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jeudi 27 décembre 2007

Parler aux toilettes

Parler aux toilettes

Question

Une personne qui se trouve aux toilettes, a-t-elle le droit de parler à quelqu’un qui se trouve à l’extérieur, ou répondre à un appel téléphonique à l’intérieur des toilettes (téléphone portable) ?

Réponse

Il est enseigné dans la Gmara Bra’hot (62a) :

La tradition des toilettes, c’est la pudeur et le silence.

C'est-à-dire, la tradition que nous avons reçue de nos maîtres lorsqu’on se trouve aux toilettes, c’est de se comporter avec pudeur, et d’observer le silence.

C’est ainsi que tranche le RaMA[DP1] dans ses notes sur le Shoul’han ‘Arou’h (Ora’h ‘Haïm chap.3). Il écrit qu’il ne faut pas parler lorsqu’on se trouve aux toilettes, et il faut s’y comporter avec pudeur et discrétion, ce qui inclus le fait de fermer systématiquement la porte des toilettes, même lorsqu’on est seul dans la maison.

Notre maître le RaMBaM[DP2] écrit (chap.5 des Hala’hot De’ot) qu’il ne faut pas parler lorsqu’on va à la selle, même si l’on doit parler pour une grande nécessité, et ceci, à titre de pudeur (Tseni’out).

Il est expliqué à travers les propos de notre maître le ’HYDA[DP3] , ainsi que d’autres Poskim (décisionnaires), qu’hormis la notion de pudeur, le fait de parler lorsqu’on se trouve aux toilettes, peut entraîner un danger. En effet, les Mazikin (êtres maléfiques, créés au 6ème jour de la création, après le couché du soleil) se trouvent, entre autres, dans les toilettes, et peuvent nuire à la personne qui parle dans cet endroit.

Selon cette explication, il serai catégoriquement interdit de parler lorsqu’on est aux toilettes, et cela, même si l’on parle pour une grande nécessité, puisqu’il y a un risque de danger.

Cependant, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit que même s’il est évident qu’il est interdit de parler lorsqu’on se trouve aux toilettes, particulièrement lorsqu’on parle et que ce n’est pas indispensable, et ceci à titre de Tseni’out (pudeur et discrétion), malgré tout, lorsqu’il s’agit d’une grande nécessité, on permettre de parler.

En effet, le Gaon Ya’BeTS[DP4] écrit dans son livre MOR OUKTSI’A, que de notre époque (il vivait au 18ème siècle), les Mazikin ne se trouvent plus dans les toilettes, car aujourd’hui, les toilettes se trouvent à l’intérieur des zones d’habitation, et les Mazikin ne sont pas autorisés à résider là où résident des êtres humains. Ce qui n’était pas le cas du temps de nos maîtres, les Sages du Talmoud, les toilettes se trouvaient à l’extérieur des zones d’habitation, dans les champs, on s’exposait donc beaucoup plus au danger des Mazikin.

Qui plus est, le MaHaRSHaL[DP5] écrit au sujet de l’esprit d’impureté qui réside sur les mains, le matin avant la Netilat Yadaïm, que de nos jours, c’est esprit d’impureté est considérablement atténué. Effectivement, du temps de nos maîtres, les Sages du Talmoud, si une personne portait la main aux yeux, le matin avant de faire Netilat Yadaïm, cette personne pouvait perdre la vue à cause de l’esprit d’impureté qu’il y a sur ses mains (voir Gmara Shabbat 108b, ainsi que dans les Masse’htot Ketanot, Kala chap.1, Hala’ha 19). Alors que nous constatons que cette réalité n’existe plus de notre époque.

Nous pouvons en dire autant au sujet de l’impureté des toilettes, de notre époque.

Nous ne devons donc pas craindre le danger cité par les Kabbalistes, mais uniquement prendre en considération, la Tseni’out (pudeur et discrétion) de la personne, lorsqu’elle se trouve aux toilettes.

En conclusion

Il est interdit de parler lorsqu’on se trouve aux toilettes (lorsqu’on s’y trouve pour y faire ce qu’on y fait habituellement).

On peut autoriser dans certaines situations :

Si l’on doit absolument répondre à un appel téléphonique de grande importance, qui pourrait nous occasionner une perte d’argent.

Ou bien un père ou une mère qui se trouvent aux toilettes, et doivent dire quelque chose à leurs enfants qui sont seuls dans la maison, afin de leur éviter de toucher ou de faire quelque chose de dangereux. Dans ces cas là, il est permis de parler aux toilettes, mais en faisant en sorte d’abréger les paroles le plus possible.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768

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[DP1]RaMA Rabbi Moshé ISSERLEISS Pologne 16ème siècle, opinion Hala’hic principale pour les Ashkenazim

[DP2]RaMBaM ou Maïmonide Rabbi Moshé Ben Maïmon Espagne – Egypte 12ème siècle

‘ [DP3]HYDA Rabbi ‘Haïm Yossef David AZOULAÏ Israël - Italie 18ème siècle

[DP4]Ya’BeTS (Le Gaon) Allemagne 18ème siècle. Auteur de nombreux ouvrages de Hala’ha. Fils du ‘Ha’ham Tsevi.

[DP5]RaSHaL ou MaHaRSHaL, Rabbenou SHlomo Louria Pologne 16ème siècle

mercredi 26 décembre 2007

S’assoire à proximité d’une personne qui prie la ‘Amida

S’assoire à proximité d’une personne qui prie la ‘Amida

La Gmara Bra’hot (31a) tranche de nombreuses Hala’hot relatives à la prière quotidienne (la ‘Amida), à partir des versets qui décrivent la prière que ‘Hanna a adressé à Hashem pour qu’Il la gratifie d’un enfant (Voir livre de Shemouel Tome 1 chapitre1). En priant, Hanna a formulé un voeu selon lequel, si Hashem lui donne un enfant, celui-ci sera entièrement consacré au service d’Hashem. Ensuite, ‘Eli HaCohen – qui était le Grand de cette génération - bénit ‘Hanna en lui souhaitant qu’Hashem exauce sa demande.

La suite des versets nous indique que ‘Hanna fut effectivement exaucée. Elle mit au monde un fils qu’elle nomma Shemouel (qui fut le prophète Shemouel).

Quand l’enfant grandit, ‘Hanna l’emmena au Mishkan (le Sanctuaire) – qui se trouvait à cette époque dans la ville de Shilo – et le présenta à ‘Eli HaCohen, afin de lui montrer que sa bénédiction et sa prophétie s’étaient réalisées.

‘Hanna dit à ‘Eli HaCohen :

« Je suis la femme qui s’est tenue debout ici avec toi, afin de prier Hashem. C’est justement pour cet enfant que je priais, et Hashem a exaucé la demande que je lui ai adressée. » (Livre de Shemouel Tome 1 chap.1, verset 26)

Du fait que ‘Hanna rappelle à ‘Eli HaCohen que lorsqu’elle a prier pour avoir un enfant, elle s’est tenue debout ici « avec lui », vient nous apprendre une règle importante dans les Hala’hot de la Tefila :

Il est interdit de s’assoire dans les 4 Amot (4 coudées, environ 2 m) d’une personne qui prie la ‘Amida.

En effet, les termes « Avec toi » indiquent que ‘Eli HaCohen est resté lui aussi debout durant la prière de ‘Hanna, puisqu’il est interdit de s’assoire dans les 4 Amot d’une personne qui prie. Ceci est l’explication de Rashi[DP1] sur la Gmara Bra’hot citée plus haut.

Mais les Tossafot[DP2] expliquent différemment.

Selon eux, il faut constater la forme inhabituelle que le texte emploie pour exprimer le terme « Avec toi »

En effet, le texte l’écrit sous l'orthographe 'Ain, Mem, 'Haf, Hé (‘Ime’ha), alors qu’il est habituellement écrit sous l'orthographe 'Ain, Mem, 'Haf final).

C’est anomalie apparente nous indique, non pas que ‘Eli HaCoehen est resté debout durant la prière de ‘Hanna, mais plutôt qu’il était assis au-delà d’un périmètre de 4 Amot de ‘Hanna. Plus précisément, dans la 5ème coudée, car la lettre « anormalement » ajoutée au mot ‘Ime’ha (avec toi) est un Hé qui a pour valeur numérique, le chiffre 5.

(N.D.T Cette différence d’explication a peut être une incidence pratique. Pour Rashi, il serait interdit de s’assoire, mais on pourrait resté debout, alors que pour les Tossafot, l’interdit serai même en restant debout.)

Le périmètre dans lequel il est interdit de s’assoire, correspond à 4 Amot (4 coudées, environ 2 m). La Gmara le déduit du terme employé par ‘Hanna pour exprimer le mot « ici » qu’elle dit en hébreu Bazé. Or, le mot Zé, qui s'écrit avec un Zaïn et un Hé, a pour valeur numérique, le niombre 12, pour indiquer qu’il est interdit de s’assoire aussi bien dans les 4 coudées à la droite de celui qui prie, aussi bien dans les 4 coudées à sa gauche, et aussi bien dans les 4 coudées devant lui. Ce qui fait au total 12.

C’est pour cela que selon le strict Din, il est permis de s’assoire dans les 4 coudées, derrière une personne qui prie.

Cependant, selon l’usage des Ashkenazim, il faut s’en abstenir. Selon eux, le mot Zé indique qu’il est interdit de s’assoire dans les 4 coudées devant la personne qui prie, ainsi que derrière elle, et également sur les côtés, mais sans préciser « 4 Amot pour la droite et 4 Amot pour la gauche », car il est évident que les 2 côtés ont le même statut.

Il est rapporté dans le livre HALA’HA BEROURA du Gaon Rabbi David YOSSEF[DP3] shalita, que même pour les Sefaradim, il est juste de s’abstenir de s’assoire derrière une personne qui prie. Il semble que c’est également l’opinion du Perisha[DP4] , ainsi que d’autres Poskim (décisionnaires).

Plusieurs raisons sont données à l’interdiction de s’assoire à proximité d’une personne qui prie :

§ L’auteur du Ba’al Hala’hot Guedolot[DP5] écrit que la She’hina (la Présence Divine) se trouve dans les 4 Amot de la personne qui prie. Ce périmètre devient donc sacré, et il est interdit de s’y assoire. Cette explication ressort également du Zohar Hakadosh.

§ Le TOUR[DP6] , ainsi que les Gueonim[DP7] écrivent que lorsqu’une personne vient s’assoire auprès de quelqu’un qui prie, il peut semblé que, celui qui prie, accepte sur lui le Joug de la Royauté Divine (puisqu’il prie), mais pas la personne qui est assise à ses côtés.

§ Le Meîri[DP8] écrit que le fait de venir s’assoire à proximité d’une personne qui prie, peut entraîner la honte de cette personne. En effet, lorsque quelqu’un prie, il adresse des demandes d’ordre personnelles à Hashem, des demandes qui ne concernent que lui. Le Sefer Hami’htam[DP9] donne une explication similaire en disant qu’il arrive parfois qu’une personne pleure dans sa prière, et le fait de venir s’asseoir à ses côtés peut la gêner et lui faire honte.

Si l’on est en train de réciter des parties de la Tefila, comme les Korbanot (textes relatifs aux divers sacrifices, récités au début de la Tefila), ou les Pessouké Dezimra (Psaumes de Tehilim, préliminaires à la Tefila), ou comme le Shema’ et ses Bénédictions, il est permis de venir s’assoire à proximité d’une personne qui prie, aussi bien devant elle que sur les côtés.

De même, une personne faible ou une personne âgé, ont le droit, s’ils ne peuvent pas faire autrement, de venir s’asseoir sur les côtés d’une personne qui prie (mais pas devant elle).

Si quelqu’un est assis et qu’une personne vient se placer dans ses 4 Amot pour prier la ‘Amida, selon le strict DIN, il n’est pas obligé de se lever, car il était assis bien avant que la personne vienne pour prier. (Cependant, il est une mesure de piété – Midat ‘Hassidout – de se lever, même dans ce cas).

Tout ceci, dans le cas où la personne vient se placer sur les côtés de celui qui est assis. Mais dans le cas où la personne vient se placer face à celui qui est assis, il semble que l’opinion de MARAN[DP10] sur ce point, indique qu’il faut se lever.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768

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[DP1]RaSHI Rabbi Shlomo ITS’HAKI France 11ème siècle

[DP2]Tossafot gendres et petits enfants de RASHI. Commentateurs et décisionnaires de France et d’Allemagne 11ème et 12ème siècle

[DP3]

Rabbi David YOSSEF Auteur du Hala’ha Broura, Torat Hamoadim entre autres…, Directeur des Institutions Ye’havé Daat à Jérusalem, digne fils de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, et Rav du quartier de Har Nof – Jérusalem

[DP4]Perisha et Derisha Rabbi Yehoshoua’ WOLK élève du RaMA et du RaSHaL, également auteur du livre SaMa’. Pologne fin du 16ème et début du 17ème siècle.

[DP5]Ba’al Hala’hot Guedolot Rabbi Yehoudaï Gaon Irak 10ème siècle

[DP6]Tour Rabbenou Yaakov Ben Asher Allemagne, fils du RoSH, Espagne 13ème et 14ème siècle.

[DP7]Gueonim Décisionnaires de la période post talmudique 8ème et 9ème siècle

[DP8]Meïri Rabbenou Mena’hem Ben Shlomo HaMeïri France 13ème et 14ème siècle

[DP9]Sefer Hami’htam Rabbi David Bar Levi, parmi les premiers décisionnaires, antérieur au 13ème siècle

[DP10]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h

mardi 25 décembre 2007

Netilat Yadaïm du matin pour des enfants en bas âge

Netilat Yadaïm du matin pour des enfants en bas âge

Question

Y a-t-il une nécessité de laver les mains des enfants en bas âge, chaque matin à leur réveil ?

Réponse

Dans la précédente Hala’ha (que vous pouvez consulter en cliquant sur ce lien http://halahayomit.blogspot.com/2007/12/boire-un-verre-deau-au-milieu-de-la.html), nous avons développé l’origine de l’obligation de Netilat Yadaïm chaque matin, et nous avons également mentionné dans nos propos, l’interdiction d’entrer directement en contact avec des aliments ou des boissons, avant d’avoir procéder à la Netilat Yadaïm, le matin, à cause de l’esprit d’impureté qui réside sur les mains avant la Netilat Yadaïm.

A la lueur de cela, il semble que cette impureté est transmissible aux aliments et boissons.

Par conséquent, il faudrait faire procéder à la Netilat Yadaïm, aux enfants, même en bas âge, car on peut craindre qu’ils touchent des aliments ou boissons (de façon directe) avec leurs mains, alors que l’impureté y réside encore.

L’auteur du Peri Megadim[DP1] à déjà fait cette remarque dans son livre Mishbetsot Zahav (sur Ora’h ‘Haïm chap. 4 note 7), et il écrit :

« Je ne sais pas pourquoi on ne fait pas attention à cela. Il est convenable de laver les mains des enfants chaque matin, car le danger est plus grave que l’interdit (‘Hamira Sakanta MeIssoura)… »

Ainsi écrit également notre maître le ‘HYDA[DP2] dans son livre Moré Beetsba’, ainsi que d’autres Poskim (décisionnaires).

Le Gaon Ya’BeTS[DP3] (Rabbi Ya’akov Ben Tsevi EMDEIN) fait remarquer lui aussi dans son Siddour, que les gens n’ont pas l’usage de s’imposer cette ‘Houmra, mais selon la Hala’ha, il faut veiller à laver les mains des enfants, chaque matin.

L’auteur du ‘Hessed Lealafim[DP4] écrit :

Combien il est admirable de laver les mains des enfants qui sont encore dans le berceau, afin qu’ils grandissent dans la pureté et la sainteté.

Ses propos n’indiquent pas une totale obligation du point de vue du DIN, mais seulement une mesure de propreté et de pureté.

D’autres Poskim partagent cet avis, et pensent qu’il n’y a pas d’obligation de laver les mains des enfants, puisqu’en réalité, l’esprit d’impureté ne réside pas sur leurs mains, même au réveil.

En effet, le Gaon Rabbi Zalman[DP5] écrit dans son Shoul’han ‘Arou’h, que la Kedousha (la sainteté) n’entre essentiellement en l’homme que lorsqu’il atteint l’âge des Mitsvot (13 ans pour un garçon, 12 ans pour une fille), et en parallèle, l’impureté n’est significative que selon le taux de Kedousha contenue chez la personne.

Un enfant en bas âge n’est pas encore réellement imprégné de Kedousha, donc pas encore réellement exposé à l’impureté.

Cependant, l’explication du ‘Hessed Lealafim citée plus haut, reste encore dans toute sa force, puisque grâce à cette Netilat Yadaïm, les enfants grandiront avec d’avantage de pureté, et cela, même dans l’hypothèse selon laquelle, les enfants en dessous de l’âge des Mitsvot, ne sont pas réellement soumis à l’impureté.

Conclusion

Il est certain qu’il est convenable et juste de prendre en considération l’opinion des Poskim selon lesquels, il faut faire procéder à la Netilat Yadaïm aux enfants, même en bas âge, chaque matin. Au moins, lorsqu’il s’agit d’enfants qui peuvent probablement entrer en contact direct avec de la nourriture ou des boissons.

Grâce à cela, les enfants grandiront dans la sainteté et la pureté, et représenteront une descendance qui porte sur elle la Bénédiction Divine.

Tel est l’usage aujourd’hui chez de nombreuses familles orthodoxes.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768

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[DP1]

Peri Mégadim Rabbi Yossef TOMIM Allemagne 18ème siècle

[DP2]‘HYDA Rabbi Haïm Yossef David AZOULAÏ Israël - Italie 18ème siècle

[DP3]Ya’BeTS (Le Gaon) Allemagne 18ème siècle. Auteur de nombreux ouvrages de Hala’ha. Fils du ‘Ha’ham Tsevi.

[DP4]‘Hessed Lealafim Rabbi Eli’ezer PAPO , auteur du célèbre Pélé Yo’ets. Rav de la ville de Silistra en Yougoslavie 19ème siècle

[DP5]

Rabbenou Zalman Rabbi Zalman de Lyadie auteur du Tanya Russie 19ème siècle

lundi 24 décembre 2007

Boire un verre d’eau au milieu de la nuit

Boire un verre d’eau au milieu de la nuit

Si vous vous demandez est ce qu'on a le droit d'étudier les 24 et 25 décembre, cliquez ici.

Question

Une personne se réveille en pleine nuit, et désire boire un verre d’eau.

Est-elle tenue de se laver les mains (Netilat Yadaïm) avant de réciter la Bra’ha sur le verre d’eau ?

Réponse

Dans la précédente Hala’ha (que vous pouvez consulter en cliquant sur ce lien http://halahayomit.blogspot.com/2007/12/netilat-yadam-ablution-des-mains-le.html), nous avons développé de façon générale, l’obligation de la Netilat Yadaîm du matin.

Nous avons également cité les différentes opinions des Poskim (décisionnaires) pour justifier l’institution de la Netilat Yadaîm du matin par nos ‘Ha’hamim.

Parmi ces opinions, celle du Zohar Hakadosh, selon laquelle, lorsque l’homme dort, sa Neshama quitte son corps, et l’homme goutte le goût de la mort, se qui a pour conséquence de faire résider un esprit d’impureté sur tout son corps. Lorsqu’au matin, la Neshama retourne dans le corps, cet esprit d’impureté reste attaché aux mains, et c’est pourquoi - selon le Zohar Hakadosh – nos ‘Ha’hamim ont institué la Netilat Yadaîm, afin de retirer cet esprit impure des mains.

Nous avons également cité l’opinion du ROSH[DP1] , selon laquelle, les mains de l’hommes étant actives, et cela, même lorsqu’il est endormi, il est plus que probable que durant le sommeil, les mains soient entré en contact avec des parties intimes du corps. C’est pourquoi nos ‘Ha’hamim ont institué de se laver les mains le matin, afin de pouvoir réciter le Shema’ et prier avec des mains propres.

Revenons au sujet de la question d’aujourd’hui : une personne qui se réveille en pleine nuit, et qui désire boire un verre d’eau, est ce que cette personne doit d’abord se laver les mains (Netilat Yadaïm) avant de réciter la Bra’ha sur le verre d’eau ?

La réponse à cette question dépend d’une Ma’hloket (une divergence d’opinion Hala’hic) entre les Rishonim (décisionnaires antérieures au Shoul’han ‘Arou’h).

En effet, selon le RAHa (Rabbi Aharon HaLEVI)[DP2] , il est interdit de réciter une Bra’ha avant de se laver les mains, le matin.

Mais le ROSH écrit que selon la Gmara, il semble qu’il n’y a aucune obligation de se laver les mains avant de réciter une Bra’ha, car – selon le ROSH – nos ‘Ha’hamim n’ont institué de se laver les mains le matin uniquement afin de pouvoir réciter le Shema’ et la prière du matin. Il n’y a que pour ces 2 choses importantes que nous prenons en considération la probabilité que la personne soit entrée en contact avec des parties intimes de son corps. Mais pour ce qui est d’autres bénédictions, il n’est pas obligatoire de se laver les mains au préalable, sauf si l’on a, non pas la probabilité, mais la certitude que l’on soit entré en contact avec des parties intimes du corps, dans ce cas, on est tenu de se laver les mains, ou de se frotter les mains correctement contre un vêtement, et cela, sans rapport direct avec l’obligation de Netilat Yadaïm du matin.

MARAN[DP3] tranche dans le Shoul’han ‘Arou’h (Ora’h ‘Haïm chap.4 parag.23) comme le ROSH.

Par conséquent, une personne qui se lève le matin ou en pleine nuit, et qui désire boire un verre d’eau, selon le strict DIN, cette personne n’est pas tenue de se laver les mains avant de réciter la Bra’ha sur le verre d’eau. Cette personne a tout à fait le droit de réciter la Bra’ha sur le verre d’eau, après avoir au moins frotter ses mains contre un tissu.

Si cette personne a dormi avec un vêtement qui lui recouvre entièrement le corps (comme nos pyjamas d’hiver), elle n’est même pas tenue de se frotter les mains contre un tissu, et elle n’a qu’à réciter la Bra’ha sur le verre d’eau immédiatement.

(Comme nous l’avons écris au sujet de la Bra’ha sur les éclaires et le tonnerre, pour la personne qui se réveille en pleine nuit, et qui entend le tonnerre, ou voit les éclaires. Vous pouvez consultez cette Hala’ha en cliquant sur ce lien http://halahayomit.blogspot.com/2007/10/braha-sur-lclaire-et-le-tonnerre-suite.html)

Cependant, il faut malgré tout, veiller à ne pas toucher l’eau qui se trouve à l’intérieur du verre, mais uniquement le verre lui-même, car l’esprit d’impureté réside encore sur ses mains.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768

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[DP1]Rosh Rabbenou Asher Allemagne-Espagne 13ème siècle

[DP2]RAHA Rabbenou Aharaon HaLevi auteur présumé du SEFER HA’HINOU’H Espagne 14ème siècle

[DP3]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h

dimanche 23 décembre 2007

Netilat Yadaïm – Ablution des mains,

Netilat Yadaïm – Ablution des mains,

le matin

Lorsqu’on se lève le matin, on doit se laver les mains et réciter la Bra’ha suivante :

Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam Asher Kiddeshanou Bemitsvotav Vetsivanou ‘Al Netilat Yadaïm.

Traduction : Tu es Bénis Hashem (Tu es la source de la Bénédiction) Notre

Dieu, Roi du Monde, qui nous sanctifié par ses commandements et nous a ordonné de procéder à l’ablution des mains

Ce Din prend sa source dans la Gmara Bra’hot (60b)

Nous devons procéder à cette ablution de la manière suivante :

§ Saisir le Keli (l’ustensile) avec la main droite, le remplir d’eau et le passer à la main gauche

§ Avec le Keli dans la main gauche, verser 1 fois sur la main droite, puis, avec le Keli dans la main droite, verser 1 fois sur la main gauche. Il faut exécuter cet ordre 3 fois, en alternant la droite et la gauche.

Avant de sécher les mains, on récite la Bra’ha de ‘Al Netilat Yadaïm.

Plusieurs raisons ont été données pour cette ablution :

1. la Gmara Shabbat (108b) explique que pendant la nuit, un esprit mauvais règne sur le corps de l’homme. Cet esprit se retire au matin, mais il reste accroché aux mains, et ne s’en va définitivement que lorsqu’on verse de l’eau 3 fois sur les mains. Selon cette explication, l’obligation de Netilat Yadaïm n’est pas liée au fait de dormir, mais uniquement à la notion de nuit.

2. Le Zohar Hakadosh (Parasha de Vayeshev) explique que lorsque l’on dort, la Neshama quitte le corps (d’une certaine manière), et l’individu goutte au goût de la mort. De ce fait, l’impureté s’empare de son corps, et lorsque la Neshama revient au matin, cette impureté « s’agrippe » aux mains, et ne les quitte que lorsqu’on verse de l’eau 3 fois sur les mains. Selon cette explication, l’obligation de Netilat Yadaïm n’est pas liée à la nuit, mais uniquement au sommeil.

  1. Le ROSH[DP1] explique dans ses décisions Hala’hic (sur Gmara Bra’hot, chap.9 section 23), que les mains humaines sont des éléments actifs, et il est plus que probable que même durant le sommeil, les mains soient entré en contact avec des parties intimes du corps. Or, il est interdit de dire le Shema et de prier la ‘Amida (ou simplement de mentionner le Nom d’Hashem) avec des mains « probablement » sales.

  1. Le RaSHBA[DP2] explique dans une Tshouva (chap.191), que le matin, l’homme est une nouvelle créature d’Hashem, comme il est dit : « Des nouveautés, tous les matins… » (Ei’ha chap.3). C’est pour cela que nous devons remercier Hashem de nous avoir créer en Son honneur, pour le servir et bénir Son Nom.

  1. Rabbi David ABOUDARHEM[DP3] (le RaDA) écrit qu’au même titre que les Cohanim avaient l’obligation de se laver les mains avant d’entamer leur service dans le Beit Hamikdash, nous devons nous aussi sanctifier nos mains lorsqu’on se lève du sommeil, avant de débuter notre service d’Hashem, afin de Le servir avec des mains propres.

Du point de vue de la Hala’ha, il est certain qu’il y a de nombreuses incidences pratiques selon l’une ou l’autres de ces 5 explications.

Par exemple, quelqu’un qui a passé toute la nuit éveillé, selon l’explication de la Gmara (explication n°1), cette personne doit se laver les mains au matin, puisque selon la Gmara, l’obligation est liée au fait d’avoir passer la nuit (endormi ou éveillé). Alors que pour le Zohar Hakadosh (explication n°2), ou pour le ROSH (explication n°3), cette personne n’est pas tenue de se laver les mains, puisque selon le Zohar hakadosh, comme selon le ROSH, l’obligation est liée au fait de dormir.

Nous pouvons aussi débattre du cas de la personne qui fait une sieste en journée.

Selon le ROSH, cette personne est tenue de se laver les mains à son réveil, alors que pour la Gmara, cette personne n’est pas tenue de se laver les mains.

Pour le Zohar Hakadosh, MARAN s’interroge si cette personne qui fait une sieste en journée doit se laver les mains à son réveil. (Voir Beit Yossef Ora’h ‘Haïm chap.64).

En conclusion

Une personne qui est restée éveillée toute la nuit, ou une personne qui dort en journée (la sieste), se lave les mains le matin (Netilat Yadaïm), ou au réveil de la sieste en journée, par doute, mais ne récite pas la Bra’ha de ‘Al Netilat Yadaïm, car nous avons un grand principe :

SAFEK BERA’HOT LEHAKEL = Lorsqu’il y a un doute (divergence d’opinion Hala’hic) sur la récitation d’une Bra’ha, nous allons à la souplesse et nous ne la récitons pas.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768

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[DP1]Rosh Rabbenou Asher Allemagne-Espagne 13ème siècle


[DP2]RaSHBA Rabbenou Shlomo Ben Aderet Espagne 13ème siècle


[DP3]

Rabbi David ABOUDARHEM ou le RaDA élève du RoSH Espagne 13ème siècle

jeudi 20 décembre 2007

Dvar Torah sur Vay'hi: Quel est le véritable roi ?

Vay’hi

Quel est le véritable roi ?

La dynastie royale du peuple d’Israël a, de toutes générations, appartenue aux descendants de Yehouda.

Le Mashia’h doit également descendre de Yehouda, et régner sur Israël.

Nos maîtres se sont interrogé sur la raison de cette exclusivité.

Nos maîtres expliquent que Yehouda doit ce mérite exclusif, au fait qu’il a reconnu son implication dans l’épisode avec Tamar. (Voir Yalkout Shim’oni Shemot section 14).

En effet, Yehouda a fait preuve d’une véritable force supérieure en avouant ce qu’il avait fait, et cela, malgré le fait qu’il avait largement la possibilité de garder le silence sans que personne ne sache quoi que ce soit. Une telle personne mérite la royauté.

Il est écrit dans notre Parasha, au moment où Yaakov Avinou donne son ultime Bénédiction à ses enfants :

« Tu es un jeune lion, Yehouda, mon fils, quand tu remonte, avec ta capture ! »

Nos maîtres expliquent (Midrash Rabba section 98) :

De la « capture » de Tamar, tu t’es « remonté ». Car Tamar avait été capturée et condamné à mort, et grâce à la force et au courage dont Yehouda a fait preuve en avouant son rôle dans la grossesse de Tamar, celle-ci fut épargnée de la mort. Grâce à cet acte de bravoure, ‘Hananya, Mishaêl et ‘Azarya seront eux aussi sauvés, bien des siècles plus tard, de la fournaise dans laquelle va les jeter Nabuchodonosor.

Reconnaître la vérité est une chose facile à dire ou à écrire, mais reste une chose extrêmement difficile à réaliser, car la honte est un sentiment très dur à surmonter, et malgré tout, Yehouda a avoué son implication avec Tamar, et c’est par ce mérite qu’il a hérité de la royauté.

Rashi commente le verset « Tu es un jeune lion, Yehouda, mon fils, quand tu remonte, avec ta capture ! », de la façon suivante :

Tu t’es retiré en disant qu’allons nous gagner en l’assassinant (Yossef) ?! Allons plutôt le vendre aux Ishme’elim (arabes). Et ses frères l’écoutèrent.

Lorsque les frères de Yossef voulaient le tuer, Yehouda fut celui qui réussi à convaincre ses frères de ne pas le tuer, mais plutôt de le vendre aux Ishme’elim.

En faisant cela, Yehouda sauve Yossef.

Il est écrit dans la Parasha de Vayeshev :

« Yehouda descendit d’auprès de ses frères »

Rashi explique :

Cela nous apprend que ses frères l’ont destitué de ses fonctions, car lorsqu’ils ont constaté la peine de leur père Ya’akov, en apprenant que son cher fils Yossef avait disparu, ils se mirent en colère contre Yehouda en lui disant : « Si tu avais exigé de nous de le ramener chez son père, nous t’aurions écouté. »

En réalité, c’est très étonnant, car n’est il pas expliqué dans le Midrash que nous avons cité, que Yehouda est justement celui qui réussi à convaincre ses frères de ne pas tuer Yossef ?! Comment osent ils prétendre que si Yehouda leur avait ordonné de le ramener chez Ya’akov, ils l’auraient écouté ? Ne pouvait il pas leur répondre en leur rappelant que sans son intervention, ils étaient disposés à le tuer ?!

Nous ne pouvons que constater une fois de plus la grandeur de Yehouda.

Même lorsqu’il a la possibilité de répondre à ses frères, il préfère choisir de ne pas débattre avec eux, et se laisse destitué de ses fonctions en se taisant, car il savait qu’en définitif, il y avait du vrai dans leurs propos.

C’est pour cela que Ya’akov le bénit en lui disant « Tu es un jeune lion, Yehouda, mon fils, quand tu remonte, avec ta capture ! », car en te taisant face à tes frères lorsqu’ils t’ont reproché de ne pas leur avoir ordonné de ramener Yossef, et qu’ils t’ont destitué de tes fonctions, par cette attitude, tu as élevé ta personne.

Yehouda a appris cette qualité de sa mère, Leah notre matriarche.

En effet, il est écrit au sujet de Leah, lorsqu’elle mit au monde Yehouda :

« Cette fois encore, je remercie Hashem », car elle possédait la qualité de la vérité et de la reconnaissance envers Celui qui lui prodigue du bien.

Nous retrouvons cette qualité dans la descendance de Yehouda, puisque lorsque le prophète Natan vient réprimander le roi David sur son comportement avec Bat Sheva’, David ne cherche pas à débattre, ni à justifier ses actes, mais se contente de dire immédiatement : « J’ai fauté envers Hashem ! ». C’est pourquoi, le prophète Natan lui répond : « Hashem a lui aussi retiré ta faute, et tu ne mourras pas ». Selon le principe de « celui qui reconnaît et abandonne sa faute, sera prit en pitié ».

Nous apprenons de là quelles sont les forces exigées pour régner. Régner sur Israël, comme régner sur soi même !!!

Car il n’y a absolument aucune grandeur dans le fait de s’enorgueillir et de protéger son Kavod (sa dignité), bien au contraire, l’individu qui marche dans le chemin de la vérité, en se soumettant à la vérité, cette personne règne véritablement sur elle-même, et mérite la royauté.

Puissions nous mériter, avec l’aide d’Hashem, que vienne régner sur nous le Mashia’h, fils de David, qui sera doté des forces nécessaires pour régner sur son penchant et sur Israël.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768

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