il me faire ?! Suis je un 'Hassid de Ouman (Breslav) ?! Je ne suis pas un 'Hassid de Ouman. Mais sachez que chaque bon juif responsable doit consacrer le soir de Rosh Hashana à la famille ! On doit tous manger ensemble, boire ensemble et se réjouir ensemble !! C'est la fête ... "
Encore une fois un exemple de la véritable grandeur !!!!

Seli'hot sans Minyan

A-t-on le droit de réciter les Seli’hot sans la présence d’un Minyan (10 hommes) ?

Il n’y a aucun interdit de réciter les Piyoutim (les chants) ou les diverses parties des Séli’hot, sans la présence d’un Minyan, excepté pour les 13 Midot de Ra’hamim (les 13 attributs de la Miséricorde Divine – Vaya’avor Hashem… Hashem, Hashem E-l Ra’houm Ve’hanoun…).

En effet, concernant la récitation des 13 Midot de Ra’hamim, sans la présence d’un Minyan, il existe une Ma’hloket (une divergence d’opinions Hala’hic) parmi les Rishonim (décisionnaires antérieurs au Shoul’han Arou’h), et nous allons nous efforcer, avec l’aide d’Hashem, dans tracer les grandes lignes.

Le TOUR[DP1] (Ora’h ‘Haïm chap.565) rapporte au non de Rabbenou Natan Gaon[DP2] qu’un particulier ne dit pas les 13 Midot de Ra’hamim, sans la présence d’un Minyan.

Mais le TOUR écrit ensuite qu’il ne comprend pas pourquoi le particulier n’aurait pas le droit de les dire, puisque – selon le TOUR – les 13 Midot de Ra’hamim ne font pas partie de DAVAR SHEBAKDOUSHA (textes sacrés qui nécessitent la présence d’un Minyan, comme le Kaddish, la Kédousha ou Bare’hou)

Sur place dans le Beit Yossef, MARAN[DP3] fait effectivement mention de cette opinion de Rabbenou Natan Gaon, rapporté également par Rav ‘Amram Gaon[DP4] (Seder Rav ‘Amram Gaon Tome 2 chap.59) selon laquelle, un particulier ne dit pas les 13 Midot de Ra’hamim.

MARAN précise que c’est également l’opinion du RaSHBA[DP5] , puisqu’il écrit dans une Tshouva (réponse Hala’hic écrite, étayée d’arguments) :

« Il semble logique que si les 13 Midot de Ra’hamim sont dites en tant que prière et supplication, elles ne doivent pas être dites lorsqu’on est seul, puisqu’elles font partie de DAVAR SHEBAKDOUSHA, comme nous l’apprenons de la Gmara Rosh Hashana (17b) :

Hashem s’est enveloppé d’un Talit, comme un officiant, et a dit à Moshé Rabbenou : « Lorsqu’ Israël exécuteront ce cérémonial devant moi (la récitation des 13 Midot de Ra’hamim), je leur pardonnerai immédiatement »

N.D.T Puisque la Gmara dit « Hashem s’est enveloppé d’un Talit « comme un officiant », et puisqu’ Hashem précise les termes « lorsqu ’Israël exécuteront », le RaSHBA en déduit qu’elles ne peuvent être dites qu’en présence d’un Minyan.

Hashem a conclu une alliance avec Israël, selon laquel, chaque fois que les 13 Midot de Ra’hamim seront récitées, elles seront toujours exaucées

La force particulière des 13 Midot de Ra’hamim, réside dans le fait qu’elles sont récitées par une collectivité, qui se réunie, qui implore la pitié d’Hashem, qui dirige son cœur vers Hashem, qui donne la Tsedakka, à ce moment là, Hashem ne les décevra pas.

Par contre - conclu le RaSHBA – on peut tout à fait les réciter comme on lirait n’importe quel autre texte de la Torah (en respectant les Ta’amim – les signes liturgiques) »

MARAN cite l’opinion de Rabbi David ABOUDARHAM[DP6] qui écrit (page251) que Rabbenou Yona[DP7] est du même avis que le TOUR, selon lequel, on peut réciter les 13 Midot de Ra’hamim, même en tant que prière et supplication, et cela même sans la présence d’un Minyan.

Cependant, MARAN termine en disant que les gens ne se comporte pas ainsi, et lorsqu’il n’y a pas la présence d’un Minyan, ils ne disent pas les 13 Midot de Ra’hamim, en tant que prière et supplication.

Dans le Shoul’han Arou’h (Ora’h ‘Haïm chap.565 parag.5), MARAN tranche selon l’opinion qui interdit de réciter les 13 Midot de Ra’hamim sans la présence d’un Minyan, mais par contre, nous pouvons les dire de la façon avec laquelle nous lisons la Torah (avec les Ta’amim).

Le particulier peut également dire le paragraphe de EL MELE’H YOSHEV ‘AL KISSE RA’HAMIM, malgré qu’il y est mentionnée la phrase « ZE’HOR LANOU HAYOM BERIT SHELOSH ‘ESRE – Souviens Toi pour nous aujourd’hui de l’alliance des 13 Midot de Ra’hamim », alors que le particulier ne dit pas les 13 Midot de Ra’hamim, comme nous l’avons expliqué.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5767

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[DP1]Tour Rabbenou Yaakov Ben Asher Allemagne, fils du RoSH, Espagne 13ème et 14ème siècle.

[DP2]

Rabbenou Natan Gaon

Les Gueonim sont des décisionnaires de la période post talmudique 8ème et 9ème siècle

[DP3]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h

[DP4]

Rav ‘Amram Gaon [DP4]

Les Gueonim sont des décisionnaires de la période post talmudique 8ème et 9ème siècle

[DP5]RaSHBA Rabbenou Shlomo Ben Aderet Espagne 13ème siècle

[DP6]

Rabbi David ABOUDARHAM ou le RaDA élève du RoSH Espagne 13ème siècle

[DP7]

Rabbenou Yona de Gérone Espagne 13ème siècle