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vendredi 25 juillet 2008

Parasha de Matot

quelques regards sur la Parasha de

Matot

Ces Divré Torah sont dédiés à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita)

Résumé de Matot

Moshé Rabbenou réuni les chefs de tribus (Rashé HaMatot) et leur enseigne les Hala’hot des Nedarim (les voeux) et des Shévouot (les serments).

Hashem ordonne à Moshé Rabbenou de lever une armée contre Midian, afin de venger les 24 000 Bné Israël morts par la colère d’Hashem, provoquée par l’incitation à la débauche des filles de Midian. 1 000 personnes par tribu sont désignées pour livrer batail contre Midian, soit 12 000 soldats au total.

Au retour de la guerre contre Midian, les Bené Israël rapportent un important butin constitué de vaisselles d’or et d’argent et d’autres métaux. Moshé Rabbenou enseigne aux Bené Israël les règles de Cashérisation d’ustensiles ayant cuits des aliments interdits.

Moshé Rabbenou autorise les tribus de Réouven, de Gad, ainsi que la moitié de la tribu de Menashé, à s’installer sur l’autre rive du Jourdain, mais uniquement à la condition qu’ils participent à la conquête d’Erets Kenaan, aux côtés de leurs frères.

Les vœux : Qui est autorisé à en faire ?

« Si un homme formule un voeu envers Hashem, ou prête serment afin de s’interdire une chose, il ne devra pas enfreindre sa parole, il devra accomplir tout ce qui sortira de sa bouche ». (Bamidbar 30 – 3 début de notre Parasha)

Midrash (Bamidbar Rabba 22,1)

Hakadosh Barou’h Hou dit : « Ne croyez pas qu’il vous soit permis de formuler des serments ou des voeux, même en Mon Nom ! Même au nom de la vérité, il ne t’est pas permis de formuler des serments ou des voeux en Mon Nom. Pour pouvoir le faire, il faut que tu possèdes les qualités suivantes : Tu devras craindre Hashem ton D., tu devras Le servir, tu t’attacheras à Lui, et tu jureras par Son Nom ».

Question

Pourquoi il n’est permis de formuler des serments et des voeux qu’à celui qui possède toutes ces qualités : craindre Hashem, servir Hashem, et être attacher à Lui ?

Rabbi Yaakov KRANTZ (ou « le Maguid de DOUVNO » Russie 18ème siècle) explique cela comme à son habitude, par une image.

Il y avait 2 pauvres qui étaient voisins.

L’un était bûcheron, l’autre était voleur.

Ils avaient tous les deux des filles.

Lorsque le bûcheron voyait que l’une de ses filles arrivait en âge de se marier, il célébrait le mariage et fournissait à sa fille une très bonne dote.

Tandis que le voleur voyait ses filles prendre de l’âge sans pour autant se marier puisqu’il n’avait pas le moindre sou.

Un jour, le voleur vint trouver son voisin le bûcheron et lui dit :

« Explique moi de quelle façon réussis-tu à marier tes filles et à leur fournir une dote, n’es tu pas aussi pauvre que moi ?! »

Le bûcheron lui répondit :

« Voici mon habitude : lorsqu’un de mes enfants vient au monde, je fabrique une petite boite fermée avec un verrou, dans laquelle je mets quotidiennement une pièce. Lorsqu’ arrive le moment de marier mon enfant, je trouve dans cette boite tout ce dont j’ai besoin pour célébrer le mariage. Toi aussi, suis mon conseil et fabrique toi une boite verrouillée, que tu remplieras chaque jour. »

Lorsque le voleur entendit cela, il éclata de rire et dit :

« Ce conseil n’est valable que pour quelqu’un comme toi, car lorsque tu places une pièce de monnaie dans cette boite, elle restera fermée jusqu’au jour du mariage, quoi qu’il puisse arriver, et cela, même si tu traverses des périodes difficiles. Mais moi qui suis habitué à forcer des portes que d’autres personnes ont verrouillé, en situation difficile, ne serai-je pas en mesure de forcer un verrou que j’aurai moi-même placer ?!! »

Quelqu’un qui observe la Torah et les Mitsvot, et devant qui, tous les « verrous » que la Torah a placé, restent fermés, il est certain qu’une telle personne est à même de formuler un serment ou un voeu et qu’elle le respectera.

Ce qui n’est pas le cas d’un Rasha’ (un impie). Que l’importe un voeu ou un serment ?! S’il n’a déjà aucune difficulté à forcer les « gros verrous » que la Torah a elle-même posé, aura-t-il la moindre difficulté à forcer un voeu ou un serment qu’il s’est lui-même imposer ?!!!

La Torah n’a jamais demandé à l’individu de faire des Nedarim, mais exige de les honorer.

La vengeance contre Midian et la reconnaissance

« Réalise la vengeance des Bené Israël contre Midian, ensuite tu rejoindras tes pères. » (Bamidbar 32-2)

Sifré

Cela indique que la mort de Moshé est retardée par la guerre contre Midian, et malgré cela, Moshé va et agit avec joie.

Quelle pureté de cœur de la part de Moshé Rabbenou !!

Hashem vient de l’informer que sa mort « dépend » de la réalisation de son ultime mission : mener une guerre punitive contre Midian, et en d’autres termes, tant qu’il n’aura pas empli cette mission, il ne meurt pas. C’est d’ailleurs pour cela que le texte affirme que le peuple a fourni à contre cœur les soldats pour mener cette bataille, sachant pertinemment que la mort de leur maître – Moshé Rabbenou – dépendait de la réalisation de cette tâche.

Mais Moshé Rabbenou quand à lui, ne tient compte d’aucun paramètre et se hâte de faire partir le peuple à la bataille ordonnée par Hashem.

Qu’est ce qui motive Moshé Rabbenou à agir de la sorte ?

La réponse à cette question se trouve dans le verset suivant :

« Moshé parla au peuple en ces termes : fournissez des hommes pour l’armée, afin qu’ils partent en campagne contre Midian, afin de réaliser la vengeance d’Hashem contre Midian. » (Bamidbar 32-3)

le Midrash souligne la modification que l’on trouve dans les propos de Moshé Rabbenou : « la vengeance d’Hashem » alors que dans le verset précédent, nous constatons qu’Hashem lui ordonne de réaliser « la vengeance des Bené Israël ».

Moshé Rabbenou vit dans l’ordre de mener une guerre punitive contre Midian, un moyen de venger la honte et le blasphème du Nom d’Hashem que Midian a causer en incitant les Bené Israël à la débauche, beaucoup plus que les dramatiques conséquences sur le peuple, à savoir la mort de 24 000 personnes du fait de la colère d’Hashem.

Vue d’une telle façon, il n’était donc pas question pour Moshé Rabbenou de retarder la réalisation de cet ordre, même si cela doit activer le moment de sa mort. Il s’est donc empresser d’accomplir – dans la joie – la volonté de son Créateur.

Ces propos nous amènent à un étonnement supplémentaire :

Si la réalisation de cet ordre était si importante aux yeux de Moshé Rabbenou, comment se fait-il qu’il délègue Pin’hass et El’azar pour diriger la bataille, alors que l’ordre d’Hashem était explicite : « Réalise la vengeance des Bené Israël contre Midian… » ce qui signifie « Réalise par toi-même ». ?

Cette question a déjà été abordée par les Sages du Midrash Rabba et Tan’houma.

En effet, sur le verset « Moshé les envoya… » nos Sages demandent :

Hashem demande à Moshé de réaliser la vengeance par lui-même, et il délègue d’autres personnes pour le faire ?!

En réalité, Moshé Rabbenou a grandit à Midian.

Il se dit : Il n’est pas « légal » que je frappe moi-même celui qui m’a prodigué du bien.

Le proverbe dit : « Ne jette pas la pierre dans le puit duquel tu as bu. »

Nous pouvons apprendre d’ici combien est précieuse la qualité de la reconnaissance.

Comment Moshé Rabbenou peut à la fois exprimer autant d’empressement à accomplir un ordre Divin, même si l’accomplissement de cet ordre signifie pour lui la fin de sa mission sur terre, et simultanément, il se retient d’accomplir cet ordre par lui-même – bien que l’ordre était explicite « Réalise la vengeance des Bené Israël contre Midian… ». Tout ceci pourquoi ? Par reconnaissance.

De plus, qu’est ce que peuvent représenter les habitants de Midian, et quel est le sens du bien qu’ils ont prodigué à Moshé Rabbenou, face au fait qu’ils ont incité Israël à la débauche et provoqué la mort de 24 000 Bené Israël par la colère d’Hashem ? Ce crime n’est-il pas dramatique face à la « bonté » qu’ils ont prodiguée à Moshé Rabbenou ?!

Malgré tout, le sentiment de « ne pas jeter la pierre dans le puit duquel il a bu » prend le dessus sur tous les calculs et ne laisse pas Moshé Rabbenou sortir lui-même en guerre contre ses bienfaiteurs.

L’empressement à accomplir les Mistvot d’Hashem ne doit pas faire d’ombre au règles du savoir vivre !!

La Casherisation d’un ustensile et l’étude de la Torah

« El’azar Ha Cohen dit aux gens de l’armée, de retours de la guerre : Voici la ‘Houka (la loi irrationnelle) de la Torah, qu’Hashem ordonne à Moshé.

En vérité, l'or et l'argent, le cuivre, le fer, l'étain et le plomb, tout ce qui supporte le feu, vous le passerez par le feu et il sera pur, après toutefois avoir été purifié par l'eau lustrale; et tout ce qui ne va pas au feu, vous le passerez par l'eau. » Bamidbar 31-21,22)

Au retour de la guerre contre Midian, les Bené Israël rapportent un important butin constitué de vaisselles d’or et d’argent et d’autres métaux. Moshé Rabbenou enseigne aux Bené Israël les règles de Cashérisation d’ustensiles ayant cuits des aliments interdits.

Question

Le ‘Hafets ‘Haïm demande (introduction du Likouté Hala’hot)

Le procédé de Casherisation d’un ustensile qui a absorbé un aliment interdit, est une chose que l’intellect humain peut facilement intégrer.

En effet, il est logique qu’un ustensile ayant absorbé un goût alimentaire par cuisson au moyen d’eau chaude (ou autre liquide), rejette ce goût par le même procédé, c'est-à-dire en immergeant l’ustensile dans de l’eau bouillante (Hag’ala). De même, si l’absorption s’est produite par une cuisson par le feu uniquement (la grillade), il est également logique que le rejet se fasse en passant l’ustensile à la flamme (Liboun).

Puisque ces procédés relèvent d’une logique que l’homme peut assimiler, pourquoi qualifier cette loi de la Casherisation par le terme « ‘Houka » qui signifie « loi irrationnelle » ?

Réponse

La Torah est qualifiée de « Feu », comme le verset nous l’indique : « Ma parole n’est-elle pas comme le feu ? »

Le Pirké Avot (chap.6) nous enseigne également que la Torah « rend la personne apte à être un Tsaddik ». La Mishna emploi ici le terme « Ma’hsherato » (« le rend apte ») de la racine « Casher ».

Ce qui signifie qu’au même titre que le feu a la capacité d’extirper le goût alimentaire d’un aliment interdit absorbé dans un ustensile, et rend l’ustensile « Casher », de la même façon l’étude de la Torah extirpe toute l’impureté absorbée dans l’âme de l’individu et conséquente à ses fautes, et rend l’individu « Casher ».

C’est justement ce point supplémentaire que la Torah désire nous enseigner dans cette Parasha de la Casherisation.

La Casherisation dont il est question ici n’est pas seulement celle que l’on réalise sur des ustensiles, mais également celle que l’individu peut réaliser sur sa propre personne, dans le but d’extirper – au moyen de l’étude de la Torah qui est comparée au feu – toutes les forces de l’impureté contenues en lui.

Comme le Midrash Tan’houma le dit :

Si l’homme a commis des fautes et s’est rendu condamnable à mort vis-à-vis d’Hashem, que doit il faire afin de vivre ?

S’il a l’habitude d’étudier un chapitre, il en étudiera deux ; s’il a l’habitude d’étudier une page, il en étudiera deux…

(Ceci ne concerne que celui qui a pris conscience de sa faute et qui s’en est écarté, car s’il ne s’en est pas encore écarté et qu’il cherche déjà un moyen d’expiation, il est comparable à celui qui se trempe dans un Mikvé avec dans la main, un reptile mort, ou bien à l’ustensile que l’on Casherise sans avoir au préalable retirer l’interdit alimentaire en surface).

C’est pour cela que lorsqu’ El’azar Ha Cohen s’apprête à transmettre aux Bené Israël les lois de la Casherisation des ustensiles, il les introduit par les termes « Voici la ‘Houka (la loi irrationnelle) de la Torah… ». Comme pour dire que toute cette Parasha de la Casherisation vient indiquer – par allusion – une tout autre sort de Casherisation :

La Casherisation de la personnalité au moyen du feu de l’étude de la Torah.

Shabbat Shalom

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768

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