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dimanche 14 février 2010

Birkat Ha-Gomel après un voyage en avion

Birkat Ha-Gomel après un voyage en avion

Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de :
mon épouse Sylvie Mazal Esther Bat Régine ‘Haya Sim’ha ; du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita) ; l’enfant Yo’heved Mazal Bat ‘Hassiba (fille de Yéhouda et Eva ALLOUN) ; Its’hak Ben ‘Aïsha ; I’hya Nathan Yossef Aharon Ben Déborah ; Yonathan Yehouda Ben Aviva ; Marc Samuel Ben Rosa Vé-Nessim Hadjadj ; Sarah Bat Miryam ; ‘Haïm Ben Yéhouda ; ainsi que pour ma propre Refoua Shelema David Avraham Ben Simi.
Elle est aussi dédiée à la santé de la famille ARBIB.
Elle est aussi dédiée à l’élévation de l’âme de : Ora Bat Myriam (Boukobza) ; Georges Yitshak ben Chlomo ;Tsipora bat Esther

QUESTION

Doit on réciter le Birkat Ha-Gomel après un voyage en avion ?

DECISION DE LA HALA’HA

Toute forme de voyage est considérée comme dangereuse, et de ce fait, il n’y a pas de différence entre un voyage par la terre ferme, par la mer ou dans les airs.
Dès lors où il s’agit de voyage, la notion de danger entre en considération et l’on est tenu de remercier Hashem pour nous avoir épargné de ce danger.
Par conséquent, exactement comme pour un voyage en voiture ou en train, lorsqu’on a voyagé 72 mn en avion ou en hélicoptère, on doit réciter le Birkat Ha-Gomel, car un tel voyage est considéré comme une traversée du désert ou de la mer.
Lorsqu’on voyage en avion, on peut rencontrer divers dangers, comme le fait que le pilote perde le contrôle de l’appareil en plein vol et soit dans l’obligation d’effectuer un atterrissage d’urgence, ou bien que l’un des moteurs de l’avion tombe en panne et que le pilote soit dans l’obligation d’atterrir en pleine forêt d’un pays hostile dont les habitants pourraient faire du mal aux passagers de l’avion.

C’est pourquoi on doit réciter le Birkat Ha-Gomel après un voyage en avion. Tel est l’usage répandu.

Il n’y a aucune différence entre un homme et une femme vis-à-vis du devoir d’adresser à Hashem des bénédictions de reconnaissance. Par conséquent, une femme qui a voyagé durant 72 mn en avion ou en hélicoptère est tenue - elle aussi - de réciter Birkat Ha-Gomel en présence d’un Minyan (à la synagogue, dans la partie réservée aux femmes par exemple), comme elle est tenue de le réciter après une maladie ou un accouchement. (Une future Hala’ha sera – B’’H – exclusivement consacrée au Birkat Ha-Gomel pour la femme).

Dans la prochaine Hala’ha, nous traiterons du prisonnier libéré, ainsi que des victimes de kidnapping.

SOURCES ET DEVELOPPEMENT

Dans les précédentes Hala’hot , nous avons expliqué qu’il y a 4 situations à la suite desquelles, nous avons l’obligation de réciter Birkat Ha-Gomel en présence d’un Minyan (10 hommes).
Parmi ces situations, deux concernent le voyage :
Lorsqu’on a traversé un désert, et par extension, lorsqu’on a voyagé en voiture ou en train d’une vile à l’autre.
Lorsqu’on a traversé la mer, et par extension, lorsqu’on a voyagé sur un fleuve, lorsqu’on a nagé dans une mer ou un fleuve, ou lorsqu’on a fait une simple promenade en bateau.

Nous allons à présent nous intéresser au voyage en avion.

Le Gaon « Ragatsovi » (Rabbi Yossef ROZZIN) fut consulté afin de déterminer si on doit réciter Téfilat Ha-Déreh (prière lorsqu’on entreprend un voyage) lorsqu’on voyage en avion.
Il répondit par un enseignement de la Guémara ‘Houlin (139a) où l’on traite de la Mitsva du renvoi du nid d’oiseau ;
En effet, la Torah dit (Dévarim 22-6 et 7) :
« Si un nid d’oiseau se trouve devant toi sur la route, sur tout arbre ou au sol, rempli de poussins ou d’œufs, alors que la mère couve les poussins où les œufs, tu ne prendras pas la mère avec les petits. Tu devras renvoyer la mère et prendre les petits pour toi, afin qu’il te soit fait du bien et que tes jours se rallongent. »
La Guémara déclare : si l’on trouve un nid dans la mer, on est tenu d’accomplir la Mitsva, car il est dit (Isha’ya 43-16) : « Celui qui procure une route en pleine mer ». (Le mot –דרך - route est commun à ce verset et celui dans lequel est mentionnée la Mitsva du nid).
La Guémara s’étonne : Dans ce cas, si l’on trouve un nid dans le ciel, nous serions donc tenu d’accomplir la Mitsva, puisqu’il est dit (Mishlé 30-19) : « La route de l’aigle se trouve dans le ciel » ?!
La Guémara répond : C’est seulement lorsqu’elle est pratiquée par l’aigle qu’une route dans le ciel est qualifiée de « route », mais en toute autre situation, elle n’est pas qualifiée de route.

Le Ragatsovi en déduit que la notion de route (דרך) n’existe pas dans le ciel.
Selon ce raisonnement, lorsqu’on voyage en avion, on ne doit donc pas réciter Téfilat Ha-Dére’h.

A partir de là, nous pouvons en déduire qu’il en est de même vis-à-vis du Birkat Ha-Gomel que l’on récite après un voyage, puisque le terme דרך (route) est également employé dans le verset des Téhilim (107) qui sert de source au Birkat Ha-Gomel, comme il est dit : « Ils se sont égaré dans le désert, par des routes désolées, sans trouver de ville habitée. » Il ne faudrait donc pas le réciter après un voyage en avion, puisque la notion de route (דרך) n’existe pas dans le ciel.

C’est également l’opinion du Gaon Rabbi Mordé’haï Ya’akov BREÏSH dans une Tshouva éditée dans la brochure mensuelle « Ha-Maor » (Tamouz 5716), ainsi que dans son livre Shou’t ’Helkat Ya’akov (tome 2 chap.9) où il précise tout de même que les Séfaradim qui ont l’usage de réciter le Birkat Ha-Gomel même lorsqu’ils voyagent d’une ville à l’autre (au moins 72 mn) - puisque selon leurs décisionnaires toutes les routes sont présumées dangereuses - il semble évident qu’un voyage en avion n’est pas moins dangereux qu’un voyage d’une ville à l’autre. Mais pour les Ashkénazim, cela reste une question et il est bon qu’ils la récite sans « Shem Ou-Mal’hout » (sans « Ata A.D.O.N.A.Ï Elohenou Mele’h Ha-‘Olam »).

Le Min’hat Its’hak (tome 2 cap.47) et d’autres décisionnaires pensent également que l’on doit réciter le Birkat Ha-Gomel sans « Shem Ou-Mal’hout » lorsqu’ils ont voyagé en avion.

Cependant, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita – dans son livre Shou’t Yabiya’ Omer (tome 2 sect. O.H chap.19) – tranche que l’on doit réciter le Birkat Ha-Gomel même après un voyage en avion.
Dans son livre ‘Hazon Ovadia – Béra’hot (page 368) – notre maître réfute le parallèle fait par le Gaon Ragatsovi entre le terme דרך (route) employé dans le verset qui sert de source à l’obligation de réciter le Birkat Ha-Gomel, et le terme דרך (route) employé dans le verset duquel on apprend que la notion de route n’existe pas dans le ciel.

En effet, notre maître cite le Méïri dans son commentaire sur Béra’hot (54a) dont voici les termes :
« Selon certains, on ne récite le Birkat Ha-Gomel que lorsqu’on a traversé un désert et que l’on s’est réellement perdu. De même, lorsqu’on a traversé la mer et que l’on a réellement affronté une tempête qui a faillit provoquer un naufrage, ou bien lorsqu’une personne a subit une grave maladie, selon les versets exacts du Téhilim 107. Mais je conteste cette opinion, même si la compréhension des versets va dans ce sens, car toutes les routes sont présumées dangereuses. De même, tout malade qui est alité est comparable à un condamné qui monte sur l’échafaud. De même pour toute personne qui traverse la mer. » Fin de citation.

Les propos du Méïri nous apprennent explicitement que les conditions de voyage citées par les versets n’indiquent pas une exclusivité, mais elles montrent plutôt une idée générale selon laquelle toute forme de voyage est considérée comme dangereuse, et de ce fait, il n’y a pas de différence entre un voyage par la terre ferme, par la mer ou dans les airs. Dès lors où il s’agit de voyage, la notion de danger entre en considération et l’on est tenu de remercier Hashem pour nous avoir épargné de ce danger.

Le Gaon Rabbi Moshé ‘HAGUIZ écrit lui aussi – dans l’introduction de son livre Shou’t Shété Ha-Lé’hem – que ces versets ne sont pas à prendre dans un sens exclusif, mais plutôt en retenir l’idée principale : qu’Hashem a fait parvenir le voyageur à bonne destination.

Notre maître conclut que même lorsqu’il s’agit de versets explicites, on peut considérer qu’ils ne sont pas exhaustifs, et de ce fait, une personne qui voyage en avion, doit réciter le Birkat Ha-Gomel après son voyage (s’il a duré au moins 72 mn) car lorsqu’on voyage en avion, on peut rencontrer divers dangers, comme le fait que le pilote perde le contrôle de l’appareil en plein vol et soit dans l’obligation d’effectuer un atterrissage d’urgence.
Ou bien que l’un des moteurs de l’avion tombe en panne et que le pilote soit dans l’obligation d’atterrir en pleine forêt d’un pays hostile dont les habitants pourraient faire du mal aux passagers de l’avion.

Même si d’importants décisionnaires comme le Gaon auteur du Shou’t Bé-Tsel Ha-‘Ho’hma (tome 2 chap.20) au nom du Gaon de Tshébin, ainsi que d’autres décisionnaires tranchent qu’il faut réciter le Birkat Ha-Gomel sans « Shem Ou-Mal’hout » lorsqu’on a voyagé en avion, malgré tout, le Gaon auteur du Shou’t Beer Moshé (tome 7 chap.69) relate sa rencontre avec le Admour de Satmar - Rabbi Yoël TEITLBOÏM z.ts.l - durant laquelle il s’est entretenu avec le Gaon sur la question. Le Admour de Satmar lui répondit qu’il n’avait pas le moindre doute que tout voyage en avion nécessite le Birkat Ha-Gomel. L’auteur du Beer Moshé lui répondit que l’usage courrant était de ne réciter cette bénédiction qu’après un long voyage comme des Etats-Unis à Israël ou vers l’Europe, et que son propre frère, l’auteur du Bé-Tsel Ha-‘Ho’hma cite au nom du Gaon de Tshébin qu’il ne faut pas la réciter après un voyage en avion. Mais l’Admour de Satmar lui répondit qu’il n’était pas d’accord avec cette décision Hala’hique.
Cette opinion du Admour de Satmar est également rapportée par le Min’hat Its’hak (tome 2 chap.47).

Le Gaon Rabbi Pin’hass EPSHTEIN – qui était le chef suprême des tribunaux rabbiniques de la ‘Eda Ha-‘Harédite de Jérusalem – exprime une opinion contraire à celle de l’auteur du Bé-Tsel Ha-‘Ho’hma (publiée dans le tome 2 du Bé-Tsel Ha-‘Ho’hma, page 190b), et il lui écrit explicitement que selon lui, il n’y a pas le moindre doute que l’on doit réciter le Birkat Ha-Gomel après un voyage en avion.

De ce fait, le Gaon auteur du Shou’t Bé-Tsel Ha-‘Ho’hma rectifie légèrement son opinion (tome 5 chap.88 note 1) et ajoute que « puisque de nombreux et importants décisionnaires tranchent qu’il faut réciter le Birkat Ha-Gomel après un voyage en avion, il est certain que ceux qui enseignent selon cet avis ont sur qui s’appuyer. » Fin de citation.

Telle est également l’opinion du Gaon Rabbi Avraham ‘Haïm Nahé dans son livre Kétsot Ha-Shoul’han (chap.68 Badé Ha-Shoul’han note 2), selon qui on doit réciter le Birkat Ha-Gomel après un voyage en avion.

Telle est aussi l’opinion du Gaon Rabbi Matslia’h MAZOUZ z.ts.l dans son livre Shou’t Ish Matslia’h (tome 2 sect. O.H chap.11 parag.5) où il ajoute qu’il a personnellement vu de grands Rabanim Ashkénazim voyager de France vers la Tunisie et réciter le Birkat Ha-Gomel.

Le livre Méïr Nétivot (nouvelle édition page 299) rapporte que telle est également l’opinion du Gaon Rabbi Shémouel Ha-LEVY WOZNER Shalita et du Gaon Rabbi Shélomo Zalman OYERBACH z.ts.l.

Telle est également l’opinion du Gaon Rabbi Moshé FEINSTEIN z.ts.l dans son livre Shou’t Iguérot Moshé (tome 2 sect. O.H chap.69).

Telle est également l’avis du Gaon Rabbi Shélomo Zalman OYERBACH z.ts.l comme il l’écrit lui-même dans son livre Hali’hot Shélomo (page 276) où il atteste que « tel est l’usage en vigueur ».

Le livre Tshouvot Vé-Hanahagot (page 193) atteste également que « tel est l’usage en vigueur ».

Le livre Sha’aré Hala’ha Ou-Minhag (tome 1 page 217) cite l’opinion du Gaon de LOUBAVISTH selon qui on doit réciter le Birkat Ha-Gomel après un voyage en avion.

Telle est également l’opinion du Gaon Rabbi Eli’ezer Yéhouda WALDINBERG z.ts.l dans son livre Tsits Eli’ezer (tome 11 chap.14) où il conteste l’opinion du Min’hat Its’hak.

Des témoins dignes de confiance ont attesté que telle était également l’opinion du Gaon ‘Hazon Ish.

Par conséquent, lorsqu’on a voyagé 72 mn en avion ou en hélicoptère, on doit réciter le Birkat Ha-Gomel avec « Shem Ou-Mal’hout », car un tel voyage est considéré comme une traversée du désert ou de la mer. Tel est l’usage répandu.

Dans la prochaine Hala’ha, nous traiterons du prisonnier libéré, ainsi que des victimes de kidnapping.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5770 sheelot@free.fr
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Birkat Ha-Gomel après un voyage en bateau

Birkat Ha-Gomel après un voyage en bateau

Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de :
mon épouse Sylvie Mazal Esther Bat Régine ‘Haya Sim’ha ; du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita) ; l’enfant Yo’heved Mazal Bat ‘Hassiba (fille de Yéhouda et Eva ALLOUN) ; Its’hak Ben ‘Aïsha ; I’hya Nathan Yossef Aharon Ben Déborah ; Yonathan Yehouda Ben Aviva ; Marc Samuel Ben Rosa Vé-Nessim Hadjadj ; Sarah Bat Miryam ; ‘Haïm Ben Yéhouda ; ainsi que pour ma propre Refoua Shelema David Avraham Ben Simi.
Elle est aussi dédiée à la santé de la famille ARBIB.
Elle est aussi dédiée à l’élévation de l’âme de : Ora Bat Myriam (Boukobza) ; Georges Yitshak ben Chlomo ;Tsipora bat Esther


QUESTIONS

Doit-on réciter le Birkat Ha-Gomel seulement après un voyage en mer, ou même après un voyage sur un fleuve ?
Doit-on réciter le Birkat Ha-Gomel après une simple promenade en mer ou sur un fleuve ?
Doit-on réciter le Birkat Ha-Gomel lorsqu’on est allé nager à la mer ou dans un fleuve ?
Lorsque le bateau fait une croisière avec des étapes, doit-on réciter le Birkat Ha-Gomel après chaque étape ou seulement lors de l’arrivée à destination finale ?
Comment doivent procéder des marins professionnels, des pêcheurs professionnels ou des soldat de la marine militaire vis-à-vis de Birkat Ha-Gomel ?

DECISIONS DE LA HALA’HA

On doit réciter le Birkat Ha-Gomel aussi bien après un voyage en mer, aussi bien après un voyage sur un fleuve.
On doit réciter le Birkat Ha-Gomel même après une simple promenade en mer ou sur un fleuve.
On doit réciter le Birkat Ha-Gomel lorsqu’on a nagé en mer ou sur un fleuve.
Lorsque le bateau marque des étapes, on ne doit pas réciter le Birkat Ha-Gomel après chaque étape, même si on descend à terre lors de l’étape, on récitera cette bénédiction seulement lors de l’arrivée à destination finale.
Les marins - y compris ceux qui servent dans les forces militaires maritimes - lorsqu’ils sortent en permission, même pour seulement quelques jours, sont tenus de réciter Birkat Ha-Gomel lors qu’ils arrivent chez eux. Ceci, même s’ils désirent aller en mer durant leur période de permission.
De même, les pêcheurs professionnels qui, du fait de leur métier, sont forcés d’aller quotidiennement en haute mer afin de pêcher le poisson, réciteront Birkat Ha-Gomel une fois par semaine (le Shabbat) devant un Minyan.

Dans la prochaine Hala’ha, nous traiterons – avec l’aide d’Hashem – du voyage en avion

SOURCES ET DEVELOPPEMENT

Dans les précédentes Hala’hot , nous avons expliqué qu’il y a 4 situations à la suite desquelles, nous avons l’obligation de réciter Birkat Ha-Gomel en présence d’un Minyan (10 hommes).
L’une de ces situations est celle de celui qui a traversé la mer et est arrivé à bon port.

Aujourd’hui, nous allons – avec l’aide d’Hashem -, donner la définition de cette situation.

Rabbenou Avraham fils du RAMBAM écrit dans son livre Ha-Maspik Lé-’Ovdé Hashem (Hala’hot Bra’hot page 253) :
« Ceux qui voyagent en bateau, même s’ils n’ont affronté aucun danger durant leur voyage, sont tenus de réciter Birkat Ha-Gomel en arrivant à bon port. »

Cependant, le Gaon, auteur du Mishna Béroura dans Biour Hala’ha (chap.219) fait remarquer que les fleuves de notre époque (il vivait au début du 20ème siècle) ne sont peut être plus autant dangereux qu’avant, et celui qui sort d’un voyage sur un fleuve, n’a peut être pas à réciter Birkat Ha-Gomel. Par opposition à la mer où il y a des vagues, dans un tel cas on doit réciter le Birkat Ha-Gomel de façon certaine.
Mais il conclut ses propos en disant que selon la tradition des Sefaradim - qui récitent Birkat Ha-Gomel même après avoir voyager d’une ville à l’autre durant 72 mn, conformément à l’opinion de MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 219-7), et cela, quel que soit le moyen de transport, bien que d’une ville à l’autre, la probabilité de danger est moins importante - celui qui sort d’un voyage sur un fleuve, récitera Birkat Ha-Gomel.
Mais selon la tradition Ashkénaze, selon laquelle on ne récite Birkat Ha-Gomel après un voyage que lorsque l’on a voyagé d’un pays à l’autre, celui qui sort d’un voyage sur un fleuve, ne récite pas Birkat Ha-Gomel.

Il semble que la divergence d’usage entre les Séfaradim et les Ashkénazim sur ce point se définit par une présence certaine du danger (distance entre un pays et un autre, vagues de la mer…).
Selon l’usage Ashkénaze, il faut un danger certain, alors que pour l’usage des Séfaradim, même un risque de danger (distance d’une vile à l’autre, risque de noyade dans un fleuve…) suffit pour réciter cette bénédiction.

Selon cela, même si l’on sort pour une promenade en Yacht pour seulement quelques heures, selon l’usage Séfarade, dès lors que l’on a pénétré la haute mer, nous sommes tenus de réciter Birkat Ha-Gomel au retour.

Ceci concerne aussi bien une promenade en mer, qu’une promenade sur un fleuve, dès lors que les eaux sont assez profondes pour risquer de se noyer, on est tenu de réciter Birkat Ha-Gomel, après en être sorti.

Selon cela, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit – dans son livre ‘Hazon Ovadia – Béra’hot (page 363) - que même lorsque l’on va seulement nager à la mer, ou bien même dans un fleuve se trouvant à proximité d’un lieu d’habitations (comme le Kineret en Israël), même s’il y a un maître nageur en permanence, malgré cela, on est tenu de réciter Birkat Hagomel au retour, à titre de « Yordé Hayam » (ceux qui descendent en mer).
En effet, de nombreuses noyades (qu’Hashem nous en préserve) se sont produites lors de séances de natation en mer.
Par opposition à l’opinion du Gaon Rabbi Shélomo Zalman OYERBACH z.ts.l dans son livre Hali’hot Shélomo (Dvar Hala’ha page 277)

(Nous ne pouvons pas faire une extension pour la piscine, car les termes exacts de l’institution de nos maîtres stipulent « la mer », ce qui peut inclure le fleuve mais pas la piscine)

Le Gaon auteur du Shou’t Kéné Bossem (tome 1 chap.11) tranche qu’un personne qui est allé se baigner en mer et qui a faillit se noyer, doit réciter le Birkat Ha-Gomel même selon l’usage Ashkénaze.

Le Gaon auteur du Kétsot Ha-Shoul’han (Badé Ha-Shoul’han note 7) tranche que lorsqu’on voyage en bateau, on doit réciter le Birkat Ha-Gomel seulement lorsqu’on arrive à destination finale et non lorsque le bateau fait étape à différents endroits.

En effet, même si le bateau fait étape dans un port, qu’il mouille l’ancre et que les marins descendent à terre, malgré tout, si ce port n’est pas la destination finale, on ne doit pas encore réciter le Birkat Ha-Gomel, car on ne récite cette bénédiction que lorsqu’on est sortit définitivement du danger. (Eliyah Rabba sur 219 note 1)

Le Gaon Rabbi Avraham Its’hak COHEN – KOOK z.ts.l écrit dans son livre Shou’t Ora’h Mishpat (chap.45), que même de notre époque où nous voyageons à bord de bateaux à moteur, et que la probabilité de danger dans ces conditions là, est diminuée, nous sommes tenus, malgré tout, de réciter Birkat Ha-Gomel au retour du voyage en mer.
En effet, même si en apparence, la raison d’une institution de nos ‘Ha’hamim, disparaît (le niveau de probabilité du danger), l’institution persiste, comme c’est le cas pour toutes les institutions de nos ‘ha’hamim.
C’est le grand principe de BATEL TA’AM, LO BATELA TAKANA.
C’est ainsi que tranche également le Gaon Rabbi Moshé FEINSTEIN z.ts.l dans son livre Shou’t Iguérot Moshé (sect. O.H tome 2 chap.59) et d’autres …

Les marins - y compris ceux qui servent dans les forces militaires maritimes - lorsqu’ils sortent en permission, même pour seulement quelques jours, sont tenus de réciter Birkat Ha-Gomel lors qu’ils arrivent chez eux. Ceci, même s’ils désirent aller en mer durant leur période de permission.
Telle est la conclusion du Gaon auteur du Shou’t Bé-Tsel Ha-‘Ho’hma (fin du chap.20) et du Gaon Rabbi Shémouel Ha-Lévy WOZNER Shalita dans son livre Shou’t Shévet Ha-Lévy (tome 9 chap.45).

De même, les pêcheurs professionnels qui, du fait de leur métier, sont forcés d’aller quotidiennement en haute mer afin de pêcher le poisson, réciteront Birkat Ha-Gomel une fois par semaine (le Shabbat) devant un Minyan.

Dans la prochaine Hala’ha, nous traiterons – avec l’aide d’Hashem – du voyage en avion.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5770 sheelot@free.fr
Pour recevoir la Hala’ha Yomit chaque jour, ainsi qu’un Dvar Torah le vendredi, par
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mardi 9 février 2010

Birkat Ha-Gomel (1ère partie)

Nous entamons aujourd’hui – avec l’aide d’Hashem - une série d’Hala’hot sur
le Birkat Ha-Gomel


Birkat Ha-Gomel

Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de :
mon épouse Sylvie Mazal Esther Bat Régine ‘Haya Sim’ha ; du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita) ; l’enfant Yo’heved Mazal Bat ‘Hassiba (fille de Yéhouda et Eva ALLOUN) ; Its’hak Ben ‘Aïsha ; I’hya Nathan Yossef Aharon Ben Déborah ; Yonathan Yehouda Ben Aviva ; Ora Bat Myriam (Boukobza) ; Marc Samuel Ben Rosa Vé-Nessim Hadjadj ; Sarah Bat Miryam ; ainsi que pour ma propre Refoua Shelema David Avraham Ben Simi.


QUESTION

Quelle est la signification du « Birkat Ha-Gomel » ?

DECISION DE LA HALA’HA

4 catégories de personnes doivent remercier Hashem. Celui qui a traversé la mer et est arrivé à bon port ; celui qui a traversé le désert et est arrivé à bonne destination ; celui qui était malade et qui a guéri ; celui qui était emprisonné et qui est sortit.
Ces 4 catégories de personnes doivent réciter :
Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam Ha-Gomel Lé-’Hayavim Tovot Shéguémalani Kol Touv
Traduction : Tu es Bénis Hashem (Tu es la source de la Bénédiction) Notre D.,Roi du Monde, qui prodigue aux coupables, tant de bienfaits, comme tu m’a prodigué tout ce bien.
Il y a 2 conditions pour la récitation de cette bénédiction :
1. la présence d’un Minyan (10 hommes)
2. la présence de 2 Talmidé ‘Ha’hamim (2 érudits dans la Torah) parmi ce Minyan.
L’absence de 2 Talmidé ‘Ha’hamim n’empêche pas la récitation de cette bénédiction.
Par contre, l’absence de 10 hommes empêche totalement la récitation de cette bénédiction.
Nous avons l’usage d’introduire cette bénédiction par les versets suivants :
Odé A-D-O-N-A-Ï Bé’hol Lévav Béssod Yésharim Vé’eda. Yodou L A-D-O-N-A-Ï ‘Hasdo Vénifléotav Livné Adam
Après la bénédiction, l’assemblée répond au récitant :
Tsour Shéguémal’ha Kol Touv, Hou Igmol’ha Kol Touv La’ad Nétsa’h Sélah
Nous avons l’usage de réciter cette bénédiction lors de la lecture de la Torah, puisque c’est un moment où l’on est sûr d’avoir la présence d’un Minyan.
Si quelqu’un monte au « Mashlim » (dernière montée à la Torah avant le Maftir), il doit réciter le Birkat Ha-Gomel seulement après avoir dit le Kaddish et pas avant.
Celui qui monte au « Maftir » ne doit réciter le Birkat Ha-Gomel qu’après la Haftara, après avoir dit les dernières bénédictions.
Dans les prochaines Hala’hot, nous étudierons, avec l’aide d’Hashem, quelques cas pratiques liés à la bénédiction de Birkat Ha-Gomel.

SOURCES ET DEVELOPPEMENT

Il est enseigné dans la Guémara Béra’hot (54b) :
Rav Yéhouda dit au nom de Rav : « 4 catégories de personnes doivent remercier Hashem. Celui qui a traversé la mer et est arrivé à bon port ; celui qui a traversé le désert et est arrivé à bonne destination ; celui qui était malade et qui a guérit ; celui qui était emprisonné et qui est sortit. »

Il existe un repère pour les mémoriser : « וכל החיים יודוך סלה » (« Ve’hol Ha’Haïm Yodou’ha Sélah ») (« Tous les êtres vivants te remercieront… Phrase de la prière quotidienne »).
Chacune des lettres hébreu du mot חיים (‘HAÏM) représente l’initiale de chacune des 4 catégories de personnes.
ח (‘Het) = חבוש (‘Havoush, le prisonnier)
י (Youd) = ים (Yam, la mer)
י (Youd) = יסורין (Yissourin, les souffrances physiques du malade)
ם (Mem) = מדבר (Midbar, le désert)

La Guémara demande :
Quelle bénédiction doivent-ils réciter ?
Barou’h Ata A-D-O-N-A-Ï Elohenou Mele’h Ha’olam Ha-Gomel Lé-’Hayavim Tovot Shéguémalani Kol Touv
Traduction : Tu es Bénis Hashem (Tu es la source de la Bénédiction) Notre D.,Roi du Monde, qui prodigue aux coupables, tant de bienfaits, comme tu m’a prodigué tout ce bien.

Le Gaon auteur du Nétivé ‘Am (page 109) précise que même si dans de nombreux Siddourim il est écrit « Kol Tov » - comme l’écrit le Gaon auteur du Kaf Ha-‘Haïm (sur O.H 219 note 16) – la tradition dan la ville de Jérusalem depuis des générations est de dire « Kol Touv », en référence à un verset de Isha’ya (63-7) où le mot « Touv » est employé.

MARAN explique le sens de cette bénédiction dans le Beit Yossef (O.H 219) :
Qui prodigue aux coupables tant de bienfaits : Même avec les personnes coupables, c'est-à-dire les Resha’im (les impies, Voir Targoum Onkelouss sur Bereshit 18), Hashem prodigue des bienfaits. La personne qui récite cette bénédiction se considère comme non méritante des bienfaits d’Hashem, et s’inclue parmi ces « Hayavim » (coupables) à qui Hashem prodigue - malgré tout - tant de bienfaits.

La Guémara cite 2 conditions pour la récitation de cette bénédiction :
3. la présence d’un Minyan (10 hommes)
4. la présence de 2 Talmidé ‘Ha’hamim (2 érudits dans la Torah) dans ce Minyan.

Le Méiri (sur Béra’hot 54b) écrit que l’absence de 2 Talmidé ‘Ha’hamim n’empêche pas la récitation d cette bénédiction.
Par contre, l’absence de 10 hommes empêche totalement la récitation de cette bénédiction, selon l’opinion de nombreux Rishonim comme Rabbenou Yona cité par MARAN dans le Beit Yossef, par opposition à l’opinion du TOUR (O.H 219) qui considère qu’à posteriori si une personne a récité cette bénédiction sans la présence d’un Minyan, elle est quitte de son obligation.

MARAN tranche dans le Shoul’han ’Arou’h (O.H 219-3) selon l’opinion de Rabbenou Yona selon qui l’absence de 10 hommes empêche totalement la récitation de cette bénédiction, puisqu’il rapporte son opinion en 2ème avis. Or, selon la règle, « Yesh Vé-Yesh, Hala’ha Ké-Yesh Batra » (Lorsque plusieurs avis contraires son cités dans un même paragraphe du Shoul’han ‘Arou’h, MARAN partage le dernier avis)

MARAN conclut malgré tout que si l’on a récité cette bénédiction sans la présence d’un Minyan, il est bon dans ce cas de la réciter sans Shem Ou-Mal’hout (sans la mention du Nom d’Hashem, et sans l’expression de Sa Royauté), c'est-à-dire :
Barou’h Ha-Gomel Lé-’Hayavim Tovot Shéguémalani Kol Touv.

Si l’on ne trouve pas de Minyan (10 hommes), il est bon dans ce cas de la réciter sans Shem Ou-Mal’hout (sans la mention du Nom d’Hashem, et sans l’expression de Sa Royauté), c'est-à-dire :
Barou’h Hagomel Lé-’Hayavim Tovot Shéguémalani Kol Touv.
[Cependant notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita écrit dans son livre ‘Hazon Ovadia – Béra’hot (page 342 fin de la note 5) que même après plus de 30 jours, il est préférable d’attendre la présence d’un Minyan afin de pouvoir réciter cette bénédiction.]

Selon la majorité des A’haronim (décisionnaires récents ou contemporains), la personne qui récite le Birkat Ha-Gomel est incluse dans le compte des 10 personnes du Minyan.

Le Sefer Ha-Agouda (chap.196 page 184a) écrit qu’il est un bon usage d’introduire cette bénédiction par les versets suivants, extraits d’un psaume du Téhilim :
Odé A-D-O-N-A-Ï Bé’hol Lévav Béssod Yésharim Vé’eda. Yodou L A-D-O-N-A-Ï ‘Hasdo Vénifléotav Livné Adam.

Le RAMBAM (chap.10 des règles relatives aux bénédictions, Hal.8) écrit que lorsque la personne a terminé la bénédiction, l’assemblée doit lui répondre une phrase dans laquelle on lui souhaite qu’Hashem lui prodigue encore du bien dans l’avenir.
MARAN tranche cette Hala’ha dans le Shoul’han ‘Arou’h (O.H 219-2).

Rabbenou Yéhouda Bar Yakar – dans son commentaire sur les prières (page 53) - explique que la personne qui a - par exemple - traversé un désert et qui est arrivé à bonne destination, a réellement bénéficié d’un miracle. Mais l’obtention d’un miracle engendre une diminution des mérites. C’est pourquoi l’assemblée souhaite à cette personne qu’Hashem continue dans l’avenir à lui prodiguer d’autres bienfaits, sans pour autant lui diminuer ses mérites.

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita - dans son livre ‘Hazon Ovadia – Béra’hot (page 341) cite la version des cette phrase par le Or’hot ‘Haïm (règles relatives au Lundi et au Jeudi note 24) et le Kol Bo :
Tsour Shéguémal’ha Kol Touv, Hou Igmol’ha Kol Touv La’ad Nétsa’h Sélah.

Nous avons l’usage de réciter cette bénédiction lors de la lecture de la Torah, puisque c’est un moment où l’on est sûr d’avoir la présence d’un Minyan.

Le Gaon auteur du Shou’t Yére’h Ya’akov écrit (chap.40) que si quelqu’un monte au « Mashlim » (dernière montée à la Torah avant le « Maftir »), il doit réciter le Birkat Ha-Gomel seulement après avoir dit le Kaddish et pas avant.

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita - dans son livre ‘Hazon Ovadia – Béra’hot (page 343 note 7) – écrit qu’il en est de même pour celui qui monte au « Maftir ». Il ne doit réciter le Birkat Ha-Gomel qu’après la Haftara, après avoir dit les dernières bénédictions, et non entre la dernière bénédiction de la Torah et la première bénédiction de la Haftara, par crainte d’interruption.
Telle est également l’opinion du Gaon Rabbi Eliyahou ‘HAZZAN dans on livre Névé Shalom (après le chap.284).
Ceci par opposition à l’opinion du Gaon Rabbi ‘Haïm FALLAG’I qui écrit dans son livre Roua’h ‘Haïm (chap.143 note 3) que l’on doit dire dans ce cas le Birkat Ha-Gomel avant d’entamer la première bénédiction de la Haftara, par crainte de ne plus avoir la présence du Minyan après la Haftara.

Dans les prochaines Hala’hot, nous étudierons, avec l’aide d’Hashem, quelques cas pratiques liés à la bénédiction de Birkat Ha-Gomel.

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mardi 6 novembre 2007

Birkat Hagomel après un voyage (par la terre)

Birkat Hagomel après un voyage (par la terre)

Dans les précédentes Hala’hot , nous avons expliqué qu’il y a 4 situations à la suite desquelles, nous avons l’obligation de réciter Birkat Hagomel en présence d’un Minyan (10 hommes).

L’une de ces situations est celle de celui qui a traversé le désert, et est arrivé à destination.

Nous allons, b’’h aujourd’hui, donner la définition de cette situation.

Il est enseigné dans le Talmud Yeroushalmi (Bra’hot chap.4 Hala’ha 4) :

Toutes les routes sont présumées dangereuses.

Ce qui veut dire que chaque route que l’on emprunte, d’une ville à l’autre, est définie comme potentiellement dangereuse.

Nous pouvons déduire de là que l’institution de Birkat Hagomel ne concerne pas seulement la traversée d’un véritable désert, où le niveau de danger est très élevé, à cause des bandits et des animaux sauvages, mais également n’importe quelle route que l’on emprunte pour se déplacer d’une ville à l’autre (Vis-à-vis de la Bra’ha, le niveau de danger sur une route n’est pris en considération que lorsqu’il s’agit d’un déplacement d’une ville à l’autre). Lorsque l’on arrive à bonne destination, nous devons réciter Birkat Hagomel en présence d’un Minyan.

Mais le ROSH[DP1] écrit dans son commentaire sur la Gmara Bra’hot (chap.9 section 3), qu’en Allemagne et en France, nous n’avons pas l’usage de réciter Birkat Hagomel lorsque l’on se déplace d’une ville à l’autre, car les ‘Ha’hamim n’ont institué cette Bra’ha que pour celui qui traverse un véritable désert où les formes de dangers sont très fréquentes. Le Talmud Yeroushalmi qui atteste que « toutes les routes sont présumées dangereuses », fait allusion à la Tefilat Hadere’h, la prière que l’on fait lors qu’on entreprend un voyage, et non pas à Birkat Hagomel que l’on récite après le voyage. Pour ce qui est de Tefilat Hadere’h, effectivement, toutes les routes sont présumées dangereuses, et il faut donc prier avant d’emprunter n’importe quelle route, pour qu’Hashem nous préserve durant notre voyage.

Cependant, le RaMBaN[DP2] , dans son livre Torat Haadam, écrit que nous devons remercier Hashem après avoir emprunté n’importe quelle route, car nous avons appris dans le Yeroushalmi que « Toutes les routes sont présumées dangereuses. »

Le TOUR[DP3] atteste que tel était l’usage en Espagne.

Nous pouvons constater qu’il y a une divergence d’interprétation sur ce Yeroushalmi :

§ Selon le ROSH, cet enseignement ne parle que de Tefilat Hadere’h

§ Selon le RaMBaN, et le témoignage du TOUR sur l’usage en Espagne, cet enseignement parle bel et bien de Birkat Hagomel.

MARAN[DP4] , dans le Shoul’han ‘Arou’h (Ora’h ‘Haïm chap.219 parag.7) - après avoir cité l’usage en France, ainsi que l’usage en Espagne – écrit : « Mais toutefois, si l’on a voyagé moins qu’une Parsa (moins que 4 km environ), on ne récite pas Birkat Hagomel.

Sauf si l’endroit où nous nous sommes rendu, est réputé pour être un danger mortel (comme par exemple, une personne qui s’est égaré, et qui se retrouve en territoire palestinien), dans ce cas, même si l’on n’a pas voyager une Parsa (voir plus haut), on récite quand même Birkat Hagomel. »

Il faut définir si la notion de Parsa dont MARAN fait mention dans le Shoul’han ‘Arou’h, représente une notion de distance ou de temps.

C'est-à-dire, est ce que l’obligation de réciter Birkat Hagomel ne nous incombe que lorsque l’on a parcouru une Parsa - qui équivaut à environ 4 km – que l’on ai parcouru cette distance à pied ou même en voiture (ce qui prendra beaucoup moins de temps), ou bien est-ce seulement le temps qu’il faut pour parcourir cette distance – ce qui prend environ 72 mn – qui est pris en compte ? Dans ce cas, dés l’instant où l’on a voyager pendant 72 mn (le temps qu’il faut pour parcourir une Parsa à pied), on est tenu de réciter Birkat Hagomel.

Sur le plan pratique, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita conclu qu’il faut mesurer le temps selon la durée du voyage. Si l’on voyage à pied, et que l’on met 72 mn pour parcourir une distance d’une ville à l’autre, ou bien que l’on voyage en voiture, en train, ou en avion, et que l’on met 72 mn pour parcourir la distance, on doit réciter Birkat Hagomel.

Mais si l’on voyage en voiture, durant un laps de temps assez court (moins de 72 mn), même si l’on a parcouru une distance de 1 Parsa (4m environ), on ne récite pas Birkat Hagomel.

Et même si de notre époque, le danger a relativement, diminué, car nous ne trouvons pas spécialement de bandits ou de bêtes sauvages sur les routes, malgré tout la Takana (l’institution) de nos ‘Ha’hamim de réciter Birkat Hagomel, persiste, et cela, même si la raison à cette Takana peut semblée avoir disparue.

Come nous l’avons rapporté hier au nom du Gaon Rabbi Avraham Its’hak COHEN KOOK[DP5] z.ts.l

Le Gaon Rabbi Moshé FEINSTEIN[DP6] z.ts.l ajoute que si les Sefaradim ont l’usage de réciter Birkat Hagomel même pour un déplacement de ville à ville, c’est parce que le fait que les bandits et les bêtes sauvages ne se trouvent pas sur notre route, constitue en sois un ‘Hessed d’Hashem (une bonté d’Hashem), et nous devons adresser un remerciement à Hashem pour cela.

D’autant plus qu’une autre forme de danger se fait de plus en plus fréquente de notre époque : les accidents de la route.

Si la durée du voyage entre les 2 villes est inférieure à 72 mn, mais qu’en additionnant l’aller et le retour, on obtient les 72 mn, on récitera Birkat Hagomel, à condition d’avoir fait l’aller et le retour dans la même journée.

Une personne qui voyage plusieurs fois dans la semaine, d’une ville à l’autre, récitera Birakat Hagomel 1 fois par semaine (Shabbat), et inclura tous ses voyages.

Tout ceci correspond exclusivement à la tradition Sefarade, conforme à l’opinion de MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h, selon laquelle on récite Birkat Hagomel, même pour un voyage d’une ville à l’autre (72 mn).

Mais selon la tradition Ashkenaz, on ne récite cette Bra’ha après un voyage, que lorsque l’on a été d’un pays à l’autre.

Par contre, pour ce qui est de Tefilat Hadere’h, tous les usages sont en accord.

Dés lors où l’on va voyager durant 72 mn d’une ville à l’autre, on récite Tefilat hadere’h en débutant le voyage.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768

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[DP1]Rosh Rabbenou Asher Allemagne-Espagne 13ème siècle

[DP2]RaMBaN Rabbi Moshé Ben Na’hman ou « Na’hmanide » Espagne – Israël 13ème siècle

[DP3]Tour Rabbenou Yaakov Ben Asher Allemagne, fils du RoSH, Espagne 13ème et 14ème siècle.

[DP4]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h

[DP5]Rabbi Avraham Its’hak COHEN – KOOK Russie – Israël 19ème siècle (disparu en 1934)

[DP6]Rabbi Moshé FEINSTEIN Russie – (Lituanie) – Etats-Unis 20ème siècle, auteur du Shout Iguerot Moshé, et d’autres ouvrages

lundi 5 novembre 2007

Promenade en Yacht et Birkat Hagomel

Birkat Hagomel pour une promenade en Yacht

Toutes nos excuses.

Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour le désordre apparent dans les dernières Hala’hot.

Nous pensions que la série consacrée à Birkat Hagomel s’achevait par la H.Y du 01.11.07, mais le site israélien a décidé de poursuivre cette série de quelques Hala’hot supplémentaires. Merci pour votre indulgence.

Lors des Hala’hot consacrées au Birkat Hagomel (voir H.Y 31.10.07 et 01.11.07), nous avons expliqué qu’il y a 4 situations à la suite desquelles, nous avons l’obligation de réciter Birkat Hagomel en présence d’un Minyan (10 hommes).

L’une de ces situations est celle de celui qui a traversé la mer, et est arrivé à bon port.

Nous allons, b’’h aujourd’hui, expliquer cette situation.

Ceux qui « descendent en mer » (termes employés par le verset du Tehilim 107, duquel sont tirés les 4 situations du Birkat Hagomel), c'est-à-dire les personnes qui voyagent en bateau, sont tenus de réciter Birkat Hagomel.

Rabbenou Avraham fils du RaMBaM[DP1] écrit dans son livre Hamaspik Le’Ovdé Hashem (Hala’hot Bra’hot page 253) :

« Ceux qui voyagent en bateau, même s’ils n’ont affronté aucun danger durant leur voyage, sont tenus de réciter Birkat Hagomel en arrivant à bon port. »

La période de temps pour laquelle on entreprend ce voyage en bateau ne fait absolument aucune différence sur ce Din.

Même si l’on sort pour une promenade en Yacht pour seulement quelques heures, dés lors que l’on a pénétré la haute mer, nous sommes tenus de réciter Birkat Hagomel au retour (à condition que le voyage ai duré au moins 72 mn).

Ceci concerne aussi bien une promenade en bateau, en mer, qu’une promenade bateau sur un fleuve, dés lors que les eaux sont assez profondes pour risquer de se noyer, on est tenu de réciter Birkat Hagomel, après en être sorti.

Cependant, le Gaon, auteur du Mishna Beroura[DP2] (le « ‘Hafets ‘Haïm) z.ts.l, dans son Beour Hala’ha (Ora’h ‘Haïm chap.219) fait remarquer que les fleuves de notre époque (il vivait au début du 20ème siècle) ne sont peut être plus autant dangereux qu’avant, et celui qui sort d’un voyage sur un fleuve, n’a peut être pas à réciter Birkat Hagomel.

Mais il conclut ses propos en disant que selon la tradition des Sefaradim - qui récitent Birkat Hagomel même après avoir voyager d’une ville à l’autre durant 72 mn, conformément à l’opinion de MARAN[DP3] dans le Shoul’han ‘Arou’h Ora’h ‘Haïm chap.219 parag.7, et cela, quelque soit le moyen de transport, bien que d’une ville à l’autre, la probabilité de danger est moins importante - celui qui sort d’un voyage sur un fleuve, récitera Birkat Hagomel.

Mais selon la tradition Ashkenaz, selon laquelle on ne récite Birkat Hagomel après un voyage que lorsque l’on a voyagé d’un pays à l’autre, celui qui sort d’un voyage sur un fleuve, ne récite pas Birkat Hagomel.

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita cite ses propos dans son livre.

Le Gaon Rabbi Avraham Its’hak COHEN – KOOK[DP4] z.ts.l écrit dans son livre Shout Ora’h Mishpat (chap.45), que même de notre époque où nous voyageons à bord de bateaux à moteur, et que la probabilité de danger dans ces conditions là, est diminuée, nous sommes tenus, malgré tout, de réciter Birkat Hagomel au retour du voyage.

En effet, même si en apparence, la raison d’une institution de nos ‘Ha’hamim, disparaît (le niveau de probabilité du danger), l’institution persiste, comme c’est le cas pour toutes les institutions de nos ‘ha’hamim.

C’est le grand principe de BATEL TA’AM, LO BATELA TAKANA.

C’est ainsi que tranche également le Gaon Rabbi Moshé FEINSTEIN[DP5] z.ts.l, et d’autres …

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita écrit aussi que même lorsque l’on va seulement nager à la mer, ou bien même dans un fleuve se trouvant à proximité d’un lieu d’habitations (comme le Kineret en Israël), même s’il y a un maître nageur en permanence, malgré cela, on est tenu de réciter Birkat Hagomel au retour, à titre de « Yordé Hayam » (ceux qui descendent en mer).

En effet, de nombreuses noyades (qu’Hashem nous en préserve) se sont produites lors de séances de natation en mer. (Seulement, nous ne pouvons pas faire une extension pour la piscine, car les termes exacts de l’institution de nos ‘Ha’hamim stipulent « la mer », se qui peut inclure le fleuve mais pas la piscine)

Les marins - y compris ceux qui servent dans les forces militaires maritimes - lorsqu’ils sortent en permission, même pour seulement quelques jours, sont tenus de réciter Birkat Hagomel lors qu’ils arrivent chez eux. Ceci, même s’ils désirent aller en mer durant leur période de permission.

De même, les pêcheurs professionnels qui, du fait de leur métier, sont forcés d’aller quotidiennement en haute mer afin de pêcher le poisson, réciteront Birkat Hagomel une fois par semaine (le Shabbat) devant un Minyan.

Dans la prochaine Hala’ha, nous expliquerons b’’h d’autres cas pratiques sur le Din de Birkat Hagomel.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768

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[DP1]Rabbenou Avraham Ben HaRaMBaM fils de Maïmonide Egypte 12ème siècle

[DP2]Mishna Beroura Rabbi Israël Meïr HaCohen de Radin, le « ‘Hafets ’Haïm », Russie 20ème siècle, également auteur de ‘HAFETS ‘HAÏM, et de SHMIRAT HALASHON entre autres

[DP3]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h

[DP4]

Rabbi Avraham Its’hak COHEN – KOOK Russie – Israël 19ème siècle (disparu en 1934)

[DP5]Rabbi Moshé FEINSTEIN Russie – (Lituanie) – Etats-Unis 20ème siècle, auteur du Shout Iguerot Moshé, et d’autres ouvrages

dimanche 4 novembre 2007

Parler entre Netilat Yadaïm et Motsi + Complément sur Birkat Hagomel

Complément sur Birkat Hagomel

Dans les précédentes Hala’hot, nous avons expliqué l’obligation de réciter Birkat Hagomel lors de certaines situations.

Lors d’un Voyage

Selon la tradition Sefarade, on récite Birkat Hagomel après un voyage d’au moins 72 mn, d’une ville à l’autre, quel que soit le moyen de transport.

Selon la tradition Ashkenaz, on ne récite Birkat Hagomel que lorsque l’on a voyagé au moins 72 mn d’un pays à l’autre.

Après une maladie

Selon la tradition Sefarade, on récite Birkat Hagomel après une maladie même sans gravité, dés lors que l’on a été alité.

Selon la tradition Ashkenaz, on ne récite Birkat Hagomel qu’après une maladie grave.

Parler entre Netilat Yadaïm et Motsi

Il est enseigné dans la Gmara Bra’hot (42a) :

Immédiatement après l’ablution des mains, on récite la Bra’ha.

Rashi[DP1] et le RaMBaM[DP2] , expliquent qu’il s’agit ici d’enchaîner immédiatement les Maîm A’haronim (les dernières ablutions à la fin du repas), au Birkat Hamazon

Alors que d’autres commentateurs, expliquent qu’il s’agirai plutôt d’enchaîner la Netilat Yadaïm avant le repas, à la Bra’ha de Motsi. C’est ce que rapporte le TOUR[DP3] au sujet de son père le ROSH[DP4] , qui faisait attention de ne pas s’interrompre dés qu’il avait procédé à la Netilat Yadaïm, jusqu’à la Bra’ha de Motsi.

Il est enseigné dans le Talmud Yeroushalmi :

Celui qui enchaîne l’ablution des mains, à la Bra’ha, le Satan ne pourra pas réaliser de mises en accusation, durant ce repas.

Le sens simple de cet enseignement semble indiquer qu’il s’agit de ne pas s’interrompre entre la Netilat Yadaïm et le Motsi.

Mais on peut tout à fait expliquer qu’il s’agit de ne pas s’interrompre entre les Maïm A’haronim et le Birkat Hamazon, ce qui aurait pour conséquences positives de ne pas être dérangé par le contenu du repas que l’on vient de prendre (le Satan ne pourra pas réaliser de mises en accusation, durant ce repas.)

MARAN[DP5] , dans le Beit Yossef (Ora’h ‘Haïm chap.166), après avoir cité les différends avis des Poskim et les propos du Yeroushalmi cité plus haut, conclut en disant : « Il est convenable de faire attention à ne pas s’interrompre même entre la Netilat Yadaïm et Motsi. »

Les termes « Il est convenable de faire attention » indiquent que selon le strict Din, la Hala’ha est conforme à l’explication du RaMBaM, selon qui, l’interdiction de s’interrompre n’existe qu’entre Maïm A’haronim et Birkat Hamazon, alors qu’entre Netilat YadaÏm et Motsi, cela serai permis.

Cependant, conformément aux propos de MARAN dans le Beit Yossef, Il est convenable de faire attention à ne pas s’interrompre, y compris entre Netilat Yadaïm et Motsi.

Remarque importante

Comme nous venons de le voir, il n’est pas réellement interdit de parler entre Netilat Yadaïm et Motsi, mais il est seulement recommandé d’éviter (ce qui implique que dans le cas d’une interruption, nous ne sommes pas tenus de nous relaver les mains, et encore bien moins avec Bra’ha).

Toutefois, nous constatons qu’il y a un grand nombre de personnes qui, par erreur ou par ignorance, se lavent les mains et continuent à parler tant qu’ils n’ont pas prononcer la Bra’ha de ‘Al Netilat Yadaïm.

Ceci par contre, constitue un véritable interdit , car cela constitue un Hefsek, une interruption alors que la Mitsva de se laver les mains n’est pas achevée, tant que l’on n’a pas encore récité la Bra’ha.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5768

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[DP1]RaSHI Rabbi Shlomo ITS’HAKI France 11ème siècle

[DP2]RaMBaM ou Maïmonide Rabbi Moshé Ben Maïmon Espagne – Egypte 12ème siècle

[DP3]Tour Rabbenou Yaakov Ben Asher Allemagne, fils du RoSH, Espagne 13ème et 14ème siècle.

[DP4]Rosh Rabbenou Asher Allemagne-Espagne 13ème siècle

[DP5]Maran ou « Notre maître » en araméen. Rabbi Yossef Karo, 16ème siècle, Espagne – Israël, l’auteur du Beit Yossef et du Shoul’han Arou’h

mercredi 6 juin 2007

Netilat Yadaïm pendant un voyage

Manger sans se laver les mains (Netilat Yadaïm)

Nous avions expliqué dans la Hala’ha précédente qu’il n’est pas permis de manger du pain sans se laver les mains (Nétilat Yadaïm), et cela, même dans le cas où l’on ne touche pas le pain avec ses mains, comme lorsqu’on mange avec les mains dans une serviette ou avec des gants, mais dans ces conditions, nous ne pouvons pas négliger l’exécution de l’institution de nos ‘Ha’hamim (nos Sages).

Mais nous avions conclu qu’il existe toutefois une situation dans laquelle nous pouvons autoriser de manger du pain sans se laver les mains, en les entourant simplement d’une serviette ou autre, comme cela va être expliqué.

Dans la Gmara Pssa’him (46), il est question d’une personne qui voyage et qui n’a pas d’eau pour se laver les mains (Netilat Yadaïm). Quelle distance cette personne a le devoir de parcourir pour se procurer de l’eau ?

Voici ce que la Gmara dit : Pour la Netilat Yadaïm, cette personne a le devoir de parcourir jusqu’à 4 Milin (environs 4 km). C'est-à-dire, si cette personne sait qu’en continuant son voyage sur une distance d’environs 4 km, elle trouvera de l’ eau , elle n’a pas le droit de manger sans Netilat Yadaïm, même si elle ne touche pas le pain de façon direct, elle a le devoir de poursuivre sa route jusqu'à ce qu’elle trouve de l’eau.

Tout ceci, dans l’hypothèse où elle sait qu’elle trouvera de l’eau en poursuivant sa route sur une distance de 4 km, mais si elle sait que même en poursuivant sa route sur une distance de 4 km, elle ne trouvera pas d’eau, mais par contre, en faisant plutôt marche arrière, elle en trouvera, elle n’est pas tenu de parcourir 1 Mil (environs 1 km). C'est-à-dire, que dans ce cas, les ‘Ha’hamim ne lui imposent que moins d’ 1 km pour trouver de l’eau.

Si dans tous ces cas, elle sait qu’elle ne trouvera pas d’eau, cette personne est autorisé à entourer ses mains d’une serviette ou de les couvrir avec des gants, afin de pouvoir manger son pain.

Maran tranche cette Hala’ha dans le Shoul’han Arou’h (chap.163). Cependant, certains autorisent de manger sans Netilat Yadaïm, en mettant des gants ou autre, même quand le fait de trouver de l’eau n’est u’un doute.

Il est important de préciser qu’aussi bien la distance de 4 Milin (env. 4 km) que nous avons le devoir de parcourir en poursuivant notre voyage afin de trouver de l’eau, que la distance de moins d’1 Mil (env. 1 km) que nous avons le devoir de parcourir en faisant marcha arrière afin de trouver de l’eau, correspondent toutes les deux au temps que l’on met pour parcourir ses distances à pied.

Pour parcourir 4 Milin (env. 4 km) à pied, il faut environs 72 mn. Pour parcourir 1 Mil (env. 1 km), il faut environ 18 mn.

Par conséquent, si il y a de l’eau à une très grande distance en avant (plus de 4 km), mais que nous avons un moyen de locomotion qui nous permettra de parcourir cette grande distance en moins de 72 mn, il est interdit de manger du pain en s’entourant les mains d’une serviette ou de gants, et nous avons le devoir de parcourir cette distance pour trouver de l’eau. De même, si il y a de l’eau à une très grande distance en arrière (plus d’1 km), mais que nous avons un moyen de locomotion qui nous permettra de parcourir cette distance en moins de 18 mn, il est interdit de manger du pain en s’entourant les mains d’une serviette ou de gants, et nous avons le devoir de parcourir cette distance pour trouver de l’eau.

Conclusion

Une personne qui se trouve en voyage et qui n’a pas d’eau pour se laver les mains (Netilat Yadaïm), si cette personne sait qu’en poursuivant son voyage sur une durée de 72 mn, à pied ou par un moyen de locomotion, elle trouvera de l’eau, elle a le devoir de retarder son repas et d’attendre d’arriver jusqu’à l’endroit où elle trouvera de l’eau, en procédant à la Netilat Yadaïm selon le véritable Din (la véritable loi). De même, s’il est nécessaire que cette personne face marche arrière afin de trouver de l’eau pour se laver les mains, si elle sait qu’en moins de 18 mn, à pied ou par un moyen de locomotion, elle trouvera de l’eau, cette personne a le devoir de rebrousser chemin, pour se laver les mains selon le Din. Mais si elle ne trouvera pas d’eau, même à ces distances, cette personne a le droit de manger sans se laver les mains, en s’enroulant les mains dans une serviette, ou avec des gants ou autre. Bon appétit !