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dimanche 20 décembre 2009

Bénédictions sur des manifestations de la nature

Bénédictions sur des manifestations de la nature

Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de mon épouse Sylvie Mazal Esther Bat Régine ‘Haya Sim’ha, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita), ainsi que pour ma propre Refoua Shelema David Avraham Ben Simi

QUESTION

Quelle est la bénédiction que l’on doit réciter à la vision d’un éclair ou lorsqu’on entend le tonnerre ?
Quelle est la bénédiction que l’on doit réciter à la vision de l’arc en ciel ?

DECISION DE LA HALA’HA

Lorsque l’on voit un éclair, on doit réciter la bénédiction suivante :
Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam ‘Ossé Ma’assé Bereshit.

Lorsque l’on entend le tonnerre, on doit réciter la Bénédiction suivante :
Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam Sheko’ho Ougvourato Malé ‘Olam.

Il faut impérativement réciter ces bénédictions immédiatement après avoir vu l’éclair ou entendu le tonnerre. Dans tous les cas, on ne doit pas réciter ces bénédictions au-delà du laps de temps que l’on appelle « To’h Kédé Dibour », qui correspond au temps qu’il faut pour dire les mots Shalom ‘Ale’ha Rabbi, ce qui équivaut à environ 1 seconde et ½ . Si plus d’1 seconde et ½ s’est écoulée après que l’on a vu l’éclair ou que l’on a entendu le tonnerre, il ne faut pas réciter ces bénédictions, et il faudra attendre le prochain éclair ou le prochain tonnerre pour réciter.

Il faut réciter ces bénédictions avec Shem Ou-Mal’hout (avec le Nom d’Hashem et l’expression de Sa Royauté = avec les mots « Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam ») car toute bénédiction qui ne contient pas Shem Ou-Mal’hout (les mots « Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam »), n’est pas une bénédiction.

Lorsque l’éclair et le tonnerre sont enchaînés de façon immédiate, il faut réciter une seule bénédiction qui est celle de ‘Ossé Ma’assé Bereshit. Si l’on a récité celle de Sheko’ho Ougvourato Malé ‘Olam, on est quitte.

Si l’on est en train de réciter la bénédiction de ‘Ossé Ma’assé Bereshit sur la vision de l’éclair, et qu’un tonnerre retentit avant que l’on achève cette bénédiction, on est quitte et il ne faut pas réciter celle de Sheko’ho Ougvourato Malé ‘Olam sur le tonnerre.

Nous ne récitons la bénédiction sur l’éclair ou sur le tonnerre pas plus d’une seule fois par jour.

Cependant, si après avoir récité l’une ou l’autre de ces Bera’hot (ou les 2), les nuages ce sont dissipés, une éclaircie est apparue, et que de nouveau, dans la même journée, les nuages ont remplie le ciel et ont provoqué un nouvel orage avec des éclairs et du tonnerre, dans ce cas, on doit de nouveau réciter ces Bera’hot, même si cela se passe dans la même journée. (suite du résumé sur l’autre page)
Si l’on a récité ces bénédictions en journée, et que les éclairs et le tonnerre se manifestent de nouveau pendant la nuit, on ne doit pas les réciter de nouveau (sauf s’il y a eu éclaircie et nouvel orage).

Si on récite ces bénédictions en journée, et que la nuit passe, nous devons de nouveau les réciter le lendemain, si nous voyons l’éclair ou que nous entendons le tonnerre, même s’il n’y a pas eu d’éclaircies entre-temps.

Si l’on n’a pas vu réellement l’éclair, mais seulement sa lumière réfléchie sur le mur d’une pièce, on peut quand même réciter la bénédiction de ‘Ossé Ma’assé Bereshit.
Si l’on est réveillé en pleine nuit par le tonnerre, et que l’on ne veut pas perdre cette bénédiction,
nous devons frotter les mains contre un vêtement (le pyjama) ou contre une couverture ou un drap, et ensuite réciter la bénédiction sur le tonnerre. Il faut réagir très vite pour ne pas que s’écoule le laps de temps de To’h Kedé Dibour.

Lorsque l’on voit l’arc-en-ciel, nous devons réciter la bénédiction suivante :
Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam Zo’her HaBerit, Neeman Bivrito VeKayam Bemaamaro.

Il faut regarder l’arc en ciel seulement un court instant avant de réciter la bénédiction, et ensuite il ne faut plus le regarder, car en règle générale, il est interdit de regarder l’arc en ciel
On peut réciter la bénédiction même si la dernière vision remonte à moins de 30 jours.

L’usage est répandu de dire à son ami que l’arc-en-ciel est apparu afin qu’il puisse réciter la bénédiction de l’arc en ciel.

La personne qui récite la bénédiction de l’arc-en-ciel même lorsqu’on ne le voit que partiellement, a sur qui s’appuyer.

SOURCES ET DEVELOPPEMENT

Il est enseigné dans une Mishna du traité Béra’hot (54a) :
Lorsque l’on voit un éclair ou que l’on entend le tonnerre, on doit réciter la Bénédiction suivante :
Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam Sheko’ho Ougvourato Malé ‘Olam.
Et sur certaines autres manifestations de la nature (sur lesquelles nous ne pouvons pas nous étendre ici), on doit réciter la Bénédiction suivante :
Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam ‘Ossé Ma’assé Bereshit.

Cette Hala’ha est tranchée par MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (0.H 227-1).

Cependant, le Gaon auteur du Mishna Béroura (note 5) précise que l’usage est d réciter ‘Ossé Ma’assé Bereshit sur les éclairs, et Sheko’ho Ougvourato Malé ‘Olam sur le tonnerre.
Tel est l’usage en vigueur.

Il faut impérativement réciter ces bénédictions immédiatement après avoir vu l’éclair ou entendu le tonnerre. Dans tous les cas, on ne doit pas réciter ces Bénédictions au-delà du laps de temps que l’on appelle « To’h Kédé Dibour », qui correspond au temps qu’il faut pour dire les mots Shalom ‘Ale’ha Rabbi, ce qui équivaut à environ 1 seconde et ½ .
Si plus d’1 seconde et ½ s’est écoulée après que l’on a vu l’éclair ou que l’on a entendu le tonnerre, il ne faut pas réciter ces Bénédictions, et il faudra attendre le prochain éclair ou le prochain tonnerre pour réciter.
Telle est l’opinion de MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (0.H 227-3)

Selon le RAVAD, il faut réciter ces Bénédictions sans le nom d’Hashem, et l’expression de Sa Royauté (sans Shem Ou-Mal’hout, c'est-à-dire sans les mots Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam).
Selon cet avis, il faudrait dire : Barou’h ‘Ossé Ma’assé Bereshit pour l’éclair, et Barou’h Sheko’ho Ougvourato Malé ‘Olam pour le tonnerre.

Cependant, la quasi-totalité de nos maîtres les Rishonim - les décisionnaires antérieurs au Shoul’han ‘Arou’h - réfutent l’opinion du RAVAD sur ce point, et selon eux, il faut réciter les Bénédictions sur les éclairs et le tonnerre avec Shem OuMal’hout (avec le Nom d’Hashem et l’expression de Sa Royauté = avec les mots Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam), car la Gumara dit dans Bénédictions (40b) que toute Bera’ha qui ne contient pas Shem Ou-Mal’hout (les mots Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam), n’est pas une Bera’ha.
MARAN tranche dans le Shoul’han ‘Arou’h (Ora’h ‘Haïm chap.218 parag.1) selon l’opinion majoritaire de ces Rishonim, selon lesquels il n’y a pas de différence entre ces 2 Bénédictions et toutes les autres, dans tous les cas, nous les récitons avec Shem OuMal’hout.

Le Gaon Rabbi ‘Haïm PONTRIMOLI z.ts.l - dans son livre Peta’h Hadevir (tome 2 sur O.H 227 note 3) - rapporte que certains ont l’habitude de réciter ces 2 Bénédictions sans Shem OuMal’hout.
Dans un premier temps, l’auteur du Peta’h Hadevir exprime une critique à l’égard de ces personnes qui récitent ces 2 Bénédictions sans Shem OuMal’hout, mais ensuite, il justifie leur tradition en avançant l’argument selon lequel nous devons réciter ces Bara’hot dans un laps de temps relativement court (To’h Kédé Dibour, voir plus haut), et tout le monde n’est pas forcément expert en la matière pour savoir évaluer si ce laps de temps s’est déjà écoulé ou non. Qui plus est, d’autres paramètres Hala’hic entrent en ligne de compte sur ces Bénédictions. C’est pour cela, selon le Peta’h Hadevir, que certaines personnes ne récitent pas ces Bénédictions avec Shem OuMal’hout.
Mais il conclu ses propos en disant que celui qui maîtrise la Hala’ha, doit réciter ces 2 Bénédictions avec Shem OuMal’hout, tel que l’ont institué nos ‘Ha’hamim.

Mais notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, dans son livre Shout Yabiy’a Omer (tome 4 chap.4, parag.28), ainsi que dans d’autres de ses ouvrages, réfute les propos du Peta’h Hadevir sur ce point, en disant que la Hala’ha est très claire sur ce sujet, et le fait d’évaluer le laps de temps de To’h Kédé Dibour n’exige pas spécialement une sagesse particulière.
Par conséquent, il faut réciter ces 2 Bénédictions tel que l’on instituer nos ‘Ha’hamim, et conformément à l’opinion de la quasi-totalité des Poskim et de MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h, selon qui il faut réciter ces Bénédictions avec Shem OuMal’hout, comme c’est le Din pour toutes les autres Bénédictions que nous récitons.
Tout ceci par opposition à l’opinion du Gaon Rabbi ‘Ovadia HADAYA – dans son livre Shou’t Yaskil ‘Avdi (tome 7 page 387a chap.8 note 3), partagée par le Gaon Rabbi Réfaël Barou’h TOLEDANO dans son Kitsour Shoul’han ‘Arou’h (page 261), qui prétendent que selon l’usage des Séfaradim, on récite ces bénédictions sans Shem OuMal’hout.
Notre maître le Rav Shalita atteste qu’un tel usage n’est pas celui de Séfaradim possédant de la Torah, mais seulement d’ignorants.

Telle est également l’avis du Gaon Rabbi Yossef YOZFA dans son livre Yossef Omets (chap.287 et 376), du Gaon auteur du Eliyah Rabba (sur O.H 223 note 3), de notre maître le ‘HYDA dans son livre Birké Yossef (sur O.H 218 note 1), du Gaon auteur du Bérit Kehouna (sect. « Zaïn » note 5), et d’autres…

Quelques cas pratiques

1. Si l’éclair et le tonnerre sont enchaînés de façon immédiate :

Le Maguen Avraham (sur O.H 227 note 1) et le Mishna Béroura (227 note 6) tranchent qu’il faut réciter une seule bénédiction qui est celle de ‘Ossé Ma’assé Bereshit. Si l’on a récité celle de Sheko’ho Ougvourato Malé ‘Olam, on est quitte.

Mais le Gaon Ya’bets - dans son livre Mor Ou-Ktsi’a – réfute cette opinion et tranche qu’il faut – même dans ce cas – réciter les 2 bénédictions.

Cependant, la majorité des A’haronim partagent l’opinion du Maguen Avraham sur ce point et par conséquent, lorsque l’éclair et le tonnerre sont enchaînés de façon immédiate, il faut réciter une seule bénédiction qui est celle de ‘Ossé Ma’assé Bereshit. Si l’on a récité celle de Sheko’ho Ougvourato Malé ‘Olam, on est quitte.

2. On récite la bénédiction de ‘Ossé Ma’assé Bereshit sur l’éclair, et le tonnerre retentit avant la fin de la bénédiction

Si l’on est en train de réciter la bénédiction de ‘Ossé Ma’assé Bereshit sur la vision de l’éclair, et qu’un tonnerre retentit avant que l’on achève cette bénédiction, on est quitte et il ne faut pas réciter celle de Sheko’ho Ougvourato Malé ‘Olam sur le tonnerre.
Telle est l’opinion du Gaon auteur du Kitsour Shoul’han ‘Arou’h (chap.60 note 2), et du Gaon auteur du Shou’t Beer Sarim (tome 5 chap.45 note 3)

Il est vrai que cette opinion est discutée puisque le Gaon Rabbi ‘Haïm de TSANZ – dns ses notes sur le Shoul’han ‘Arou’h – écrit qu’il faudra aussi réciter la bénédiction de Sheko’ho Ougvourato Malé ‘Olam. (Il semble que telle est l’avis du Gaon Rabbi Yossef Shalom ELYASHIV Shalita comme le rapporte le livre Sha’aré Béra’ha (fin du chap.472) en son nom).

Malgré tout, « Safek Béra’hot Lehakel » (lors d’un doute sur la récitation d’une bénédiction, nous allons à la souplesse et nous ne la récitons pas).

Nous ne récitons la Bera’ha sur l’éclair ou sur le tonnerre pas plus d’une seule fois par jour.
Cependant, MARAN écrit dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 227-2), que si après avoir réciter l’une ou l’autre de ces Bera’hot (ou les 2), les nuages ce sont dissipés, une éclaircie est apparue, et que de nouveau, dans la même journée, les nuages ont remplie le ciel et ont provoqué un nouvel orage avec des éclairs et du tonnerre, dans ce cas, on doit de nouveau réciter ces Bera’hot, même si cela se passe dans la même journée.

Si l’on a récité ces bénédictions en journée, et que les éclairs et le tonnerre se manifestent de nouveau pendant la nuit :

Le Maamar Mordéhaï (fin de la note 3) écrit que l’on ne doit pas les réciter de nouveau (sauf s’il y a eu éclaircie et nouvel orage), car sur ce point, la nuit est liée à la journée qui vient de s’écouler (comme pour Birkot Ha-Torah).
Cette opinion est partagée par de nombreux A’haronim comme le Gaon auteur du Shou’t Tsits Eli’ezer (tome 18 fin du chap.78), le Gaon Rabbi Shlomo Zalman OYERBACH z.ts.l dans son livre Hali’hot Shelomo (page 287 note 25), et d’autres...

Le Maamar Morde’haï poursuit en ajoutant que si on récite ces Bera’hot en journée, et que la nuit passe, nous devons de nouveau les réciter le lendemain, si nous voyons l’éclair, ou que nous entendons le tonnerre, même s’il n’y a pas eu d’éclaircies entre temps.

Le Gaon Rabbi Shlomo Zalman OYERBACH z.ts.l écrit (dans son livre Hali’hot Shelomo – Dvar Hala’ha (page 287), et dans son livre Shou’t Min’hat Shelomo tome 2 chap.4 note 34) que si l’on n’a pas vu réellement l’éclair, mais seulement sa lumière réfléchie sur le mur d’une pièce, on peut quand même réciter la bénédiction de ‘Ossé Ma’assé Bereshit car cela représente également - d’une certaine manière - la reproduction de la création du monde.

Si l’on est réveillé en pleine nuit par le tonnerre, et que l’on ne veut pas perdre cette Bera’ha, mais le fait d’aller se laver les mains (Netilat Yadaïm pour pouvoir réciter une Bera’ha), va nous faire perdre le temps qui nous est imparti pour réciter cette Bera’ha, dans ce cas, dés que nous entendons le tonnerre, nous devons frotter les mains contre un vêtement (le pyjama) ou contre une couverture ou un drap, et ensuite réciter la Bera’ha sur le tonnerre. Il faut réagir très vite pour ne pas que s’écoule le laps de temps de To’h Kedé Dibour (voir plus haut).

L’arc en ciel

Il est enseigné dans la Guemara Bera’hot (59a) :
Lorsque l’on voit l’arc-en-ciel, nous devons réciter la Bera’ha suivante :
Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam Zo’her HaBerit, Neeman Bivrito VeKayam Bemaamaro.
Traduction : Tu es Bénis Hashem (Tu es la source de la Bénédiction) Notre D. Roi du Monde, qui se souvient de l’Alliance, qui est digne de confiance pour Son alliance, et qui accomplit Sa parole.

Cette Hala’ha st tranchée par le RAMBAM (chap.10 des Hal. Bera’hot, Hal.16), ainsi que par MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H chap.229 parag.1)

Il faut regarder l’arc en ciel seulement un court instant avant de réciter la Bera’ha, et ensuite il ne faut plus le regarder, car en règle générale, il est interdit de regarder l’arc en ciel, comme nos ‘Ha’hamim nous l’enseignent dans la Guemara ‘Haguiga 16a).

Explication :
Après le Maboul (le déluge), Hashem a établi une alliance avec Noa’h et ses descendants. Selon cette alliance, Hashem s’engage à ne plus détruire le monde, même si les Resha’im (les impies) se multiplient au point de provoquer la colère Divine, comme se fut le cas lors du Maboul. Si Hashem se met en colère sur le monde, il retiendra cette colère en faisant apparaître l’arc en ciel.
Nous exprimons donc dans cette Bera’ha qu’Hashem reste fidèle à sa promesse de ne plus détruire le monde, même si nous avons un comportement qui éveille Sa colère, et nous concluons cette Bera’ha en disant qu’Il « accomplie Sa parole », dans le sens où l’arc-en-ciel fait partie intégrante de l’œuvre de la Création du Monde, et il existait avant le déluge, malgré cela, Hashem accomplira sa parole de ne plus détruire le monde.

Comme nous l’avons déjà précisé dans une précédente Hala’ha, cette Bera’ha – comme toutes les Bera’hot que nous récitons – doit être récitée avec Shem OuMal’hout (avec les mots Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam qui sont l’expression du Nom d’Hashem et de Sa Royauté), car selon la Hala’ha, toute Bera’ha qui ne contient pas Shem OuMal’hout (les mots Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam), n’est pas une Bera’ha, comme il est enseigné dans la Guemara Bera’hot (40a), et comme le tranche MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (Ora’h ‘Haïm chap.218 parag.1).

Doit-on réciter cette Bera’ha uniquement une fois par 30 jours ?

Notre maître le ‘HYDA – dans son livre Ma’hzik Bera’ha (sur O.H 229 note 1) – cite une opinion selon laquelle la Bera’ha à la vision de l’arc-en-ciel ne doit être récitée que seulement lorsqu’on le voit une fois par 30 jours, comme pour toutes les autres Bera’hot à la vision de certains évènements.
Mais le ‘HYDA réfute cette opinion en expliquant que cette règle selon laquelle il faut un délai de 30 jours entre les 2 visions pour pouvoir réciter de nouveau la Bera’ha, concerne uniquement les choses qui sont présentes en permanence, mais qu’il dépend que de nous même d’aller voir ces choses. Par contre, lorsqu’il s’agit d’un évènement qui apparaît et qui disparaît totalement pour de nouveau réapparaître, cette règle n’existe pas, et l’on peut réciter la Bera’ha même si la dernière vision remonte à moins de 30 jours.

Est-il permis de dire à son ami que l’arc en ciel est apparu ?

Le ‘Hayé Adam (règle 63 note 4) écrit :
« j’ai trouvé dans un livre dont je ne me souviens plus du nom de l’auteur, qu’il n’était pas recommandé de dire à son ami que l’arc en ciel est apparut, pour ne pas être qualifiable de Mosti Dibba Hou Kessil (colporteur)… » Le Mishna Beroura ainsi que le Kaf Ha’Haïm (note 1) le rapportent.

Explication
L’arc-en-ciel vient en signe de la colère Divine, et c’est pour cela que le fait de dire à son ami que l’arc en ciel est apparut, est une façon de dire qu’Hashem est en colère contre le monde.

Mais l’auteur du Berit Kehouna (section Kof note 3) écrit :
« L’usage est répandu de dire à son ami que l’arc-en-ciel est apparut afin qu’il puisse réciter la Bera’ha de l’arc-en-ciel. Ceci par opposition aux propos du Kaf Ha’Haïm au nom du ‘Hayé Adam, car ses propos ne semblent pas corrects. Au contraire, nous exprimons notre reconnaissance envers Hashem pour avoir établi ce pacte d’Alliance selon lequel Il ne détruira pas le monde, et il est préférable d’informer son ami que l’arc en ciel est apparu, afin qu’il prenne conscience – lui aussi – qu’il faut faire Teshouva et améliorer ses actes… » (Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit dans son livre - ‘Hazon Ovadia – Tou Bishvat et Bera’hot page 472 - à propos de cette opinion du Berit Kehouna : « Ces propos sont justes. »).

On peut aussi le prouver à partir du Sefer Ha’Hassidim (chap.807) :
Une personne priait dans la synagogue. Après avoir répondu à la Kedousha, on vint le prévenir que l’arc en ciel était apparu.
Que fit ce ‘Hassid ?
Il sortit précipitamment de la synagogue et récita la Bera’ha à la vision de l’arc-en-ciel.
On lui fit remarquer qu’il était occupé à accomplir la Mitsva de répondre au Shalia’h Tsibbour, or, celui qui est occupé à faire une Mitsva est exempté de toutes les autres Mitsvot qui se présentent à lui.
Mais le ‘Hassid répondit que c’est différend lorsqu’il s’agit de réciter la Bera’ha de l’arc en ciel, car c’est « une Mitsva qui passe » et que l’on ignore quand elle se représentera de nouveau.
On constate de cette histoire que l’on est « venu lui dire » que l’arc en ciel était apparu et qu’il est donc permis de le dire à son ami.

Est-il permis de réciter la Bera’ha de l’arc-en-ciel lorsqu’on ne le voit que partiellement ?

Selon le Sefer Ha-Berit (page 54 colonne 1), cité par le Shou’t Lev ‘Haïm (tome 2 chap.46), il ne faut réciter la Bera’ha de l’arc en ciel que lorsqu’on le voit en intégralité.
Tel est également l’opinion du Shou’t Divré Shalom (Mizra’hi) (tome 2 chap.101 note 2).
Mais le Birkat Hashem (tome 4 page 311), ainsi que le Yalkout Yossef (tome 3 – Bera’hot - page 625) tranchent qu’il est permis de réciter la Bera’ha de l’arc-en-ciel même lorsqu’on ne le voit qu’en partie. Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit que la personne qui récite la Bera’ha de l’arc-en-ciel même lorsqu’on ne le voit que partiellement, a sur qui s’appuyer.

mercredi 5 novembre 2008

Eclairs et tonnerre (suite) + Hala’hot relatives à la Bera’ha de l’arc en ciel

Eclairs et tonnerre (suite) + Hala’hot relatives à la Bera’ha de l’arc en ciel

Toutes les Hala’hot de cette semaine sont dédiées à l’élévation de la Neshama

de mon vénéré père Henri Ishoua PITOUN z’’l dont on célèbre cette semaine (9 ’Heshvan) la 17ème Hazkara.

Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita)

Question

Quel sont les cas pratiques concernant la Bera’ha de l’éclair et du tonnerre ?

Est-il vrai que l’on doit réciter une Bera’ha à la vue de l’arc en ciel ?

Décision de la Hala’ha

Nous ne récitons la Bera’ha sur l’éclaire ou sur le tonnerre pas plus d’une seule fois par jour.

Cependant, si après avoir réciter l’une ou l’autre de ces Bera’hot (ou les 2), les nuages ce sont dissipés, une éclaircie est apparue, et que de nouveau, dans la même journée, les nuages ont remplie le ciel et ont provoqué un nouvel orage avec des éclairs et du tonnerre, dans ce cas, on doit de nouveau réciter ces Bera’hot, même si cela se passe dans la même journée.

Si on récite ces Bera’hot en journée, et que la nuit passe, nous devons de nouveau les réciter le lendemain, si nous voyons l’éclair, ou que nous entendons le tonnerre, même s’il n’y a pas eu d’éclaircies entre temps.

Ces 2 Bera’hot ne sont pas forcément liées. Même si l’on n’a pas vu d’éclair, nous récitons quand même la Bera’ha sur le tonnerre.

Si l’éclair et le tonnerre se produisent en même temps, il faut réciter uniquement la Bera’ha de ‘Ossé Ma’assé Bereshit, et non celle de Sheko’ho Ougvourato Malé ‘Olam. Si l’on a fait l’inverse, on est quitte à la condition d’en avoir réciter qu’une seule.

Si l’on a récité la Bera’ha de ‘Ossé Ma’assé Bereshit sur l’éclair en ayant la Kavana (l’intention) d’acquitter également le tonnerre qui va suivre, cette personne est quitte.

Si l’on voit l’éclair, et que l’on commence à réciter la Bera’ha de ‘Ossé Ma’assé Bereshit, mais qu’au milieu de la Bera’ha, le tonnerre retentit, on est quitte et on ne doit pas réciter la Bera’ha de Sheko’ho Ougvourato Malé ‘Olam dans ce cas là.

Si l’on est réveillé en pleine nuit par le tonnerre, nous devons frotter les mains contre un vêtement (le pyjama) ou contre une couverture ou un drap, et ensuite réciter la Bera’ha sur le tonnerre. Il faut réagir très vite pour ne pas que s’écoule le laps de temps de To’h Kedé Dibour (avant 1 seconde ½ depuis la fin de l’éclair ou du tonnerre)

Lorsque l’on voit l’arc en ciel, nous devons réciter la Bera’ha suivante :

Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam Zo’her HaBerit, Neeman Bivrito VeKayam Bemaamaro.

Traduction : Tu es Bénis Hashem (Tu es la source de la Bénédiction) Notre D. Roi du Monde, qui se souivient de l’Alliance, qui est digne de confiance pour Son alliance, et qui accomplie Sa parole.

Il faut regarder l’arc en ciel seulement un court instant avant de réciter la Bera’ha, et ensuite il ne faut plus le regarder.

Cette Bera’ha – comme toutes les Bera’hot que nous récitons – doit être récitée avec Shem OuMal’hout (avec les mots Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam qui sont l’expression du Nom d’Hashem et de Sa Royauté).

On peut réciter la Bera’ha sur l’arc en ciel même si la dernière vision remonte à moins de 30 jours.

Il est permis de dire à son ami que l’arc en ciel est apparut afin qu’il puisse lui aussi réciter la Bera’ha de l’arc en ciel.

La personne qui récite la Bera’ha de l’arc en ciel même lorsqu’on ne le voit que partiellement, a sur qui s’appuyer.

Sources et développement

Dans une précédente Hala’ha (que vous pouvez consulter en cliquant sur ce lien http://halahayomit.blogspot.com/2008/11/la-beraha-sur-les-clairs-et-le-tonnerre.html), nous avons expliqué que lorsque l’on voit l’éclair, ou que l’on entend le tonnerre, on doit réciter les Bera’hot suivantes :

Pour l’éclaire. Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam ‘Ossé Ma’assé Bereshit.

Traduction : Tu es Bénis Hashem (Tu es la source de la Bénédiction) Notre D. Roi du Monde, qui réalise l’ouvre de la Création initiale

Pour le tonnerre. Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam Sheko’ho Ougvourato Malé ‘Olam.

Traduction : Tu es Bénis Hashem (Tu es la source de la Bénédiction) Notre D. Roi du Monde, dont la force et la puissance remplissent le monde.

Nous avons précisé que l’on doit impérativement réciter ces Bera’hot dans un laps de temps très court après avoir vu l’éclair, ou après avoir entendu le tonnerre. Ce laps de temps s’appelle « To’h Kedé Dibour », qui correspond au temps qu’il faut pour dire les mots « Shalom ‘Ale’ha Rabbi », ce qui équivaut à environ 1 seconde et ½.

Au-delà de ce laps de temps, nous ne pouvons plus réciter ces Bera’hot, et nous devrons attendre le prochain éclair pour réciter la Bera’ha de l’éclair, et le prochain tonnerre pour réciter la Bera’ha du tonnerre.

Nous ne récitons la Bera’ha sur l’éclaire ou sur le tonnerre pas plus d’une seule fois par jour.

Cependant, si après avoir réciter l’une ou l’autre de ces Bera’hot (ou les 2), les nuages ce sont dissipés, une éclaircie est apparue, et que de nouveau, dans la même journée, les nuages ont remplie le ciel et ont provoqué un nouvel orage avec des éclairs et du tonnerre, dans ce cas, on doit de nouveau réciter ces Bera’hot, même si cela se passe dans la même journée.

Si on récite ces Bera’hot en journée, et que la nuit passe, nous devons de nouveau les réciter le lendemain, si nous voyons l’éclair, ou que nous entendons le tonnerre, même s’il n’y a pas eu d’éclaircies entre temps.

Ces 2 Bera’hot ne sont pas forcément liées. Même si l’on n’a pas vu d’éclair, nous récitons quand même la Bera’ha sur le tonnerre.

Cependant, selon certains Poskim (décisionnaires), lorsque l’on voit l’éclair, il est préférable de ne pas réciter la Bera’ha de l’éclaire, mais plutôt d’attendre que le tonnerre retentisse pour réciter à ce moment là la Bera’ha du tonnerre qui inclura l’éclaire. Généralement, l’éclaire est suivie très rapidement du tonnerre.

Toutefois, il est quand même permis de réciter systématiquement les 2 Bera’hot.

Si l’éclair et le tonnerre se produisent simultanément, combien de Bera’hot doit on réciter ?

Selon le Maguen Avraham[D1] (sur O.H 229 note 1) et le Mishna Beroura[D2] (note 6), si l’éclair et le tonnerre se produisent en même temps, il faut réciter uniquement la Bera’ha de ‘Ossé Ma’assé Bereshit, et non celle de Sheko’ho Ougvourato Malé ‘Olam. Si l’on a fait l’inverse, on est quitte à la condition d’en avoir réciter qu’une seule.

Même si le Gaon Ya’aBeTS[D3] conteste cette opinion dans son livre Mor Ouktsi’a, et tranche qu’il faut réciter les 2 Bera’hot dans tous les cas, et c’est ainsi que tranche également le Eliya Rabba[D4] (note 6).

Malgré tout, d’autres Poskim – comme le Gaon Rabbi Zalman[D5] dans son Seder Birkot Haneenin (chap.13 note 15), ou le Maguen Guiborim[D6] (note 2) - pensent comme le Maguen Avraham, et selon eux, il ne faut réciter - dans ce cas là - qu’une seule Bera’ha.

Puisqu’il y a Ma’hloket (divergence d’opinion Hala’hic), il faut appliquer le principe de Safek Bera’hot Lehakel (Lors d’un doute sur la récitation d’une Bera’ha, nous allons à la souplesse et nous ne la récitons pas), et par conséquent, si l’éclair et le tonnerre se produisent en même temps, il faut réciter uniquement la Bera’ha de ‘Ossé Ma’assé Bereshit, et non celle de Sheko’ho Ougvourato Malé ‘Olam. Si l’on a fait l’inverse, on est quitte à la condition d’en avoir réciter qu’une seule, conformément à l’opinion du Maguen Avraham.

C’est aussi ce qu’écrit le Peri Meguadim[D7] (O.H 229 Eshel Avraham note 1) en rappelant qu’il est toujours préférable de diminuer les Bera’hot.

Une personne a récité la Bera’ha de ‘Ossé Ma’assé Bereshit sur l’éclair en ayant la Kavana (l’intention) d’acquitter également le tonnerre qui va suivre, cette personne est-elle quitte ?

Notre maître le ‘HYDA[D8] – dans son livre Birké Yossef (sur O.H 229 note 4) - rapporte au non de son aïeul Rabbi Avraham AZOULAÏ, l’auteur du ‘Hessed LeAvraham que cette personne est quitte.

Une personne voit l’éclair, commence à réciter la Bera’ha de ‘Ossé Ma’assé Bereshit, et au milieu de la Bera’ha, le tonnerre retentit, doit-elle également réciter la Bera’ha de Sheko’ho Ougvourato Malé ‘Olam ?

Selon le Kitsour Shoul’han ‘Arou’h[D9] (chap.60 note 3), ainsi que selon l’auteur du Shou’t Beer Sarim[D10] (tome 5 chap.45 note 3), cette personne est quitte et ne doit pas réciter la Bera’ha de Sheko’ho Ougvourato Malé ‘Olam dans ce cas là.

On rapporte au nom du Gaon Rabbi Yossef Shalom ELYASHIV Shalita que cette personne n’est pas quitte et doit également réciter la Bera’ha de Sheko’ho Ougvourato Malé ‘Olam.

Si l’on est réveillé en pleine nuit par le tonnerre, et que l’on ne veut pas perdre cette Bera’ha, mais le fait d’aller se laver les mains (Netilat Yadaïm pour pouvoir réciter une Bera’ha), va nous faire perdre le temps qui nous est imparti pour réciter cette Bera’ha, dans ce cas, dés que nous entendons le tonnerre, nous devons frotter les mains contre un vêtement (le pyjama) ou contre une couverture ou un drap, et ensuite réciter la Bera’ha sur le tonnerre. Il faut réagir très vite pour ne pas que s’écoule le laps de temps de To’h Kedé Dibour (voir plus haut).

L’arc en ciel

Il est enseigné dans la Guemara Bera’hot (59a) :

Lorsque l’on voit l’arc en ciel, nous devons réciter la Bera’ha suivante :

Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam Zo’her HaBerit, Neeman Bivrito VeKayam Bemaamaro.

Traduction : Tu es Bénis Hashem (Tu es la source de la Bénédiction) Notre D. Roi du Monde, qui se souivient de l’Alliance, qui est digne de confiance pour Son alliance, et qui accomplie Sa parole.

Cette Hala’ha st tranchée par le RAMBAM (chap.10 des Hal. Bera’hot, Hal.16), ainsi que par MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H chap.229 parag.1)

Il faut regarder l’arc en ciel seulement un court instant avant de réciter la Bera’ha, et ensuite il ne faut plus le regarder, car en règle générale, il est interdit de regarder l’arc en ciel, comme nos ‘Ha’hamim nous l’enseignent dans la Guemara ‘Haguiga 16a).

Explication :

Après le Maboul (le déluge), Hashem a établie une alliance avec Noa’h et ses descendants. Selon cette alliance, Hashem s’engage à ne plus détruire le monde, même si les Resha’im (les impies) se multiplient au point de provoquer la colère Divine, comme se fut le cas lors du Maboul. Si Hashem se met en colère sur le monde, il retiendra cette colère en faisant apparaître l’arc en ciel.

Nous exprimons donc dans cette Bera’ha qu’Hashem reste fidèle à sa promesse de ne plus détruire le monde, même si nous avons un comportement qui éveille Sa colère, et nous concluons cette Bera’ha en disant qu’Il « accomplie Sa parole », dans le sens où l’arc en ciel fait partie intégrante de l’œuvre de la Création du Monde, et il existait avant le déluge, malgré cela, Hashem accomplira sa parole de ne plus détruire le monde.

Comme nous l’avons déjà précisé dans une précédente Hala’ha, cette Bera’ha – comme toutes les Bera’hot que nous récitons – doit être récitée avec Shem OuMal’hout (avec les mots Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam qui sont l’expression du Nom d’Hashem et de Sa Royauté), car selon la Hala’ha, toute Bera’ha qui ne contient pas Shem OuMal’hout (les mots Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam), n’est pas une Bera’ha, comme il est enseigné dans la Guemara Bera’hot (40a), et comme le tranche MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (Ora’h ‘Haïm chap.218 parag.1).

Doit-on réciter cette Bera’ha uniquement une fois par 30 jours ?

Notre maître le ‘HYDA – dans son livre Ma’hzik Bera’ha (sur O.H 229 note 1) – cite une opinion selon laquelle la Bera’ha à la vision de l’arc en ciel ne doit être récitée que seulement lorsqu’on le voit une fois par 30 jours, comme pour toutes les autres Bera’hot à la vision de certains évènements.

Mais le ‘HYDA réfute cette opinion en expliquant que cette règle selon laquelle il faut un délai de 30 jours entre les 2 visions pour pouvoir réciter de nouveau la Bera’ha, concerne uniquement les choses qui sont présentes en permanence, mais qu’il dépend que de nous même d’aller voir ces choses. Par contre, lorsqu’il s’agit d’un évènement qui apparaît et qui disparaît totalement pour de nouveau réapparaître, cette règle n’existe pas, et l’on peut réciter la Bera’ha même si la dernière vision remonte à moins de 30 jours.

Est-il permis de dire à son ami que l’arc en ciel est apparut ?

Le ‘Hayé Adam[D11] (règle 63 note 4) écrit :

« j’ai trouvé dans un livre dont je ne me souviens plus du nom de l’auteur, qu’il n’était pas recommandé de dire à son ami que l’arc en ciel est apparut, pour ne pas être qualifiable de Mosti Dibba Hou Kessil (colporteur)… » Le Mishna Beroura ainsi que le Kaf Ha’Haïm[D12] (note 1) le rapportent.

Explication

L’arc en ciel vient en signe de la colère Divine, et c’est pour cela que le fait de dire à son ami que l’arc en ciel est apparut, est une façon de dire qu’Hashem est en colère contre le monde.

Mais l’auteur du Berit Kehouna[D13] (section Kof note 3) écrit :

« L’usage est répandu de dire à son ami que l’arc en ciel est apparut afin qu’il puisse réciter la Bera’ha de l’arc en ciel. Ceci par opposition aux propos du Kaf Ha’Haïm au nom du ‘Hayé Adam, car ses propos ne semblent pas corrects. Au contraire, nous exprimons notre reconnaissance envers Hashem pour avoir établi ce pacte d’Alliance selon lequel Il ne détruira pas le monde, et il est préférable d’informer son ami que l’arc en ciel est apparut, afin qu’il prenne conscience – lui aussi – qu’il faut faire Teshouva et améliorer ses actes… » (Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit dans son livre - ‘Hazon Ovadia – Tou Bishvat et Bera’hot page 472 - à propos de cette opinion du Berit Kehouna : « Ces propos sont justes. »).

On peut aussi le prouver à partir du Sefer Ha’Hassidim[D14] (chap.807) :

Une personne priait dans la synagogue. Après avoir répondu à la Kedousha, on vint le prévenir que l’arc en ciel était apparut.

Que fit ce ‘Hassid ?

Il sortit précipitamment de la synagogue et récita la Bera’ha à la vision de l’arc en ciel.

On lui fit remarquer qu’il était occupé à accomplir la Mitsva de répondre au Shalia’h Tsibbour, or, celui qui est occupé à faire une Mitsva est exempté de toutes les autres Mitsvot qui se présentent à lui.

Mais le ‘Hassid répondit que c’est différend lorsqu’il s’agit de réciter la Bera’ha de l’arc en ciel, car c’est « une Mitsva qui passe » et que l’on ignore quand elle se représentera de nouveau.

On constate de cette histoire que l’on est « venu lui dire » que l’arc en ciel était apparut et qu’il est donc permis de le dire à son ami.

Est-il permis de réciter la Bera’ha de l’arc en ciel lorsqu’on ne le voit que partiellement ?

Selon le Sefer Ha-Berit[D15] (page 54 colonne 1), cité par le Shou’t Lev ‘Haïm[D16] (tome 2 chap.46), il ne faut réciter la Bera’ha de l’arc en ciel que lorsqu’on le voit en intégralité.

Tel est également l’opinion du Shou’t Divré Shalom[D17] (Mizra’hi) (tome 2 chap.101 note 2).

Mais le Birkat Hashem[D18] (tome 4 page 311), ainsi que le Yalkout Yossef [D19] (tome 3 – Bera’hot - page 625) tranchent qu’il est permis de réciter la Bera’ha de l’arc en ciel même lorsqu’on ne le voit qu’en partie. Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit que la personne qui récite la Bera’ha de l’arc en ciel même lorsqu’on ne le voit que partiellement, a sur qui s’appuyer.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5769 sheelot@free.fr (à partir des écrits du Gaon Rabbi Ya’akov SASSON shalita) Pour recevoir la Halaha Yomit chaque jour, ainsi qu’un Dvar Torah le vendredi, par email, contactez nous sur sheelot@free.fr

[D1]

Maguen Avraham

Rabbi Avraham Gombiner Pologne 17ème siècle

[D2]Mishna Beroura Rabbi Israël Meïr HaCohen de Radin, le « ‘Hafets ’Haïm », Russie 20ème siècle, également auteur de ‘HAFETS ‘HAÏM, et de SHMIRAT HALASHON entre autres.

[D3]Ya’BeTS

(Le Gaon) Allemagne 18ème siècle. Auteur de nombreux ouvrages de Hala’ha. Fils du ‘Ha’ham Tsevi.

[D4]Eliya Rabba Rabbi Eliyahou Shapira Tchécoslovaquie 17ème siècle

[D5]Rabbenou Shneour Zalman Rabbi Shneour Zalman de Lyadie. Grand décisionnaire de la Hala’ha et auteur du Tanya, ainsi que d’un livre intitulé « Shoul’han ‘Arou’h de Rabbi Zalman ». Russie 19ème siècle

[D6]

Maguen Guiborim

Rabbi Morde’haï Zeev SEGUEL – ETTINGUE Russie 19ème siècle

[D7]Peri Mégadim Rabbi Yossef TOMIM Allemagne 18ème siècle

[D8]HYDA

Rabbi Haïm Yossef David AZOULAÏ Israël - Italie 18ème siècle

[D9]Kitsour Shoul’han ‘Arou’h (« L’abrégé du Shoul’han ‘Arou’h ») Rabbi Shelomo GANSFRIED. Europe de l’est 19ème siècle.

[D10]Beer Sarim Rabbi Avraham Yaffé SHCLESINGER Grand décisionnaire de notre temps, installé à Genève en Suisse

[D11]Hayé Adam Rabbi Avraham DANZTIG Allemagne 19ème siècle

[D12]Kaf Ha’haïm Rabbi Yaakov ‘Haïm Sofer Irak Israël 20ème siècle

[D13]Berit Kehouna Rabbi Moshé ‘Halfoun Ha-Cohen Tunisie 20ème siècle. L’une des plus importantes autorité Hala’hic Sefarade de ce siècle. Egalement auteur du Shoel Venish’al.

[D14]

Sefer Ha’hassidim

Rabbi Yehouda He ‘Hassid Allemagne 12ème siècle

[D15]Sefer Ha-Berit Rabbi Pin’hass Eliyahou de VILNA Lituanie 19ème siècle

[D16]Lev ‘Haïm

Rabbi ‘Haïm FALLAG’I Turquie 19ème siècle. Auteurs de très nombreux ouvrages comme Roua’h ‘Haïm, Mo’ed Le’hol ‘Haï, Nishmat Kol ‘Haï, ou bien Kaf Ha’Haïm, entre autres…

Divré Shalom [D17]Rabbi Shalom MIZRA’HI z.ts.l Israël 20ème siècle. Il fut membre du Beit Din de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita

[D18]Birkat Hashem Rabbi Moshé LEVI z.ts.l Jeune et grand décisionnaire Sefarade de notre temps, malheureusement décédé prématurément il y a quelques années à l’âge de 39 ans. Il était l’élève du Gaon Rabbi Meïr MAZOUZ shalita Rosh Yeshiva de KIssé Ra’hamim à Bné Brak, et très proche de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita. Il a rédigé plusieurs ouvrages de Hala’ha dont Menou’hat Ahava en 3 volumes sur les Hala’hot Shabbat, ainsi que le Shou’t Tefila Lemoshé en 3 volumes, et Birkat Hashem sur les Hala’hot Bera’hot en 5 volumes.

[D19]Rav Its’hak YOSSEF shalita, auteur des célèbres YALKOUT YOSSEF et d’autres ouvrages de Hala’ha, directeur de la Yeshiva de ‘HAZON OVADIA à Jérusalem, et digne fils de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita

lundi 3 novembre 2008

La Bera’ha sur les éclairs et le tonnerre

La Bera’ha sur les éclairs et le tonnerre

Toutes les Hala’hot de cette semaine sont dédiées à l’élévation de la Neshama de mon vénéré père Henri Ishoua PITOUN z’’l dont on célèbre cette semaine (9 ’Heshvan) la 17ème Hazkara.

Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita)

Question

Quelle est la Bera’ha que l’on doit réciter à la vision d’un éclair ou lorsqu’on entend le tonnerre ?

Décision de la Hala’ha

Lorsque l’on voit un éclair, on doit réciter la Bra’ha suivante :

Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam ‘Ossé Ma’assé Bereshit.

Lorsque l’on entend le tonnerre, on doit réciter la Bra’ha suivante :

Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam Sheko’ho Ougvourato Malé ‘Olam.

Il faut impérativement réciter ces Bera’hot immédiatement après avoir vu l’éclair ou entendu le tonnerre. Dans tous les cas, on ne doit pas réciter ces Bra’hot au-delà du laps de temps que l’on appelle « To’h Kédé Dibour », qui correspond au temps qu’il faut pour dire les mots Shalom ‘Ale’ha Rabbi, ce qui équivaut à environ 1 seconde et ½ . Si plus d’1 seconde et ½ s’est écoulée après que l’on a vu l’éclair ou que l’on a entendu le tonnerre, il ne faut pas réciter ces Bera’hot, et il faudra attendre le prochain éclair ou le prochain tonnerre pour réciter.

Il faut réciter ces Bera’hot avec Shem OuMal’hout (avec le Nom d’Hashem et l’expression de Sa Royauté = avec les mots « Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam ») car toute Bera’ha qui ne contient pas Shem OuMal’hout (les mots « Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam »), n’est pas une Bera’ha.

Sources et développement

Lorsque l’on voit un éclair, on doit réciter la Bra’ha suivante :

Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam ‘Ossé Ma’assé Bereshit.

Lorsque l’on entend le tonnerre, on doit réciter la Bra’ha suivante :

Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam Sheko’ho Ougvourato Malé ‘Olam.

Il faut impérativement réciter ces Bera’hot immédiatement après avoir vu l’éclair ou entendu le tonnerre. Dans tous les cas, on ne doit pas réciter ces Bra’hot au-delà du laps de temps que l’on appelle « To’h Kédé Dibour », qui correspond au temps qu’il faut pour dire les mots Shalom ‘Ale’ha Rabbi, ce qui équivaut à environ 1 seconde et ½ . Si plus d’1 seconde et ½ s’est écoulée après que l’on a vu l’éclair ou que l’on a entendu le tonnerre, il ne faut pas réciter ces Bera’hot, et il faudra attendre le prochain éclair ou le prochain tonnerre pour réciter.

Selon le RAVAD[DP1] , il faut réciter ces Bera’hot sans le nom d’Hashem, et l’expression de Sa Royauté (sans Shem OuMal’hout, c'est-à-dire sans les mots Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam). Selon cet avis, il faudrait dire : Barou’h ‘Ossé Ma’assé Bereshit pour l’éclair, et Barou’h Sheko’ho Ougvourato Malé ‘Olam pour le tonnerre.

Cependant, la quasi totalité de nos maîtres les Rishonim - [DP2] les décisionnaires antérieurs au Shoul’han ‘Arou’h - réfutent l’opinion du RAVAD sur ce point, et selon eux, il faut réciter les Bera’hot sur les éclairs et le tonnerre avec Shem OuMal’hout (avec le Nom d’Hashem et l’expression de Sa Royauté = avec les mots Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam), car la Gumara dit dans Bera’hot (40b) que toute Bera’ha qui ne contient pas Shem OuMal’hout (les mots Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam), n’est pas une Bera’ha.

MARAN tranche dans le Shoul’han ‘Arou’h (Ora’h ‘Haïm chap.218 parag.1) selon l’opinion majoritaire de ces Rishonim, selon lesquels il n’y a pas de différence entre ces 2 Bera’hot et toutes les autres, dans tous les cas, nous les récitons avec Shem OuMal’hout.

Le Gaon Rabbi ‘Haïm PONTRIMOLI[DP3] z.ts.l dans son livre Peta’h Hadevir, rapporte que certains ont l’habitude de réciter ces 2 Bera’hot sans Shem OuMal’hout.

Dans un premier temps, l’auteur du Peta’h Hadevir exprime une critique à l’égard de ces personnes qui récitent ces 2 Bera’hot sans Shem OuMal’hout, mais ensuite, il justifie leur tradition en avançant l’argument selon lequel nous devons réciter ces Bara’hot dans un laps de temps relativement court (To’h Kédé Dibour, voir plus haut), et tout le monde n’est pas forcément expert en la matière pour savoir évaluer si ce laps de temps s’est déjà écoulé ou non. Qui plus est, d’autres paramètres Hala’hic entrent en ligne de compte sur ces Bera’hot. C’est pour cela, selon le Peta’h Hadevir, que certaines personnes ne récitent pas ces Bera’hot avec Shem OuMal’hout.

Mais il conclu ses propos en disant que celui qui maîtrise la Hala’ha, doit réciter ces 2 Bera’hot avec Shem OuMal’hout, tel que l’ont institué nos ‘Ha’hamim.

Mais notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, dans son livre Shout Yabiy’a Omer (tome 4 chap.4, parag.28), ainsi que dans d’autres de ses ouvrages, réfute les propos du Peta’h Hadevir sur ce point, en disant que la Hala’ha est très claire sur ce sujet, et le fait d’évaluer le laps de temps de To’h Kédé Dibour n’exige pas spécialement une sagesse particulière.

Par conséquent, il faut réciter ces 2 Bera’hot tel que l’on instituer nos ‘Ha’hamim, et conformément à l’opinion de la quasi-totalité des Poskim et de MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h, selon qui, il faut réciter ces Bera’hot avec Shem OuMal’hout, comme c’est le Din pour toutes les autres Bera’hot que nous récitons.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5769 sheelot@free.fr

(à partir des écrits du Gaon Rabbi Ya’akov SASSON shalita) Pour recevoir la Halaha Yomit chaque jour, ainsi qu’un Dvar Torah le vendredi, par email, contactez nous sur sheelot@free.fr

[DP1]RAVaD Rabbenou Avraham Ben David France 12ème siècle

[DP2]Voici quelques uns des Rishonim qui réfutent le RAVAD sur ce point :

Tossafot sur Bra’hot 54a

RaMBaM chap.10 des Hala’hot Bra’hot

RAVIYHA chap.146

Rabbi Yehouda He’Hassid

RaMBaN

Rabbenou Yona

ROSH dans les Tshouvot chap.sect.4 chap.3

RaSHBA

Or’hot ‘Haïm

[DP3]Peta’h Hadevir Rabbi ‘HaIm Pontrimoli Turquie 19ème siècle