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dimanche 27 janvier 2008

L’heure d’allumage des Nerot Shabbat

L’heure d’allumage des Nerot Shabbat

Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah

Question

Quel est le moment précis où l’on doit allumer les Nerot Shabbat ?

Y a-t-il une différence sur ce moment, entre Jérusalem et les autres villes d’Israël (ou du reste du monde) ?

Décision de la Hala’ha

Selon la Hala’ha, il faut impérativement allumer les Nerot Shabbat, un moment avant la Shki’a (le coucher du soleil), à titre de Tossefet ‘Hol ‘Al HaKodesh (Anticiper l’entrée de Shabbat en ajoutant du temps ‘Hol ou profane, sur la sainteté de Shabbat).

Cet ajout de temps, n’est pas limité. Il peut varié entre 1 ou 2 mn ou plus, avant la Shki’a.

Cependant, l’usage est d’allumer les Nerot et de cesser toute activité interdite Shabbat, au plus tard 20 mn avant la Shki’a. Ce temps correspond généralement à l’horaire d’entrée de Shabbat, indiqué sur les calendriers.

Il n’y a absolument aucune différence entre Jérusalem et les autres villes sur ce point là, l’usage est d’allumer au plus tard 20 mn avant la Shki’a.

(Pour savoir les horaires de la Shki’a, ainsi que tous les autres horaires des Mitsvot quotidiennes, pour toutes les villes du monde, rendez vous sur www.zmanim.free.fr)

Sources et développement

Dans la Gmara Yoma (81b), nos maîtres apprennent à travers l’analyse de différents versets de la Torah, l’obligation d’ajouter du temps ‘Hol sur le temps Kodesh de la journée de Yom Kippour, en l’augmentant à son entrée et à sa sortie.

C'est-à-dire, en anticipant son entrée sur son heure réelle (la Shki’a), et en retardant sa sortie sur son heure réelle (la sortie des étoiles). Il en est de même pour les jours de Yom Tov (les fêtes), ainsi que pour les jours de Shabbat.

Concrètement, cette augmentation de temps constitue à veiller à l’allumage des Nerot et à la cessation de toute activité interdite Shabbat, avant même que le soleil ne se couche, bien que si la Shki’a n’est pas encore arrivé, Shabbat n’est pas encore entrée de façon effective, et que l’on se trouve encore dans la journée de vendredi.

C’est également ainsi qu’il faut procéder à la sortie de Shabbat. Il est interdit d’accomplir une activité interdite Shabbat, immédiatement après la sortie des étoiles, il faut d’abord attendre un petit laps de temps supplémentaire. Ce temps supplémentaire correspond généralement à l’horaire de sortie de Shabbat indiqué sur les calendriers.

Cette Hala’ha est tranchée par l’essentiel de nos maîtres les Rishonim (décisionnaires de l’époque médiévale), ainsi que par MARAN[DP1] dans le Shoul’han ‘Arou’h, et tel est l’usage dans toutes les communautés du peuple d’Israël.

Selon le strict DIn, cet ajout de temps n’est pas limitée. On peut tout à fait allumer les Nerot Shabbat et cesser toute activité interdite Shabbat, un temps soit peu avant la Shki’a.

Cependant, l’usage dans la plupart des communautés est de veiller à n’allumer les Nerot et de cesser toute activité interdite Shabbat, au plus tard 20 mn environ, avant la Shki’a, pour plusieurs raisons. Cet ajout de 20 mn correspond à l’horaire d’entrée de Shabbat, indiqué dans les calendriers.

(Pour savoir les horaires de la Shki’a, ainsi que tous les autres horaires des Mitsvot quotidiennes, pour toutes les villes du monde, rendez vous sur www.zmanim.free.fr)

L’auteur du Mishna Beroura (le Gaon Rabbi Israël Meïr HaCohen de Radin – Russie)[DP2] écrit que puisque tout le monde n’a pas la compétence nécessaire pour déterminer l’heure exacte de la Shki’a, il faut s’imposer la ‘Houmra (la rigueur) d’allumer les Nerot Shabbat beaucoup plus tôt. Il fonde ses propos sur ceux de MARAN, qui écrit que lorsque l’on n’est pas expert sur l’horaire de la Shki’a, il faut allumer lorsque le soleil se trouve encore au sommet des arbres.

Cependant, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita réfute les propos du Mishna Beroura en faisant remarquer que de notre époque, chacun possède une montre, que l’on règle régulièrement sur l’heure de la Radio ou autre.

Par conséquent, il n’est pas utile d’allumer aussi tôt que le fait entendre l’auteur du Mishna Beroura. Il est suffisant d’allumer 20 mn avant la Shki’a.

Dans la sainte ville de Jérusalem, l’usage est d’annoncer l’entrée de Shabbat environ 40 mn avant la Shki’a.

On prétend que cet usage est fondé sur une institution très ancienne.

Mais en réalité, ceci est faut.

En effet, cet usage n’a été innové que par les Rabbanim Ashkenazim de Jérusalem, alors que les Rabbanim Sefaradim ne l’ont jamais adopté. Tous les maîtres Sefaradim de Jérusalem ont toujours allumé les Nerot Shabbat que seulement 20 mn environ avant la Shki’a.

C’est pourquoi, les Sefaradim ne sont pas soumis à cette tradition d’allumer les Nerot Shabbat 40 mn avant la Shki’a, et peuvent tout à fait poursuivre leurs préparatifs de Shabbat jusqu’à 20 mn avant la Shki’a.

Si une personne - sous l’influence des sirènes que l’on fait retentir à Jérusalem 40 mn avant la Shki’a - avait jusqu’à présent l’habitude d’allumer les Nerot Shabbat et de cesser tout activité interdite Shabbat, 40 mn avant la Shki’a ; si cette personne pensait que tel était le DIN, elle est autorisée à cesser son usage, et elle peut désormais allumer les Nerot Shabbat, 20 mn seulement avant la Shki’a.

Cependant, il faut veiller le plus possible à faire entrer Shabbat « dans la tranquillité », en se donnant de la marge afin de ne pas entrer dans Shabbat dans la panique, ce qui peut entraîner également la colère et l’énervement.

C’est pourquoi, même si le moment de l’allumage des Nerot n’est que 20 mn avant la Shki’a, il faut malgré tout calculer son temps pour chaque préparatif, afin d’entrer dans Shabbat dans le calme et la tranquillité, et de ne pas engendrer la colère et la discorde.

(Pour savoir les horaires de la Shki’a, ainsi que tous les autres horaires des Mitsvot quotidiennes, pour toutes les villes du monde, rendez vous sur www.zmanim.free.fr)

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768

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[DP1]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h

[DP2]Mishna Beroura Rabbi Israël Meïr HaCohen de Radin, le « ‘Hafets ’Haïm », Russie 20ème siècle, également auteur de ‘HAFETS ‘HAÏM, et de SHMIRAT HALASHON entre autres.

jeudi 2 août 2007

Les traditions contraires à l’opinion de MARAN, l’auteur du Shoul’han Arou’h.

Les traditions contraires à l’opinion de MARAN,

l’auteur du Shoul’han Arou’h.

Dans la précédente Hala’ha (qui traitait de la tombée de la nuit selon Rabbenou TAM[DP1]), nous avons mentionné que dans la majorité des communautés juives, la tradition est de considérer le moment de la sortie de étoiles (la tombée de la nuit), selon l’opinion des Gueonim[DP2].

Et bien qu’il serai souhaitable pour tout le monde de s’imposer la ‘Houmra (la rigueur) de faire sortir Shabbat selon l’horaire de Rabbenou TAM, c'est-à-dire 72 minutes après la Shki’a (après le couché du soleil), cependant, selon le stricte Din, de nombreuses personnes ont pour tradition de faire sortir Shabbat selon l’horaire des Gueonim, qui correspond à une heure plus avancée, tel que c’est précisé dans la plus part des calendriers.

Dans nos propos, il était stipulé que selon l’opinion de MARAN[DP3] l’auteur du Shoul’han Arou’h, dont nous, juifs Sefaradim, avons accepté les décisions, il est un devoir de se comporter sur ce point selon l’opinion de Rabbenou TAM.

Malgré cela, de nombreuses personnes n’adoptent pas sur ce point l’opinion de MARAN, et nous n’avons nous même écris qu’il était seulement souhaitable de s’imposer la ‘Houmra (la rigueur) de Rabbenou TAM, mais nous n’avons pas écris cela en tant que véritable obligation selon le Din.

Nous allons donc expliqué, avec l’aide d’Hahsem, comment se fait il que sur ce point, nous, qui avons accepté les décisions de MARAN en tout point, n’adoptons sa décision sur ce point qu’en tant que « comportement rigoureux qu’il serai bon d’adopter » ?

La réponse à cette question réside dans le fait qu’il existe quelques traditions que les juifs Sefaradim avaient déjà adopté avant même que ne se diffusent dans le monde les décisions Hala’hic de MARAN, puisque ses décisions Hala’hic, ainsi que tout son enseignement n’ont été diffusés qu’à la fin de sa vie (en 1575), et il y avaient d’autres ‘Ha’hamim qui dirigeaient leurs communautés selon les décisions Hala’hic émanant d’autres décisionnaires, comme selon le RIF[DP4] ou d’autres. Lorsque les livres de MARAN furent publiés, et que toutes les communautés Sefarades acceptèrent ses enseignements, il restait tout de même quelques traditions sur lesquelles la décision Hala’hic de MARAN ne fut pas acceptée, comme le fait de faire sortir Shabbat selon l’opinion des Gueonim, et non selon Rabbenou TAM, ce qui est contraire à l’avis de MARAN, comme en atteste le Gaon Rabbi Yona NAVON[DP5] z.ts.l dans son livre Shou’t NE’HPA BAKESSEF tome 1 page 154, 3ème colonne, que même en Erets Israël qui représente le lieu de MARAN, d’où se sont diffusées toutes ses décisions Hala’hic, même là bas, la tradition n’est pas conforme à l’opinion de Rabbenou TAM sur ce point, et cette tradition remonte à des temps éloignés, bien avant que se diffusent les décisions Hala’hic de MARAN.

Nous pouvons en déduire de façon générale, que toute tradition contraire à l’opinion de MARAN l’auteur du Shoul’han Arou’h, qui n’était pas adoptée par nos communautés avant la diffusion des décisions Hala’hic de MARAN, une telle tradition ne doit pas être adoptée, puisqu’elle est considérée comme nul dés son fondement (parce qu’elle contredit l’opinion de MARAN), puisqu’elle fut adoptée à la base en désaccord avec la Hala’ha.

Mais une tradition adoptée par nos communautés avant que les décisions Hala’hic de MARAN ne soient diffusées, peut être maintenue, et cela, même si elle va à l’encontre de l’opinion de MARAN, comme c’est le cas pour la tombée de la nuit se lon Rabbenou TAM.

C’est d’ailleurs ce qu’écrit MARAN lui-même dans l’introduction à son Shoul’han Arou’h, qu’il n’a pas pour objectif de remettre en question des traditions qui avait cours avant la rédaction de son ouvrage, mais uniquement de trancher la Hala’ha selon l’approbation majoritaire des Poskim, dans des situations où il y a Ma’hloket (divergence d’opinion Hala’hic).

Par conséquent, les personnes qui ont pour tradition la veille de Shabbat, d’allumer les Nerot (les veilleuses ou bougies de Shabbat), et ensuite de réciter la Bra’ha (la bénédiction), n’ont absolument aucun appui Hala’hic, puisque selon l’opinion de MARAN, ceux qui agissent ainsi, récitent une Bra’ha Levatala (une bénédiction en vain).

C’est pour cela qu’il faut enseigner, même à une personne qui a pour tradition de réciter la Bra’ha après l’allumage, qu’elle cesse totalement cette « tradition », et qu’elle revienne à la décision Hala’hic MARAN, selon laquelle, il faut réciter la Bra’ha avant l’allumage, comme nous l’avons expliqué dans une précédente Hala’ha.

REMARQUE

Dans la Hala’ha diffusée hier (H.Y 01.08.07), au sujet de la tombée de la nuit selon Rabbenou TAM, nous avons écris qu’il faut calculer les 72 minutes après la Shki’a (le couché du soleil), en « Sha’ot Zmaniyot » (en « heures relatives »), et nous avons écris que ce Din selon lequel il faut calculer en Sha’ot Zmaniyot, correspondait à l’opinion de tous les avis.

Mais cependant, ce n’est pas tout à fait le cas, puisque de nombreux Poskim (décisionnaires) pensent qu’au sujet de l’opinion de Rabbenou TAM sur la tombée de la nuit, on peut permettre de calculer les 72 minutes après la Shki’a, en heures ordinaires.

Récemment, a été édité le livre MISHNA BROURA[DP6] accompagné des notes et remarques des Rabbanim de la Yeshiva de Kissé Ra’hamim de Bné Brak, et à la fin du livre, un petit fascicule est rédigé par le Gaon Rabbi Meïr MAZOUZ[DP7] shalita Rosh Yeshiva de Kissé ra’hamim, et il précise que selon l’opinion de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, il n’est pas nécessaire de calculer les 72 minutes après la Shki’a en Sha’ot Zmaniyot (heures relatives, voir plus haut), mais il est suffisant de les calculer en heures ordinaires, et donc 72 minutes ordinaires après la Shki’a, nous pouvons effectuer des Mela’hot (activités interdites pendant Shabbat) à la sortie de Shabbat.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5767

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[DP1]

Rabbenou TAM

Rabbenou Yaakov Ben Meïr TAM France 12ème siècle, petit fils de Rashi, et l’un des principaux auteurs des Tossafot

[DP2]Gueonim Décisionnaires de la période post talmudique (9ème et 10ème siècle)

[DP3]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h

[DP4]RIF Rabbi Its’hak EL FASSI Algérie – Maroc 10ème siècle

[DP5]

Rabbi Yona NAVON

17ème et 18ème siècle , Maître du HYDA, et auteur du livre Ne’hpa Bakessef

[DP6]

Mishna Broura

Rabbi Israël Meïr HaCohen de Radin, le « ‘Hafets ’Haïm », Russie 20ème siècle, également auteur de ‘HAFETS ‘HAÏM, et de SHMIRAT HALASHON entre autres

[DP7]

Rav Meïr MAZOUZ shalita Fils de Rabbi Matslia’h MAZOUZ z.ts.l, qui fut Av Beit Din en TUNISIE, et qui a rédigé le Shou’t ISH MATSLIA’H, avant d’être assassiné au début des années 70.


mercredi 1 août 2007

La Tombée de la nuit, selon Rabbenou TAM

Que veut dire le « Zman Rabbenou TAM », selon lequel de nombreuses personnes attendent pour faire sortir Shabbat ? Doit on s’imposer cette ‘Houmra (cette rigueur) ?

Il est connu qu’il existe une très grande Ma’hloket (divergence d’opinion Hala’hic) parmi nos maîtres les Rishonim (décisionnaires antérieurs au Shoul’han Arou’h), concernant la manière de calculer le moment précis de Tset Hako’havim (la sortie des étoiles). (La sortie des étoiles marque la fin d’une journée, et le début d’une nouvelle journée pour tout ce qui est des lois de la Torah, comme la sortie de Shabbat, il est interdit de faire une Mela’ha – une activité interdite pendant Shabbat, avant que n’arrive la sortie des étoiles, qui marque la sortie de Shabbat, et le début du jour suivant)

En effet, selon l’opinion des Gueonim, le moment de la sortie des étoiles arrive 13 minutes et demie après la Shki’at Ha’hama (après le couché du soleil), et selon l’opinion de Rabbenou TAM[DP1] , la sortie des étoiles arrive bien plus tard, environs 72 minutes après la Shki’a (après le couché du soleil).

Attention ! Selon les 2 opinions, il faut calculer ces minutes selon les « Sha’ot Zmaniyot » (les « heures relatives »), c'est-à-dire : nous prenons le nombre d’heures qu’il y a entre le levé du soleil (le Nets) et le couché du soleil (la Shki’a), et nous les divisons par 12 (le temps d’une journée moyenne), nous obtenons le temps d’1 « Sha’a Zmanit » (1 « heure relative »). Pour obtenir le temps d’1 « minute relative », il suffit de diviser le résultat de la « Sha’a Zmanit » par 60. De cette façon, nous savons exactement à quoi correspondent les 2 opinions citées plus haut : 13 mn et ½ après la Shki’a selon les Gueonim, et 72 mn après la Shki’a selon Rabbenou Tam.

A titre indicatif : Ce Shabbat 4 août 2007 sort à 21h57 selon l’horaire traditionnel, et il sort à 22h56 selon l’horaire de Rabbenou TAM.

N.D.T Toute personne qui désire connaître l’horaire de la sortie de Shabbat selon Rabbenou TAM, peut se renseigner auprès de l’autorité rabbinique du lieu où elle réside, ou nous envoyer un mail à sheelot@free.fr

En Erets Israël comme dans la majorité des communautés juives du monde entier, la tradition est de considérer la sortie des étoiles selon l’opinion des Gueonim, c'est-à-dire que 13 mn et ½ en « heures relatives », après la Shki’a, comme expliqué plus haut, (+ un petit rajout que l’on appelle le Din de « Tossefet Shabbat » dont nous n’allons pas parler pour l’instant), nous faisons déjà la Havdala, et nous commençons à accomplir des Mela’hot (activités interdites pendant Shabbat), car nous considérons que Shabbat est sortie. C’est d’ailleurs ainsi que la majorité des calendriers indique l’heure de sortie de Shabbat. (Dans certains calendriers un peu plus élaborés, figure également l’horaire de la sortie de Shabbat selon Rabbenou Tam, à côté de l’horaire traditionnel)

Il est à remarquer que si la Hala’ha sur ce point n’avait pas été fixée selon l’opinion de Rabbenou Tam, en raison du fait que la quasi totalité des Poskim (décisionnaires) avaient contredis et repoussé totalement son avis, il n’y aurait pas lieu de s’imposer cette ‘Houmra (cette rigueur), puisque telle est notre habitude, de nous comporter toujours en conformité avec l’opinion des Grands de la Hala’ha de toutes les générations, selon les règles et principes Hala’hic qui nous ont été transmis de génération en génération.

Mais ce n’est pas du tout le cas !!

En effet, de nombreux et très grands Poskim, parmi nos maîtres les Rishonim, partagent l’opinion de Rabbenou Tam sur ce point, et selon cette opinion, une personne qui fait une Mela’ha (une activité interdite pendant Shabbat) avant que n’arrive la sortie des étoiles selon Rabbenou Tam, cette personne est condamnable de la peine de mort par strangulation (Skila) selon la Torah (puisque celui qui profane Shabbat, est passible de cette peine selon la Torah).

Citons quelques uns des Rishonim qui partagent l’opinion de Rabbenou Tam sur ce point :

§ Rabbenou Haï Gaon[DP2]

§ Le RAVAD[DP3]

§ Le RAZAH[DP4]

§ Le RAMBAN[DP5]

§ Le RASHBA[DP6]

§ Le RAHA[DP7]

§ Le RYTBA[DP8]

§ Le RAN[DP9]

§ L’auteur du Maguid Mishné[DP10]

§ Le Meîri[DP11]

§ L’auteur du OHEL MOED[DP12]

§ L’auteur du SaMaG[DP13]

§ L’auteur du ROKEA’H

§ Le Mordé’hi[DP14]

§ Rabbenou PERETS[DP15]

§ Le ROSH[DP16]

§ Rabbenou YERO’HAM [DP17] … etc …

Sans compter le fait que même MARAN[DP18] et le RAMA[DP19] partagent également cette opinion (voir Shoul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm chap.261 parag.2).

Tel est également l’avis du MaBYT[DP20] , du RaDBaZ[DP21] , et du MaHaRY KOLON[DP22] .

Il y a un peu plus de 300 ans, le Gaon Rabbi Yaakov FRAG’I[DP23] z.ts.l (dénommé le « MaHaRYF », qui était l’un des grands décisionnaires de la Hala’ha en Egypte, et le compagnon d’étude de Rabbi Avraham HaLevi, l’auteur du GINAT VERADIM[DP24] ) rédigea tout un fascicule pour démontré que la Hala’ha doit être fixée sur ce point selon l’opinion de Rabbenou Tam, en contradiction avec l’usage en vigueur dans les communautés juives. Son compagnon, le Gaon GINAT VERADIM z.ts.l rédigea une Tshouva (une réponse Hala’hic étayée d’arguments) afin de contredire les propos du Gaon MaHaRYF, mais celui-ci reprit la plume une nouvelle fois pour maintenir sa position Hala’hic concernant le fait qu’il faut attendre la nuit selon Rabbenou Tam pour faire sortir Shabbat.

Cependant, l’usage en Egypte, comme dans la majorité des communautés, n’était pas d’attendre la nuit selon Rabbenou Tam, et le Gaon MaHaRYF s’interrogeait sur l’utilité de diffuser son fascicule, et voici ce qu’il écrit lui-même sur le sujet :

« Voilà plus de 50 ans que je me suis positionné sur cette question, et je marche en toute innocence (il aurait désiré que tout le monde s’impose cette ‘Houmra – cette rigueur, mais personne ne l’écoutait), au point où même mon épouse refuse de m’écouter sur ce point, en me disant qu’elle fait tout simplement ce que tous les juifs font. Elle attend quand même environs ¼ d’heure de plus que les autres membres de la communauté, mais elle ne va pas jusqu’à attendre véritablement l’horaire de Rabbenou Tam. Le fascicule que j’ai rédigé, je ne l’ai rédigé finalement que pour moi-même (car lui-même s’imposait cette ‘Houmra), et je ne me suis motivé à le diffuser que parce qu’à travers un rêve, on m’a fait savoir depuis le Ciel, qu’il y avait une grande utilité à la diffusion de ce fascicule dans le monde, car grâce à lui, de nombreuses personnes respecterons peut être l’heure de Rabbenou Tam, et cela rapprochera peut être la Gueoula (la Rédemption) ! »

De nombreux autres Poskim partagent cet avis, selon lequel toute personne craignant la parole d’Hashem, doit s’imposer la ‘Houmra (la rigueur) d’attendre l’heure de sortie de Shabbat selon Rabbanou Tam et la majorité des Poskim.

En particulier pour ce qui est des Mela’hot Min Hatorah (activité interdites par la Torah pendant Shabbat), comme allumer l’électricité, écrire, porter etc…

C’est ainsi que tranche notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita dans son livre Shou’t Yabia’ Omer (tome 2 Ora’h ‘Haïm chap.21).

De notre époque, Barou’ha Hashem, de nombreuses personnes ont adopté cette ‘Houmra importante.

Il y a quelques jours de cela, notre maître le Rav shalita s’est entretenu avec les responsables du site israélien de la HALA’HA YOMIT, et lorsque notre maître a prit connaissance du nombre de personnes dans le monde qui bénéficiaient chaque jour de la réception de la Hala’ha, il s’en réjouit et demanda expressément que l’on consacre une Hala’ha au Din de la nuit selon Rabbenou Tam, puisque cette ‘Houmra est particulièrement importante car elle est liée à de grave transgressions d’interdits d’ordre de la Torah.

C’est pour cela qu’il est souhaitable à tout homme comme à toute femme de s’imposer cette ‘Houmra, au moins pour ce qui est des interdits d’ordre Min Hatotrah (activité interdites par la Torah) comme nous lavons expliqué plus haut.

« Celui qui nous écoute, résidera en toute quiétude » (Langage emprunté à Mishlé 1 – 33)

N.D.T Il est quand même intéressant de faire remarquer que la plus part des gens s’imposent toutes sortes de ‘Houmrot (rigueurs non exigées par la Hala’ha), et dans la majorité des cas, par pur ignorance de la Hala’ha. Ces ‘Houmrot sont prônées, particulièrement ici en France, par des personnes qui, elles même n’ont pas une expérience suffisante dans l’étude de la Hala’ha. On dicte « à tous va », toute les ‘Houmrot que nous pouvons puiser parmi les opinions des Poskim, ‘Houmrot qui sont souvent rejetées par la majorité des Poskim, ou qui ne correspondent pas à la tradition en vigueur chez les Sefaradim.

Mais par contre, des ‘Houmrot partagées par l’opinion majoritaire des Poskim, et rapportées par le Shoul’han Arou’h lui-même, comme notre sujet de la nuit selon Rabbenou Tam, ces ‘Houmrot passent sous silence !

La ‘Houmra serait elle, dans le milieu juif orthodoxe français, qu’un effet de mode ?!!

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5767

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[DP1]

Rabbenou TAM (Rabbenou Yaakov Ben Meïr TAM France 12ème siècle, petit fils de Rashi, et l’un des principaux auteurs des Tossafot)

[DP2]

Rabbenou Haï Gaon

(Irak 10ème siècle)

[DP3]RAVAD (Rabbenou Avraham Ben David France 12ème siècle)

[DP4]RAZAH (Rabbenou Zera’hya HaLevi Espagne 12ème siècle, auteur du MAOR)

[DP5]

RAMBAN (Rabbi Moshé Ben Na’hman ou Na’hmanide Espagne – Israël 13ème siècle)

[DP6]RASHBA (Rabbenou Shlomo Ben Aderet Espagne 13ème siècle)

[DP7]RAHA Rabbenou Aharaon HaLevi auteur présumé du SEFER HA’HINOU’H Espagne 14ème siècle

[DP8]RYTBA (Rabbenou Yom Tov Ben Avraham Espagne 14ème siècle)

[DP9]RaN (Rabbenou Nissim de Gérone Espagne 14ème siècle)

[DP10]Maguid Mishné Rabbi Vidal DI TOLOSA Espagne 14ème siècle)

[DP11]Meïri (Rabbenou Mena’hem Ben Shlomo HaMeïri France 13ème et 14ème siècle)

[DP12]OHEL MOED référence rapportée fréquemment par MARAN dans le Beit Yossef, et dont l’auteur est probablement de l’époque du Meïri (13ème siècle)

[DP13]SaMaG Sefer Mitsvot Gadol Rabbi Moshé MI KOUTSI France 13ème siècle

[DP14]Mordé’hi Rabbenou Morde’haï Bar Hillel Allemagne 13ème siècle, élève du Maharam de Rottenbourg, et ‘Haver, compagnon d’étude du Roch

[DP15]

Rabbenou PERETS France 13ème siècle

[DP16]Rosh (Rabbenou Asher Allemagne-Espagne 13ème siècle)

[DP17]

Rabbenou Yero’ham France – Espagne 14ème siècle

[DP18]MARAN (ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h)

[DP19]RaMA (Rabbi Moshé ISSERLEISS Pologne 16ème siècle, opinion Hala’hic principale pour les Ashkenazim)

[DP20]MaBYT Rabbenou Moshé Ben Yossef TIRANI Israël 16ème siècle, compagnon d’étude de MARAN

[DP21]RaDBaZ (Rabbi David Ben Zimra Egypte – Israël 16ème siècle)

[DP22]MaHaRY KOLON Rabbi Yossef KOLON Italie 17ème siècle

[DP23]Rabbi Yaakov FRAG’I Egypte 17ème siècle

[DP24]

GINAT VERADIM (Rabbi Avraham HaLevi Egypte 17ème siècle)

lundi 23 juillet 2007

Hala’hot relatives à la sortie du 9 AV et au 10 AV

Hala’hot relatives à la sortie du 9 AV et au 10 AV

Le 9 AV dés la sortie des étoiles, il est permis de manger et de boire.

Nous avons la tradition de réciter la Birkat Halevana (bénédiction sur la nouvelle lune) à la sortie du 9 AV, après l’office de Arvit (lorsqu’il fait nuit).

Il est bien de goûter quelque chose avant de réciter Birkat Halevana.

Certains ont la tradition de remettre les chaussures en cuir et de se laver le visage et les mains avant de réciter Birkat Halevana, à la sortie du 9 AV. (Certains pensent qu’il ne faut pas réciter Birkat Halevana à la sortie du 9 AV, cependant notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit que la tradition est répandue de réciter Birkat Halevana à la sortie du 9 AV.)

Nos ‘Ha’hamim enseignent dans la Gmara Taanit (29a) :

Les non juifs ont pénétré à l’intérieur du Beit Hamikdash le 7 AV, et ils ont allumé l’incendie le 9 vers le soir. L’incendie a brûlé toute la journée du 10. Rabbi Yo’hanan dit : « Si j’étais de la génération des ‘Ha’hamim qui ont instauré le jeûne du 9 AV, j’aurais imposé de jeûner le 10 AV et non le 9, puisque c’est le 10 que la majeure partie du Sanctuaire a brûlé. Les ‘Ha’hamim qui eux, ont instauré le jeûne à la date du 9, considèrent que le début du malheur est beaucoup plus significatif.

Nos ‘Ha’hamim nous enseignent dans le Talmoud Yeroushalmi, que Rabbi Aboun jeûnait le 9 et le 10 AV.

Cependant, selon le Din les ‘Ha’hamim n’ont pas instaurer de jeûner 2 jours, pour la simple raison que nous n’en n’avons pas la force.

Mais puisque le 10 AV est lui aussi un jour marqué par le malheur, nous avons la tradition de ne pas manger de viande, ni de boire de vin à la sortie du 9 AV, ainsi que toute la journée du 10 jusqu’à la Shki’a (le couché du soleil).

Les Ashkenazim n’ont cette tradition que jusqu’à ‘Hatsot Hayom (la moitié de la journée) du 10 AV.

Il est permis aux Séfaradim ainsi qu’à tous les originaires des communauté d’orient, de se couper les cheveux (et de se raser), de laver le linge, et de se laver, immédiatement à la sortie du 9 AV.

Cependant, les Ashkenazim ont la tradition, également sur ce point, d’attendre ‘Hatsot Hayom du 10 AV.

Il est rapporté dans la Gmara Taanit (30b) :

« Celui qui mange et boit le jour du 9 AV, ne méritera pas de voir la réjouissance de Jérusalem. Celui qui prend le deuil de Jérusalem, mérite de voir sa réjouissance, comme il est dit : « Réjouissez-vous avec Jérusalem et soyez dans l'allégresse à cause d'elle, vous tous qui l'aimez ! Prenez part à sa joie, vous tous qui êtes en deuil à son sujet ! » (Isha’ya 66-10).

Le verset emploi les termes « mérite de voir sa réjouissance », au présent, et non pas « méritera de voir sa réjouissance », comme cela aurai été plus juste.

Notre maître le Rav shalita explique cette modification de la façon suivante :

Il est décrété que le souvenir d’un mort s’estompe de la mémoire de chacun au bout de 12 mois (puisque nous voyons que généralement, les gens acceptent la consolation après 12 mois, et leur peine s’est atténuée). De même, il écrit au sujet de Yaakov Avinou (lorsqu’il pleura son fils Yossef, pensant qu’il avait été dévoré par une bête sauvage) « Tous ses enfant se levèrent pour le consoler, mais il refusa toute consolation », et cela, en raison du fait que l’on n’accepte pas la consolation sur une personne encore vivante, puisqu’il n’a pas été décrété sur celui qui est encore vivant, d’être oublié, mais seulement sur celui qui est mort. Or, Yossef était encore vivant, et de façon naturelle, son père Yaakov ne pouvait pas se consoler.

Il en est de même vis-à-vis du Beit Hamikdash.

Bien que de nombreuses années se sont écoulées depuis sa disparition, nous continuons quand même à prendre le deuil sur lui, car le 3ème Beit Hamikdash existe déjà En Haut dans le ciel, comme il est écrit : « le Sanctuaire que Tes mains, Hashem, ont crée ». Le 3ème Beit Hammikdash doit descendre du ciel, construit, rapidement, de nos jours.

Celui qui prend le deuil sur Jérusalem, c’est la plus belle preuve pour lui qu’il « mérite de voir sa réjouissance », car le simple fait de s’endeuillé, représente le signe que le Beit Hamikdash est encore en nous, et n’a pas complètement disparu, et que nous sommes appelés à voir sa joie.

Nos ‘Ha’hamim nous ont enseigné également que Mashia’h doit naître un 9 AV.

Qu’ Hashem nous donne le mérite de voir de nos yeux Son retour à Tsion (Jérusalem) par la reconstruction de Jérusalem, AMEN.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5767

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