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le Rav Ovadia YOSSEF Shalita.

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mardi 5 juin 2007

Ecrire une date civile

Est il permis d’écrire, ou de faire mention d’une date civile, puisque l’année civile fait référence à la naissance de celui que la chrétienté reconnais comme le Mashia’h ?

N’y a-t-il pas là la transgression de l’interdit « …Vous ne marcherez pas dans leurs voies » ?

Nous devons d’abord préciser qu’il n’est pas du tout certain que le compte civil fait référence à cette naissance, comme le prétendent les chrétiens.

En effet, notre Talmud nous apprend (Sanhedrin 107b, ce passage ne figure que dans de vielles éditions du Talmud, ou dans des éditions très récentes, puisque la censure chrétienne du moyen age l’avait supprimé) que celui qu’ils considèrent comme le Mashia’h (il est préférable de ne pas mentionner son nom) a vécu très longtemps avant le début du compte des années civiles. En effet, la Gmara nous dit qu’il était l’élève de Rabbi Yehoshoua Ben Pera’hya. D’ailleurs, une anecdote est racontée à ce sujet. Lorsque Rabbi Yehoushoua Ben Pera’hya et ses élèves se trouvaient un jour dans une auberge, le Rav dit à ses élèves : « Comme cette auberge est agréable ! », en faisant allusion à la qualité du service. Son élève, celui de qui nous parlons dans cette Hala’ha, pensant que son maître faisait allusion à la beauté physique de la femme de l’aubergiste, fit remarquer à son maître : « Ses yeux ne sont pas beaux ! » Son maître se mit en colère contre lui et lui dit : « Rasha ! (Impie !) Est ce de cela dont tu t’ occupe !! ». Il le répudia, et n’accepta de le réintégrer que lorsqu’il fut certain qu’il avait pris consience de sa faute. Un jour, il se représenta devant son Rav afin d’obtenir son pardon, mais Rabbi Yehoshoua Ben Pera’hya lisait le Shema, et ne put lui répondre. Il pensa que son maître ne désirait plus de lui, et décida de se révolter contre son maître, et contre sa Torah. Il commença à inciter Israël à s’éloigner de la Torah.

Nous apprenons de cette Gmara qu’il vivait à l’époque de Rabbi Yehoshoua Ben Pera’haya, dont les élèves étaient Yehouda Ben Tabbaï et Shim’on Ben Shata’h, qui eux même eurent pour élèves Shema’ya et Avtalyon, dont les élèves furent Hillel et Shamaï. Hillel fut Nassi (Prince spirituel) d’Israël, environs 100 ans avant la destruction du 2ème Temple de Jérusalem, qui eut lieu en l’an 69 de l’ère chrétienne (voir Gmara Avoda Zara 9b).

Nous constatons donc qu’il n’y a aucun lien entre le compte des années civiles et la naissance de cet homme, puis qu’il a vécu bien avant.

Tel est l’avis du ESHKOL (Rabbi Avraham Ben Its’hak France 12ème siècle) qui écrit qu’il fut crucifié 135 ans avant la destruction du 2ème Temple.

Tel est également l’avis du RAVAD (Rabbi Avraham Ben David Espagne 12ème siècle) qui s’est longuement étendu sur le calcul des années, et en conclu qu’il a vécu bien longtemps avant la destruction du 2ème Temple.

Rabbi Its’hak ABRABANEL (Espagne et Portugal 15ème siècle) écrit dans son livre Ma’yané Hayeshoua, qu’il n’y a aucun fondement dans ce que certains disent que cet homme serait mort 42 ans avant la destruction du 2ème Temple, puisque le Talmud atteste qu’il a été l’élève de Rabbi Yehoshoua ben Pera’hya.

La version selon laquelle il ne serai mort que seulement 42 ans avant la destruction du 2ème Temple, est celle des chrétiens, qui veulent, par cela, imputer la destruction du Temple à sa mort.

Cependant, le SEDER HADOROT (Rabbi Ye’hiyel HELPERIN Russie 17ème siècle) contredit l’opinion du ESHKOL et du RAVAD sur ce point, et il écrit qu’effectivement, Rabbi Yehoshoua Ben Pera’hya avait un élève du même nom que cet homme, mais ce n’est pas lui. Celui auquel croient les peuples d’Europe, a vécu bien plus tard, à l’époque de Hillel.

Selon cela, le compte civil ferait réellement référence à l’année de sa naissance.

Sauf que l’opinion du ESHKOL et du RAVAD est différente. Il existe une divergence d’opinion sur ce sujet là même parmi les sages non juifs. Nombreux d’entre eux pensent qu’il est né 400 ans avant le compte de l’ère chrétienne.

Notre maître, le Rav Ovadia YOSSEF shalita ajoute que le fait d’écrire une date civile, n’est pas motivé par une intention de compter les années depuis la mort de cet homme, mais provient seulement du fait que l’usage courrant est ainsi, puisque le monde a plus de facilités à se repérer selon le compte civil, en particulier, dans les banques et les administrations.

Par conséquent, le fait d’écrire une date civile, n’a pas de lien avec l’interdit d’imiter les non juifs, puisque selon l’opinion de Rabbi Yossef KOLON (le MaHaRy KOLON Italie 17ème siècle) cet interdit n’existe que lorsque nous les imitons sur une chose qui, chez eux, n’a pas de raison, dans ce cas, cela peut sembler être une façon d’adhérer à leur voie. Mais, lorsque nous faisons une chose assimilable aux non juifs, mais avec une explication logique, il n’y a pas d’interdit (excepté lorsqu’il s’agit de choses comportant de la débauche). Donc, même si nous considérons qu’utiliser une date civile peut être apparenté à de l’imitation des non juifs (même si ce n’est pas réellement le cas, mais seulement en apparence), de toute façon, puisqu’il y a à cela une grande raison suffisante, il n’y a aucun interdit.

C’est pour cela que selon la stricte loi, ceux qui se permettent d’écrirent une date civile, ont sur qui s’appuyer, puisqu’il n’y a aucun interdit à cela.

Cependant, pour ne pas non plus occulter complètement l’avis de nombreux Rabbanim qui pensent qu’il y a un interdit à cela, s’il n’y a pas de grande nécessité, il est préférable d’utiliser la date hébreux, et si il y a une nécessité d’écrire la date civile, il est bon d’y ajouter la date hébreux.

Sans vouloir s’étendre d’avantage sur le sujet, nous ajouterons simplement qu’il ne faut pas écrire de date civile sur les pierres tombales. Si toutefois quelqu’un l’a déjà fait, il faut dans ce cas consulter une autorité Rabbinique compétente, afin de savoir ce qu’il faudra faire.

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