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dimanche 30 décembre 2007

Se lever lors de « Bare’hou »

Se lever lors de « Bare’hou »

Introduction

A la synagogue, durant l’office du matin, ainsi que du soir, le ‘Hazzan (l’officiant) prononce une phrase de glorification pour Hashem, qui est celle de Bare’hou Ete A.D.O.N.A.Ï Hamevora’h (Traduction : Bénissez Hashem qui est la source de la Bénédiction), et l’assemblée répond Barou’h A.D.O.N.A.Ï HAMEVORA’H LE’OLAM VA’ED (Traduction : Hashem est la source de la Bénédiction à tout jamais).

Question

Doit on se lever lorsque l’on entend cette phrase de Bare’hou ?

Réponse

Les usages diffèrent sur ce point entre les Ashkenazim et les Sefaradim.

Les Ashkenazim ont l’usage de se lever lorsqu’ils entendent Bare’hou de la bouche du ‘Hazzan, et certains parmi les Ashkenazim, se lèvent même lorsqu’ils l’entendent de la bouche d’une personne monte à la Torah.

Alors que les Sefaradim n’ont pas du tout l’usage de se lever lorsqu’ils entendent Bare’hou. Qui plus est, même les maîtres les plus illustres du judaïsme Sefarade, n’ont jamais adopté cet usage.

Pourtant, certains Rishonim font mention d’un usage similaire. Parmi eux, le Ma’hzor Vitri[DP1] , le Or’hot ‘Haïm[DP2] et d’autres…

L’auteur du Mishna Beroura[DP3] rapporte que l’auteur du Maguen Guiborim[DP4] s’efforce difficilement à trouver une explication à cet usage.

Le Mishna Beroura lui-même (dans Beour Hala’ha sur chap.113) apporte une source à cette tradition, à partir d’un verset dans Divré Hayamim (Tome 1 chap.29) :

David s’adressa à toute l’assemblée en leur disant : Bénissez Hashem votre Dieu. Toute l’assemblée bénit Hashem le Dieu de leurs ancêtres. Ils s’agenouillèrent et se prosternèrent à Hashem et au roi.

Cependant, le livre Mekor ‘Haïm du Gaon Rabbi ‘Haïm Yaïr BAKRA’H[DP5] (l’auteur du ‘Havot Yaïr) fait remarquer que toute prosternation supplémentaire, qui n’est pas mentionnée par le Talmoud, est interdite au titre de « rajout sur les endroits où nos ‘Ha’hamim ont instauré de se prosterner ».

L’auteur du livre Shoul’han Tahor fait la même remarque, et rajoute même que cet usage est sans fondement crédible, et a été institué par erreur.

Le Gaon Rabbi Ben Tsion ABBA SHAOUL[DP6] z.ts.l pensait également qu’il ne faut pas se prosterner lors de Bare’hou, car cela entraîne le risque de transgresser l’interdit de « rajout sur les endroits où nos ‘Ha’hamim ont instauré de se prosterner ».

Mais le Gaon Rabbi David YOSSEF shalita[DP7] objecte sur le fait qu’il y a là un risque de transgression, car nous pouvons constater que nous avons l’usage de nous prosterner à de nombreux endroits pour lesquels, nos ‘Ha’hamim n’ont pas instauré de se prosterner. Par exemple, lorsque l’on dit « Vaya’avor » (les 13 attributs Divins dans les supplications quotidiennes). En effet, nous avons cet usage selon l’enseignement des Kabbalistes, et les Poskim (décisionnaires) n’ont pourtant pas craints qu’il y a avait là la transgression de l’interdit de rajouter sur les endroits pour lesquels nos ‘Ha’hamim ont instauré de se prosterner.

En conclusion

Les Sefaradim, et les communautés orientales n’ont pas l’usage de se lever et de se prosterner lors de Bare’hou, et ils doivent préserver leur tradition en restant assis. C’est l’usage qu’ont toujours adopté les grands maîtres du judaïsme Sefarade de toutes époques.

Même notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita ne se prosterne pas lors de Bare’hou, et reste assis.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768

sheelot@free.fr

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[DP1]Ma’hzor VITRI Ouvrage rédigé par Rabbenou Shema’ya et Rabbenou Sim’ha, qui font partis des Tossafot – France 11ème et 12ème siècle

[DP2]Or’hot ‘Haïm Rabbenou Aharon Bar Rabbi Yaakov France 13ème siècle

[DP3]Mishna Beroura Rabbi Israël Meïr HaCohen de Radin, le « ‘Hafets ’Haïm », Russie 20ème siècle, également auteur de ‘HAFETS ‘HAÏM, et de SHMIRAT HALASHON entre autres.

[DP4]Maguen Guiborim Rabbi Morde’haï Zeev SEGUEL – ETTINGUE Russie 19ème siècle

[DP5]MEKOR ‘HAÏM Rabbi ‘Haïm Yaïr BAKRA’H auteur du ‘Havot Yaïr Russie 17ème siècle

[DP6]Rabbi Ben Tsion ABBA SHAOUL Un des plus grands décisionnaires Sefarades de notre époque. Directeur des institutions de la Yeshiva de PORAT YOSSEF dans la vielle ville de Jérusalem. Décédé dans les années 90.

[DP7]Rabbi David YOSSEF Auteur du Hala’ha Broura, Torat Hamoadim entre autres…, Directeur des Institutions Ye’havé Daat à Jérusalem, digne fils de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, et Rav du quartier de Har Nof – Jérusalem

mercredi 10 octobre 2007

L'obligation du Shema' pour les femmes

Les femmes sont elles tenues de lire le Shema’ chaque jour ?

Afin de mieux comprendre cette Hala’ha, nous vous conseillons de vous munir du Siddour (rituel de prières), et de l’ouvrir à l’office de Sha’harit (oiffice du matin).



L’obligation de lire le Shema’ dans son intégralité (les 3 paragraphes) est une Mitsvat ‘Assé ShehaZman Guerama (une obligation dépendante d’un temps limite), puisque nous ne pouvons lire le Shema’ du matin qu’à partir de l’aube, et jusqu’à une certaine heure, et le Shema’ du soir, qu’à partir de la sortie des étoiles, et jusqu’à la moitié de la nuit, à posteriori, jusqu’à l’aube.

Par conséquent, les femmes sont exemptes de l’obligation de lire le Shema’, au même titre qu’elles sont exemptes de toutes les Mitsvot ‘Assé SheHaZman Guerama, comme nous l’avons déjà développé plusieurs fois dans des Hala’hot précédentes.

Le Shema du matin, comme celui du soir, est précédé et suivi de Bra’hot (bénédictions).

Le matin, 2 Bra’hot précèdent le Shema’:

§ Yotser Or qui termine par Yotser Hameorot

§ Ahavat ‘Olam qui termine par Habo’her Be’amo Israël.

1 Bra’ha suit le Shema’ :

§ Emet Veyatsiv, qui termine par Gaal Israël.

Le soir, 2 Bra’hot précèdent le Shema’ :

§ Asher Bidvaro qui termine par Hama’ariv ‘Aravim

§ Ahavat ‘Olam qui termine par Ohev Et ‘Amo Israël.

2 Bra’hot suivent le Shema’ :

§ Emet Vemouna qui termine par Gaal Israël

§ Hashkivenou qui termine par Shomer Et ‘Amo Israël La’ad Amen.

Ces Bra’hot sont considérées comme Birkat Hamitsvot (bénédictions qui se rapportent à une Mitsva).

C’est pour cela que les femmes ne peuvent pas réciter les Bra’hot du Shema, puisqu’elles sont exempte de réciter le Shema’ lui-même.

De plus, sana parler de l’heure limite du Shema’, ces Bra’hot sont elles aussi limitées dans le temps.

Cependant, nous avons déjà expliquer plusieurs fois que chez les Ashkenazim, l’usage est que les femmes récitent la Bra’ha même sur une Mitsva de laquelle elles sont exemptes.

C’est pour cela que les femmes Ashkenaz récitent les Bra’hot du Shema’, comme elles récitent également les Bra’hot sur les Psouké DeZimra (elles disent Barou’h Sheamar et Ishtaba’h), comme nous l’avons développé dans la précédente Hala’ha.

Mais une femme Sefarade n’a pas le droit de réciter les Bra’hot du Shema’, puisque selon MARAN[DP1] , cela représente pour elles Bra’ha Levatala (une bénédiction en vain).

Bien que les femmes sont exemptes de l’obligation de lire le Shema’, les Poskim (décisionnaires) tranchent qu’elles sont quand même tenues de lire au moins le premier verset (SHEMA’ ISRAEL A.D.O.N.A.Ï ELOHENOU A.D.O.N.A.Ï E’HAD), afin qu’elles acceptent le Joug de la Royauté Divine.

C’est pour cela que MARAN écrit dans le Shoul’han ‘Arou’h (Ora’h ‘Haïm chap.70) qu’il est juste que les femmes s’imposent d’accepter le Joug de la Royauté Divine par la lecture de 1er verset du Shema’.

Dans son livre HALA’HA BROURA, le Gaon Rabbi David YOSSEF[DP2] shalita rapporte l’opinion de nombreux Poskim selon lesquels les femmes doivent également dire la phrase BAROU’H SHEM KEVOD MAL’HOUTO LE’OLAM VA’ED, et le Rav David YOSSEF shalita se range à cet avis.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768

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[DP1]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h

[DP2]Rabbi David YOSSEF Auteur du Hala’ha Broura, Torat Hamoadim entre autres…, Directeur des Institutions Ye’havé Daat à Jérusalem, digne fils de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, et Rav du quartier de Har Nof – Jérusalem

mardi 9 octobre 2007

Barou'h Sheamar et Ishtaba'h pour les femmes

Les femmes sont elles tenues de dire les Psouké DeZimra, accompagnés de Barou’h Sheamar et Ishtaba’h ?

Afin de mieux comprendre cette Hala’ha, nous vous conseillons de vous munir du Siddour (rituel de prières), et de l’ouvrir à l’office de Sha’harit (oiffice du matin).

Les Psouké DeZimra correspondent aux chapitres de Tehilim (Ashré, Hallelouya…), ainsi qu’au passage du Az Yashir Moshé, qui sont précédés de la Bra’ha de Barou’h Sheamar, et qui sont suivis de celle de Ishtaba’h, et que nous lisons chaque jour avant le Shema’ et la ‘Amida.

Il est rapporté dans une Tshouva (une réponse Hala’hic) du Rav Natrounaï GAON[DP1] que l’obligation de dire les Psouké DeZimra prend sa source dans la Gmara Bra’hot (32a) qui dit :

Rabbi Samlaï dit : on doit toujours dire la louange d’Hashem, et seulement ensuite, prier. De qui apprenons nous ce comportement ? De Moshé…

La louange d’Hashem dont il est question ici, représente les Psouké DeZimra.

Par conséquent, il est un devoir de les dire avant la prière de la ‘Amida.

Nos ‘Ha’hamim ont instauré de réciter une Bra’ha avant les Psouké DeZimra, la Bra’ha de Barou’h Sheamar, ainsi qu’une Bra’ha après les Psouké DeZimra, la Bra’ha de Ishtaba’h.

Il est également expliqué dans cette Tshouva du Rav Natrounaï GAON, qu’il n’est du tout fondé de dire les Psouké DeZimra après avoir prier Sha’harit, car les Psouké DeZimra ont été institués pour être dits avant de prier la ‘Amida de Sha’harit.

C’est d’ailleurs ainsi que tranche MARAN[DP2] dans le Shoul’han ‘Arou’h Ora’h ‘Haïm chap.52, au sujet de celui qui est contraint d’entamer sa prière directement au Yotser (les bénédictions du Shema’) afin de prier en même temps que l’assemblée, cette personne dira les Psouké DeZimra après la prière, mais sans dire les Bra’hot de Barou’h Sheamar et de Ishtaba’h. Etant donné qu’après l’heure de ‘Hatsot Hayom (la moitié de la journée), il n’est plus possible de prier la ‘Amida de Sha’harit, et qu’il n’est pas non plus fondée de dire les Psouké DeZimra après que l’heure limite de la prière de Sha’harit soit passé, il se trouve donc que les Psouké DeZimra font partie de la catégorie des Mitsvot ‘Assé Shehazman Guerama (les obligations qui ne peuvent être accomplies que dans un temps limite). Or, nous savons que selon la Hala’ha, les femmes sont exemptes de toutes les Mistvot ‘Assé Shehazman Guerama.

En conclusion

Les femmes ne sont pas tenues de dire les Psouké DeZimra, qui font partie des Mitsvot ‘Assé Shehazman Guerama (les obligations qui ne peuvent être accomplies que dans un temps limite). Leur prière de Sha’harit se limite donc aux Birkot HaSha’har (les bénédictions du matin), au 1er Passouk du Shema’ (SHEMA ISRAËL ADONA-Ï ELOHENOU ADONA-Ï E’HAD + BAROU’H SHEM KEVOD MAL’HOUTO LE’OLAM VA’ED), et à la ‘Amida.

Si toutefois, elles désirent dire les Psouké DeZimra avant le Shema’ et la ‘Amida, elles ne sont en aucun cas, autorisées à réciter les Bra’hot de Barou’h Sheamar et de Ishtaba’h, puisque selon MARAN, il est interdit à une femme de réciter la Bra’ha d’une Mitsva si elle en est exempte. Or, les femmes sont exemptes de toutes les Mitsvot ‘Assé Shehazman Guerama.

Une femme Sefarade qui récite la Bra’ha de Barou’h Sheamar et de Ishtaba’h, prononce des Bra’hot Levatala (des bénédictions en vain).

Chez les Ashkenazim, les femmes ont l’usage de réciter la Bra’ha même sur une Mitsva de laquelle elle sont exemptes, et c’est pour cela qu’elles récitent également Barou’h Sheamar et Ishtaba’h sur les Psouké DeZimra.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768

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[DP1]Rav Natrounaï GAON

Gueonim Décisionnaires de la période post talmudique 8ème et 9ème siècle

[DP2]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h