Bienvenue dans le seul Blog en français où vous pourrez trouver avec précision des cours et des exposés conformes à toutes les décisions Hala'hiques de notre maître,
le plus grand décisionnaire de notre génération,
le Rav Ovadia YOSSEF Shalita.

SOUTENEZ NOTRE ACTION !

Soutenez nos diffusions en dédiant des Hala’hot et des Divré Torah à la guérison de nos malades ou à l’élévation de l’âme de nos défunts.
Vous aussi vous pouvez prendre un mérite dans la diffusion de la Torah en soutenant notre travail. Contactez nous dès à présent à sheelot@free.fr

Affichage des articles dont le libellé est Talmoud Torah. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Talmoud Torah. Afficher tous les articles

lundi 26 janvier 2009

Une femme érudite dans la Torah

Une femme érudite dans la Torah

Cette Hala'ha est dédiée à la réussite totale de nos soldats de Tsahal . Qu'Hashem les protège, et qu'il fasse plier nos ennemis sous leur force. Que chacun de nos frères soldats rentre chez lui sain et sauf, AMEN

Cette Hala’ha est aussi dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita)

Pour l'élévation de la Neshama de mon ami Refael Eliyahou Ben Esther (ALLOUCH)

Et aussi, pour l’élévation des Neshamot de nos frères sauvagement assassinés en Inde. Qu’Hashem venge le sang des innocents.

Question

Est-il obligatoire de se lever devant une femme érudite dans la Torah, comme nous sommes tenus de le faire devant un Talmid ‘Ha’ham ?

Décision de la Hala’ha

Il y a une totale obligation de se lever devant une femme érudite

Nous sommes tenus de l’honorer pour la Torah qui est en elle, car l’honorer c’est honorer la Torah.

Même s’il s’agit simplement d’une femme influente, qui attire d’autres femmes vers le respect des lois de la Pureté Familiale, de la Casherout, du Shabbat, ou autre, même si cette femme n’est pas tellement érudite dans la Torah comme un Talmid ‘Ha’ham, malgré tout, il est obligatoire de l’honorer et de se lever devant elle.

De même, une élève est soumise à l’obligation de respecter son enseignante qui lui apprend la Torah. L’élève est tenue de se lever devant elle, et il lui est interdit d’appeler son enseignante par son nom, puisque l’enseignante – tout comme le Rav vis-à-vis de son élève - mène son élève au Monde Futur, et à ce titre, l’élève est soumise à l’obligation de respecter son enseignante, et de se lever devant elle.

Le fait que l’enseignante perçoive un salaire pour son enseignement, pour sa subsistance, n’a aucune incidence, car le fait qu’un élève soit soumis à l’obligation de respecter son Rav, n’est pas lié avec le fait que son Rav a accomplie une Mitsva en enseignant de la Torah à l’élève, mais seulement avec le fait que le Rav a inculqué à l’élève les voies de notre Sainte Torah, et en agissant ainsi avec lui, le Rav lui a fait acquérir son ‘Olam Ha-Ba.

Les intentions du Rav ne font aucune différence pour le devoir de respect qui incombe l’élève.

Sources et développement

Dans des précédentes Hala’hot, nous avons expliqué l’obligation de se lever devant une personne âgée, sans faire de différence entre un homme âgé ou une dame âgée. Nous avons également expliqué l’obligation de se lever devant un Talmid ‘Ha’ham (un érudit dans la Torah).

Dans la précédente Hala’ha, nous avons également précisé que selon notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita, une élève est soumise à l’obligation de respecter son enseignante qui lui apprend la Torah. L’élève est tenue de se lever devant elle, et il lui est interdit d’appeler son enseignante par son nom, car il est expliqué dans une Mishna du traité Bava Metsi’a (33a) que la raison pour laquelle un élève est soumis à l’obligation de respecter son Rav, réside dans le fait que le Rav mène l’élève au ‘Olam Ha-Ba (le Monde Futur). Il en est donc de même pour une élève, puisque son enseignante l’éduque dans la Torah, la morale et la pudeur, et de ce fait, mène l’élève au ‘Olam Ha-Ba.

Le Gaon auteur du Shou’t Divré Malkiel - Rabbi Malkiel Tsevi TANENBOÏM z.ts.l - écrit (tome 4 chap.80) que même si l’enseignante perçoit un salaire pour cet enseignement, pour sa subsistance, cela n’a aucune incidence, car le fait qu’un élève soit soumis à l’obligation de respecter son Rav, n’est pas lié avec le fait que son Rav a accomplie une Mitsva en enseignant de la Torah à l’élève, mais seulement avec le fait que le Rav a inculqué à l’élève les voies de notre Sainte Torah, et en agissant ainsi avec lui, le Rav lui a fait acquérir son ‘Olam Ha-Ba.

Par conséquent, la chose ne dépend pas des intentions du Rav – fait-il cela pour gagner sa vie, ou pas.

Le Din est le même vis-à-vis d’une enseignante, puisqu’elle mène son élève au Monde Futur, l’élève est soumise à l’obligation de respecter son enseignante.

Le Gaon Rabbi ‘Hizkiyahou DA SILVA (l’auteur du « Peri H’adash ») s’interroge sur l’obligation de se lever devant une femme érudite dans la Torah, au même titre qu’il faut se lever devant un Talmid ‘Ha’ham.

Cependant, le Gaon Rabbi Its’hak ‘ATTIYE – auteur du Shout’ Zera’ Its’hak (Section Pilpalta Kolshehou chap.1 page 88 colonne 4) – après avoir cité les propos du Péri ‘Hadash, atteste qu’il est évident selon lui qu’il y a une totale obligation de se lever devant une femme érudite. Même si la femme n’est pas soumise à l’obligation d’étudier la Torah (excepté les Hala’hot qui lui sont nécessaires pour l’accomplissement des Mitsvot qui la concernent), et même si – après avoir étudié la Torah au point de devenir érudite comme un Tamid ‘Ha’ham - elle ne recevra pas une récompense aussi importante que celle d’un homme, puisqu’elle n’est pas soumise au devoir d’étudier la Torah, malgré tout, au définitif, elle est érudite dans la Torah, et par conséquent, il est une obligation de l’honorer pour la Torah qui est en elle, car l’honorer c’est honorer la Torah.

De nombreux et importants Poskim (décisionnaires) tranchent ainsi, et parmi eux :

Le Min’hat ‘Hinou’h (chap.257 note 3) ; le Kiriat ‘Hana David (tome 1 section Y.D chap.15).

Il est vrai que le ROSH – dans ses Décisions Hala’hiques (chap.2 de la Guemara Bera’hot section 6) – rapporte une Ma’hloket (divergence d’opinion Hala’hique) au sujet de la définition d’une femme qui – comme nous le savons – n’est pas soumise à l’obligation d’étudier la Torah, a-t-elle le statut d’une personne qui étudie ou bien celui d’une personne qui n’étudie pas ?

En réalité, cette question est posée vis-à-vis du fait d’arrêter l’étude de la Torah pour assister à l’enterrement d’un mort. Cette interruption dépend du niveau d’étude du défunt (à la condition qu’il y ai des gens pour s’occuper de tout le nécessaire pour l’inhumation selon toutes les exigences de la Hala’ha, car le cas échéant, il est une obligation pour quiconque d’interrompre l’étude et d’aller faire tout le nécessaire pour l’inhumation de ce défunt.)

Pour l’enterrement d’une femme, il y a Ma’hloket pour définir si la femme est considérée comme une personne qui étudie, auquel cas il faut interrompre l’étude pour assister à l’enterrement de cette femme, ou bien est-elle considérée comme quelqu’un qui n’étudie pas (du fait de son exemption), auquel cas il ne faut pas interrompre l’étude pour assister à l’enterrement de cette femme.

MARAN tranche ce Din dans Shoul’han ‘Arou’h (Y.D 361-1) selon la 2ème opinion, selon laquelle la femme est considérée comme quelqu’un qui n’étudie pas, et de ce fait, il ne faut pas interrompre l’étude pour assister à l’enterrement de cette femme.

Mais en réalité, lorsque nous considérons ici la femme comme quelqu’un qui n’étudie pas, il s’agit ici d’une simple femme. Mais lorsqu’il s’agit d’une femme érudite dans la Torah, son statut est le même que celui d’un Talmid ‘Ha’ham.

Telle est également l’opinion de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita qui ajoute encore – dans son livre Hali’hot ‘Olam (tome 8 page 192) - que s’il s’agit d’une femme influente qui attire d’autres femmes vers le respect des lois de la Pureté Familiale, de la Casherout, du Shabbat, ou autre, même si cette femme n’est pas tellement érudite dans la Torah comme un Talmid ‘Ha’ham, malgré tout, il est obligatoire de l’honorer, comme il est expliqué dans le traité Kiddoushin (33a) où l’on enseigne qu’il faut se lever devant un homme qui possède des « actions ». Or, les Gueonim expliquent que la définition de l’homme qui possède des « actions », correspond à un homme qui est généreux envers la Tsedaka, ou qui se consacre aux besoins de la collectivité ou qui possède des bonnes qualités, même s’il ne s’illustre pas dans l’érudition de la Torah, nous sommes tenus de l’honorer et de se lever devant lui, comme le tranche MARAN dans le Shoul’han ‘Arou’h (Yoré De’a chap.244).

Le Din est le même vis-à-vis d’une femme influente. Par conséquent, il faut se lever devant elle comme nous l’avons expliqué.

(Vis-à-vis d’une femme érudite dans la Torah, il est bon de mentionner de nombreuses femmes qui étaient de grandes érudites dans la Torah, comme par exemple ce qui est cité dans les Tshouvot (réponses Halah’iques) du Mahary MOULINE (Morenou Harav Rabbi Ya’akov MOULINE) où l’on cite des réponses Hala’hiques de la Rabbanite Leah qui s’est particulièrement distinguée pour sa grande sagesse, et cette rubrique n’est pas appropriée pour s’étendre d’avantage sur ce sujet.)

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5769 sheelot@free.fr

(à partir des écrits du Gaon Rabbi Ya’akov SASSON shalita)

Pour recevoir la Halaha Yomit chaque jour, ainsi qu’un Dvar Torah le vendredi, par

email, contactez nous sur sheelot@free.fr

lundi 30 juillet 2007

Augmenter l’étude de la Torah, à partir du 15 AV (Tou BeAV)

Augmenter l’étude de la Torah, à partir du 15 AV (Tou BeAV)

Dans la précédente Hala’ha, nous avons expliqué l’importance de la date du 15 AV (aujourd’hui 30 juillet 2007), qui est un grand jour pour Israël, au point où nous ne disons pas les Ta’hanounim (supplications quotidiennes, voir Siddour) ce jour là.

Nous pouvons ajouter une explication supplémentaire, rapporté par le Midrash.

La 1ère des 5 raisons pour lesquelles nous jeûnons le jour de Tish’a BeAV (le 9 AV), est le décret d’Hashem, selon lequel les Bné Israël devront rester 40 ans supplémentaires dans le désert, suite à la faute des Meraguelim (les explorateurs), le temps nécessaire pour que périsse toute cette génération, et qu’elle ne pénètre pas en Erets Israël.

A partir de ce moment là et durant 40 ans, tous les ans au soir du 9 AV, on proclamait dans le camp d’Israël : « Que tous les hommes âgés entre 20 et 60 ans, creusent leur tombe et qu’ils s’y couche ! »

Au matin, on proclamait : « Que ceux qui sont vivant, se lèvent ! » Certains se relevaient, et d’autres étaient morts.

La 40ème année, ils se couchèrent dans leurs tombes le soir du 9 AV, mais au matin lorsqu’on proclama « Que ceux qui sont vivant, se lèvent ! », tout le monde se releva !

Ils pensèrent d’abord qu’ils s’étaient trompé de date et que l’on n’était peut être pas le 9 du mois. Ils recommencèrent le soir suivant, mais se relevèrent également le lendemain matin. Ils recommencèrent encore plusieurs fois, jusqu’à la nuit du 15 AV, où ils virent la pleine lune. A ce moment là, ils surent qu’ils ne s’étaient pas trompé, et comprirent que la Guezera (le décret) avait pris fin. Tout Israël se réjouit ce jour du 15 AV.

On enseigne dans la Gmara Taanit (31a) :

Rabbi Eli’ezer Le Grand dit : « A partir du 15 AV et au-delà, la chaleur du soleil perd de son intensité, c'est-à-dire, que la journée commence à raccourcir, et la nuit commence à augmenté, et par conséquent, on arrêtait de couper du bois pour le Mizbea’h (l’autel des sacrifices dans le Beit Hamikdash), puisqu’à partir de cette date, le bois n’est plus sec, et l’on craignait que du fait de son humidité, il soit infesté de vers, et un tel bois est Passoul (inutilisable pour le Mizbea’h) ».

Rabbi Menashya dit : « A partir de ce jour (le 15 AV), celui qui ajoute (celui qui ajoute de l’étude de la Torah), on lui rajoutera de la vie, comme il est dit : Car en moi, tes jours se multiplieront, et te seront ajoutées des années de vie. Celui qui n’ajoute pas (celui qui n’ajoute pas dans son étude de la Torah), sera « repris » (Qu’Hashem nous en préserve, il quittera ce monde prématurément).

C’est pour cela que note maître le Rav Ovadia YOSEF shalita écrit, qu’à partir du 15 AV, il faut veiller à augmenter notre temps d’étude de la Torah de la nuit, comme il est enseigné dans la Gmara Erouvin (65) :

« La nuit n’a été crée que pour l’étude »

Comme il est également enseigné dans le Midrash Rabba :

Rabbi Yo’hanan dit : « Le chant de la Torah n’existe que la nuit, comme il est dit : Lève toi et chante pendant la nuit… »

Voici les propos du RaMBaM[DP1] (chap.3 des Hala’hot de l’étude de la Torah, Hala’ha 13) :

« L’homme n’acquiert la majeure partie de son savoir, que la nuit. C’est pour cela que celui qui désire acquérir la Couronne de la connaissance de la Torah, veillera à ne pas gaspiller son temps pendant la nuit, à des occupation telles que manger, boire ou autre, mais il doit le consacrer seulement à l’étude de la Torah, comme l’enseigne les ‘Ha’hamim : « Le chant de la Torah n’existe que pendant la nuit ».

Nous avons pu constater -lorsque notre maître le Rav shalita se déplaçait de ville en ville, pendant les soirées du mois d’Elloul, afin d’augmenter la Torah et la crainte du Ciel à travers Israël –nous l’avons vu rentré chez lui à des heures tardives, et malgré cela il se dépêchait de se mettre à étudier afin de rattraper le temps qu’il lui est nécessaire dans son programme d’étude quotidien, et tout ceci en prenant sur son temps de sommeil.

Par conséquent, il est un devoir sacré pour chacun de s’organiser de façon à pouvoir étudier d’avantage pendant les soir d’hiver, afin de ne pas s’exposer à la malédiction de nos ‘Ha’hamim (Hass Veshalom ! Qu’Hashem nous en préserve).

Les femmes ont également le devoir sacré d’insister auprès de leurs maris, avec du tact et de la diplomatie, pour qu’ils augmentent l’étude de la Torah et la crainte d’Hashem, et elles en retireront une grande récompense.

Cependant, elles devraient elles aussi consacrer du temps pendants les soirs d’hiver, à étudier les lois pratiques desquelles elles sont concernées (lois de Shabbat, de la Casherout, des Bra’hot, de la Tfila … etc …)

Nous citerons simplement ce qu’écrit notre maître le Rav shalita, dans l’introduction de son livre TAHARAT HABAÏT (sur les lois de NIDA), qui fut rédigé avec beaucoup de sacrifices, à une époque où le poids des occupations de la collectivité pesait énormément sur notre maître.

Voici ses propos :

« Un souvenir me revient en mémoire, lorsque j’envisageais de diminuer mes apparitions en public, dans le but de me consacrer d’avantage à la rédaction de mes ouvrages. Un soir, je m’endormi avec cette pensée, lorsqu’ apparut dans mon rêve, le Gaon Rabbi Yossef ‘HAIM[DP2] z.ts.l (l’auteur du BEN ISH ‘HAÏ), qui venait me rendre visite chez moi. Son visage était illuminé comme le soleil. Il entra dans la bibliothèque, et s’assis à côté de la table. Il vit l’un de mes ouvrages (certainement un tome du Yabi’a Omer), et commenca à le feuilleter. Lorsqu’il finit, il le reposa et dit : « C’est très bien ». Il me demanda si je continuai toujours à donner mes différents cours de Torah, et je répondis qu’effectivement, je continuai toujours à donner mes cours et mes différentes Drashot dans divers endroits, généralement accompagné par mon collègue et ami le Gaon Rabbi Yehouda TSADKA shalita (z.ts.l. Il est à noter que Rabbi Yehouda Tsadka était un parent du Gaon Rabbi Yossef ‘HAIM z.ts.l). Mais j’exprimai devant Rabbi Yossef ‘HAÏM que cela commençait à me perturber dans la rédaction de mes ouvrages. Le Gaon Rabbi Yossef ‘HAÏM me répondit : « Il est bon que tu attrape l’un, sans délaisser l’autre (continue la rédaction de tes ouvrages, mais poursuit également les cours de Torah que tu donnes), car la plus grande satisfaction d’Hashem c’est de voir les gens aller entendre des paroles de la Torah, qui les motivent à faire Tshouva (le repentir), et chaque personne qui fait Tshouva, représente un monde rempli !

Je me réveillais et ce fut un rêve »

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5767

sheelot@free.fr

Pour recevoir la Halaha Yomit chaque jour, ainsi qu’un Dvar Torah le vendredi, par

email, contactez nous sur sheelot@free.fr


[DP1]RaMBaM ou Maïmonide Rabbi Moshé Ben Maïmon Espagne – Egypte 12ème siècle

[DP2]

Rabbi Yossef ‘HAÏM

Irak 19ème siècle

jeudi 19 juillet 2007

Etudier la Torah un 24 et 25 Décembre

Villeurbanne le 18 juillet 2007 – 3 Av 5767

A mon Cher Rabbi David ROUBACH

Suite à ta question au Shiour d’hier soir, concernant la tradition de ne pas étudier à la date de la naissance de « l’inventeur du plus gros mensonge universel », je te fais part de l’opinion des Poskim à ce sujet.

Le Shou’t Yabi’a Omer , de notre maître, couronne et gloire de notre génération, le Rav Ovadia YOSSEF shalita (tome 7 Yoré Déa Chap.20) considère qu’il n’y a rien de concret dans une telle tradition, et qu’elle n’a aucun fondement Hala’hic. Il atteste que nos maîtres ne se sont jamais abstenus d’étudier à cette date, et il fait référence à de nombreuses citations de nos ‘Ha’hamim sur l’importance de l’étude de la Torah.

En voici quelques unes :

Dans la Gmara Erouvin 65a :

« La nuit n’a été crée que pour l’étude. »

Dans la Gmara Mena’hot 99b:

Ben Dama, le neveu de Rabbi Ishmael, demanda un jour à son oncle :

« Moi qui a étudié toute la Torah, ai-je le droit d’aller étudier les sciences grecs ? »

Rabbi Ishmael lui répondit : « Il est écrit : Ce livre de la Torah ne quittera pas ta bouche, et tu l’étudieras jour et nuit ! Cherche et vérifie si tu trouves une heure qui ne fait partie ni de la journée, ni de la nuit, si tu la trouves, consacre la à l’étude des sciences grecs !»

Nous constatons qu’il n’existe pas un instant pendant lequel on peut se soustraire à l’obligation d’étudier la Torah.

Dans le Talmoud Yeroushalmi (fin de Bra’hot) :

Rabbi Shim’on Ben Lakish dit : j’ai trouvé écrit dans un livre mystérieux : « Si tu m’abandonne pendant un jour, je t’abandonnerai pendant deux jours … »

Cependant, le Shou’t Yabi’a Omer fait aussi mention de ce qui est rapporté dans le livre Taamé Haminhagim (page 500), au nom du livre Likouté Hapardess, et voici ses propos :

« La raison pour laquelle dans ces contrées, nous nous abstenons d’étudier la Torah pendant la nuit de leur fête, réside dans le fait que les non juifs perpétraient ce soir là des agressions à l’encontre des juifs, et les prenaient à part dans la rue en les frappant, et parfois en les assassinant. Chaque juif qui marchait dans la rue ce soir là, s’exposait à un danger de mort. C’est pour cela que les grands de cette génération avaient décrété sur tous les étudiants des Yeshivot, ainsi que sur tous les enseignants, de rester chez eux ce soir là, et de ne pas sortir dans les rues, de peur de risquer un grand danger. »

Il semble que c’est de là qu’est née cette erreur de croire que l’on ne doit pas étudier à cette date là. Comme on peut le constater, la décision prise n’était pas « de ne pas étudier », mais « de rester chez sois » pour ne pas courir un grand danger de la part des non juifs.

Aujourd’hui, (bien que nous ne sommes pas spécialement plus en sécurité et que la haine des non juifs à notre égard est loin d’avoir diminué !) nous ne pouvons quand même pas dire que nous courons un danger en allant étudier un soir de 25 décembre plus que tout autre soir de l’année !

Il est vrai que le Taamé Haminhagim cite également une autre raison à cette tradition, au nom de l’auteur du livre Reguel Yeshara, le Tsadik de DINOV z.ts.l qui écrit que la raison pour laquelle nous n’étudions pas à cette date la est parce qu’est né ce jour là celui que la chrétienté vénère, et que « la tradition d’Israël a force de loi » (Minhag Israël Torah Hou). Le Taamé Haminhagim cite également dans les notes, que même le Gaon Rabbi Yonatan Eïvshitz z.ts.l aurai dit de cette tradition de ne pas étudier la Torah à cette datte là, que « la tradition d’Israël a force de loi » (Minhag Israël Torah Hou).

Cependant, ce n’est pas la tradition dans nos pays (Sefarades). Même cette nuit là, nous étudions comme toutes les autres nuits de l’année.

Le Yabi’a Omer fait aussi mention de ce qu’il a vu écrit dans la brochure Yagdil Torah (Jérusalem 1969 chap.110, page 147) au nom du Admour de Loubavitsh z.ts.l qui écrit :

« Notre tradition est de ne pas étudier la Torah pendant cette nuit… La raison est afin de ne pas attirer de la « sainte vitalité » sur cet homme, comme sur tous ceux qui marchent dans sa voie. Par conséquent, les juifs qui habitent les pays arabes n’ont pas du tout cette tradition. Et puisque le fait d’arrêter d’étudier la Torah représente une « chose nouvelle » (un ‘Hidoush), nous ne lui donnons pas plus s’importance que tout autre ‘Hidoush. C’est pour cela qu’il ne faut arrêter que la nuit, et cela uniquement jusqu’à ‘Hatsot (la moitié de la nuit). »

Le Yabi’a Omer cite aussi les propos du ‘Hatam Sofer rapportés dans Kovets Shou’t ’Hatam Sofer (édité à Jérusalem en 1963, chap.31). En effet, le ‘hatam Sifer a été consulté sur la crédibilité de cette tradition de ne pas étudier à cette date là, et il a répondu :

« Je n’ai jamais entendu une explication acceptable sur cela, et cela, bien que des usages en vigueur vont dans ce sens, puisque les gens s’abstiennent même de pratiquer l’intimité conjugale ce soir là, et que les Mikvahot ferment leurs portes à cette date, cependant, selon mon avis, cette tradition est absurde, et il faut faire remontrance à ceux qui la respectent.

Toutefois, puisque cette nuit là les non juifs se réunissent dans leurs églises à partir de minuit, tandis que ceux qui étudient la Torah sont majoritairement éveillés au début de la nuit et étudient la Torah jusqu’à minuit, pour ne pas que le Satan puisse mettre Israël en accusation d’aller dormir pendant que les non juifs s’adonnent eux à leur culte, la tradition est d’aller dormir et de ne pas étudier cette nuit là du début de la nuit jusqu’à minuit. Puis, à minuit on se lève et on va étudier… »

Nous constatons encore une fois que le Gaon ‘Hatam Sofer z.ts.l s’est effectivement forcé à essayer de trouver une explication, mais pour une tradition qui était en vigueur dans son pays.

Mais dans tous les pays d’orient, une telle tradition n’a jamais été entendue, ni diffusée, ni mentionnée.

Dans toutes les institutions Sefarades, nous étudions la Torah même à cette date, sans apporter la moindre considération à cet argument.

En l’honneur de la Torah et de ceux qui l’étudient

David Avraham PITOUN