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lundi 15 octobre 2007

Kavana dans la ‘Amida (suite)

Kavana dans la ‘Amida (suite)

Afin de mieux comprendre cette Hala’ha, nous vous conseillons de vous munir du Siddour (rituel de prières), et de l’ouvrir à la page de la ‘Amida (Shemoné ‘Essré).

Dans la Hala’ha précédente, nous avons expliqué l’obligation de se concentrer sur le sens littéral des mots (la Kavana) que nous sortons de notre bouche lors de la ‘Amida.

Nous avons aussi précisé que si l’on ne peut se concentrer durant toutes les Bra’hot de la ‘Amida, il est une obligation de se concentrer au moins durant la Birkat Avot, qui est la 1ère Bra’ha de la ‘Amida (elle débute la ‘Amida et elle finit par « Maguen Avraham »).

Nous avons rapporté les différents avis Hala’hic concernant le cas d’une personne qui ne se serai pas concentré même lors de la Birkat Avot, et il en ressort que selon MARAN[DP1] dans le Shoul’han ‘Arou’h, cette personne doit recommencer la ‘Amida, même si elle s’est concentré lors de toutes les autres Bra’hot.

Nous avons également rapporté l’opinion du TOUR[DP2] , partagée aussi par le RaMa[DP3] , selon laquelle, cette personne n’est pas tenue de recommencer la ‘Amida en cas d’absence de Kavana lors de la 1ère Bra’ha, car il n’est pas certain qu’elle se concentrera lorsqu’elle recommencera.

C’est d’ailleurs ainsi que tranchent également notre maître le ‘HYDA[DP4] , l’auteur du BEN ISH ‘HAÏ[DP5] , et d’autres Poskim, selon lesquels même les Sefaradim n’ont pas l’usage de recommencer la ‘Amida en cas d’absence de Kavana lors de la 1ère Bra’ha.

Mais attention !!!

Notre Maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit que tout ceci ne concerne que le cas où la personne ne s’est pas concentrer sur le sens du texte de la 1ère Bra’ha et qu’il s’en rend compte après avoir conclu cette 1ère Bra’ha. Effectivement, dans ce cas là, bien que selon MARAN, il faudrait recommencer la ‘Amida depuis le début, l’usage est, même chez les Sefaradim, de ne pas recommencer, conformément à l’opinion du TOUR, du RaMa, confirmée par le ‘HYDA.

Mais si cette personne se rend compte de son absence de concentration avant d’avoir conclu la 1ère Bra’ha (avant d’avoir dit « A.D.O.N.A.Ï » pour conclure « Maguen Avraham »), cette personne doit reprendre depuis « ELOHE AVRAHAM, ELOHE ITS’HAK, VELOHE YAAKOV… en se concentrant. Elle ne doit pas reprendre depuis les premiers mots de la Bra’ha (Barou’h Ata A.D.O.N.A.Ï Elohenou Velohé Avotenou…), mais seulement depuis ELOHE AVRAHAM…, afin que la 1ère fois ne soit pas considérée comme Bra’ha Levatala (Bénédiction prononcée en vain).

Effectivement, il nous est déjà suffisant de ne pas suivre MARAN, de façon exceptionnelle, sur sa décision selon laquelle, si une personne achève la 1ère Bra’ha de la ‘Amida sans avoir eu de Kavana, cette personne est tenue de recommencer depuis le début.

Dans le cas où la personne n’a pas encore achevé la 1ère Bra’ha, et qu’elle se rend compte de son manque de Kavana, il est certain qu’elle doit, au moins dans ce cas là, reprendre depuis Elohé Avraham…

Dans le cas où la personne a terminé la 1ère Bra’ha, et qu’elle n’a pas eu de Kavan, elle continue la ‘Amida, mais doit veiller à se concentrer dans la Bra’ha de Modim, car selon certains avis, la concentration dans Modim est égale à celle de Birkat Avot.

Même si dans le cas où la personne a terminer la ‘Amida et ne s’est pas concentrer dans la 1ère Bra’ha, elle ne recommence pas la ‘Amida, cependant, une personne habituée à se concentrer dans la Birkat Avot (1ère Bra’ha), à qui il arrive une fois de ne pas s’être concentrer (elle se trouvait dans un lieu bruyant), si cette personne désire recommencer la ‘Amida afin de prier avec concentration (au moins dans Birkat Avot), afin de s’acquitter de l’opinion de MARAN, cette personne est autorisée à le faire.

Mais dans ce cas, il est préférable d’émettre une condition au préalable, en disant :

« Si je suis tenu de recommencer, cette prière sera considérée comme prière obligatoire, mais si je ne suis pas tenu de recommencer, cette prière sera considérée comme une offrande personnelle (Tefilat Nedava). »

A ce moment là, cette personne est autorisée à recommencer, en veillant à se concentrer au moins dans Birkat Avot.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768

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[DP1]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h

[DP2]Tour Rabbenou Yaakov Ben Asher Allemagne, fils du RoSH, Espagne 13ème et 14ème siècle

[DP3]RaMA Rabbi Moshé ISSERLEISS Pologne 16ème siècle, opinion Hala’hic principale pour les Ashkenazim

[DP4]‘HYDA Rabbi Haïm Yossef David AZOULAÏ Israël - Italie 18ème siècle

[DP5]Ben Ish ‘Haï Rabbi Yossef ‘HAÏM Irak 19ème siècle

dimanche 14 octobre 2007

Concentration (Kavana) dans la prière

La concentration (Kavana) dans la ‘Amida

Afin de mieux comprendre cette Hala’ha, nous vous conseillons de vous munir du Siddour (rituel de prières), et de l’ouvrir à l’office de Sha’harit (oiffice du matin).

La ‘Amida représente la prière quotidienne constitué de 19 bénédictions (7, les jours de Shabbat et fêtes), et qui est dite à voix basse.

Tout homme a l’obligation de prier 3 fois par jour. Les femmes sont également tenues de prier chaque jour, mais l’essentiel de leur obligation se limite à une seule prière quotidienne. Toutefois, si elles le désirent, les femmes sont autorisées à prier les 3 prières quotidiennes. Chez les Ashkenazim, l’usage est que les femmes prient Sha’harit (le matin) et Min’ha (l’après midi), mais elles ne s’imposent pas ‘Arvit (le soir).

On enseigne dans une Baraïta, dans Bra’hot (34b) :

Lorsqu’on prie, il faut se concentrer dans toutes les bénédictions (de la ‘Amida).

Si l’on ne peut pas se concentrer dans toutes les Bra’hot, il faut se concentrer au moins dans la 1ère Bra’ha (Birkat Avot qui débute la ‘Amida et qui se termine par « Maguen Avraham »)

En effet, cette Bra’ha a pour particularité d’exprimer la louange d’Hahsem.

La concentration ou « Kavana », implique avant tout une compréhension littérale du texte de la ‘Amida.

Barou’h Hashem, nous vivons à une époque où même ceux qui ne comprennent pas l’hébreu, bénéficient de Siddourim (rituels de prières) traduits dans toutes les langues.

Nos maîtres les Rishonim (décisionnaires antérieurs au Shoul’han ‘Arou’h) discutent sur le statut d’une personne qui a prié sans s’être concentré dans Birkat Avot (la 1ère Bra’ha de la ‘Amida).

Doit-il recommencer la ‘Amida, ou est-il quitte de son devoir de prier, mal gré l’absence de concentration dans la 1ère Bra’ha ?

Selon certains Poskim (décisionnaires), cette personne est quitte à posteriori (Bedi’avad), et n’est pas tenue de recommencer.

Mais selon notre maître le RaMBaM, selon le ROSH, selon Rabbenou YONA et de nombreux autres Poskim, si l’on a prié sans Kavana (sans concentration sur le sens du texte) dans la 1ère Bra’ha, même si l’on a eu de la Kavana dans les autres Bra’hot, on est tenu de recommencer la ‘Amida.

Cependant, notre maître le TOUR écrit que de notre époque (il vivait au 13ème siècle), nous n’avons pas l’usage de recommencer la ‘Amida pour absence de Kavana, car il est plus que probable que même en recommençant la ‘Amida, nous n’aurons pas plus de Kavana, et il n’y a donc pas de raison de recommencer.

MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (Ora’h ‘Haïm chap.101, parag.1), tranche selon l’essentiel du DIN, selon lequel, si l’on ne s’est pas concentrer sur le sens du texte lors de la 1ère Bra’ha de la ‘Amida (Birkat Avot), même si l’on s’est concentrer dans les autres Bra’hot, nous sommes tenus de recommencer la ‘Amida. MARAN ne mentionne pas du tout les propos du TOUR.

Nous pouvons donc en déduire que selon MARAN, même de notre époque (par opposition à l’époque des sages du Talmud), on est tenu de recommencer la ‘Amida en cas d’absence de Kavana.

Cependant, le RaMa ajoute sur place les propos du TOUR, selon lesquels, le niveau de concentration a diminué avec les époques, et que nous ne sommes plus tenus de recommencer la ‘Amida, en cas d’absence de Kavana.

Notre maître le ‘HYDA écrit que bien que l’on peut déduire des propos de MARAN qu’il faut recommencer la ‘Amida, en cas d’absence de Kavana dans la 1ère Bra’ha, mal gré cela, les Sefaradim n’ont pas l’usage de recommencer la ‘Amida, et tranchent exceptionnellement sur ce point selon l’opinion du RaMa et du TOUR, selon lesquels, la personne est quitte à posteriori (Bedi’avad), mal gré l’absence de Kavana dans la 1ère Bra’ha.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768

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jeudi 11 octobre 2007

Dvar Torah sur Noa'h

noa’h

« un homme ou un Tsaddik ?

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Noa‘h fut un homme Tsaddik (juste), il était Tamim (intègre) dans ses générations. Noa‘h marchait avec Hashem. (Bereshit chap.6, verset 9, début de notre Parasha)

Que signifie le mot « homme » ? N’aurait-il pas suffi de dire simplement que Noa‘h était « Tsaddik et Tamim dans ses générations » ?
Ce terme, explique Rav Moshé Feinstein
z.ts.l, souligne que Noa‘h était un homme, pas un enfant – et donc un être mature et stable. Pour être Tsaddik, il faut d’abord être un homme. Il faut être intelligent et clairvoyant, posséder du bon sens et un jugement droit. Autrement, la vertu sera instable. Un insensé peut facilement se laisser détourner, et il serait inapproprié de le tenir pour un individu vertueux.
Ibn Ezra émet la même remarque à propos de la réaction de Moshé quand Yitro lui a conseillé de se faire assister par des « hommes craignant Dieu » (Shemot 8, 21). Il chercha aussitôt des « hommes sages » (Devarim 1, 13), les seuls à craindre véritablement Hachem.
Rav Israël Salanter
z.ts.l avait l’habitude de dire que la première Mitsva de la Tora est de ne pas être un imbécile...

Rav Ya‘akov Neumann
z.ts.l suggère une approche complètement différente. Le roi David écrit : « Ne me rejette pas au moment de ma vieillesse ! » (Tehilim 71, 9). Pourquoi souligne-t-il la nécessité d’une assistance divine pendant la vieillesse ? N’en a-t-on pas besoin aussi dans sa jeunesse ?
Rav Yits‘hak Blazer
z.ts.l répond dans Ko’hevé Or à l’aide d’une parabole : Deux jeunes gens de dix-huit ans avaient été convoqués pour le service militaire. Le jour prévu pour leur incorporation, aucun d’eux ne se présenta. On lança contre eux des ordres d’arrestation, mais les appelés réussirent à se soustraire aux recherches.
Une année s’écoula, puis une deuxième. Las de cette existence de fugitif, un des garçons se présenta à la caserne. Bien entendu, le commandant se mit en colère contre lui. Mais comme le jeune homme s’était soumis volontairement et était venu pour exécuter ses obligations, bien que tardivement, il déchira l’ordre d’arrestation et permit à l’intéressé de rejoindre son unité comme l’aurait fait toute autre recrue.

Quant à l’autre appelé, il resta hors d’atteinte pendant des décennies. Finalement, alors qu’il était devenu vieux, il décida de suivre l’exemple de son camarade qui s’était soumis bien des années plus tôt. Un beau jour, il entra dans la caserne et se présenta devant le commandant, lequel le fit aussitôt arrêter.
« Mais pourquoi m’arrêtez-vous ? protesta-t-il. Vous n’avez pourtant pas fait incarcérer mon camarade, qui s’est également laissé incorporer après ses années d’insoumission !
– Quel âge avez-vous ? demanda le commandant.
– Soixante et un ans.
– Comment pouvez-vous vous comparer à votre camarade ? observa l’officier. Il s’est présenté alors qu’il n’avait que vingt ans. Comme ses années les plus productives étaient encore devant lui, nous avons pu nous montrer compréhensifs. Mais les vôtres sont maintenant derrière vous. Quelle valeur revêt pour nous votre enrôlement ? Pourquoi devrions-nous vous témoigner de l’indulgence ? »
Il en va de même, conclut Rav Blazer, pour celui qui se repent. Le roi David écrit (Tehilim 112, 1) : « Heureux l’homme qui craint Hashem. » La Gmara (‘Avoda Zara 19a) applique ce verset à celui qui, étant encore un « homme », craint Hashem. Quand une personne pèche et se repent étant encore jeune et vigoureuse, son retour vers Hashem a une grande valeur, et Il la traite avec clémence. Mais si elle attend jusqu’à la vieillesse, alors que son sang a cessé de bouillonner et que ses instincts et ses impulsions se sont affaiblis, quelle valeur peut avoir un tel repentir ? Où était-elle quand elle était plus jeune ? Telle est la supplication du roi David : Il implore Hashem d’avoir pitié et d’accepter le repentir, même si on ne le met en pratique que dans sa vieillesse. « Ne me rejette pas au temps de ma vieillesse », bien que j’aurai dû me repentir depuis déjà longtemps !
Rav Neumann applique cette pensée à Noa‘h. La Tora complimente celui-ci pour avoir été Tsaddik et intègre étant encore un « homme ». Il n’a pas attendu d’être devenu vieux pour se mettre en quête de la vertu.

Rédigé par Rav Dov Lumbroso-Roth shalita

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L'obligation de la 'Amida pour les femmes

Les femmes sont elles tenues

de dire la ‘Amida (la prière quotidienne) ?

Il est enseigné dans la Mishna (Bra’hot 20b) :

Les femmes sont soumises à l’obligation de prier.

La Gmara, ainsis que nos maîtres les Rishonim (décisionnaires antérieurs au Shoul’han Arou’h) donnent 2 raisons à cette obligation :

Selon le RaMBaM[DP1] et d’autres, l’obligation pour les femmes, de prier une seule ‘Amida par jour, est très évident, puisque l’obligation de prier prend sa source directement dans la Torah, comme il est dit : « Afin de Le servir avec tout votre cœur… ». Or, nos maîtres interprète ce verset en disant que le seul « service » qui se fait avec le cœur, c’est la prière. Ce devoir de prier ne fait pas partie des Mitsvot ‘Assé ShehaZman Guerama (obligations dépendantes du temps. Voir les 2 précédentes Hala’hot), puisque selon la Torah, la prière n’a pas de moment fixe, et nous pourrions prier à n’importe quel moment du jour ou de la nuit. C’est donc pour cette raison que les femmes sont tenues de prier au moins une ‘Amida par jour.

Par contre, selon l’opinion des Tossafot[DP2] et d’autres, les femmes sont tenues de prier, car la prière est un moyen de demander de la Miséricorde Divine pour notre vie, comme pour tout ce dont nous avons besoin. Par conséquent, les femmes sont tenues, elles aussi, de prier, car elles ont, elles aussi, besoin de Miséricorde Divine.

Selon cette opinion, une femme doit prier 3 ‘Amidot par jour, comme un homme.

Cependant, chez les Sefaradim, la tradition est que les femmes ne sont tenues de prier qu’une seule ‘Amida par jour (de préférence, celle du matin), selon la décision Hala’hic de MARAN[DP3] dans le Shoul’han ‘Arou’h (Ora’h ‘Haïm chap.106 pargag.1), et conformément à l’opinion du RaMBaM et d’autres Rishonim.

Toutefois, si une femme Sefarade désire s’imposer de prier 3 ‘Amidot par jour, elle est tout à fait autorisée à le faire, et cette femme est même « digne de Bénédiction » pour un tel engagement, et cela, même selon l’opinion de MARAN.

C’est ainsi que tranche notre maître la Rav Ovadia YOSSEF shalita dans une Tshouva (une réponse Hala’hic) rapportée par son fils le Gaon Rabbi Its’hak YOSSEF shalita dans son livre YALKOUT YOSSEF (tome 1 page 186).

Chez les Ashkenazim, certains disent que les femmes ne sont tenues de prier que la ‘Amida de Sha’harit (le matin), ainsi que celle de Min’ha (l’après midi), mais elles sont exemptes de prier la ‘Amida de ‘Arvit, car cette prière n’a été acceptée comme prière obligatoire que par les hommes.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768

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[DP1]RaMBaM ou Maïmonide Rabbi Moshé Ben Maïmon Espagne – Egypte 12ème siècle

[DP2]Tossafot gendres et petits enfants de RASHI. Commentateurs et décisionnaires de France et d’Allemagne 11ème et 12ème siècle

[DP3]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h

mercredi 10 octobre 2007

L'obligation du Shema' pour les femmes

Les femmes sont elles tenues de lire le Shema’ chaque jour ?

Afin de mieux comprendre cette Hala’ha, nous vous conseillons de vous munir du Siddour (rituel de prières), et de l’ouvrir à l’office de Sha’harit (oiffice du matin).



L’obligation de lire le Shema’ dans son intégralité (les 3 paragraphes) est une Mitsvat ‘Assé ShehaZman Guerama (une obligation dépendante d’un temps limite), puisque nous ne pouvons lire le Shema’ du matin qu’à partir de l’aube, et jusqu’à une certaine heure, et le Shema’ du soir, qu’à partir de la sortie des étoiles, et jusqu’à la moitié de la nuit, à posteriori, jusqu’à l’aube.

Par conséquent, les femmes sont exemptes de l’obligation de lire le Shema’, au même titre qu’elles sont exemptes de toutes les Mitsvot ‘Assé SheHaZman Guerama, comme nous l’avons déjà développé plusieurs fois dans des Hala’hot précédentes.

Le Shema du matin, comme celui du soir, est précédé et suivi de Bra’hot (bénédictions).

Le matin, 2 Bra’hot précèdent le Shema’:

§ Yotser Or qui termine par Yotser Hameorot

§ Ahavat ‘Olam qui termine par Habo’her Be’amo Israël.

1 Bra’ha suit le Shema’ :

§ Emet Veyatsiv, qui termine par Gaal Israël.

Le soir, 2 Bra’hot précèdent le Shema’ :

§ Asher Bidvaro qui termine par Hama’ariv ‘Aravim

§ Ahavat ‘Olam qui termine par Ohev Et ‘Amo Israël.

2 Bra’hot suivent le Shema’ :

§ Emet Vemouna qui termine par Gaal Israël

§ Hashkivenou qui termine par Shomer Et ‘Amo Israël La’ad Amen.

Ces Bra’hot sont considérées comme Birkat Hamitsvot (bénédictions qui se rapportent à une Mitsva).

C’est pour cela que les femmes ne peuvent pas réciter les Bra’hot du Shema, puisqu’elles sont exempte de réciter le Shema’ lui-même.

De plus, sana parler de l’heure limite du Shema’, ces Bra’hot sont elles aussi limitées dans le temps.

Cependant, nous avons déjà expliquer plusieurs fois que chez les Ashkenazim, l’usage est que les femmes récitent la Bra’ha même sur une Mitsva de laquelle elles sont exemptes.

C’est pour cela que les femmes Ashkenaz récitent les Bra’hot du Shema’, comme elles récitent également les Bra’hot sur les Psouké DeZimra (elles disent Barou’h Sheamar et Ishtaba’h), comme nous l’avons développé dans la précédente Hala’ha.

Mais une femme Sefarade n’a pas le droit de réciter les Bra’hot du Shema’, puisque selon MARAN[DP1] , cela représente pour elles Bra’ha Levatala (une bénédiction en vain).

Bien que les femmes sont exemptes de l’obligation de lire le Shema’, les Poskim (décisionnaires) tranchent qu’elles sont quand même tenues de lire au moins le premier verset (SHEMA’ ISRAEL A.D.O.N.A.Ï ELOHENOU A.D.O.N.A.Ï E’HAD), afin qu’elles acceptent le Joug de la Royauté Divine.

C’est pour cela que MARAN écrit dans le Shoul’han ‘Arou’h (Ora’h ‘Haïm chap.70) qu’il est juste que les femmes s’imposent d’accepter le Joug de la Royauté Divine par la lecture de 1er verset du Shema’.

Dans son livre HALA’HA BROURA, le Gaon Rabbi David YOSSEF[DP2] shalita rapporte l’opinion de nombreux Poskim selon lesquels les femmes doivent également dire la phrase BAROU’H SHEM KEVOD MAL’HOUTO LE’OLAM VA’ED, et le Rav David YOSSEF shalita se range à cet avis.

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[DP1]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h

[DP2]Rabbi David YOSSEF Auteur du Hala’ha Broura, Torat Hamoadim entre autres…, Directeur des Institutions Ye’havé Daat à Jérusalem, digne fils de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, et Rav du quartier de Har Nof – Jérusalem

mardi 9 octobre 2007

Barou'h Sheamar et Ishtaba'h pour les femmes

Les femmes sont elles tenues de dire les Psouké DeZimra, accompagnés de Barou’h Sheamar et Ishtaba’h ?

Afin de mieux comprendre cette Hala’ha, nous vous conseillons de vous munir du Siddour (rituel de prières), et de l’ouvrir à l’office de Sha’harit (oiffice du matin).

Les Psouké DeZimra correspondent aux chapitres de Tehilim (Ashré, Hallelouya…), ainsi qu’au passage du Az Yashir Moshé, qui sont précédés de la Bra’ha de Barou’h Sheamar, et qui sont suivis de celle de Ishtaba’h, et que nous lisons chaque jour avant le Shema’ et la ‘Amida.

Il est rapporté dans une Tshouva (une réponse Hala’hic) du Rav Natrounaï GAON[DP1] que l’obligation de dire les Psouké DeZimra prend sa source dans la Gmara Bra’hot (32a) qui dit :

Rabbi Samlaï dit : on doit toujours dire la louange d’Hashem, et seulement ensuite, prier. De qui apprenons nous ce comportement ? De Moshé…

La louange d’Hashem dont il est question ici, représente les Psouké DeZimra.

Par conséquent, il est un devoir de les dire avant la prière de la ‘Amida.

Nos ‘Ha’hamim ont instauré de réciter une Bra’ha avant les Psouké DeZimra, la Bra’ha de Barou’h Sheamar, ainsi qu’une Bra’ha après les Psouké DeZimra, la Bra’ha de Ishtaba’h.

Il est également expliqué dans cette Tshouva du Rav Natrounaï GAON, qu’il n’est du tout fondé de dire les Psouké DeZimra après avoir prier Sha’harit, car les Psouké DeZimra ont été institués pour être dits avant de prier la ‘Amida de Sha’harit.

C’est d’ailleurs ainsi que tranche MARAN[DP2] dans le Shoul’han ‘Arou’h Ora’h ‘Haïm chap.52, au sujet de celui qui est contraint d’entamer sa prière directement au Yotser (les bénédictions du Shema’) afin de prier en même temps que l’assemblée, cette personne dira les Psouké DeZimra après la prière, mais sans dire les Bra’hot de Barou’h Sheamar et de Ishtaba’h. Etant donné qu’après l’heure de ‘Hatsot Hayom (la moitié de la journée), il n’est plus possible de prier la ‘Amida de Sha’harit, et qu’il n’est pas non plus fondée de dire les Psouké DeZimra après que l’heure limite de la prière de Sha’harit soit passé, il se trouve donc que les Psouké DeZimra font partie de la catégorie des Mitsvot ‘Assé Shehazman Guerama (les obligations qui ne peuvent être accomplies que dans un temps limite). Or, nous savons que selon la Hala’ha, les femmes sont exemptes de toutes les Mistvot ‘Assé Shehazman Guerama.

En conclusion

Les femmes ne sont pas tenues de dire les Psouké DeZimra, qui font partie des Mitsvot ‘Assé Shehazman Guerama (les obligations qui ne peuvent être accomplies que dans un temps limite). Leur prière de Sha’harit se limite donc aux Birkot HaSha’har (les bénédictions du matin), au 1er Passouk du Shema’ (SHEMA ISRAËL ADONA-Ï ELOHENOU ADONA-Ï E’HAD + BAROU’H SHEM KEVOD MAL’HOUTO LE’OLAM VA’ED), et à la ‘Amida.

Si toutefois, elles désirent dire les Psouké DeZimra avant le Shema’ et la ‘Amida, elles ne sont en aucun cas, autorisées à réciter les Bra’hot de Barou’h Sheamar et de Ishtaba’h, puisque selon MARAN, il est interdit à une femme de réciter la Bra’ha d’une Mitsva si elle en est exempte. Or, les femmes sont exemptes de toutes les Mitsvot ‘Assé Shehazman Guerama.

Une femme Sefarade qui récite la Bra’ha de Barou’h Sheamar et de Ishtaba’h, prononce des Bra’hot Levatala (des bénédictions en vain).

Chez les Ashkenazim, les femmes ont l’usage de réciter la Bra’ha même sur une Mitsva de laquelle elle sont exemptes, et c’est pour cela qu’elles récitent également Barou’h Sheamar et Ishtaba’h sur les Psouké DeZimra.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768

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[DP1]Rav Natrounaï GAON

Gueonim Décisionnaires de la période post talmudique 8ème et 9ème siècle

[DP2]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h

lundi 8 octobre 2007

Mashiv HaRoua’h OuMorid HaGueshem

Mashiv HaRoua’h OuMorid HaGueshem

Depuis l’office de Moussaf de Shemini Atseret (Jeudi dernier 04.10.07), nous disons dans la ‘Amida, la formule hivernale MASHIV HAROUA’H OUMORID HAGUESHEM (Il fait souffler le vent et fait descendre la pluie).

Cette phrase ne constitue pas du tout une demande des pluies, mais seulement une louange à Hashem qui gratifie le monde de la pluie.

C’est pour cela que cette phrase est surnommée « Guevourot Gueshamim » (les puissances de la pluie).

La véritable demande de la pluie est formulée à un autre endroit de la ‘Amida des jours de semaine, elle est dans la Birkat Hashanim (la Bra’ha des années).

Nous ne commençons à dire Mashiv HaRoua’h OuMorid HaGueshem que lorsque la fête de Soukkot est terminée, bien que la saison des pluies est déjà arrivée.

En effet, nous savons que la pluie pendant la fête de Soukkot, représente un mauvais signe, car nous ne pouvons pas habiter la Soukka, comme la Gmara Soukka (28b) l’explique à travers l’image du serviteur qui sert un verre d’eau à son maître, et que le maître lui renverse la bouteille au visage, comme ci qu’il ne désirai pas de son service.

Il existe certaines différence Hala’hic entre la mention de Mashiv HaRoua’h OuMorid HaGueshem, et la demande des pluie (Bare’h ‘Alenou).

Par exemple, nous commençons à dire Mashiv HaRoua’h OuMorid HaGueshem dés le jour de Shemini ‘Atseret, alors que nous ne disons Bare’h ‘Alenou que plus tard :

§ En Israêl, à partir du soir du 7 ‘Heshvan (cette année, ‘Arvit du 18.10.07)

§ En dehors d’Israël (France), 60 jours après la Tekoufa de Tishré (cette année, à partir du 05.12.07 au soir, à partir de ‘Arvit)

La raison à cette différence réside dans le fait qu’Erets Israël est un pays dont la nécessité en pluie arrive déjà dés la fête de Soukkot. Or, du temps où le Beit Hamikdash existait, tous les juifs du monde avaient l’obligation ordonnée par la Torah de pelleriner au Beit Hamikdash lors des 3 fêtes de pèlerinage (Pessa’h, Shavou’ot, Soukkot), et afin de laisser la possibilité aux juifs les plus éloignés d’Erets Israël (les juifs qui habitaient Bavel, la Babylonie), de regagné leur foyer après la fête de Soukkot, sans avoir à subir les intempéries, on repoussait la demande des pluies dans la prière (Bare’h ‘Alenou) jusqu’au soir du 7 ‘Heshvan, ce qui correspondait exactement au temps qu’il fallait aux plus éloignés pour rentrer chez eux.

Ce qui n’est pas le cas des autres pays comme la France ou d’autres pays d’Europe dont le climat est déjà humide, et dont la nécessité en pluie n’arrive que vers le mois de Décembre.

La Gmara Bra’hot (33a) explique que la mention de Mashiv HaRoua’h OuMorid HaGueshem est incluse dans la Bra’ha de Te’hiyat Hametim (Ata Guibor), car la pluie est comparée à la Te’hiyat Hametim (la résurrection des morts).

La demande des pluies (Veten Tal OuMatar) est incluse dans la Birkat HaShanim (la Bra’ha des années), car cette Bra’ha traite de la Parnassa (la subsistance matérielle), or, la pluie est aussi une forme de Parnassa pour le monde.

Si une personne dit par erreur Morid Hatal à la place de Mashiv HaRoua’h OuMorid HaGueshem, si elle se trouve encore dans la Bra’ha de Ata Guibor et qu’elle n’a pas encore prononcé le nom d’Hashem de la conclusion de la Bra’ha (elle n’a pas encore dit le mot ADONA-Ï pour conclure Me’hayé Hametim), elle revient à Mashiv HaRoua’h OuMorid HaGueshem et poursuit normalement.

Si elle a déjà dit le nom d’Hashem de la conclusion de la Bra’ha (elle a dit le mot ADONA-Ï pour conclure Me’hayé Hametim), elle poursuit sa ‘Amida sans revenir en arrière.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768

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