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mardi 17 mars 2009

Cashérisation des ustensiles pour Pessa’h 2ème Partie

Cashérisation des ustensiles pour Pessa’h

2ème Partie

Cette Hala'ha est dédiée à la réussite totale de nos soldats de Tsahal . Qu'Hashem les protège, et qu'il fasse plier nos ennemis sous leur force. Que chacun de nos frères soldats rentre chez lui sain et sauf, AMEN

Cette Hala’ha est aussi dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita)

Pour l'élévation de la Neshama de mon ami Refael Eliyahou Ben Esther (ALLOUCH)

Et aussi, pour l’élévation des Neshamot de nos frères sauvagement assassinés en Inde. Qu’Hashem venge le sang des innocents.

Question

Tous les types d’ustensiles sont-ils casherisables pour Pessa’h, et existe-t-il des exceptions ?

Décision de la Hala’ha

Tous les types d’ustensiles sont casherisables pour Pessa’h, excepté les ustensiles en terre ou en porcelaine dans lesquels on a placé du ‘Hamets à chaud, et pour lesquels il n’existe aucun moyen de casherisation.

Des assiettes ou des plats (en métal ou en plastique) dans lesquels on a seulement transvidé le contenu ‘Hamets chaud du Keli Rishon (ustensile qui a cuit l’aliment sur le feu), il suffira de déverser de l’eau bouillante provenant d’un Keli Rishon, sur ces plats ou assiettes.

Selon la tradition des Sefaradim, il est suffisant de Casheriser la poêle à frire, par Hag’ala, mais selon la tradition des Ashkenazim, il faut la Casheriser par Liboun (passage à la flamme). Même selon la tradition des Ashkenazim, il n’est pas nécessaire dans ce cas là, de procédé à un « Liboun total » de la poêle, en allant jusqu’à rougir la poêle. Il suffit de procéder à un Liboun « léger », de sorte d’atteindre simplement un niveau de chaleur tel, que si l’on place un brin de paille sur la paroi extérieure, la paille brûlera.

Les ustensiles en verre qui ont contenus du ‘Hamets (même à chaud), et que l’on veut utiliser pour Pessa’h, ne nécessitent aucune casherisation, il est suffisant de les rincer correctement, et ils sont utilisables à Pessa’h. Selon la tradition des Ashkenazim, il est nécessaire de Casheriser par Hag’ala, les verres que l’on veut utiliser pour Pessa’h,

Tout ustensile qui a contenu du ‘Hamets à froid, et que l’on veut utiliser pour Pessa‘h, ne nécessite aucune casherisation , et il est suffisant de le nettoyer correctement.

Il faut s’efforcer au maximum d’effectuer les diverses Casherisations seulement après avoir laisser les ustensiles au repos, sans avoir été utilisés pendant au moins 24 heures.

Il est permis de casheriser (par Hag’ala – immersion dans l’eau bouillante) des ustensiles viandes et des ustensiles laits les uns après les autres, dans le même grand ustensile.

Sources et développement

Dans la précédente Hala’ha, nous avons expliqué qu’il faut utiliser durant Pessa’h uniquement des ustensiles qui n’ont pas absorbés de ‘Hamets, c'est-à-dire, des ustensiles neufs (ou des ustensiles réservés pour Pessa’h), ou bien des ustensiles qui ont été Casherisés pour Pessa’h.

En général, le procédé de Casherisation de l’ustensile, correspond à son mode d’utilisation.

Des assiettes ou des plats (en métal ou en plastique) qui ont contenus du ‘Hamets à chaud, qui n’ont jamais servis comme Keli Rishon (le Keli Rishon est l’ustensile qui cuit l’aliment sur le feu), mais seulement comme Keli Sheni, puisqu’on y a seulement transvidé le contenu du Keli Rishon (exemple : on a fait cuire des pâtes dans une marmite. La marmite s’appelle « Keli Rishon », car c’est elle qui a contenu l’aliment durant la cuisson sur le feu. Si l’on transvide ensuite ces pâtes dans un plat en inox, ce plat s’appelle « Keli Sheni »), le procédé de Casherisation d’un Keli Sheni respecte son mode d’utilisation, et il suffira donc de déverser de l’eau bouillante provenant du Keli Rishon, sur le plat en inox de notre exemple (on peut le faire à partir de l’eau que l’on fait bouillir avec le Koukum). Un Keli Sheni est à fortiori Casherisable par immersion (Hag’ala) dans un Keli Rishon qui se trouve sur le feu.

Il est vrai que ce Din fait l’objet d’une Ma’hloket (divergence d’opinion Hala’hique) puisque selon le Peri ‘Hadash (sur O.H 451-5) il faut immerger dans l’eau de la Hag’ala dans le Keli Rishon, tout ustensile que l’on a utilisé en y déversant le contenu du Keli RIshon. L’opinion du Peri ‘Hadash est fondée sur celle de nombreux autres Rishonim (décisionnaires de l’époque médiévale) – comme le RAVEYA (sur Pessa’him chap.464 page 81), les Tossafot (sur Avoda Zara 74b), le Morde’hi (sur le chapitre « Kol Sha’a » chap.574), le Or Zaroua’ (tome 2 page 58 colonne 2) et d’autres…

Le RAMA tranche selon cette opinion à 2 endroits différents de son livre Darké Moshé : dans les Hala’hot relatives à Pessa’h (O.H 451), et dans les Hala’hot relatives aux mélanges alimentaires (Y.D 121 note 7).

Mais selon le RIF et le ROSH (sur le chapitre « Kol Sha’a »), ainsi que le Ba’al Hala’hot Guedolot (fin des Hala’hot relatives à Pessa’h), Rabbi Its’hak IBN GIAT dans son livre Mea Shea’rim (tome 2 fin de la page 88) et d’autres…, des assiettes ou des plats (en métal ou en plastique) dans lesquels on a seulement transvidé le contenu du Keli Rishon, il suffira de déverser de l’eau bouillante provenant du Keli Rishon, sur ces plats ou assiettes.

C’est donc ainsi que MARAN tranche dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 451-5).

Les Poskim débattent sur le procédé de Casherisation d’une poêle à frire, dans laquelle on a frit du ‘Hamets avec de l’huile.

A-t-elle le statut d’une marmite ou d’une casserole dans laquelle on fait cuire des aliments ‘Hamets, et qu’il suffit de casheriser par Hag’ala (immersion dans de l’eau bouillante, encore sur le feu), ou bien étant donné qu’on n’utilise pas beaucoup de liquide pour la friture (juste un peu d’huile), son statut serai celui d’une broche à rôtir, qu’il faut passer à la flamme (Liboun) ?

Selon le RAVEYA (chapitre 464 page 87), le ROSH (sur le chapitre « Kol Sha’a » section 7) et le Morde’hi (chap.577), il est suffisant de Casheriser cette poêle à frire, par Hag’ala.

Telle est également la décision Hala’hic de MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 451-11).

Mais selon Rabbenou Yoël (le père du RAVEYA), le RASHBA – dans son livre Torat Ha-Baït (Baït 4 Sha’ar 4) - et d’autres, une poêle à frire doit être Cashérisée par Liboun.

Il est vrai que concernant une poêle à frire qui a servit à frire des aliments interdits (non Casher), MARAN exige dans ce cas un Liboun pour rendre cette poêle Casher, comme nous le voyons dans le Shoul’han ‘Arou’h (Y.D 121-4).

Toutefois, concernant une poêle à frire qui a frit du ‘Hamets, MARAN exprime une expression plus souple puisqu’il n’exige qu’un immersion dans l’eau de la Hag’ala. Ceci en raison du fait que dans le cas d’une poêle « ‘Hamets », nous joignons l’opinion des nombreux Rishonim selon lesquels l’absorption de ‘Hamets par un ustensile est considérée comme l’absorption d’un aliment permis (le ‘Hamets est autorisé toute l’année, et n’est interdit que durant Pessa’h alors que les autres interdits alimentaires sont interdits toute l’année). Cette opinion entraîne un mode de Casherisation plus souple.

Cependant, le RAMA (sur O.’H chap.451 parag.11) tranche qu’il faut Casheriser la poêle à frire par Liboun.

Par conséquent, selon la tradition des Sefaradim, il est suffisant de Casheriser cette poêle à frire, par Hag’ala, mais selon la tradition des Ashkenazim, il faut la Casheriser par Liboun (passage à la flamme).

Cependant, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita précise, à partir des propres paroles du RAMA que même selon la tradition des Ashkenazim, il n’est pas nécessaire dans ce cas là, de procédé à un Liboun total de la poêle, en allant jusqu’à rougir la poêle. Il suffit de procéder à un Liboun « léger », de sorte d’atteindre simplement un niveau de chaleur tel, que si l’on place un brin de paille sur la paroi extérieure, la paille brûlera.

Tout ustensile qui a contenu du ‘Hamets à froid, comme un ustensile en argent ou en or, ou bien le frigidaire ou le congélateur, et que l’on veut utiliser pour Pessa‘h, ne nécessite aucune casherisation , et il est suffisant de le nettoyer correctement.

Les ustensiles en terre (qui ont contenus le ‘Hamets à chaud), n’ont aucun moyen de casherisation, même si on les passe à la flamme (Liboun), ils restent interdits à l’utilisation, en raison du fait qu’un ustensile en terre absorbe mais ne rejette pas.

Les ustensiles en verre qui ont contenus du ‘Hamets (même à chaud), et que l’on veut utiliser pour Pessa’h, ne nécessitent aucune casherisation, et selon l’opinion de MARAN, l’auteur du Shoul’han ‘Arou’h (O’H chap.451 parag.25), il est suffisant de les rincer correctement.

Cependant, selon la tradition des Ashkenazim, conformément à l’opinion du RAMA, il est nécessaire de Casheriser par Hag’ala, les verres que l’on veut utiliser pour Pessa’h, exactement comme pour un ustensile lait, en verre, qui a absorbé de la viande à chaud (selon la tradition Ashkenaze).

Les ustensiles en porcelaines qui ont contenus du ‘Hamets à chaud, ont le même statut que les ustensiles en terre, qui n’ont aucun moyen de casherisation, même selon la tradition des Sefaradim.

Il faut s’efforcer au maximum d’effectuer les diverses Casherisations, seulement après avoir laisser les ustensiles au repos, sans avoir été utilisés pendant au moins 24 heures (pour que le goût ‘Hamets contenu dans les parois des ustensiles, soit détérioré – Ta’am Pagoum).

Il est permis de casheriser (par Hag’ala – immersion dans l’eau bouillante) des ustensiles viandes et des ustensiles laits les uns après les autres, dans le même grand ustensile.

lundi 16 mars 2009

Cashérisation des ustensiles pour Pessa’h 1ère Partie

Cashérisation des ustensiles pour Pessa’h

1ère Partie

Cette Hala'ha est dédiée à la réussite totale de nos soldats de Tsahal . Qu'Hashem les protège, et qu'il fasse plier nos ennemis sous leur force. Que chacun de nos frères soldats rentre chez lui sain et sauf, AMEN. Cette Hala’ha est aussi dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita)

Pour l'élévation de la Neshama de mon ami Refael Eliyahou Ben Esther (ALLOUCH). Et aussi, pour l’élévation des Neshamot de nos frères sauvagement assassinés en Inde. Qu’Hashem venge le sang des innocents.

Question

Quel est le procédé de Casherisation d’un ustensile utilisé avec du ‘Hamets durant l’année, et que l’on veut utiliser également pour Pessa’h ?

Décision de la Hala’ha

Selon la règle, le procédé de Casherisation d’un ustensile, dépend de son mode d’utilisation (« Kebol’o, Ka’h Polto »).

Un ustensile dans lequel on a fait cuire du ’Hamets au moyen d’un liquide - comme une marmite ou une casserole sur le feu - doit être casherisé par Hag’ala, c'est-à-dire, être immergé à l’intérieur d’un ustensile qui se trouve sur le feu, et qui est remplie d’eau bouillante.

Si le ‘Hamets a cuit dans un ustensile directement par le feu, sans la présence du moindre liquide (le procédé de la grillade), l’ustensile doit être cashérisé par Liboun, c'est-à-dire, passé au feu jusqu’à devenir rouge.

Il est important de nettoyer correctement les ustensiles avant de les casheriser par Hag’ala.

Des couteaux, cuillères et autres couverts, peuvent être Casherisés par Hag’ala. Si le manche du couteau est fixé avec des clous, il faudra le nettoyer soigneusement en le frottant avec des détergents, et ensuite l’immerger dans l’eau de la Hag’ala. Il est conseillé dans ce cas d’avoir un couteau réservé à Pessa’h.

Les broches, les grilles, ou les plateaux de four (le statut du four sera expliqué ultérieurement) qui cuisent directement le ‘Hamets sans la présence du moindre liquide, nécessitent une Casherisation par Liboun. Mais généralement, les plateaux ne sont pas assez résistants pour supporter ce genre de traitement, et c’est pourquoi, il faut acheter des plateaux spécialement pour Pessa’h.

La grille qui se trouve au dessus des feux de la gazinière, doit être nettoyée et Cashérisée par Hag’ala. Si l’on a déversé de l’eau bouillante sur la grille de la gazinière, elle est Cashère Le-Pessa’h.

Dans la prochaine Hala’ha, nous expliquerons - B’’H - encore d’autres détails de ce sujet.

Sources et développement

Il existe une règle selon laquelle un ustensile dans lequel on a cuit ou qui a contenu à chaud un aliment interdit, devient interdit à l’utilisation jusqu’à ce qu’il subisse un procédé de Casherisation.

Cette règle a pour raison le fait que lors de la cuisson, ou bien au moment où l’ustensile à contenu à chaud l’aliment interdit, celui-ci a transmit – du fait de la cuisson ou de la chaleur – son goût alimentaire dans les parois de l’ustensile. L’ustensile contient désormais en lui le goût alimentaire de l’aliment interdit. Or, selon la Torah la présence du goût alimentaire d’un aliment équivaut à la présence de l’aliment lui-même.

Cette règle s’appelle « Ta’am Ka-’Ikar ».

Cette règle prend sa source dans la Torah.

En effet, lorsque les Béné Israël partirent en guerre contre Midian (voir Bamidbar 31-23), ils ramenèrent un important butin constitué essentiellement de vaisselles en métal (or, argent, cuivre…).

El’azar le Cohen Gadol leur enseigna la règle suivante :

Tout chose qui passe par le feu, doit passer par le feu et deviendra pure, et toute chose qui ne passe pas par le feu, doit être passée par l’eau.

Rashi explique :

Doit passer par le feu. L’ustensile rejettera selon la façon avec laquelle il a été utilisé. S’il s’agit d’ustensiles utilisés avec des liquides chauds, ils devront être immergés dans de l’eau bouillante. S’il s’agit d’ustensiles utilisés directement sur le feu, comme des broches ou des grilles, ils devront être passés à la flamme.

Nos maîtres - dans la Guemara Pessa’him 74a - établissent à partir de là que le procédé de Casherisation de tout ustensile dépend de son utilisation, puisque nous avons un principe selon lequel, un ustensile « rejette comme il absorbe » (Kebol’o, Ka’h Polto).

Par conséquent, un ustensile dans lequel on a fait cuire du ’Hamets au moyen d’un liquide - comme une marmite ou une casserole sur le feu - doit être Casherisé par Hag’ala, c'est-à-dire, être immergé à l’intérieur d’un ustensile qui se trouve sur le feu, et qui est remplie d’eau bouillante. Il faut impérativement que l’eau bouillante dans laquelle on va immerger l’ustensile à casheriser, soit celle qui se trouve à l’intérieur du Keli Rishon (dans une marmite qui se trouve sur le feu).

(C'est-à-dire, il faut immerger l’ustensile à Casheriser, exclusivement dans un ustensile contenant de l’eau bouillante et qui se trouve encore sur le feu, et non dans de l’eau qui a bouilli sur le feu et qui a été ensuite transvidée dans un autre ustensile, car ce nouvelle ustensile s’appelle « Keli Sheni ». Or, l’eau bouillante qui se trouve dans un Keli Sheni, n’a pas l’intensité de chaleur suffisante pour causer le rejet de se qui est absorbé dans les parois de l’ustensile à Casheriser.)

C’est pourquoi, les couteaux, cuillères et autres couverts, peuvent être Casherisés en les immergeant dans l’eau bouillante de la bouilloire électrique (Koumkoum) par exemple, en trempant d’abord un côté du couteau, et ensuite l’autre côté.

Si le manche du couteau est fixé avec des clous, cela fait l’objet d’une Ma’hloket (divergence d’opinion Hala’hique) parmi les Poskim (décisionnaires) :

Selon le BA’H (Baït ‘Hadash), le couteau n’est pas Cashérisable

Selon le ‘Hok Ya’akov (note 15), il faudra le nettoyer soigneusement en le frottant avec des détergents, et ensuite l’immerger dans l’eau de la Hag’ala.

Le Gaon Rabbi ‘Abdellah SOME’H fait remarquer dans son livre Ziv’hé Tsedek (chap.121 note 37) que puisque de nos jours, les ignorants sont nombreux, il ne faut pas enseigner cette autorisation, par crainte qu’ils ne nettoient pas le manche du couteau soigneusement.

C’est pourquoi notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita – dans son livre ‘Hazon Ovadia – Pessa’h (édition 5763 page 137) – conseille dans ce cas d’avoir un couteau réservé à Pessa’h.

De nombreux Rishonim (décisionnaires de l’époque médiévale) cite les propos de nos maître dans le Sifré, qui nous enseignent qu’avant de Casheriser par Hag’ala (immersion dans l’eau bouillante), il faut veiller à nettoyer correctement l’ustensile à Cashériser de toute trace de saleté ou de rouille.

MARAN tranche dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 451-4) que les broches et les grilles que l’on utilise directement avec le feu, sans la présence du moindre liquide, nécessitent une Casherisation par Liboun, c'est-à-dire, un passage au feu jusqu’à produire des étincelles, ce qui correspond au stade où le métal devient rouge.

Il en est de même pour les plateaux du four (le statut du four sera expliqué ultérieurement) dans lesquels on fait cuire du pain ou des gâteaux, durant toute l’année. La Casherisation de ces plateaux ne peut se faire que par Liboun total, c'est-à-dire, jusqu’à produire des étincelles.

Mais généralement, les plateaux ne sont pas assez résistants pour supporter ce genre de traitement, et c’est pourquoi, il faut acheter des plateaux spécialement pour Pessa’h.

Mais par contre, une marmite dans laquelle on cuit du ‘Hamets avec un liquide, cette marmite est tout à fait casherisable par immersion dans de l’eau bouillante (Hag’ala).

La grille qui se trouve au dessus des feux de la gazinière, doit être nettoyée et immergée dans de l’eau bouillante.

Si l’on a déversé de l’eau bouillante sur la grille de la gazinière, elle est Cashère Le-Pessa’h.

Il est vrai que le RAMA tranche (O.H 451-4) que la grille doit être passée au Liboun (la flamme), et que le Maguen Avraham explique que parfois le jus du plat coule sur la grille, malgré tout, d’autres Poskim comme le Gaon Ya’abets – dans son livre Mor Ou-Ktsi’a (page 46 colonne 4) – ou le Maamar Morde’haï (note 11) réfutent les propos du RAMA sur ce point, et selon eux, il suffit de déverser de l’eau bouillante sur la grille pour qu’elle devienne Cashère Le-Pessa’h.

Dans la prochaine Hala’ha, nous expliquerons - B’’H - encore d’autres détails de ce sujet.

lundi 12 janvier 2009

Boire un café préparé par un non juif

Boire un café préparé par un non juif

Cette Hala’ha est dédiée à la guérison totale de notre Grand Maître

Rabbi Ovadia YOSSEF Ben Gorgyié.

Qu’Hashem lui envoi une totale guérison, qu’Il lui accorde une longue vie, pleine de santé, et qu’il continue de nous éblouir de sa lumière et de son prestige.

Cette Hala'ha est aussi dédiée à la réussite totale de nos soldats de Tsahal

Qu'Hashem les protège, et qu'il fasse plier nos ennemis sous leur force

Que chacun de nos frères soldats rentre chez lui sain et sauf, AMEN

Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita)

Pour l'élévation de la Neshama de mon ami Refael Eliyahou Ben Esther (ALLOUCH)

Et aussi, pour l’élévation des Neshamot de nos frères sauvagement assassinés en Inde.

Qu’Hashem venge le sang des innocents.

Question

Est-il permis de boire un café préparé par un non juif, comme le café servi à bord d’un avion, ou bien y a-t-il un interdit à titre d’aliment cuit par un non juif (Bishoul Goï), ou un autre interdit ?

Décision de la Hala’ha

S’il s’agit d’un café ordinaire, constitué uniquement de poudre de café, d’eau et de sucre, sans lait, crème ou autre ingrédient, il est permis de boire un café préparé par un non juif. La personne qui désire s’imposer la ‘Houmra (rigueur) de ne jamais consommer un café préparé par un non juif, est digne de la Bénédiction.

Il faut veiller à se faire servir le café uniquement dans un ustensile en verre ou dans un verre jetable. Si l’on est dans une situation où il est impossible de se faire servir le café dans un ustensile en verre ou dans un verre jetable, on peut autoriser – en cas de force majeure – de boire un café préparé par un non juif, même s’il est servi dans un ustensile en porcelaine ou autre matière.

Sources et développement

Il est évident que de notre époque, en dehors d’Israël, nous trouvons très fréquemment du café commercialisé par les non juifs, contenant des mélanges de toutes sortes d’ingrédients dans lesquels se trouvent de sérieux risques d’interdits alimentaires.

Par conséquent, il est certain qu’il n’y a pas lieu de débattre sur la Cacherout d’un café sur lequel se trouve de la crème (Cappuccino), ou dans lequel sont mélangés différents ingrédients.

Nous ne traiterons ici que d’un café ordinaire, constitué de poudre de café, de sucre et d’eau, et rien d’autre.

L’interdiction qu’il pourrait y avoir, relèverait du décret de nos maîtres selon lequel, il est interdit de consommer un aliment cuit par un non juif, par exemple un légume comme le poireau, ou tout autre légume il nous est interdit de le consommer puisqu’il a été cuit par un non juif. Même si le non juif a cuit le poireau seul sans le moindre mélange, et même s’il l’a cuit dans les ustensiles du juif, le poireau reste malgré tout interdit à la consommation, dès l’instant où il a été cuit par un non juif (Il existe de nombreuses autres Hala’hot concernant l’interdit de Bishoul Goï, et nous auront – avec l’aide d’Hashem – une autre occasion pour les traiter).

Ce décret prend sa source dans une Mishna de la Guemara ‘Avoda Zara (35b). Il a pour but d’empêcher un rapprochement entre le juif et le non juif, qui pourrait engendrer un mariage avec la fille du non juif.

La Guemara ‘Avoda Zara (38a) précise que l’interdiction de consommer un aliment cuit par un non juif, n’existe que lorsqu’il s’agit d’un aliment inconsommable lorsqu’il est cru. Mais si l’aliment est consommable même lorsqu’il est cru, même si le non juif le fait cuire (ou bouillir), l’aliment n’est pas interdit à la consommation.

Ces Dinim sont tranchés dans le Shoul’han ‘Arou’h (Y.D 113-1).

Sur ce point de vue, il n’y a pas lieu d’interdire la consommation du café préparé par un non juif, car – comme nous l’avons précisé - l’interdiction de consommer des aliments cuits par un non juif, n’existe que lorsqu’il s’agit d’un aliment que l’on ne peut pas consommer tant qu’il est cru, comme des pommes de terres ou autre, qu’il est impossible de manger sans les faire cuire. Mais un légume qui est mangeable même à l’état cru et qu’il n’est pas nécessaire de faire cuire pour qu’il soit consommable, par exemple une carotte cuite, puisqu’il est possible de la manger même sans la faire cuire, il n’y a pas de décret de Bishoul Goï (aliment cuit par un non juif) pour cette catégorie d'aliments.

Par conséquent, il est permis de boire de l’eau bouillie par un non juif, car l’eau est tout à fait consommable même sans la faire bouillir, même lorsqu’elle est froide, et c'est pourquoi, il n’y a pas d’interdit à titre d’aliment cuit par un non juif sur l’eau.

Or, le café, même si différents ingrédients sont mélangés à son eau, comme la poudre du café et le sucre, malgré tout, puisque sa Bera’ha est « Shehakol Nihya Bidvaro » - du fait qu’il est constitué d’une majorité d’eau, et nous ne récitons pas sur le café « Boré Péri Ha’èts » par rapport au café lui-même - tous les ingrédients sont donc considérés comme nuls vis-à-vis de l’eau qui constitue l’élément essentiel du café. Il n’y a donc pas à prendre en considération la poudre de café pour interdire la consommation du café à titre d’aliment cuit par un non juif.

Nous tirons ce raisonnement à travers les propos des Tossafot sur la Guémara ‘Avoda Zara (31b) au sujet de la bière des non juifs qui n’est pas interdite à titre d’aliment cuit par des non juifs, car la Bera’ha de la bière est « Shehakol Nihya Bidvaro », et non « Boré Miné Mézonot » qui serai une Bera’ha plus appropriée puisque la bière est faite à base de récolte. L’orge mélangée au liquide est donc considérée comme nul vis-à-vis du liquide de façon intégrale, et il n’est pas concevable d’interdire le liquide constituant la bière, à titre d’aliment cuit par des non juifs, simplement à cause de l’orge qu’il contient.

(Mais les Tossafot précisent eux même qu’il est interdit de boire de la bière dans des festivités organisées par un non juif, à cause d’un autre décret, comme c’est expliqué dans la Guemara).

Tel est également l’avis du ROSH, et de son maître le MAHARAM de ROTTENBOURG (dans ses Tshouvot édition de Prague chap.154). C’est ainsi que tranche également MARAN (au sujet de la bière des non juifs) dans le Shoul’han ‘Arou’h (Y.D 114—1)

Nous pouvons donc en déduire qu’il n’y a pas d’interdit à titre d’aliment cuit par un non juif dans le fait de boire un café préparé par un non juif.

C’est ainsi que tranche notre maître le RADBAZ dans une Tshouva (réponse Hala’hic) (tome 3 chap.637), et il conclut que malgré tout, il ne faut pas boire le café dans les festivités des non juifs, car cela peut entraîner de nombreux incidents. Fin de citation.

Notre maître le Décisionnaire de la génération, le Rav Ovadia YOSSEF Shalita, s’étend légèrement sur ce sujet dans son livre Shou’t Ye’havé Da’at (tome 4 chap.42), où il rapporte encore d’autres arguments qui autorisent et qui interdisent la chose.

Sur le plan pratique, Il conclut qu’il n’y a pas de crainte à avoir dans le fait de boire un café fait préparé par un non juif, vis-à-vis de l’interdit de consommer un aliment cuit par un non juif, mais celui qui voudrait s’imposer la ‘Houmra (rigueur) de prendre en considération l’opinion des Poskim (décisionnaires) selon lesquels il y a là un interdit à titre de cuisson d’un non juif, cette personne est digne de Bénédiction.

Il débat ensuite sur le fait de boire le café à bord d’un avion, car le café y est servi dans des ustensiles appartenants à des non juifs qui ont l’usage d’y servir parfois du lait chaud, or le lait des non juifs nous est interdit à la consommation. Les ustensiles ont donc absorbé le goût de ce lait et interdisent donc tout ce qu’on y introduira, conformément à l’opinion du RASHBA dan ses Tshouvot (tome 1 chap.143), et comme le tranche le RAMA (Y.D 115-1).

Même si – comme le stipule le Shoul’han ‘Arou’h (Y.D 126-6) - on considère par présomption, que les ustensiles d’un non juif n’ont pas servi dans les dernières 24 heures (ils ne sont pas Béné Yoman), et de ce fait, le goût alimentaire interdit absorbé dans les parois de l’ustensile, est considéré comme « détérioré » (Pagoum), et empêche l’ustensile d’interdire l’aliment qui sera introduit en lui, malgré tout, le Peri ‘Hadash (sur O.H 447-5) précise que lorsqu’il s’agit d‘ustensiles fréquemment utilisés par le non juif, ils sont considérés de fait comme ayant été utilisé durant les dernières 24 heures (ils sont Bené Yoman) jusqu’à la certitude du contraire, et de ce fait, ils interdisent l’aliment qui y sera introduit.

Selon cela, il sera donc interdit de boire le café à bord d’un avion, sauf si l’on sait explicitement que l’ustensile dans lequel le café est servi ne comporte pas le moindre risque d’interdiction, par exemple s’il s’agit d’un ustensile jetable, ou un ustensile en verre qui n’absorbe pas.

En effet, nous savons que selon MARAN l’auteur du Shoul’han ‘Arou’h (O.H 451-26), le verre n’absorbe et ne rejette pas. Il est donc permis d’utiliser un ustensile en verre pour n’importe quoi, y compris pour la viande et le lait ou inversement, sans le Casheriser, même s’il a contenu un aliment interdit à chaud. Cependant, les Ashkenazim s’imposent la ‘Houmra (la rigueur) sur ce point, conformément aux propos du RAMA.

Cependant, notre maître le Rav Shalita cite plusieurs arguments sur lesquels – dans un cas de force majeure – il est possible de s’appuyer et s’autoriser de boire le café même dans des ustensiles en porcelaine ou autre. Tout ceci uniquement lorsqu’on ne peut pas faire autrement, mais tant que l’on a la possibilité de demander que l’on nous serve le café dans un ustensile en verre ou dans un verre jetable, il faut le faire.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5769 sheelot@free.fr

(à partir des écrits du Gaon Rabbi Ya’akov SASSON shalita)

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mardi 19 août 2008

Comment tremper les ustensiles, et situations diverses

Comment tremper les ustensiles, et situations diverses

[A la fin de cette Hala’ha, vous trouverez une nuance très importante au sujet du principe de « Safek Bera’hot Lehakel » (« Lors d’un doute sur la récitation d’une Bera’ha, nous ne la récitons pas »)]

Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita)

Questions

De quelle manière doit-on tremper les ustensiles ?

De quelle façon doit-on agir lorsqu’un ustensile non trempé se mélange à des ustensiles trempés et que l’on ne peut les distinguer ?

Doit-on réciter la Bera’ha même lorsqu’on trempe des ustensiles fabriqués en dehors d’Israël ?

DécisionS de la Hala’ha

Si l’on procède à l’immersion d’ustensiles dans un Mikvé qui sert également à l’immersion de personnes (immersion des dames ou des hommes), s’il s’agit d’un Mikvé chauffé (comme la plupart des Mikvaot de notre temps), il est interdit de réciter la Bera’ha dans la pièce où se trouve le bassin du Mikvé. Il faut la réciter à l’extérieur de cette pièce et ensuite – s’en s’interrompre – commence l’immersion des ustensiles. (Il en est de même pour une dame qui s’immerge dans un Mikvé.)

Il faut veiller à ce que rien ne fasse séparation (‘Hatsitsa) entre l’ustensile et l’eau du Mikvé.

Par conséquent, il faut nettoyer correctement l’ustensile et enlever toute saleté ou trace de rouille avant de le tremper.

Est considérée comme ‘Hatsitsa (élément séparateur), toute chose qui s’interpose entre l’ustensile et l’eau du Mikvé.

C’est pourquoi, lors de l’immersion, il faut que l’ustensile soit tenu faiblement dans la main, car s’il est tenu de façon serrée dans la main, la main constitue une ‘Hatsitsa (élément séparateur) entre l’ustensile et l’eau du Mikvé.

Cependant, il est possible de se mouiller les mains avec l’eau du Mikvé, avant de tremper l’ustensile dans l’eau, et à ce moment là, il n’y a plus à craindre la ‘Hatsitsa (séparation) même si l’on attrape fortement l’ustensile.

Lorsqu’on trempe des ustensiles neufs, il est préférable de retirer toutes sortes d’étiquettes ou autres, pouvant constituer une ‘Hatsitsa (élément séparateur), en particulier les étiquettes dont la présence sur l’ustensile, nous dérange.

Même pour les ustensiles en cristal, il est bon de s’imposer la ‘Houmra (rigueur) de retirer les étiquettes sur lesquelles il est écrit « Cristal ».

Lorsqu’on trempe un canif (qu’on utilise pour manger) dont la lame est repliée à l’intérieur, on doit d’abord l’ouvrir avant de le tremper, afin que l’eau se propage sur toutes les parties du canif.

Des ustensiles qui ont été trempés selon les exigences de la Hala’ha, et dans lesquels s’est mélangé un autre ustensile qui lui, n’a pas encore été trempé, il faut tous les tremper de nouveau mais sans réciter la Bera’ha

Cependant, s’il s’agit d’ustensiles en verre, on peut autoriser – dans ce cas précis - à ne pas les retremper du tout.

Sources et développement

Il est interdit de prononcer une Bera’ha (ou toute mention du Nom d’Hashem) lorsqu’on se trouve dans une pièce où l’on prend des bains (ou des douches) chauds. Ceci, en raison de la sueur humaine qui se dégage, en conséquence au bain chaud.

C’est la raison pour laquelle, il est interdit de prononcer une Bera’ha dans une salle de bains.

La plupart de nos Mikvaot sont chauffés, et par conséquent, il est également interdit de prononcer la Bera’ha de l’l’immersion des ustensiles lorsqu’on se trouve dans un Mikvé qui sert également à l’immersion de personnes (des dames ou des hommes).

Il faut la réciter à l’extérieur de cette pièce et ensuite – s’en s’interrompre – commence l’immersion des ustensiles. (Il en est de même pour une dame qui s’immerge dans un Mikvé.)

Il faut veiller à ce que rien ne fasse séparation (‘Hatsitsa) entre l’ustensile et l’eau du Mikvé.

Par conséquent, s’il y a de la rouille sur l’ustensile, il faut le nettoyer correctement et enlever la rouille de l’ustensile.

En effet, les Hala’hot de ‘Hatsitsa (éléments séparateurs) dans l’immersion des ustensiles, sont les mêmes Hala’hot relatives à l’immersion de la femme Nidda.

C’est ce qu’affirment plusieurs Rishonim (décisionnaires de l’époque Médiévale) – comme l’auteur du Eshkol[D1] (tome 3 page 140) ; le Rosh[D2] (dans ses commentaires sur Pessa’him chap.7 au nom du Sifré) ; l’auteur du SaMaG[D3] (section des interdits N°148 au nom du Sifré et cité dans le Beit Yossef fin du chap.120).

Telle est également la décision Hala’hic de MARAN[D4] dans le Shoul’han ‘Arou’h (Y.D chap.120 parag.13)

Est considérée comme ‘Hatsitsa (élément séparateur), toute chose qui s’interpose entre l’ustensile et l’eau du Mikvé.

C’est pourquoi, lors de l’immersion, il faut que l’ustensile soit tenu faiblement dans la main, car s’il est tenu de façon serrée dans la main, la main constitue une ‘Hatsitsa (élément séparateur) entre l’ustensile et l’eau du Mikvé.

Cependant, il est possible de se mouiller les mains avec l’eau du Mikvé, avant de tremper l’ustensile dans l’eau, et à ce moment là, il n’y a plus à craindre la ‘Hatsitsa (séparation) même si on attrape fortement l’ustensile, car dans ces conditions, l’eau du Mikvé est en contact avec l’eau qui se trouve sur la main, de sorte que l’eau est liée avec toutes les parties de l’ustensile.

Lorsqu’on trempe des ustensiles neufs, il est préférable de retirer toutes sortes d’étiquettes ou autres, pouvant constituer une ‘Hatsitsa (élément séparateur).

Cependant, tout ce qui se trouve sur l’ustensile n’est pas forcément considéré comme ‘Hatsitsa vis-à-vis du trempage, mais uniquement les choses pour lesquelles on a une exigence particulière.

Il y a de nombreuses nuances sur ces Dinim, similairement aux Dinim de ‘Hatsitsa dans la Netilat Yadaïm ou dans les Hala’hot relatives à l’immersion de la femme Nidda. C’est pourquoi, il est bon de retirer systématiquement les étiquettes avant l’immersion, dans toutes situations.

Bien que ce point ne soit pas réellement tranché dans les Poskim, puisque – comme le fait remarquer le Gaon Rabbi Shelomo Zalman OYERBACH z.ts.l[D5] dans son livre Shou’t Min’hat Shelomo (tome 2 chap.66 note 19) - les étiquettes peuvent représenter « un élément minoritaire sur lequel nous n’avons pas d’exigence » (« Mi’outo Sheeno Makpid ‘Alav »), c'est-à-dire : l’étiquette est tellement insignifiante qu’elle ne dérangerait en rien le propriétaire de l’ustensile. De ce fait, l’étiquette n’est pas à considérer comme ‘Hatsitsa (élément séparateur)

Dans son livre Hali’hot ‘Olam (tome 7 Parasha de Matot note 14), notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita, cite les propos de l’auteur du Shou’t ’Haïm Ha-Levy (tome 1 chap.57 note 5) qui parle lui-même au nom du Gaon Rabbi Its’hak Ya’akov WEISS z.ts.l[D6] et selon qui :

« Un ustensile en Cristal qui porte une étiquette sur laquelle il est écrit « Cristal », ne représente pas une ‘Hatsitsa (élément séparateur) vis-à-vis de l’immersion, puisque cette étiquette donne de la valeur à l’ustensile, et que l’on n’a donc aucune exigence à la retirer. C’est ce qu’on rapporte également au nom du Gaon Rabbi Shemouel WOZNER Ha-Levy Shalita[D7] auteur du Shou’t Shevet Ha-Levy. Cependant, une autre autorité Hala’hic prône la ‘Houmra (la rigueur) sur ce point, et il est bon de se l’imposer. » Fin de citation du Shou’t ’Haïm Ha-Levy cité par notre maître le Rav Shalita.

L’auteur du ‘Arou’h Ha-Shoul’han[D8] (sur Y.D chap.120 parag.8) précise qu’un canif (qu’on utilise pour manger) dont la lame est repliée à l’intérieur, doit être ouvert lors de l’immersion, afin que l’eau se propage sur toutes les parties du canif.

Des ustensiles qui ont été trempés selon les exigences de la Hala’ha, et dans lesquels s’est mélangé un autre ustensile qui lui, n’a pas encore été trempé, par exemple, lorsqu’on a acheté un set de couverts neufs, que l’on a été tremper au Mikvé, et qu’ensuite, il s’avère que l’un des ustensiles n’a pas été trempé, et qu’il se trouve à présent mélangé parmi les autres ustensiles.

Certains disent que dans ce cas il n’y a pas d’obligation de tremper de nouveau l’intégralité des ustensiles, mais certains disent que tous les ustensiles doivent être de nouveau trempés.

Selon l’opinion de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita, il faut les tremper de nouveau mais sans réciter la Bera’ha, car d’une part l’obligation de tremper les ustensiles est une ordonnance de la Torah, et lorsqu’il y a un doute sur une ordonnance de la Torah, nous allons à la ‘Houmra (rigueur), mais d’autre part, nous ne récitons pas de nouveau la Bera’ha, car une rigueur sur ce point, entraînerai la souplesse de réciter le Nom d’Hashem en vain. Or, nous avons le principe de SAFEK BERAH’OT LEHAKEL (lors d’un doute sur la récitation d’une Bera’ha, nous ne la récitons pas). C’est pourquoi, il ne faut pas réciter de nouveau la Bera’ha lorsqu’on retrempe les ustensiles.

Cependant, s’il s’agit d’ustensiles en verre, dans un tel cas, on peut autoriser à ne pas les retremper du tout, puisque l’obligation de tremper les ustensiles en verre n’est pas une ordonnance de la Torah mais seulement de nos ‘Ha’hamim, et lorsqu’il y a un doute sur une loi des ‘Ha’hamim, nous allons à la souplesse.

Bien qu’il y a aussi en dehors d’Israël, de nombreux juifs qui possèdent des usines d’ustensiles, malgré tout, nous avons un principe (voir les Guemarot Bera’hot 28a ; Kiddoushin 73a ; ‘Houlin 95a) selon lequel « Tout élément qui se détache, provient d’une majorité » (« Kol Deparish, MeRouba Parish »), c'est-à-dire : il faut se baser sur la majorité des usines afin de déterminer si les ustensiles sont soumis à l’obligation d’être trempés ou non. Or, puisqu’il est de notoriété que la majorité des usines d’ustensiles en dehors d’Israël, appartiennent à des non juifs, tout ustensile fabriqué en dehors d’Israël nécessite une immersion selon le Din.

Il faut même réciter la Bera’ha sur cette immersion.

En effet, il est vrai que nous appliquons généralement le principe de « Safek Bera’hot Lehakel » (« lors d’un doute sur la récitation d’une Bera’ha, nous ne la récitons pas »), et sur ce point, nous ne suivons pas la majorité, car même lorsqu’une majorité de Poskim pense qu’il faut réciter une Bera’ha précise, et qu’une minorité conteste et pense qu’il ne faut pas la réciter, nous suivons la minorité, comme en attestent de nombreux A’haronim (le Gaon Rabbi Moshé AMARILIO[D9] dans son livre Shou’t Devar Moshé tome 1 chap.35 ; le Gaon Rabbi Avraham AL KLA’ÏI[D10] dans son livre Shou’t ’Hessed Le-Avraham section O.H chap.18 ; le Gaon Rishon Le-Tsion Rabbi Ya’akov Shaoul ELYASHAR[D11] dans son livre Ma’assé Ish section Y.D chap.15), et cela, en raison de la gravité de l’interdiction de réciter une Bera’ha en vain, qui représente – selon le RaMBaM[D12] - la transgression de l’interdit « Tu ne prononceras pas le Nom d’Hashem ton D. en vain ».

Selon cela, comment ce fait-il que nous devons réciter la Bera’ha lorsqu’on trempe des ustensiles fabriqués en dehors d’Israël ?

Il reste quand même le doute que cet ustensile a été fabriqué dans l’usine d’un juif, et dans ce cas, l’ustensile est en vérité exempt d’immersion, et nous récitons peut être une Bera’ha en vain ?!

Nuance très importante au sujet du principe de

« Safek Bera’hot Lehakel »

(« Lors d’un doute sur la récitation d’une Bera’ha, nous ne la récitons pas »)

Cependant, notre maître La Rav Ovadia YOSSEF Shalita explique une notion très importante au sujet du principe de « Safek Bera’hot Lehakel » (« lors d’un doute sur la récitation d’une Bera’ha, nous ne la récitons pas »).

En effet, il y a une différence entre un doute qui résulte d’une Ma’hloket (une divergence d’opinion Hala’hic) entre les Poskim, et un doute qui résulte d’une réalité (Safek BaMetsiout).

La Torah nous ordonne de suivre la majorité lorsque des Poskim discutent « face à face » (des Poskim vivant à la même époque) d’un sujet précis, et lorsque chacun des 2 partis opposés a pris connaissance de l’opinion et des arguments de l’autre, et malgré tout, chacun est resté sur son avis. Dans ce cas, nous devons suivre l’opinion de la majorité.

Si par contre la discussion se déroule entre Poskim dont les uns n’ont pas eu connaissance de l’opinion et des arguments des autres (ils n’ont pas vécus à la même époque), si la discussion porte sur la récitation d’une Bera’ha, nous ne suivons pas l’opinion de la majorité et nous appliquons le principe de « Safek Bera’hot Lehakel » (« lors d’un doute sur la récitation d’une Bera’ha, nous ne la récitons pas ») car il y a lieu d’estimer que si la majorité – qui est d’avis de réciter la Bera’ha - avait eu connaissance des arguments de la minorité – selon qui il ne faut pas la réciter - elle se serait sûrement rangé à son avis, et aurait tranché qu’il ne faut pas réciter la Bera’ha.

Mais lorsque le doute résulte d’une réalité – comme c’est le cas dans notre sujet puisque l’ustensile fabriqué en dehors d’Israël peut provenir de l’usine d’un juif comme il peut provenir de l’usine d’un non juif – il faut se baser totalement sur la notion de majorité.

Or, la majorité des usines d’ustensiles en dehors d’Israël, appartiennent à des non juifs. Donc tout ustensile fabriqué en dehors d’Israël, nécessite une immersion avec Bera’ha, selon le Din, conformément au principe

« Tout élément qui se détache, provient d’une majorité » (« Kol Deparish, MeRouba Parish »).

Cette nuance entre un doute qui résulte d’une Ma’hloket et un doute qui résulte d’une réalité (Safek BaMetsiout), est relevée par de nombreux Poskim, et parmi eux :

MaHaRaM de ROTTENBOURG[D13] (Tshouvot Maïmoni section Nashim fin du chap.11) ; MaHaRaM MINTS[D14] (Tshouvot chap.15).

Nous pouvons relever cette nuance également à travers les propos du RaMBaM (Hala’hot Meguila chap.1 Hala’ha 11) :

« Une ville sur laquelle nous avons un doute si elle a été entourée de muraille à l’époque de Yehoshoua’ Bin Noun ou non, ses habitants devront lire la Meguila le 14 Adar avec Bera’ha puisque cette date est commune à la majorité des villes, et ils la reliront également le 15 Adar sans réciter la Bera’ha. »

MARAN[D15] tranche lui aussi cette Hala’ha dans la Shoul’han ‘Arou’h (O.H chap.688).

Il en ressort donc que lorsque le doute résulte d’une réalité (entourée de muraille à l’époque de Yehoshoua Bin Noun ou pas), nous nous basons totalement sur la majorité, même s’il s’agit de réciter une Bera’ha, sans tenir compte de la notion de minorité.

C’est avec ces propos du RaMBaM que le Gaon Rabbi Eli’ezer DI TOLEDO – dans son livre Mishnat Rabbi Eli’ezer (section Same’h note 1) - prouve lui aussi que lorsque le doute se situe au niveau d’une réalité, il faut se baser totalement sur la notion de majorité.

L’auteur du Shou’t Shoel Venish’al[D16] (tome 2 chap.74) tranche lui aussi qu’il faut réciter la Bera’ha même lorsqu’on trempe des ustensiles fabriqués en dehors d’Israël.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768 sheelot@free.fr

(à partir des écrits du Gaon Rabbi Ya’akov SASSON shalita)

Pour recevoir la Halaha Yomit chaque jour, ainsi qu’un Dvar Torah le vendredi, par

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[D1]ESHKOL

Rabbi Avraham Ben Its’hak France 12ème siècle

[D2]Rosh

Rabbenou Asher Allemagne-Espagne 13ème siècle

[D3]SaMaG

Sefer Mitsvot Gadol

Rabbi Moshé MI KOUTSI France 13ème siècle

[D4]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h

[D5]

Rabbi Shelomo Zalman OYERBACH [D5] un des plus grands décisionnaires de notre temps Jérusalem 1910 – 1995

[D6]Rabbi Its’hak Ya’akov WEISS Grand Rabbin Ashkenazi de Jérusalem, et l’un des plus importants décisionnaires de notre temps. Auteur du Shou’t Min’hat Its’haK. Il est décédé, il y a quelques années.

[D7]

Rabbi Shemouel HaLevi WOZNER Rav de Zi’hron Meïr (Israël) et auteur du Shevet Halevi. Il est l’un des plus important Poskim de notre temps.

[D8]

Arou’h Hashoul’han Rabbi Ye’hiel Mi’hal EPSTEIN Russie 19ème siècle

[D9]

Rabbi Moshé AMARILIO Salonique 18ème siècle. Auteur du Shou’t Devar Moshé et de Hala’ha LeMoshé.

[D10]

Rabbi Avraham AL KLA’ÏI Turquie Israël 19ème siècle

[D11]

Rabbi Ya’akov Shaoul ELYASHAR Israël 19ème et début du 20ème siècle. Il fut Rishon Le-Tsion (Grand Rabbin Sefarade des juifs d’Israël.)

[D12]RaMBaM ou Maïmonide Rabbi Moshé Ben Maïmon Espagne – Egypte 12ème siècle

[D13]MaHARaM de Rottenbourg Morénou Harav Rabbenou Meïr de Rottenbourg Allemagne 13ème siècle

[D14]MaHaRaM MINTS Morenou Harav Rabbi Moshé MINTS Italie 19ème siècle

[D15]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h

[D16]Shoel Venish’al Rabbi Moshé ‘Halfoun Ha-Cohen Tunisie 20ème siècle. L’une des plus importantes autorités Hala’hic Sefarade de ce siècle.