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vendredi 19 février 2010

Divré Torah sur Térouma

TEROUMA

Ces Divré Torah sont dédiés à la Refoua Shelema – la guérison complète de :
mon épouse Sylvie Mazal Esther Bat Régine ‘Haya Sim’ha ; du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita) ; l’enfant Yo’heved Mazal Bat ‘Hassiba (fille de Yéhouda et Eva ALLOUN) ; Its’hak Ben ‘Aïsha ; I’hya Nathan Yossef Aharon Ben Déborah ; Yonathan Yehouda Ben Aviva ; Marc Samuel Ben Rosa Vé-Nessim Hadjadj ; Sarah Bat Miryam ; ‘Haïm Ben Yéhouda ; Avraham Moshé Ben Miriam Tova ; Yit'hak ben Avraham ; ainsi que pour ma propre Refoua Shelema David Avraham Ben Simi.
Ils sont aussi dédiés à la santé de la famille ARBIB.
Ils sont aussi dédiés à l’élévation de l’âme de : Ora Bat Myriam (Boukobza) ; Georges Yitshak ben Chlomo ; Tsipora bat Esther ;’Hemissa Bat Sarah

1. L’ASSOCIATION IDEALE (Inédit dans cette rubrique !!)

Ils réaliseront l’Arche en bois de Shitim… (Shemot 25-8)

Question :

Pour tous les déférents objets de culte, Hashem demande uniquement à Moshé de les réaliser, s’adressant à lui en lui disant : « Tu feras… ». Pourquoi lorsqu’il s’agit de réaliser l’Arche Sainte, Hashem demande à l’ensemble des Béné Israël de le réaliser, en disant : « Ils feront… » ?

Réponse :

Il est écrit dans la Torah :
« Elle (la Torah) ne se situe pas au-delà de la mer… »

Nos maîtres commentent (‘Erouvin 55a) :
Tu ne trouveras pas la Torah auprès des commerçants, car celui qui augmente en commerce n’augmente pas en sagesse (de la Torah).

Il est écrit dans le Shir Ha-Shirim dit (3-2) :
« Je réclame le bien aimé de mon âme, je le réclame sans le trouver. »

Certains réclament la sagesse de la Torah, mais ne la trouvent pas, car les commerçants et les personnes accaparées par leurs occupations, ne peuvent pas s’adonner à l’étude de la Torah. Ce privilège est donné seulement aux Talmidé ‘Ha’hamim (les érudits dans la Torah) qui font de leur Torah leur seul mode de vie et s’y adonnent nuit et jour. Mais d’un autre côté, ces Talmidé ‘Ha’hamim manquent cruellement de subsistance matérielle. C’est pourquoi, les 2 catégories d’individus doivent s’associer – comme Issa’har et Zévoulon – afin que l’un puisse prendre lui aussi un mérite dans l’étude de la Torah, et que l’autre puisse s’y adonner sans le moindre soucis matériel.

C’est pour cette raison que la Torah demande à l’ensemble des Béné Israël de participer à la construction de l’Arche Sainte, afin que chacun puisse prendre part à la Torah. C’est pourquoi le texte dit : « Ils feront… » afin que chacun puisse faire, l’un par sa poche et l’autre par sa Torah !

2. LA SINCERITE D’UN TALMID ‘HA’HAM (un érudit dans la Torah)

Le texte dit au sujet du Aron Ha-Kodesh (l’Arche Sainte qui contenait les Tables de la Loi) :

Tu le couvriras d’or pur, à l’intérieur et à l’extérieur… (Shemot 25-11)

A l’instar du Aron Ha-Kodesh qui contenait les Tables de la Loi, le Talmid ‘Ha’ham (l’érudit dans la Torah) contient la connaissance de la Torah.

Il est enseigné dans la Guémara Yoma (72b) :
Tout Talmid ‘Ha’ham qui ne fait pas preuve de sincérité (To’ho Ké-baro), n’est pas un Talmid ‘Ha’ham. (La sincérité correspond ici au fait d’être intérieurement égal à ce que l’on montre extérieurement)

Il est raconté dans la Guémara Bera’hot (28a) que lorsque Rabban Gamliel occupait les fonctions de Nassi (Chef spirituel du peuple d’Israël), il exigeait que l’accès à la Maison d’Etude ne soit permis qu’à celui qui est intérieurement égal à ce qu’il montre extérieurement (To’ho Ké-baro)
Ce n’est que lorsque Rabbi El’azar Ben ‘Azarya lui succéda que le « Gardien » de la Maison d’Etude fut renvoyé, et à partir de ce jour, on autorisa l’accès à la Maison d’Etude à toute personne qui désirait étudier la Torah. Ce jour là, on ajouta de nombreux bancs dans la Maison d’étude. Selon certains, 400 bancs supplémentaires, selon d’autres 700 bancs supplémentaires.

Question

Quel type d’individu pouvait bien être ce « gardien » de la Maison d’Etude pour être capable de discerner chez un élève s’il est intérieurement égal à ce qu’il montre extérieurement (To’ho Ké-Baro) ? Doit-il être capable de deviner les pensées précises de chacun pour occuper le poste de gardien ?!

Réponse

L’ancien Rabbi de SADIGORA z.ts.l répond en disant qu’en réalité, les portes de la Maison d’Etude étaient réellement fermées à double tour. Mais lorsqu’un élève désirait – avec toute sa volonté et toute son aspiration intérieure – pénétrer dans la Maison d’Etude et étudier la Torah, il employait tous les moyens possibles. Il pouvait casser un mur, ou même creuser un tunnel, tout ceci dans le but d’entrer et d’étudier la Torah. Un tel élève qui n’hésite pas à employer tous les moyens, même les plus inimaginables afin d’entrer dans une Maison d’Etude pour y étudier la Torah, ne peut être qu’intérieurement égal à ce qu’il montre extérieurement (To’ho Ké-Baro).

Les commentateurs s’attardent sur un point de cette Guémara.
En effet, on précise que le jour de la nomination de Rabbi El’azar Ben ‘Azarya aux fonctions de Nassi à la place de Rabban Gamliel, on ajouta à partir de ce jour là un nombre impressionnant de bancs dans la Maison d’Etude (400 ou 700).
Pourquoi ne pas plutôt nous préciser le nombre d’élèves supplémentaires admis ce jour là à la Maison d’Etude ?

Le Gaon Rabbi D. EIZMANN Shalita répond à cette remarque en disant que la nécessité d’ajouter des bancs ne provient pas du nombre d’élèves supplémentaires, mais plutôt du changement au niveau de la qualité des élèves.
Tant que l’accès à la Maison d’Etude n’était permis qu’à celui qui est intérieurement égal à ce qu’il montre extérieurement (To’ho Ké-Baro), personne parmi les élèves n’allait se plaindre des conditions matérielles dans lesquelles ils étudiaient. Leur pure volonté d’étudier la Torah leur donnait la force d’étudier en toute situation, même en l’absence de bancs ou autre.
Mais lorsque l’accès à la Maison d’étude fut autorisé même aux élèves qui n’étaient pas forcément au niveau de To’ho Ké-Baro (être intérieurement égal à ce que l’on montre extérieurement), il eut une nécessité de remplir la Maison d’Etude avec des bancs afin de créer des conditions qui conviennent aussi aux nouveaux élèves qui – malgré une forte volonté d’étudier la Torah exprimée par leur simple démarche de venir à la Maison d’Etude – n’étaient apparemment pas prêts à étudier à n’importe quel prix !

3. NE PAS TOMBER DANS LE PIEGE DE LA PARNASSA !

Tu feras la Table en bois de Shitim… (Shemot 25-23)

Dans le Mishkan, la Table servait à déposer les 12 Pains de préposition chaque vendredi, qui étaient remplacés le vendredi suivant, et qui restaient miraculeusement frais durant toute la semaine.

Il est enseigné dans la Guémara Bava Batra (25b) que la Table du Mishkan étaoit placé au nord et symbolise la richesse matérielle. C’est pourquoi celui qui désire devenir érudit dans la Torah doit se diriger vers le sud (où se trouvait la Ménora), et celui qui désire s’enrichir matériellement doit se diriger vers le nord.

Il est écrit dans le livre de Kohelet (1-6) :
Il va vers le sud et il tourne vers le nord. Même s’il tourne et retourne, le vent s’en va et revient vers ses alentours.

Le ‘Hafets ‘Haïm – dans son commentaire sur la Torah – explique ce verset (apparemment incompréhensible !) grâce à l’enseignement de nos maîtres dans la Guémara Ména’hot (86b) :
(Dans le Mishkan) La Table se trouvait au nord et la Ménorah au sud.

La Menorah symbolise l’érudition dans la Torah (« La lampe est la Mitsva et la Torah est la lumière… » Mishlé 6-23).

L’objectif principal de l’individu sur terre est de se « diriger vers le sud » c'est-à-dire devenir un Talmid ‘Ha’ham (un érudit dans la Torah) et accomplir les Mitsvot.

Voici donc le sens du verset de Kohelet :
Il va vers le sud Ce qui signifie que l’homme désire étudier la Torah
Mais lorsqu’on demande à quelqu’un : « Pourquoi est ce que tu te précipites lorsque tu sort de la synagogue après la prière, sans prendre le temps de t’assoire un moment pour étudier la Torah ? » Il répond : il tourne vers le nord C'est-à-dire, il ne « va » pas véritablement vers le nord, il ne fait qu’un « détour » vers le nord qui représente ses affaires et sa subsistance matérielle. Mais en réalité, il tourne et retourne tellement pris par ses affaires et sa subsistance matérielle qu’il finit par rester définitivement « dans le nord » c'est-à-dire, dans le monde du défit de la richesse matérielle, jusqu’au jour où le vent s’en va – le souffle qui est la Neshama se retire, et parce que cet homme n’a pas accomplit ce qu’il devait accomplir dans le domaine de l’étude de la Torah et de l’accomplissement des Mitsvot, le vent revient vers ses alentours - il est décrété sur la Neshama de revenir sur terre pour rattraper la perte du temps - malheureusement consacré aux « alentours » du défit de la richesse matérielle - qui aurait pu être consacré à l’étude de la Torah et à l’accomplissement des Mitsvot.

4. JUSTE UN PETIT EFFORT !

(Par le Gaon Rabbi David SHALTIEL shalita de Jérusalem)

« Tu réaliseras la Menorah en or pur. Elle se fera en une seule pièce, son pied, sa tige, ainsi que ses coupes, ses boutons et ses fleurs (ornements). »
(Shemot chap.25 verset 31)

Rashi commente :
« EN UNE SEULE PIECE ». Il ne doit pas la réaliser en pièces détachées. Il ne doit pas réaliser les tiges et les branches séparément, et ensuite les assembler, comme font les orfèvres. Mais il devra prendre un seul bloc d’or, suffisamment grand, afin d’y tailler l’intégralité de la Menorah, en frappant avec l’enclume de part et d’autre, pour faire apparaître les branches de façon distincte.

Mais nous constatons qu’il est dit au début de notre verset « Tu réaliseras la Menorah », ce qui sous entend que Moshé Rabbenou lui-même doit réaliser la Menorah.
Alors que dans la suite du verset, il est dit « Elle se fera en une seule pièce », ce qui signifie qu’elle doit se faire toute seule, par elle-même.

Rashi résout cette contradiction en citant un Midrash Rabba dans lequel il est enseigné que Moshé Rabbenou a - au début - rencontré certaines difficultés à réaliser lui-même la Menorah en un seul bloc d’or.
Hashem lui dit :
« Jette le bloc d’or à l’intérieur du feu, et la Menorah se fera d’elle-même, de façon miraculeuse. »
C’est pour cela qu’il est écrit à la fin du verset « Elle se fera en une seule pièce ».

Nous apprenons d’ici, une chose merveilleuse.

Il est écrit « la Mitsva est représentée par la lampe (Ner), et la Torah, par la lumière (Or) » (Mishlé 6-23).
Ce verset compare la Sainte Torah à la Menora.
Il arrive parfois que l’individu essaie de se renforcer d’avantage dans l’étude de la Torah et dans l’observance des Mitsvot, mais qu’il rencontre de grosses difficultés, car la sainte Torah est plus vaste que la mer. De même, les Mitsvot de la Torah sont constituées de multiples détails, tous aussi important les uns que les autres, et l’individu est susceptible de se heurter à la difficulté de la Torah et des Mitsvot, comme Moshé Rabbenou s’est heurté à la difficulté de la réalisation de la Menorah en un seul bloc d’or.
Toute la difficulté dans la réalisation de la Menorah, résidait dans le fait de la créer en un seul bloc d’or.
De même, l’individu – s’il veut atteindre la perfection dans le service d’Hashem - est confronté à la difficulté d’être intégralement « un bloc d’or pur », qui ne fait jamais aucune concession vis-à-vis de la parole de la Torah, sans jamais la modifier, ni par des ajouts, ni par des diminutions.

Tous les débuts sont difficiles !!

Même Moshé Rabbenou a rencontré des difficultés à réaliser la Menorah en un seul bloc d’or, puisque son œuvre échouait chaque fois qu’il tentait de la façonner dans le bloc d’or.

Il en est de même dans le service d’Hashem.

On peut facilement désespérer d’arriver un jour au niveau spirituel que nous devrions atteindre, en pensant que l’on n’a plus aucun moyen de se mesurer à nos devoirs de servir Hashem, tant la difficulté est grande, et il est très facile de se convaincre (à tort) que l’on restera toujours au même niveau.

Mais si l’on s’obstine et que l’on s’efforce encore et encore dans notre service d’Hashem, c’est justement là qu’Hashem en personne s’adresse à nous et nous dit :
« Fais ce qu’il t’incombe de faire, en y consacrant toutes tes capacités ! Jette toi dans la fournaise, et le reste se fera tout seul ! »
Selon l’idée exprimée dans un verset de Yov (chap.8 verset 7) :
« Tes débuts ont été difficiles, mais combien brillant sera ton avenir ! »

A partir de la Menorah ont été crées tous ses ornements !!

C’est également ce que nous retrouvons au sujet de l’élévation finale du Mishkan (le Temple mobile que les Béné Israël montaient et démontaient au fil de leurs étapes dans le désert).
Il est dit dans le verset : « Ils amenèrent le Mishkan à Moshé ».
Ils lui ont amené pièce par pièce.
Rashi demande :
N’est il pas plus courant que lorsque l’artisan a achevé l’ouvrage, il l’emmène intégralement devant le commanditaire ?
Il répond en disant que le poids des différents éléments du Mishkan, était trop important pour eux.
Moshé consulta Hashem pour cela.
Hashem répondit à Moshé qu’il devait faire selon ses capacités.
On eu l’impression que Moshé soulevait à lui tout seul l’intégralité du poids du Mishkan, mais le Mishkan se leva et s’édifia de lui-même, par une assistance Divine particulière.
Moshé devait seulement s’efforcer de soulever et d’édifier le Mishkan par sa seule force, et Hashem acheva le travail.

Ceci correspond à l’idée que nous avons développée.
L’individu désire construire un foyer de Torah, dans lequel la She’hina réside. Les débuts lui semblent très difficiles, et de ce fait, il est susceptible ‘Hass Veshalom de se heurter à toute chose.
Mais notre Torah vient lui rappeler un grand principe : « Il ne t’incombe pas d’achever le travail ! » (Mais seulement de l’entamer !!)
L’homme n’a le devoir que d’agir selon ses forces, car la Torah n’a pas été donnée aux Anges ! (Yoma 30a)
Grâce à cela, Hashem l’aidera à fonder un bon foyer, fidèle à Hashem, le D. d’Israël.

Shabbat Shalom

vendredi 12 février 2010

Divré Torah sur Mishpatim

MISHPATIM
Le Dvar Torah N°2 est inédit dans cette rubrique !

Ce Divré Torah sont dédiés à la Refoua Shelema – la guérison complète de :
mon épouse Sylvie Mazal Esther Bat Régine ‘Haya Sim’ha ; du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita) ; l’enfant Yo’heved Mazal Bat ‘Hassiba (fille de Yéhouda et Eva ALLOUN) ; Its’hak Ben ‘Aïsha ; I’hya Nathan Yossef Aharon Ben Déborah ; Yonathan Yehouda Ben Aviva ; Yékoutiel Ben Laurence ; Marc Samuel Ben Rosa Vé-Nessim Hadjadj ; Sarah Bat Miryam ; ‘Haïm Ben Yéhouda ; ainsi que pour ma propre Refoua Shelema David Avraham Ben Simi.
Ils sont dédiés aussi à l’élévation de l’âme de : Ora Bat Myriam (Boukobza)

1. La réinsertion selon la Torah

Voici les lois que tu placeras devant eux.
Lorsque tu feras l’acquisition d’un serviteur hébreu, il devra te servir durant 6 ans, mais à la 7ème année, tu l’affranchiras gracieusement.
S’il est arrivé seul, il repartira seul, mais s’il est marié, son épouse repartira avec lui. (Shemot 21-1.2.3 Début de notre Parasha)

Rashi
Lorsque tu feras l’acquisition d’un serviteur hébreu
Cette acquisition se fait par l’intermédiaire du Beit Din qui vend cet individu arrêté pour avoir volé, et qui est vendu parce qu’il n’a pas la possibilité de rembourser son vol.

Question

N’y avaient-ils pas des sujets plus nobles pour débuter dans notre – par exemple la Mitsva de prêter de l’argent à un juif (« Im Kessef Talvé Ete ‘Ami »), ou bien le cas du gardien bénévole (Shomer ‘Hinam) qui offre gracieusement ses services aux gens, qui sont des sujets également contenus dans notre Parasha – pourquoi débuter notre Parasha en nous parlant d’un voleur ?

Réponse

Le Gaon Rabbi Ya’akov NYEMANN z.ts.l rapporte dans son livre Darké Moussar au nom du Sabba de Kelem z.ts.l :
Si la Torah était l’œuvre d’un être humain, il est certain qu’il aurait décidé de débuter notre Parasha avec un sujet qui met plutôt en relief des individus qui prodiguent du bien à la société, et non en nous parlant d’un individu humiliant comme un voleur.
Mais la Torah est l’œuvre d’Hashem et nous sommes ses enfants !
Lorsqu’un père a un enfant qui est voleur, ce père va se consacrer totalement à chercher les meilleurs moyens pour ramener son fils dans le droit chemin, car vis-à-vis de ses autres enfants, il n’a pas de soucis particuliers à se faire puisqu’ils marchent déjà dans le droit chemin.
C’est pour cela que dès le début de notre Parasha de Mishpatim, Hashem se souci d’abord de son fils voleur, et cherche des moyens pour le ramener dans la droiture et l’honnêteté.

C’est pourquoi la Torah demande au Beit Din de vendre cet individu à une personne respectable chez qui ce voleur va séjourner durant 6 ans, en apprenant auprès du chef de maison ainsi qu’auprès des membres du foyer, la politesse, le savoir-vivre, et va acquérir de bonnes qualités humaines. Ce voleur verra aussi qu’on lui montre du respect et qu’on lui donne de l’importance puisque nos maîtres nous enseignent (Kiddoushin 20a et à d’autres endroits) qu’il est interdit au chef de maison de consommer du pain frais alors que son serviteur consomme du pain ranci. Il est aussi enseigné dans le Yéroushalmi que si le chef de maison possède un seul coussin et que le serviteur n’en a pas, le chef de famille est tenu de donner son coussin à son serviteur et de dormir sans coussin.
Devant tant d’égard, le serviteur ne peut que penser :
« Si l’on me témoigne tant de considération, comment puis je être un voleur ?! »
Tout ceci ne peut que l’influencer positivement et le ramener dans le droit chemin.

Même au-delà des 6 ans, notre sainte Torah se soucie encore de lui afin qu’il ne récidive pas, et elle ordonne au chef de maison de lui fournir des bêtes de son propre troupeau, afin qu’il ait de quoi se nourrir. De même, durant tout le temps où le serviteur sert son maître, celui-ci est tenu de nourrir la femme et les enfants de son serviteur afin qu’ils ne deviennent pas à leur tour des voleurs.

Alors que les législations établies par l’être humain sont totalement différentes puisqu’elles imposent au voleur d’être incarcéré dans une prison qui ne va pas l’influencer positivement, où il va côtoyer d’autres voleurs, et où il va se noyer dans l’abîme de ses fautes. À sa sortie de prison, n’ayant pas de moyen de subsistance pour subvenir aux besoins de son foyer, il sera donc forcé de redevenir un voleur. De plus, pendant tout le temps où il va séjourner en prison, sa femme et ses enfants n’auront pas de quoi vivre et deviendront à leur tour des voleurs.
Mais comme nous l’avons dit, notre sainte Torah s’est d’abord souciée du repentir de ce voleur, et c’est pour cette raison qu’elle ordonne de le vendre. C’est donc pour exprimer tout l’amour d’Hashem envers ses enfants que la Parasha de Mishpatim débute par le sujet du serviteur juif.

2. Prêter de l’argent à un juif : ça aussi c’est une Mitsva !! (Inédit)

Si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de mon peuple, (ou que tu l’offres) à un nécessiteux qui est avec toi… (Shémot 22-25)

Ce verset vient nous apprendre une des 613 Mitsvot de la Torah : prêter de l’argent à un juif.

Le Ben Ish ‘Haï – dans son livre ‘Od Yossef ‘Haï – explique ce verset par une allusion.
L’argent que tu prêtes à une personne en difficulté, ou bien l’argent que tu offres au nécessiteux, cet argent est considéré comme étant « avec toi », en ta possession, car tu peux être certain que personne ne pourra te le prendre, et il pérennisera à tout jamais. Mais le reste de l’argent que tu possèdes n’est pas considéré comme étant « avec toi », puisque dans ce monde, il n’y a aucune assurance pour la richesse matérielle.

Nos meilleurs placements sont les sommes que nous prêtons à ceux qui traversent des situations difficiles et que nous aiderons à s’en sortir en leur proposant notre aide, ainsi que les sommes que nous offrons aux nécessiteux pour leur procurer de quoi vivre dignement.

Histoire

On raconte sur le ‘Hafets ‘Haïm qu’une personne vint un jour le trouver pour lui demander un conseil ou une Ségoula (remède spirituel) pour avoir des enfants.
Le ‘Hafets ‘Haïm lui dit qu’il ne connaissait pas de Ségoulot mais qu’il lui conseillait vivement d’établir dans la ville de Radin (lieu de résidence du ‘Hafets ‘Haïm) une caisse de « Gma’h » (« Guémilout ‘Hassadim », un organisme de prêt d’argent pour les personnes en difficulté). Le ‘Hafets ‘Haïm lui expliqua que le fait de pratiquer le bien en aidant des personnes en difficulté à retrouver une vie digne, réveillera certainement la pitié Divine, et Hashem lui accordera lui aussi le bien en lui donnant des enfants.

L’homme écouta le conseil du ‘Hafets ‘Haïm et établit une caisse de Gma’h dans la ville de Radin en s’investissant lui-même dans la direction de l’organisme et dans le prêt des sommes d’argent aux gens en difficulté. Il tenait à jour un carnet dans lequel il consignait tous les détails de chaque prêt ainsi que les gages demandés en échange des prêts. Il inscrivit également dans ce carnet une institution du Gma’h selon laquelle les juifs de la ville devaient organiser une fois tous les 3 ans un repas lors du Shabbat Mishpatim (notre Parasha dans laquelle nous lisons la Mitsva de prêter de l’argent) pour se stimuler davantage dans cette Mitsva.

Et voici qu’au bout de 3 ans, cet homme eut le mérite et la joie d’avoir un enfant en bonne santé, et sa Bérit MIla eut lieu…. le Shabbat MIshpatim !
Durant toutes les années suivantes, l’homme continua à s’investir dans cette Mitsva de toutes ses forces, et il eut d’autres enfants, garçons et filles, par le mérite de cette Mitsva.

Au bout de quelques années, l’homme oublia les bontés d’Hashem et alla trouver le ‘Hafets ‘Haïm en lui expliquant qu’il était à présent trop occupé dans ses affaires personnelles et que la caisse du Gma’h s’était considérablement développée avec le temps. Il ajouta que des gens remettaient en doute son intégrité et que pour toutes ses raisons, il désirait se retirer du Gma’h et demandait au ‘Hafets ‘Haïm de nommer un nouveau directeur.
Le ‘Hafets ‘Haïm refusa dans un premier temps, mais lorsque l’homme insista et revint chaque année avec la même demande, le ‘Hafets ‘Haïm accepta et demanda aux dirigeants de la communauté d’organiser des élections discrètes afin de nommer un nouveau directeur du Gma’h. Les élections se déroulèrent en début de soirée.
Le lendemain des élections, l’homme se présenta en larmes devant le ‘Hafets ‘Haïm en lui annonçant que l’un de ses enfants était mort étouffé au petit matin !
Il dit au Rav qu’il était convaincu que son enfant était mort suite à sa faute d’avoir abandonné cette précieuse Mitsva de pratiquer le bien, et il supplia le ‘Hafets ‘Haïm de le nommer de nouveau à la direction du Gma’h.

Le ‘Hafets ‘Haïm raconte cette tragique histoire par une allusion dans son livre Shem ‘Olam, et il termine en disant :
« Tu peux constater de façon flagrante que c’est par le mérite du Guémilout ‘Hassadim (la pratique du bien) que cet homme a eu des enfants. Mais dès que la bonté s’est retirée, la rigueur se mit à le frapper violemment ! »

On ne se rend pas compte de la protection que peut nous apporter la pratique du bien, en prêtant de l’argent ou en apportant notre aide à ceux qui en ont besoin !

3. Reconnaître son erreur est un signe de grandeur

Il est écrit dans notre Parasha :
D’une parole mensongère, tu t’éloigneras. (Shemot chap.23)

Il est enseigné dans la Guémara Shévou’ot (30a) :
Nos maîtres enseignent : D’où sait-on qu’un Dayan (un juge rabbinique) ne doit pas essayer de justifier ses erreurs de jugement ? Parce qu’il est dit : D’une parole mensongère, tu t’éloigneras.

Il s’agit ici d’un Dayan qui a fait une erreur dans le DIN, mais qui a honte d’admettre son erreur devant ses collègues ou devant les parties adverses qui sont en jugement devant lui. Il essaie de trouver un moyen afin de maintenir ses propos erronés, sans pour autant avouer qu’il a fait une erreur.
La Torah - à travers ce verset – le met en garde contre une telle attitude, en lui disant : « D’une parole mensongère, tu t’éloigneras ». Il incombe à l’individu de fuir le mensonge, et de ne pas le maintenir.

La nature humaine est faite de telle sorte qu’il est très difficile à l’homme d’admettre la vérité. Il essaie constamment de justifier ses propos, par tous les moyens, afin que l’on ne découvre pas sa faiblesse, au point d’avoir besoin que la Torah vienne tout particulièrement le mettre en garde, en lui rappelant : « D’une parole mensongère, tu t’éloigneras ». L’individu doit s’éloigner de façon radicale du mensonge, et ne jamais l’utiliser.

Il en est de même pour toute personne au sein de son propre foyer.
On ne doit pas maintenir nos propos lorsqu’on se rend compte que l’on s’est trompé, même au prix d’une discorde avec certains membres du foyer.

Tout ceci est valable même dans le domaine de l’étude de la Torah.
Rabbenou Avraham, fils du RAMBAM écrit qu’il n’y a aucune honte pour un ‘Ha’ham, de dire qu’il s’est trompé, et qu’il revient sur son erreur. Au contraire, il sera récompensé par Hashem pour cette attitude courageuse. Et comme la Guémara nous le dit dans Kiddoushin (57) : Au même titre que l’on est récompensé pour l’analyse de la Hala’ha, on est également récompensé pour le fait d’admettre que l’on s’est trompé dans notre analyse.

Telle est l’attitude des sages d’Israël.
Nous trouvons de nombreuses fois dans les livres des Poskim (décisionnaires de la Hala’ha), que certains grands maîtres déclarent avoir commis une erreur dans leurs précédents propos, et après une longue analyse, reviennent sur leur précédent avis.

Nous assistons à ce phénomène, même parmi les grands décisionnaires de notre génération. Il est fréquent de constater qu’ils ont émis un avis Hala’hic dans le passé, et après avoir approfondi de nouveau le sujet, ils reviennent sur cet avis et admettent qu’ils se sont trompé. Ceci malgré la possibilité de maintenir leurs premiers propos, sans que personne dévoile leur erreur.
Prenons pour exemple le Gaon Rabbi Shalom MESSAS z.ts.l, qui – tout en étant le plus grand des ‘Ha’hamim du Maroc de notre génération – lorsqu’il émigra en Israël (fin des années 70), et qu’il eut le mérite de faire la connaissance de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita, il fit savoir à plusieurs occasions, qu’il avait modifié toute sa façon de trancher la Hala’ha, à la lueur de la Torah de notre maître le Rav shalita.
De même, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF shalita fit savoir à de nombreuses reprises qu’il revenait sur certaines de ses décisions Hala’hic, après avoir découvert l’opinion divergente d’autres Poskim sur le même sujet, et après avoir admis la justesse de leurs propos.

Au contraire, le simple fait d’admettre la vérité est une véritable louange en faveur des sages d’Israël.

Ce qui n’est pas le cas pour les sages des nations.
Il est très improbable qu’ils reviennent sur leurs positions dans les erreurs commises dans le passé.
En effet, combien de fausses théories scientifiques ont été avancées dans le monde, puis totalement réfutées ?!
Ce n’est pas pour autant que les auteurs de ces mêmes théories ont admis leurs idées erronées, car admettre la vérité est une chose tellement difficile, que cela nécessite certaines qualités comme la soumission, l’humilité et l’amour de la vérité.

Il est raconté dans le Midrash que Rabbenou Ha-Kadosh (Rabbi Yéhouda Ha-Nassi, le rédacteur des Mishnayot) fit l’éloge de Rabbi ‘Hiya son élève, devant Rabbi Ishma’el, en disant qu’il était un homme grand et saint.
Un jour, lorsque Rabbi Ishma’el était devenu très âgé, il rencontra Rabbi ‘Hiya à l’entrée des bains. Rabbi ‘Hiya était assis et ne se leva pas quand Rabbi Ishma’el passa devant lui, bien qu’il était un grand ‘Ha’ham et un homme âgé.
Rabbi Ishma’el en fut offensé et vient raconter cela à Rabbenou HaKadosh, en lui disant : « Est-ce celui-ci duquel tu as prétendu qu’il était un homme grand et saint ?! Vois comme il se comporte ! Il ne respecte même pas les Talmidé ‘Ha’hamim !! » En entendant cela, Rabbenou HaKadosh se tourna vers Rabbi ‘Hiya son élève et lui demanda : « Pourquoi ne t’es-tu pas levé devant Rabbi Ishma’el ? » Rabbi ‘Hiya jura à son maître que toute la raison pour laquelle il ne s’était pas levé était parce qu’il disait à ce moment précis, des Tehilim. À cause de cela, Rabbi ‘Hiya ne remarqua même pas l’entrée de Rabbi Ishma’el.
Lorsque Rabbi Ishma’el entendit les explications de Rabbi ‘Hiya, il lui confia immédiatement 2 élèves à lui, chargés de son accompagnement, en signe d’honneur.

Nous apprenons de cet enseignement que tant que Rabbi Ishmael n’entendait pas les explications de Rabbi ‘Hiya, la grandeur et la droiture de Rabbi ‘Hiya n’avaient pas de valeur aux yeux de Rabbi Ishma’el, et cela, malgré les éloges de Rabbenou Ha-Kadosh à l’égard de son élève. Tout cela parce que Rabbi ‘Hiya n’a pas exprimé de sentiment de soumission envers Rabbi Ishma’el, lorsqu’il est passé devant lui.
Ce qui nous apprend aussi, que toute personne qui ne possède pas le sentiment de soumission envers les Rabbanim, cet homme n’est pas digne d’être qualifié « Grand Homme », malgré toute la Torah qu’il contient, et la droiture dans laquelle il se comporte.

Nous trouvons également dans la Guémara Béra’hot (4a) :
On enseigne : MEFIBOSHET (l’un des maîtres du Roi David) n’est pas son vrai nom. Il s’appelle en réalité ISH BOSHET. On lui donna le surnom de MEFIBOSHET, car il faisait honte à David dans la Hala’ha.
Parfois MEFIBOSHET, le maître du Roi David, constatait que David ne saisissait pas réellement le véritable sens de certaines Hala’hot, et il lui faisait ouvertement réprimande en lui disant : « Tu te trompes ! Ceci est faut ! ». David se faisait petit et examinait l’analyse de son maître MEFIBOSHET, et si elle lui semblait plus juste que la sienne, il admettait la vérité, et reconnaissait son erreur.
En récompense à une telle attitude, David eu le mérite d’avoir un fils du nom de Daniel (à ne pas confondre avec le prophète Daniel) qui était également surnommé KIL’AV, car il était un si grand Talmid ‘Ha’ham qu’il faisait honte à son tour à MEFIBOSHET, le maître de son père David, qui était un père dans la sagesse.

La Guémara Sota (10b) fait l’analyse du début d’un psaume des Tehilim, qui commence par les termes « Le-David Mi’htam ».
La Guémara fait remarquer que le mot « Mi’htam » provient de la racine « Ma’h » qui signifie « inférieur ».
Pour nous apprendre que de même que le Roi David fit preuve d’humilité dans sa jeunesse, devant toute personne plus grande que lui dans la sagesse de la Torah, il en fit autant lorsqu’il fut plus âgé, et continua dans cette attitude d’humilité, en se faisant petit devant toute personne plus grande que lui dans la sagesse de la Torah.

Il n’en éprouva jamais aucune honte, car ceci représente justement toute la grandeur du plus « grand des géants », notre maître le Roi David !

Shabbat Shalom

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5770
sheelot@free.fr
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email, contactez nous sur sheelot@free.fr
Toutes les Hala’hot, ainsi que divers Divré Torah sur www.halahayomit.blogspot.com

vendredi 5 février 2010

Divré Torah sur Yitro

QUELQUES REGARDS SUR LA PARASHA DE YITRO

Ces Divré Torah sont dédiés à la Refoua Shelema – la guérison complète de mon épouse Sylvie Mazal Esther Bat Régine ‘Haya Sim’ha, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita), ainsi que pour la Refoua Shelema de l’enfant Yo’heved Mazal Bat ‘Hassiba (fille de Yéhouda et Eva ALLOUN), ainsi que pour la Refoua Shelema de Its’hak Ben ‘Aïsha, ainsi que pour la Refoua Shelema de I’hya Nathan Yossef Aharon Ben Déborah, ainsi que pour la Refoua Shelema de Yonathan Yehouda Ben Aviva, ainsi que pour la Refoua Shelema de Ora Bat Myriam (Boukobza), ainsi que pour la Refoua Shelema de Yéhouda Ben ‘Haïm, ainsi que pour la Refoua Shelema de l’enfant Yékoutiel Ben Laurence ; ainsi que pour ma propre Refoua Shelema David Avraham Ben Simi.

1. Les durs d’oreille

Itro – qui était prêtre de Midian et beau père de Moshé – entendit tout ce qu’Hashem avait réalisé pour Moshé et pour Israël son peuple, en faisant sortir Israël d’Égypte. (Shemot 18-1)

Rashi :
Qu’a-t-il entendu ? Le passage de la Mer Rouge et la guerre contre ‘Amalek

Les élèves du Gaon Rabbi Shmouel Its’hak SHOUR z.ts.l demandèrent un jour à leur maître :
Puisque nos maîtres enseignent ( Pirké Avot chap.6 Mishna 2) que chaque jour, une voix céleste retentit depuis le Mont ‘Horev (Sinaï) et déclare : « Malheurs aux créatures à cause de l’humiliation de la Torah ! », pourquoi ne l’entendons-nous pas ?

Le Rav répondit à ses élèves :
Il est écrit : Itro entendit… Pourtant, était-il le seul à entendre ?! Toutes les autres nations n’ont-elles pas entendu elles aussi, comme en atteste le texte de la Shira : « Les nations ont entendus et ont été prises de panique… » ?
En réalité – expliqua le Rav – la « voix » dépend de l’auditeur.
Tout le monde entend, et même de nombreuses choses, mais toutes les oreilles ne sont pas les même et tous les cœurs ne valent pas. Chez certaines personnes, la « voix » pénètre l’oreille et fait résonner les cordes de leurs cœurs comme un violon. Chez d’autres personnes, la « voix » va seulement frapper le tambour de l’oreille, sans parvenir jusqu’à leurs cœurs.
La Torah atteste que « Yitro à entendu », et parce qu’il voulut entendre, il comprit ce qu’il entendit, et c’est par ce mérite qu’il vint s’abriter sous les ailes de la She’hina (en se convertissant). De plus, il eu le mérite qu’une importante Parasha – la Parasha de la nomination du premier Sanhedrin – porte son nom, la Parasha de Yitro.

2. Où sont nos centres d’intérêt ?

Il est dit dans notre Parasha :
« Tu leur feras savoir le chemin dans lequel ils marcheront, ainsi que les actions qu’ils devront accomplir. » (Shemot chap.18-20)

A travers ce verset, Yitro, beau-père de Moshé Rabbenou, donne un conseil à son illustre gendre.
En effet, Moshé Rabbenou siégeait chaque jour pour juger les différents litiges qu’il y avait parmi les Béné Israël, ainsi que pour résoudre les différents problèmes d’ordre Hala’hic qui pouvaient se présenter.
En constatant que Moshé Rabbenou était seul à se charger de la justice, Yitro considéra que cela représentait trop de poids sur les épaules de Moshé Rabbenou. Il lui conseilla donc de s’entourer de personnes justes et compétentes, afin de l’assister dans la justice du peuple.

Dans la Guemara Bava Metsi’a (30b), nos maîtres apprennent des choses merveilleuses de chaque mot de ce verset.

« Tu leur feras savoir… » Cela nous indique le devoir d’un père à enseigner un métier à son fils, afin qu’il ait de quoi vivre honnêtement.

« …le chemin… » Cela nous indique la Guemilout ‘Hassadim (pratiquer le bien), aussi bien avec sa personne, qu’avec son argent.

« …dans lequel ils marcheront… » Cela nous indique la Mitsva de rendre visite au malade. Cette Mitsva représente l’une des plus importantes de la Torah.

« …dans lequel... » Cela nous indique la Mitsva d’enterrer le mort. En effet, la seule Mitsva que nous sommes sûrs d’accomplir « pour la Mitsva » (Leshem Shamaïm), et non pour un intérêt quelconque, c’est la Mitsva d’enterrer le mort. C’est la seule situation dans laquelle on ne peut attendre de retour. Ceci est l’explication du MAHARSHA. Le PERISHA (sur Y.D chap.338) explique quant à lui, que la seule Mitsva que nous faisons « en marchant dans la Mitsva », c’est la Mitsva d’accompagner le mort à sa dernière demeure.

« …ainsi que les actions… » Cela nous indique la Mitsva de se faire juger uniquement par des Baté Din (tribunaux rabbiniques), et selon les lois de la Torah exclusivement.

« …qu’ils devront accomplir.» Ceci nous indique le devoir de ne pas s’en tenir uniquement à ce qui nous revient de droit, dans nos relations humaines. C'est-à-dire, dans un couple comme dans toute autre relation, il ne faut pas que les partis s’en tiennent uniquement à revendiquer ce qui leur est légitime, car ainsi, chacun ne pense qu’à lui-même, mais au contraire, il faut s’efforcer de trouver un terrain d’entente.

Dans son commentaire Ben Yehoyada’, Rabbenou Yossef ‘Haïm de Bagdad z.ts.l (l’auteur du Ben Ish ‘Haï) s’étonne de cette interprétation des conseils de Yitro à Moshé Rabbenou.
En effet, tout l’objectif du conseil de Yitro n’était que de soulager Moshé Rabbenou dans sa tâche.
Qu’a-t-il donc à donner à tout le peuple d’Israël des enseignements de morale et des règles de vie ?

Et il explique les choses de façon remarquable.
En voyant la lourde charge qui incombe Moshé Rabbenou de juger à lui tout seul tout un peuple, Yitro comprend que cette surcharge de travail provient de 2 causes :
Du fait que Moshé Rabbenou est seul à juger tout le peuple, et sur cela, Yitro lui conseille de s’entourer de gens pour l’assister.
Les problèmes que Moshé Rabbenou avait à résoudre étaient de natures extrêmement diverses, d’ordre banal, comme primordial.

C’est pour cela que Yitro ne se contente pas de soulager Moshé Rabbenou, il va jusqu’à la source des problèmes.
La véritable solution pour soulager Moshé Rabbenou, c’est de motiver les Béné Israël à changer leurs centres d’intérêt.
Si les Béné Israël pratiquent la Mitsva de Bikour ‘Holim (rendre visite aux malades) ; s’ils se soucient de l’enterrement des morts ; s’ils s’engagent à ne régler leurs litiges seulement devant les Baté Din et selon les lois de la Torah ; s’ils se comportent avec moins d’égoïsme dans leur relationnel en pratiquant également le ‘Hessed (le bien) ; à ce moment-là, il est certain que le nombre de problèmes et de litiges diminuera de façon considérable, et Moshé Rabbenou ne sera pas surchargé dans sa tâche.

Plaçons nos valeurs un peu plus haut que les préoccupations du quotidien, un peu plus haut que la richesse matérielle qu’un homme peut posséder sur terre, car l’homme ne finit que d’une seule façon : il redevient de la poussière et il est enseveli dans la terre.

C’est une très grande règle de vie pour tout individu !
Retirons de nous tous ces calculs qui nous attirent tellement, et intéressons-nous à des choses plus élevées, à la Torah, et à la pratique du bien. Prenons conscience que la terre et la poussière représentent la destination et la fin de chacun d’entre nous. Ne prenons avec nous que la Torah que nous aurons pratiquée et étudiée, ainsi que nos bonnes actions, qui elles, restent éternelles.
L’essentiel de la vie d’un individu sur terre ne réside pas dans le fait de ne se préoccuper que des choses de ce monde, mais uniquement dans son choix du bien véritable, durant toute sa vie, et il n’en retirera que de l’avantage, dans ce monde comme dans le monde futur.

3. Le Don de la Torah : Israël et les Anges

Moshé monta auprès d’Hashem… (Shemot 19-3)

La Guemara Shabbat (88b) raconte :
Lorsque Moshé Rabbenou s’éleva dans les cieux (afin de recevoir la Torah), les Anges du Service Divin s’adressèrent à Hashem en lui disant :
« Maître du Monde ! Qu'est-ce qu’un simple mortel fait parmi nous ?! »
Hashem leur répondit :
« Il est venu afin de recevoir la Torah. »
Les Anges dirent à Hashem :
« Une chose aussi précieuse que tu as maintenu cachée 974 générations avant même que le Monde ne soit crée, tu envisages de l’offrir à des êtres fais de chair et de sang ?! Que représente l’être humain pour que tu penses à lui ? Que représente le fils de l’homme pour que tu le protèges ? Hashem notre maître ! Combien Ton Nom est glorieux dans toute la terre, puisque tu répands ta Majesté sur les cieux ! »
Hashem s’adressa à Moshé Rabbenou et lui dit :
« Donne-leur une réponse. »
Moshé dit à Hashem :
« Maître du Monde ! Je crains qu’ils ne me consument par le souffle de leurs
bouches. »
Hashem lui dit :
« Attrape mon Trône de gloire et donne-leur une réponse… »
Moshé dit devant Hashem :
« Maître du Monde ! Dans la Torah que tu t’apprêtes à me donner, qu’y a-t-il
d’écrit ? Je suis Hashem Ton D. qui t’a fait sortir d’Égypte…
Vous les Anges, êtes-vous descendus en Égypte ?! Avez-vous été asservis par
Pharaon ?! Pourquoi la Torah serait-elle votre propriété !
Qu’y a-t-il d’écrit encore ? Tu n’auras pas d’autres Dieux que Moi…
Vivez-vous parmi les nations idolâtres ?!
Qu’y a-t-il d’écrit encore ? Souviens-toi du jour du Shabbat afin de le
sanctifier…
Faites-vous un travail, au point d’avoir besoin de vous reposer ?!
Qu’y a-t-il d’écrit encore ? Tu ne prononceras pas le Nom d’Hashem en vain…
Pratiquez-vous le commerce pour avoir recours au serment par le Nom d’Hashem ?!
Qu’y a-t-il d’écrit encore ? Respecte ton père et ta mère…
Avez-vous un père ou une mère ?!
Qu’y a-t-il d’écrit encore ? Tu ne commettras pas le meurtre ; Tu ne pratiqueras pas la débauche ; Tu ne voleras pas…
Y a-t-il de la jalousie parmi vous ?! Y a-t-il le Yetser Hara’ en vous ?! »
A ce moment-là, les Anges approuvèrent la décision Divine de donner la Torah à
Israël.

Question
Quelle était réellement l’intention des Anges en refusant dans un premier temps de donner la Torah à Israël ? Ne connaissaient-ils pas son contenu, qui montre de façon flagrante qu’elle n’e peut être destinée qu’à Israël, comme Moshé Rabbenou leur à d’ailleurs démontré ?! De plus, de quoi Moshé Rabbenou a-t-il peur en disant « Je crains qu’ils ne me consument par le souffle de leurs bouches » ? Ne se trouve-t-il pas dans les Cieux auprès d’Hashem, et il agit sur l’ordre d’Hshem, pourquoi redoute-t-il que les Anges le brûlent par le souffle de leurs bouches ?

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita répond à ces interrogations en citant une explication de son maître le Gaon Rabbi ‘Ezra ‘ATTIE ztsl.

Il est évident que les Anges avaient parfaite connaissance du contenu exact de la
Torah. Ils savaient pertinemment qu’ils n’ont absolument aucun lien avec des
commandements comme « Ne pas commettre le meurtre ou la débauche ou le
vol ».
Cependant, la Torah possède deux aspects :
Le sens que l’on qualifie de « Simple » (le Pshat ou sens littéral), et le sens que l’on appelle « Secret » (le Sod).
Les réelles revendications des Anges se situent au niveau du Sod, le sens mystique
de la Torah.

On peut comparer cela à un commerçant qui désire vendre une marchandise.
Deux acheteurs potentiels se présentent à lui :
Un qui propose d’acheter la moitié de la marchandise, mais qui paye comptant ; et
un autre qui propose d’acheter la totalité de la marchandise, mais qui paye à
crédit. A qui le commerçant va-t-il vendre ? A celui qui propose d’acheter
uniquement la moitié de la marchandise, puisqu’il paye comptant !

Il en est de même avec Israël et les Anges, qui sont les deux acheteurs potentiels
de la Torah ; l’un d’eux se propose d’acheter uniquement la moitié (uniquement le
sens mystique de la Torah, puisque les Anges ne sont pas concernés par l’aspect
humain du type de commandements cités plus haut) mais assure le paiement de
son achat, puisque les Anges ne fautent pas. Tandis qu’Israël est concerné par une
compréhension totale de la Torah, aussi bien au niveau « Simple » (le Pshat), qu’au
niveau « Secret » (le Sod), mais ne peut assurer le paiement de son achat puisqu’il
est susceptible de commettre des fautes, et ainsi, de tout perdre !
A qui donc faut-il vendre ?!
Aux Anges évidemment…

A ce moment-là, Moshé Rabbenou est perturbé et ne sait quoi répondre. Il dit « Je crains qu’ils ne me consument par le souffle de leurs bouches » pour rappeler justement que le souffle des Anges est plus redoutable que celui des êtres humains puisque l’on ne peut pas comparer un souffle qui contient la faute, avec un souffle qui ne contient pas de faute, comme l’enseignent nos maîtres (Shabbat 119b), quand Hashem lui dit soudain : « Attrape mon Trône et donne-leur une réponse… »
En hébreu, le mot réponse se dit « Teshouva » qui signifie également
« repentir ».
Autrement dit, dis-leur que les Béné Israël peuvent - eux aussi – « assurer leur
paiement » puisqu’il existe la Teshouva – le repentir - !
Même s’ils fautent, ils peuvent faire Teshouva et tout réparer !
C’est ce qui apparaît dans l’allusion « Attrape mon Trône et donne-leur une
réponse… ». C'est-à-dire, dis-leur que la Teshouva existe.
Le Trône Céleste vient illustrer ici un autre enseignement de nos maîtres :
« La Teshouva est grande, car elle atteint le Trône Céleste » (Yoma
86a).

Shabbat Shalom
QUELQUES REGARDS SUR LA PARASHA DE
YITRO

Ces Divré Torah sont dédiés à la Refoua Shelema – la guérison complète de mon épouse Sylvie Mazal Esther Bat Régine ‘Haya Sim’ha, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita), ainsi que pour la Refoua Shelema de l’enfant Yo’heved Mazal Bat ‘Hassiba (fille de Yéhouda et Eva ALLOUN), ainsi que pour la Refoua Shelema de Its’hak Ben ‘Aïsha, ainsi que pour la Refoua Shelema de I’hya Nathan Yossef Aharon Ben Déborah, ainsi que pour la Refoua Shelema de Yonathan Yehouda Ben Aviva, ainsi que pour la Refoua Shelema de Ora Bat Myriam (Boukobza), ainsi que pour la Refoua Shelema de Yéhouda Ben ‘Haïm, ainsi que pour la Refoua Shelema de l’enfant Yékoutiel Ben Laurence ; ainsi que pour ma propre Refoua Shelema David Avraham Ben Simi.

1. Les durs d’oreille

Itro – qui était prêtre de Midian et beau père de Moshé – entendit tout ce qu’Hashem avait réalisé pour Moshé et pour Israël son peuple, en faisant sortir Israël d’Égypte. (Shemot 18-1)

Rashi :
Qu’a-t-il entendu ? Le passage de la Mer Rouge et la guerre contre ‘Amalek

Les élèves du Gaon Rabbi Shmouel Its’hak SHOUR z.ts.l demandèrent un jour à leur maître :
Puisque nos maîtres enseignent ( Pirké Avot chap.6 Mishna 2) que chaque jour, une voix céleste retentit depuis le Mont ‘Horev (Sinaï) et déclare : « Malheurs aux créatures à cause de l’humiliation de la Torah ! », pourquoi ne l’entendons-nous pas ?

Le Rav répondit à ses élèves :
Il est écrit : Itro entendit… Pourtant, était-il le seul à entendre ?! Toutes les autres nations n’ont-elles pas entendu elles aussi, comme en atteste le texte de la Shira : « Les nations ont entendus et ont été prises de panique… » ?
En réalité – expliqua le Rav – la « voix » dépend de l’auditeur.
Tout le monde entend, et même de nombreuses choses, mais toutes les oreilles ne sont pas les même et tous les cœurs ne valent pas. Chez certaines personnes, la « voix » pénètre l’oreille et fait résonner les cordes de leurs cœurs comme un violon. Chez d’autres personnes, la « voix » va seulement frapper le tambour de l’oreille, sans parvenir jusqu’à leurs cœurs.
La Torah atteste que « Yitro à entendu », et parce qu’il voulut entendre, il comprit ce qu’il entendit, et c’est par ce mérite qu’il vint s’abriter sous les ailes de la She’hina (en se convertissant). De plus, il eu le mérite qu’une importante Parasha – la Parasha de la nomination du premier Sanhedrin – porte son nom, la Parasha de Yitro.

2. Où sont nos centres d’intérêt ?

Il est dit dans notre Parasha :
« Tu leur feras savoir le chemin dans lequel ils marcheront, ainsi que les actions qu’ils devront accomplir. » (Shemot chap.18-20)

A travers ce verset, Yitro, beau-père de Moshé Rabbenou, donne un conseil à son illustre gendre.
En effet, Moshé Rabbenou siégeait chaque jour pour juger les différents litiges qu’il y avait parmi les Béné Israël, ainsi que pour résoudre les différents problèmes d’ordre Hala’hic qui pouvaient se présenter.
En constatant que Moshé Rabbenou était seul à se charger de la justice, Yitro considéra que cela représentait trop de poids sur les épaules de Moshé Rabbenou. Il lui conseilla donc de s’entourer de personnes justes et compétentes, afin de l’assister dans la justice du peuple.

Dans la Guemara Bava Metsi’a (30b), nos maîtres apprennent des choses merveilleuses de chaque mot de ce verset.

« Tu leur feras savoir… » Cela nous indique le devoir d’un père à enseigner un métier à son fils, afin qu’il ait de quoi vivre honnêtement.

« …le chemin… » Cela nous indique la Guemilout ‘Hassadim (pratiquer le bien), aussi bien avec sa personne, qu’avec son argent.

« …dans lequel ils marcheront… » Cela nous indique la Mitsva de rendre visite au malade. Cette Mitsva représente l’une des plus importantes de la Torah.

« …dans lequel... » Cela nous indique la Mitsva d’enterrer le mort. En effet, la seule Mitsva que nous sommes sûrs d’accomplir « pour la Mitsva » (Leshem Shamaïm), et non pour un intérêt quelconque, c’est la Mitsva d’enterrer le mort. C’est la seule situation dans laquelle on ne peut attendre de retour. Ceci est l’explication du MAHARSHA. Le PERISHA (sur Y.D chap.338) explique quant à lui, que la seule Mitsva que nous faisons « en marchant dans la Mitsva », c’est la Mitsva d’accompagner le mort à sa dernière demeure.

« …ainsi que les actions… » Cela nous indique la Mitsva de se faire juger uniquement par des Baté Din (tribunaux rabbiniques), et selon les lois de la Torah exclusivement.

« …qu’ils devront accomplir.» Ceci nous indique le devoir de ne pas s’en tenir uniquement à ce qui nous revient de droit, dans nos relations humaines. C'est-à-dire, dans un couple comme dans toute autre relation, il ne faut pas que les partis s’en tiennent uniquement à revendiquer ce qui leur est légitime, car ainsi, chacun ne pense qu’à lui-même, mais au contraire, il faut s’efforcer de trouver un terrain d’entente.

Dans son commentaire Ben Yehoyada’, Rabbenou Yossef ‘Haïm de Bagdad z.ts.l (l’auteur du Ben Ish ‘Haï) s’étonne de cette interprétation des conseils de Yitro à Moshé Rabbenou.
En effet, tout l’objectif du conseil de Yitro n’était que de soulager Moshé Rabbenou dans sa tâche.
Qu’a-t-il donc à donner à tout le peuple d’Israël des enseignements de morale et des règles de vie ?

Et il explique les choses de façon remarquable.
En voyant la lourde charge qui incombe Moshé Rabbenou de juger à lui tout seul tout un peuple, Yitro comprend que cette surcharge de travail provient de 2 causes :
Du fait que Moshé Rabbenou est seul à juger tout le peuple, et sur cela, Yitro lui conseille de s’entourer de gens pour l’assister.
Les problèmes que Moshé Rabbenou avait à résoudre étaient de natures extrêmement diverses, d’ordre banal, comme primordial.

C’est pour cela que Yitro ne se contente pas de soulager Moshé Rabbenou, il va jusqu’à la source des problèmes.
La véritable solution pour soulager Moshé Rabbenou, c’est de motiver les Béné Israël à changer leurs centres d’intérêt.
Si les Béné Israël pratiquent la Mitsva de Bikour ‘Holim (rendre visite aux malades) ; s’ils se soucient de l’enterrement des morts ; s’ils s’engagent à ne régler leurs litiges seulement devant les Baté Din et selon les lois de la Torah ; s’ils se comportent avec moins d’égoïsme dans leur relationnel en pratiquant également le ‘Hessed (le bien) ; à ce moment-là, il est certain que le nombre de problèmes et de litiges diminuera de façon considérable, et Moshé Rabbenou ne sera pas surchargé dans sa tâche.

Plaçons nos valeurs un peu plus haut que les préoccupations du quotidien, un peu plus haut que la richesse matérielle qu’un homme peut posséder sur terre, car l’homme ne finit que d’une seule façon : il redevient de la poussière et il est enseveli dans la terre.

C’est une très grande règle de vie pour tout individu !
Retirons de nous tous ces calculs qui nous attirent tellement, et intéressons-nous à des choses plus élevées, à la Torah, et à la pratique du bien. Prenons conscience que la terre et la poussière représentent la destination et la fin de chacun d’entre nous. Ne prenons avec nous que la Torah que nous aurons pratiquée et étudiée, ainsi que nos bonnes actions, qui elles, restent éternelles.
L’essentiel de la vie d’un individu sur terre ne réside pas dans le fait de ne se préoccuper que des choses de ce monde, mais uniquement dans son choix du bien véritable, durant toute sa vie, et il n’en retirera que de l’avantage, dans ce monde comme dans le monde futur.

3. Le Don de la Torah : Israël et les Anges

Moshé monta auprès d’Hashem… (Shemot 19-3)

La Guemara Shabbat (88b) raconte :
Lorsque Moshé Rabbenou s’éleva dans les cieux (afin de recevoir la Torah), les Anges du Service Divin s’adressèrent à Hashem en lui disant :
« Maître du Monde ! Qu'est-ce qu’un simple mortel fait parmi nous ?! »
Hashem leur répondit :
« Il est venu afin de recevoir la Torah. »
Les Anges dirent à Hashem :
« Une chose aussi précieuse que tu as maintenu cachée 974 générations avant même que le Monde ne soit crée, tu envisages de l’offrir à des êtres fais de chair et de sang ?! Que représente l’être humain pour que tu penses à lui ? Que représente le fils de l’homme pour que tu le protèges ? Hashem notre maître ! Combien Ton Nom est glorieux dans toute la terre, puisque tu répands ta Majesté sur les cieux ! »
Hashem s’adressa à Moshé Rabbenou et lui dit :
« Donne-leur une réponse. »
Moshé dit à Hashem :
« Maître du Monde ! Je crains qu’ils ne me consument par le souffle de leurs
bouches. »
Hashem lui dit :
« Attrape mon Trône de gloire et donne-leur une réponse… »
Moshé dit devant Hashem :
« Maître du Monde ! Dans la Torah que tu t’apprêtes à me donner, qu’y a-t-il
d’écrit ? Je suis Hashem Ton D. qui t’a fait sortir d’Égypte…
Vous les Anges, êtes-vous descendus en Égypte ?! Avez-vous été asservis par
Pharaon ?! Pourquoi la Torah serait-elle votre propriété !
Qu’y a-t-il d’écrit encore ? Tu n’auras pas d’autres Dieux que Moi…
Vivez-vous parmi les nations idolâtres ?!
Qu’y a-t-il d’écrit encore ? Souviens-toi du jour du Shabbat afin de le
sanctifier…
Faites-vous un travail, au point d’avoir besoin de vous reposer ?!
Qu’y a-t-il d’écrit encore ? Tu ne prononceras pas le Nom d’Hashem en vain…
Pratiquez-vous le commerce pour avoir recours au serment par le Nom d’Hashem ?!
Qu’y a-t-il d’écrit encore ? Respecte ton père et ta mère…
Avez-vous un père ou une mère ?!
Qu’y a-t-il d’écrit encore ? Tu ne commettras pas le meurtre ; Tu ne pratiqueras pas la débauche ; Tu ne voleras pas…
Y a-t-il de la jalousie parmi vous ?! Y a-t-il le Yetser Hara’ en vous ?! »
A ce moment-là, les Anges approuvèrent la décision Divine de donner la Torah à
Israël.

Question
Quelle était réellement l’intention des Anges en refusant dans un premier temps de donner la Torah à Israël ? Ne connaissaient-ils pas son contenu, qui montre de façon flagrante qu’elle n’e peut être destinée qu’à Israël, comme Moshé Rabbenou leur à d’ailleurs démontré ?! De plus, de quoi Moshé Rabbenou a-t-il peur en disant « Je crains qu’ils ne me consument par le souffle de leurs bouches » ? Ne se trouve-t-il pas dans les Cieux auprès d’Hashem, et il agit sur l’ordre d’Hshem, pourquoi redoute-t-il que les Anges le brûlent par le souffle de leurs bouches ?

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita répond à ces interrogations en citant une explication de son maître le Gaon Rabbi ‘Ezra ‘ATTIE ztsl.

Il est évident que les Anges avaient parfaite connaissance du contenu exact de la
Torah. Ils savaient pertinemment qu’ils n’ont absolument aucun lien avec des
commandements comme « Ne pas commettre le meurtre ou la débauche ou le
vol ».
Cependant, la Torah possède deux aspects :
Le sens que l’on qualifie de « Simple » (le Pshat ou sens littéral), et le sens que l’on appelle « Secret » (le Sod).
Les réelles revendications des Anges se situent au niveau du Sod, le sens mystique
de la Torah.

On peut comparer cela à un commerçant qui désire vendre une marchandise.
Deux acheteurs potentiels se présentent à lui :
Un qui propose d’acheter la moitié de la marchandise, mais qui paye comptant ; et
un autre qui propose d’acheter la totalité de la marchandise, mais qui paye à
crédit. A qui le commerçant va-t-il vendre ? A celui qui propose d’acheter
uniquement la moitié de la marchandise, puisqu’il paye comptant !

Il en est de même avec Israël et les Anges, qui sont les deux acheteurs potentiels
de la Torah ; l’un d’eux se propose d’acheter uniquement la moitié (uniquement le
sens mystique de la Torah, puisque les Anges ne sont pas concernés par l’aspect
humain du type de commandements cités plus haut) mais assure le paiement de
son achat, puisque les Anges ne fautent pas. Tandis qu’Israël est concerné par une
compréhension totale de la Torah, aussi bien au niveau « Simple » (le Pshat), qu’au
niveau « Secret » (le Sod), mais ne peut assurer le paiement de son achat puisqu’il
est susceptible de commettre des fautes, et ainsi, de tout perdre !
A qui donc faut-il vendre ?!
Aux Anges évidemment…

A ce moment-là, Moshé Rabbenou est perturbé et ne sait quoi répondre. Il dit « Je crains qu’ils ne me consument par le souffle de leurs bouches » pour rappeler justement que le souffle des Anges est plus redoutable que celui des êtres humains puisque l’on ne peut pas comparer un souffle qui contient la faute, avec un souffle qui ne contient pas de faute, comme l’enseignent nos maîtres (Shabbat 119b), quand Hashem lui dit soudain : « Attrape mon Trône et donne-leur une réponse… »
En hébreu, le mot réponse se dit « Teshouva » qui signifie également
« repentir ».
Autrement dit, dis-leur que les Béné Israël peuvent - eux aussi – « assurer leur
paiement » puisqu’il existe la Teshouva – le repentir - !
Même s’ils fautent, ils peuvent faire Teshouva et tout réparer !
C’est ce qui apparaît dans l’allusion « Attrape mon Trône et donne-leur une
réponse… ». C'est-à-dire, dis-leur que la Teshouva existe.
Le Trône Céleste vient illustrer ici un autre enseignement de nos maîtres :
« La Teshouva est grande, car elle atteint le Trône Céleste » (Yoma
86a).

Shabbat Shalom

jeudi 28 janvier 2010

Divré Torah sur Beshala'h - Tou Bi-Shvat

QUELQUES REGARDS SUR LA PARASHA DE
BESHALA’H – TOU BI-SHVAT

(A la fin de ces Divré Torah, vous trouverez un Dvar Torah sur Tou Bi-Shvat)

Ces Divré Torah sont dédiés à la Refoua Shelema – la guérison complète de mon épouse Sylvie Mazal Esther Bat Régine ‘Haya Sim’ha, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita), ainsi que pour la Refoua Shelema de l’enfant Yo’heved Mazal Bat ‘Hassiba (fille de Yéhouda et Eva ALLOUN), ainsi que pour la Refoua Shelema de Its’hak Ben ‘Aïsha, ainsi que pour la Refoua Shelema de I’hya Nathan Yossef Aharon Ben Déborah, ainsi que pour la Refoua Shelema de Yonathan Yehouda Ben Aviva, ainsi que pour la Refoua Shelema de Ora Bat Myriam (Boukobza), ainsi que pour ma propre Refoua Shelema David Avraham Ben Simi.

1. Sanctifier le Nom d’Hashem : « Ne vous battez pas, il y en aura pour tout le monde ! » (Inédit dans cette rubrique)

Moshé étendit son bras au-dessus de la mer. Hashem conduisit la mer par un vent d’Est puissant durant toute la nuit. Il mit la mer à sec et divisa les eaux. (Shémot 14-21)

Le Mé’am Lo’ez (page 318) rapporte au nom de la Guéméra Sota (36b et 37a), de la Méhilta, du Pirké Dé-Ra bbi Eli’ezer et du Midrash Sho’har Tov (chap.76 et 114) une divergence d’opinions entre Rabbi Méïr et Rabbi Yéhouda sur la dispute qu’il eut entre les Shévatim (les 12 tribus d’Israël) au moment d’entrer dans la mer.
Selon Rabbi Méïr, chaque tribu déclarait : « C’est moi qui me jetterai le premier à la mer ! »
Pendant qu’ils se disputaient, la tribu de Binyamin se jeta à la mer avant tout le monde. La tribu de Yéhouda leur jeta des pierres, mais chacun des deux mérita une bonne récompense. A quoi la chose est-elle comparable ? A un roi qui avait deux fils. Une nuit, Il demanda au plus jeune de le réveiller au lever du soleil, et au plus grand de le réveiller à midi. Au matin, le plus jeune alla pour réveiller son père dès le lever du soleil. Son frère arriva et lui dit : « Moi, j’ai reçu l’ordre de ne le réveiller qu’à midi ! » Le plus jeune lui répondit : « Quand à moi, il m’a ordonné de le réveiller dès le lever du soleil ! » Pendant qu’ils se disputaient, leur père se réveilla et leur dit : « Puisque chacun d’entre vous avait une bonne intention, en tenant à respecter ma volonté, vous aurez tous les deux une bonne récompense. »
Il en est de même pour la tribu de Binyamin et celle de Yéhouda.
Parce qu’il s’est jeté à la mer en premier, la tribu de Binyamin mérita que le Temple de Jérusalem siège sur son territoire. Parce que Yéhouda se disputa avec Binyamin pour entrer dans la mer en premier, les rois d’Israël sortiront de Yéhouda. Tout ceci est l’opinion de Rabbi Méïr.
Mais selon Rabbi Yéhouda, chaque tribu refusa d’entrer dans la mer en premier tant qu’une autre tribu n’y entrait pas. Na’hshon Ben ‘Aminadav - le prince de la tribu de Yéhouda - se jeta en premier. Il fut suivi par sa tribu, et ensuite toutes les tribus d’Israël en firent autant.

Le Mé’am Lo’ez cite une question du MAHARAM BEN ‘HABIB sur ce Midrash :
Selon l’interprétation de Rabbi Méïr, pourquoi chacune des tribus désira entrer dans la mer en premier ? S’agit-il de passer une porte que l’on ne peut passer à plusieurs au même moment ?! La mer est assez grande pour qu’ils s’y jettent tous en même temps ! De plus, pourquoi Binyamin se jette-t-il en premier ? Ne devait-il pas plutôt faire honneur à ses aînés ?!

En réalité, la réponse à toutes ces interrogations se trouve dans un verset antérieur (versets 15 et 16 du même chap.) dans lequel Hashem s’adresse à Moshé en lui disant :
« …Parle aux Béné Israël et qu’ils se mettent en route. Et toi, lève ton bâton, étends ton bras au dessus de la mer et divise-la, afin que les Béné Israël viennent dans la mer dans la terre sèche. »

On constate que les termes « Béné Israël » apparaissent deux fois dans ce verset, et il est certain que la deuxième fois peut sembler superflue, puisque les Béné Israël ont déjà été mentionnés au début du verset.

En fait, les membres de la tribu de Yéhouda interprétèrent le deuxième « Béné Israël » comme voulant signifier « les notables parmi les Béné Israël ». Ils se dirent qu’ils devaient pénétrer en premiers dans la mer, et ensuite le reste des tribus, car lorsqu’il s’agit de sanctifier le Nom d’Hashem, il est important que les plus grands montrent l’exemple, puisque leur mérite est plus grand. Hashem parla de façon voilée afin que chacun ramène les choses à lui-même. Or, chaque tribu possédait une supériorité sur l’autre. Réouven était l’aîné, Lévy était celui qui avait été choisi par Hashem pour servir dans le Temple, et ainsi de suite pour chacune des tribus. Ainsi, chacun pouvait s’imaginer être le plus important, et désirait accomplir la parole d’Hashem avec empressement. La deuxième fois où Hashem emploi les termes « Béné Israël » pouvait tout à fait signifier « les plus importants parmi les tribus ».

Mais la tribu de Binyamin comprit différemment la deuxième fois où sont employés les termes « Béné Israël ».
En effet, les termes « Béné Israël » signifient littéralement « les enfants d’Israël ». Or, Binyamin est né seulement après que l’ange modifia le nom de Ya’akov er lui ajouta « Israël », et nous constatons que tous les enfants de Ya’akov Avinou sont tous nés alors que leur père ne s’appelait que « Ya’akov », excepté Binyamin qui est né après que le nom d’Israël lui fut ajouté.
C’est pourquoi lorsque les membres de la tribu de Binyamin entendirent l’ordre d’Hashem que les « Béné Israël » viennent dans la mer dans la terre sèche », ils se dirent que ce message ne s’adressait qu’à eux, et ils se jetèrent à la mer avant tout le monde.

2. Chasser la monotonie dans les Mitsvot

Lorsque les Béné Israël ont vu les égyptiens périr dans la Mer Rouge, ils adressèrent un chant à Hashem, dans un esprit prophétique (la Shira ou le « Az Yashir Moshé… »).

Ensuite, il est écrit dans notre Parasha :
« Myriam la Prophétesse, sœur d’Aharaon, prit le tambourin dans sa main. Toutes les femmes sortirent après elle, avec des tambourins, et dans des danses. » (Shemot 15-20)

Ceci est très étonnant.
En effet, après le passage de la Mer Rouge, tous les Béné Israël - y compris les femmes - ont entonné un chant d’une grande glorification, pour Hashem.
Qu’est ce que Myriam désire-t-elle réaliser en organisant pour les femmes, de nouveau, des chants et des danses pour Hashem, alors que toutes les femmes venaient de prendre part aux chants avec l’ensemble de tout le peuple d’Israël ?

Nous pouvons également nous interroger sur la raison pour laquelle la Torah a trouvé important de s’étendre sur les détails des chants et des danses de Myriam avec les femmes. Qu’y avait-il dans les chants de Myriam et des femmes, qu’il n’y avait pas dans le chant de tout le peuple, pour que la Torah les cite en détail ?

Il reste aussi à éclaircir certains autres points, dans la Parasha du chant de Myriam.
En général, la Torah désigne Myriam uniquement par son prénom Myriam, sans le qualificatif de NEVIA (Prophétesse), alors qu’ici il est écrit « Myriam la prophétesse… »
En général, la Torah ne rattache pas forcément Myriam à son frère Aharon, alors qu’ici la Torah a pris soin de préciser « Myriam la prophétesse, soeur d’Aharon… »
Pourquoi ?

Il est enseigné dans la Me’hilta (Midrash) :
Une servante a pu voir sur la Mer Rouge, ce que même le prophète Ye’hezkel n’a vu dans sa grande prophétie.
C'est-à-dire, les images spirituelles qui ont été dévoilées aux Béné Israël, et même à leurs esclaves et leurs servantes, lors du passage de la Mer Rouge, sont plus grandes et plus extraordinaires, que toutes les visions qui sont apparues au prophète Ye’hezkel.
Le niveau spirituel qu’ont atteint les Béné Israël lors du passage de la Mer Rouge est donc très élevé, au point d’avoir la faculté de percevoir des images prophétiques.
Et c’est justement là que nous pouvons prendre conscience de la grandeur de Myriam.
En effet, lorsque les Béné Israël ont entonné leur chant lors du passage de la Mer Rouge, ils étaient tous sous l’effet de l’émotion des images qu’Hashem leur a dévoilées. Le chant et la joie se prêtaient donc à l’instant qu’ils étaient en train de vivre. Ils ne pouvaient que glorifier Hashem et le remercier du plus profond de leur cœur. Grâce à tout cela, l’esprit prophétique a résidé sur eux à cet instant.
Par contre, Myriam est celle qui a réussi à mener les filles d’Israël à un nouveau degré de prophétie, quelques instants après le miracle de l’ouverture de la Mer Rouge, lorsque l’effet des images et des apparitions prophétiques s’était légèrement estompé. Malgré tout, Myriam vient et prend le tambourin afin d’innover un goût, et elle réussit à éveiller chez les autres filles d’Israël, un sentiment de reconnaissance et l’envie de chanter à nouveau pour Hashem, au point où elles ont toutes entonné des chants, et l’esprit prophétique a de nouveau résidé sur elles.

C’est pour cela que la Torah attache une importance particulière au chant de Myriam, puisqu’elle est celle qui a réussi à élever de nouveau les filles d’Israël au niveau de prophétie, alors que les effets du Miracle de l’ouverture de la Mer Rouge commençaient à s’estomper.
C’est la raison pour laquelle Myriam est nommée ici « Myriam la Prophétesse », car elle a su porter les filles d’Israël au niveau de la Prophétie, bien qu’elles n’en avaient pas la prédisposition du point de vue du moment.
De même, la Torah la rattache à son frère Aharon, car nous savons que toute la grandeur d’Aharon Ha-Cohen réside dans le fait de réaliser des actes au quotidien, avec toujours le même élan, avec toujours la même spontanéité, avec toujours le même engouement pour les Mitsvot. Aharon allume tous les jours les Nerot de la Menorah dans le Beit Hamikdash, et il le fait à chaque fois comme si c’était le premier jour, avec la même joie de servir Hashem.
De la même façon, Myriam a réussi à stimuler chez les filles d’Israël, le sentiment de chanter et de glorifier Hashem, bien que ce sentiment s’était atténué.

Nous pouvons nous aussi exploiter l’attitude de Myriam pour notre vie de tous les jours.
Si l’on ne préserve pas une certaine « fraîcheur » dans l’accomplissement de chaque acte de Mitsva, nous ne pourrons pas accomplir les Mitsvot d’Hashem correctement.
Il suffit d’introduire dans chaque Mitsva, un peu plus « d’ingrédients », et nous pourrons alors retrouver son goût si agréable, et avancer dans le service d’Hashem.

Pour exemples :

La Prière
Si on est très vigilant chaque jour à prier correctement et avec toutes les pensées précises requises pour la Tefila devant Hashem, il est certain qu’avec le temps, cette qualité de prière est susceptible de disparaître pour chacun d’entre nous, car il est très difficile à l’être humain d’exécuter un acte au quotidien, avec la même qualité qu’au premier jour. Mais si par contre, on introduit dans notre prière quotidienne, des demandes et requêtes personnelles, et que l’on organise sa prière quotidienne de façon correcte, il est certain que les choses atteindront le cœur, et que la prière prendra un nouveau goût, et de ce fait, on se renforcera sérieusement sur la notion de prier.

Le relationnel
Même si toute personne qui craint Hashem, veille à se comporter correctement envers son épouse, il est certain que si l’on n’introduit pas un « renouveau » dans le couple, les choses vont entraîner le dégoût entre les conjoints. C’est pour cela qu’il faut veiller à offrir de temps en temps quelques cadeaux, selon le tempérament de chaque femme, afin de réjouir son cœur.

Les repas de Shabbat
Si l’on s’assoit à table chaque Shabbat, en se contentant de manger les mêmes plats, en ayant toujours les mêmes conversations futiles, c’est le signe que le respect que l’on doit à la sainteté du Shabbat, n’a pas une grande importance pour nous. Par contre, si l’on veille à innover quelque chose chaque Shabbat, à étudier un sujet régulier pour l’un des 3 repas de Shabbat, entouré des membres de la famille, en achetant un aliment particulier pour honorer un autre des 3 repas de Shabbat, en agissant ainsi, on verra qu’un nouveau goût – un goût spirituel – entre dans chaque Mitsva. Par cela, nous serons protégés par le mérite de Myriam la Prophétesse, sœur d’Aharon, celle qui représente « la Mère du renouveau » dans le service d’Hashem.

3. La Mann : le juste milieu

Hashem dit à Moshé : « Je vais vous faire pleuvoir du pain depuis le ciel. Le peuple devra sortir et ramasser chaque jour la quantité suffisante au jour, ceci afin de le mettre à l’épreuve, pour voir s’il marchera selon ma Torah ou non. » (Shemot 16-4)

Le Gaon Rabbi Avraham M. PATAL Ha-LEVI z.ts.l rapporte – dans son livre Vayomer Avraham sur Beshala’h – au nom de commentateurs, que la Mann représentait une double épreuve pour les Béné Israël vis-à-vis de l’étude de la Torah et de la pratique des Mitsvot.

En effet, il est enseigné dans la Guemara ‘Erouvin (41b) : les difficultés de la pauvreté font perdre à l’individu la reconnaissance de lui-même, ainsi que celle de son Créateur.
Ce qui signifie que les difficultés matérielles peuvent causer à l’individu – même le plus élevé spirituellement - une perte totale de la croyance en lui-même, et aussi toute sa croyance en Hashem. Comment peut-on s’adonner à l’étude de la Torah et à la pratique des Mitsvot en ayant en permanence l’esprit préoccupé par le souci de savoir comment se nourrir et se vêtir ?!

D’autre part, le roi Salomon enseigne dans le livre de Mishlé (30-8) :
« Ne me donne pas la richesse, fournis-moi mon pain en quantité régulière. »
Ce qui démontre une nécessité à ne pas obtenir plus que ce que l’on a besoin.
Le fait d’obtenir des faveurs matérielles qui ne sont pas indispensables aux exigences de la vie de chacun ne peut qu’engendrer chez l’individu une paresse dans son évolution spirituelle et dans son désir de pratiquer les Mitsvot.

Nous voyons donc que ces deux situations font aboutir l’individu au même déplorable résultat : son éloignement de la Torah.

La Mann représente une véritable protection contre ces deux situations extrêmes que sont la pauvreté et le superflu.
Hashem – voulant absolument que les Béné Israël n’aient pas la moindre raison de ne pas s’adonner à l’étude de la Torah et à la pratique des Mitsvot, ni du fait de la pauvreté ni du fait de l’opulence – leur offrit la Mann en quantité correspondant de façon extrêmement précise aux réels besoins de chaque individu du peuple d’Israël.
Grâce à cela, les Béné Israël ne peuvent pas rencontrer la moindre incommodité ni le moindre dérangement matériel et peuvent librement se consacrer à l’étude de la Torah et à la pratique des Mitsvot.

Dans de telles conditions aussi confortables et protectrices, si les Béné Israël ne se consacrent toujours pas à la Torah et aux Mitsvot, ils ne peuvent plus argumenter quoi que ce soit pour leur défense, puisqu’ils n’ont plus la moindre difficulté qui les empêche d’étudier et de pratiquer la Torah.

Ceci correspond à l’enseignement de nos maîtres (Me’hilta DeRabbi Ishma’el Beshala’h) :
La Torah n’a été donnée à commenter qu’aux consommateurs de la Mann. Comment ? L’homme est assis et étudie la Torah, sans se soucier qui lui donne à manger, qui lui donne à boire, qui lui fournit les vêtements et qui le couvre.

Nous constatons de cet enseignement que la Torah ne peut être « donnée » qu’à celui qui consomme la Mann, c'est-à-dire, celui qui vit matériellement de façon « précise », sans manques ni superflue.

4. Le dirigeant est à l’image du peuple

‘Amalek arriva et fit la guerre à Israël à Refidim. Hashem dit à Yehoshoua’ : choisis-nous des hommes et sort en guerre contre ‘Amalek. Demain je me tiendrais au sommet de la colline avec le bâton d’Hashem dans ma main. Yehoshoua s’exécuta… Lorsque Moshé Rabbenou levait les bras, Israël remportait la bataille, et lorsqu’il les rabaissait, c’est ’Amalek qui remportait. (Shemot 17-8 à 11)

il est enseigné dans la Guemara Rosh Ha-Shana (29a) :
Est-ce que les bras de Moshé Rabbenou faisaient-ils la guerre ou bien la perdaient-ils ? En réalité, tant qu’Israël regardait vers le haut et asservissait leurs cœurs à Hashem, ils remportaient la bataille, sinon ils la perdaient.

Si les bras de Moshé Rabbenou entraînaient la victoire d’Israël, pourquoi les rabaissait-il ?

L’auteur du Sefat Emet explique qu’en réalité lorsque les Béné Israël tournaient leurs cœurs vers Hashem, les bras de Moshé « gagnaient » (il faut donc comprendre que les termes « ils remportaient la bataille » employés par le Midrash cité plus haut, se référent non pas à Israël, mais aux bras de Moshé) et restaient dressés. Mais quand Israël détournait leurs cœurs d’Hashem, les bras de Moshé Rabbenou s’affaiblissaient et retombaient.

C’est la motivation et le repentir sincère du peuple, qui donne toute sa force à son dirigeant. C’est grâce à cela qu’il pourra agir et œuvrer pour la victoire et la délivrance de son peuple.

5. Tou Bishvat – Les Parents et les Enfants

Le jour de Tou Bishvat représente le Rosh Hashana – le Nouvel An des arbres.
A Shavou’ot, Hashem juge quelle quantité de fruits va pousser dans le monde durant l’année, et quelle qualité vont-ils avoir.

Pourtant, nous constatons des usages contraires.
En effet, à Tou Bishvat où nous devrions normalement nous occuper des arbres, nous nous occupons de fruits en les consommant ce jour-là. A Shavou’ot où nous devrions normalement nous occuper des fruits, nous nous occupons des arbres en décorant ce jour-là nos synagogues de feuillages et de branchages divers.

L’ADMOUR de Satmar, Rabbi Yoël TEITELBUM z.ts.l explique que les arbres représentent les parents, alors que les fruits représentent les enfants.

A Tou Bishvat, les arbres, autrement dit, les parents passent en jugement.
Afin de déterminer s’ils ont rempli leur rôle de parents, nous devons examiner les enfants. Nous devons vérifier s’ils marchent dans le chemin de la Torah et les Mitsvot, s’ils ont reçu une bonne éducation.
C’est pour cela que le jour de Tou Bishvat, nous nous occupons de fruits, autrement dit, des enfants. C’est le meilleur moyen d’examiner les arbres, autrement dit, les parents !

A Shavou’ot, c’est les fruits autrement dit, les enfants qui nécessitent un examen.
On vérifie s’ils ont rempli leur devoir envers leurs parents. S’ils ont fait en sorte que leurs parents ne manquent de rien, s’ils se sont occupés de leurs parents comme il se doit. Le meilleur moyen de le savoir, c’est de vérifier l’état des parents !
C’est pour cela qu’à Shavou’ot nous nous occupons d’arbres en utilisant leurs branches pour décorer nos synagogues.

Shabbat Shalom

vendredi 8 janvier 2010

Divré Torah sur Shémot

QUELQUES REGARDS SUR SHEMOT

Ces Divré Torah sont dédiés à la Refoua Shelema – la guérison complète de mon épouse Sylvie Mazal Esther Bat Régine ‘Haya Sim’ha, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita), ainsi que pour la Refoua Shelema de l’enfant Yo’heved Mazal Bat ‘Hassiba (fille de Yéhouda et Eva ALLOUN), ainsi que pour la Refoua Shelema de Its’hak Ben ‘Aïsha, ainsi que pour la Refoua Shelema de I’hya Nathan Yossef Aharon Ben Déborah, ainsi que pour ma propre Refoua Shelema David Avraham Ben Simi.

1. Le Shalom (la paix) mais pas à n’importe quel prix !!!

Ils asservirent les Béné Israël ave dureté. (Shemot 1-13)

Nos maîtres enseignent qu’au début, les égyptiens travaillèrent avec les Bné Israël, en les amadouant verbalement (le mot dureté dans ce verset se dit « פרך » « Fare’h » qui est la contraction des mots « פה רך » « Pé Ra’h » qui signifient « avec une bouche tendre »), afin que chacun fournisse un rendement au-dessus des ses possibilités.
C'est-à-dire : Pharaon réuni tout le peuple d’Israël et leur dit : « S’il vous plait, rendez-moi un service, travaillez pour moi un seul jour. » Pharaon prit les outils de travail et commença à construire. Lorsque les Bné Israël virent Pharaon en train de travailler, ils prient eux aussi les outils de travail et commencèrent à travailler de toutes leurs forces, car ils crurent que cela n’était que provisoire.
Le soir, Pharaon leur plaça des hommes, et chargea les Bné Israël de compter de façon précise les briques fabriquées le jour même.
Il ordonna ensuite aux Bné Israël de fournir le même nombre de briques chaque jour. Si des briques manquaient, les Bné Israël étaient frappés et subissaient des tortures horribles jusqu’à ce qu’ils aient complété le nombre de briques.

Pourtant – fait remarquer Rabbenou Yossef ‘Haïm de Bagdad z.ts.l dans son livre ‘Od Yossef ‘Haï - on peut s’interroger :
Nous savons que tout ce que fait Hashem, il le réalise « Mida Kenegued Mida » (« Mesure pour mesure ») c'est-à-dire : il existe toujours une correspondance exacte entre le châtiment et la faute. Or, si les Bné Israël on subit la difficulté de l’esclavage en tombant dans une ruse de Pharaon, il est certain que ce n’est pas un hasard, et qu’apparemment, les Bné Israël ont eux aussi fait preuve un jour de ruse. Cette difficulté vient dans un contexte de « Mida Kenegued Mida », mais quelle est donc la faute des Bné Israël pour subir cette ruse ?

Nos maîtres nous disent que la difficulté de l’esclavage d’Egypte par la ruse était due aux Bné Israël parce qu’ils avaient vendu Yossef Ha-Tsaddik par la ruse.
En effet, même si le Shalom (la paix) est une bonne chose, malgré tout, il arrive parfois qu’il engendre de mauvaises choses.
Lorsqu’un homme désire réaliser le mal, il le fait souvent en réalisant d’abord le Shalom. C’est justement l’objectif de la prière adressée par le Roi David à Hashem : « Qu’une grande paix réside sur ceux qui aiment ta Torah, sans que cette paix soit pour eux un piège. » Qu’aucune mauvaise chose ne soit la conséquence du Shalom.
Les Shevatim (les 12 enfants de Ya’akov Avinou) ont fortement détesté leur frère Yossef, mais ne lui ont pas réellement exprimé cette haine, car si Yossef avait conscience de la grande haine dont il était l’objet, il se serait préservé de ses frères et n’aurait jamais accepté de s’isoler avec eux dans un champ. Mais ses frères se sont contentés de lui montrer de l’indifférence et non la véritable haine qu’ils éprouvaient pour lui. C’est pourquoi Yossef est tombé dans le piège en se retrouvant seul avec eux dans un champ, et ils ont fait ce qu’ils ont fait, jusqu’à décider de le vendre en esclave en Egypte.
Par conséquent, en punition à la vente de Yossef qui fut réalisée par la ruse, Hashem décida de punir les Bné Israël en leur infligeant la difficulté de l’esclavage d’Egypte, par la ruse de Pharaon qui leur demanda d’abord le travail d’une journée – où les Bné Israël travaillèrent au-delà de leurs forces - pour ensuite leur exiger la même quantité de travail chaque jour. Par cela, la faute de la vente de Yossef - que ses frères avaient commis par la ruse en ne lui montrant pas réellement la haine qu’ils éprouvaient envers lui - fut réparée.

2. Le bâton et la Torah

Hashem lui dit : Qui y a-t-il dans ta main ? Il (Moshé) lui répondit : Un bâton. Il (Hashem) lui dit : jette-le à terre. Il le jeta à terre, et il se transforma en serpent, Moshé se sauva devant lui. Hashem dit à Moshé : envoie ta main et attrape-le par la queue. Il envoya sa main et l’attrapa, et il redevint un bâton dans sa main. (Shemot 4-2.3.4)

Rabbenou Ya’akov Abou’hatsira z.ts.l fait remarquer – dans son livre Pitou’hé ‘Hotam - que le bâton fait ici allusion à la Torah.
En effet, nous savons que le monde tient essentiellement sur l’étude de la Torah, et également que la raison essentielle de la destruction du monde est la négligence dans l’étude de la Torah, comme il est dit : « Pourquoi la terre (d’Israël) a-t-elle été détruite, Hashem dit : Parce qu’ils ont abandonné ma Torah. » Il faut donc s’adonner à l’étude de la Torah jour après jour, comme il est écrit : « Si tu m’abandonnes un jour, je t’abandonnerai deux jours ».

Nous retrouvons cette idée dans le verset au sujet du bâton.
Qui y a-t-il dans ta main ? Il (Moshé) lui répondit : Un bâton. Le mot « bâton » se dit en hébreu « מטה » (« Maté ») dont les lettres de base (מט) ont pour valeur numérique le nombre de 49 qui correspond aux 49 façons de statuer sur l’impureté d’un élément et aux 49 façons de statuer sur sa pureté. Hashem voulut dire à Moshé Rabbenou que la Torah - représentée ici par le bâton – doit être préservée solidement dans la main de celui qui l’étudie, pour qu’il l’apprenne jour et nuit. Si nos mains s’affaiblissent dans l’étude de la Torah, on attire le serpent (le Satan), comme le dit notre verset : « Jette-le à terre. Il le jeta à terre, et il se transforma en serpent… » Pour nous apprendre que lorsqu’on s’affaiblit dans l’étude de la Torah, celle-ci se transforme en serpent, c'est-à-dire en accusateur, et plaide contre nous.
Hashem dit à Moshé : envoie ta main et attrape-le par la queue.
Lorsqu’un homme a abandonné la Torah et s’est laissé entraîner par son Yetser Hara’ (mauvais penchant), lorsque cet homme désire revenir vers Hashem, il doit agir de façon progressive et commencer par « attraper » un peu de Torah (comme la queue qui ne représente qu’une partie du serpent), car c’est de ce peu qu’il parviendra à accéder réellement à l’intégralité de la Torah.
Il envoya sa main et l’attrapa, et il redevint un bâton dans sa main. Même si une personne a abandonné la Torah, lorsqu’elle désire revenir vers le droit chemin, elle doit revenir à la source de l’étude de la Torah (comme la queue qui représente l’extrémité du serpent), et là, le bâton (le Satan) redeviendra le « Bâton du D. vivant ».

3. La Torah, oui, mais pas sur le dos des autres !

Lorsqu’ Hashem se révèle à Moshé Rabbenou au buisson ardent, et lui ordonne d’aller délivrer les Bné Israël d’Egypte, Moshé tente, dans un premier temps, de se dérober en prétextant différentes excuses.
Parmi les arguments de Moshé Rabbenou, nous trouvons :
Moshé dit à Hashem : « De grâce Hashem ! Je ne suis pas un bon orateur. Depuis hier, depuis avant-hier, depuis le moment même où tu m’as parlé, car j’ai la bouche et la langue lourde. » (Shemot 4)

Le Midrash Rabba (Shemot Rabba Parasha 3) nous apprend que le dialogue entre Hashem et Moshé Rabbenou au buisson ardent, a duré 7 jours, pendant lesquels, Hashem a insisté pour que Moshé Rabbenou accepte la mission d’aller délivrer Israël d’Egypte, et Moshé refusait systématiquement.

Le RAMBAN explique qu’en réalité Moshé Rabbenou craignait de blesser son frère aîné Aharon, en acceptant ce mérite d’être celui qui libèrera Israël.
Moshé pensait que lorsque tout le monde verra que c’est lui et non Aharon qu’Hashem a désigné pour cette mission, on penserait peut-être qu’Aharon n’est pas apte à cette tâche. Moshé considérait que le fait qu’il y ait, ne serait-ce que le moindre soupçon de faute envers son frère Aharon, invalide totalement sa sainte et Divine mission, de libérer Israël d’Egypte.
Jusqu’à ce qu’Hashem lui affirme qu’Aharon se réjouira de cela. Ce n’est que lorsque Moshé Rabbenou est assuré qu’il n’y aura aucune atteinte au respect de son frère aîné, qu’il accepte la mission d’aller libérer Israël d’Egypte.

Nous pouvons tout de même nous demander :
Moshé Rabbenou est investi par Hashem, de la mission d’aller libérer Israël d’Egypte. Pourquoi donc Moshé s’obstine à vérifier si le fait d’accepter cette mission n’entraîne pas le moindre soupçon de faute ? N’est-ce pas Hashem lui-même qui lui ordonne cette mission ?! Comment peut-on mettre face à face, la faute de porter atteinte au respect d’Aharon, et l’exécution d’un ordre d’Hashem ?!

En réalité, cette question n’en est pas une.
En effet, nous avons tendance à croire que lorsqu’une personne accomplit, durant toute sa vie, la Torah et les Mitsvot, elle est au-dessus de toute faute.
Cependant, les choses ne sont pas ainsi.
L’individu est tenu, durant toute son existence, à évoluer en ayant une profonde réflexion sur le moindre de ses actes.
On doit toujours s’assurer qu’aucun dégât ne résulte de nos actions. On ne doit agir que lorsqu’on est certain que la volonté d’Hashem sera réalisée à travers notre agissement.
Or, il est certain que la volonté d’Hashem exigeait qu’Aharon ne soit pas vexé.
C’est ce dont Moshé Rabbenou voulait s’assurer avant d’accepter la mission qu’il n’y a dans ses actes pas le moindre manque.

C’est ainsi que l’on explique ce qui est rapporté dans la Guemara Yoma (72b) :
Rava dit aux Sages :
« De grâce, n’héritez pas de deux Guehinam !! »
Rava s’adresse ici aux érudits dans la Torah, en leur disant que même s’ils consacrent tout leur temps à l’étude de la Torah, malgré tout, s’ils n’analysent pas le moindre détail de leur comportement et de leurs actes, ils hériteront de deux Guehinam :
 Le fait de s’être adonné constamment à l’étude de la Torah, en se privant de toutes les jouissances de ce monde matériel, constitue déjà une « forme de Guehinam ».

 Lorsqu’ils arriveront devant Hashem pour être jugés, les négligences de leur comportement et de leurs actes leur feront hériter du Guehinam, malgré toute la Torah qu’ils auront étudiée !!

Nous pouvons constater à quel point Moshé Rabbenou nous apprend à vivre !
Avant de réaliser la moindre Mitsva, si importante soit-elle, nous devons nous soucier de notre entourage.
Personne ne doit subir notre accomplissement des Mitsvot !

Nous pouvons citer de nombreux exemples.
Parmi eux, un exemple malheureusement fréquent de notre époque :
De nombreux jeunes ont le mérite de faire Teshouva, et de retrouver le chemin de la Torah, en étant très méticuleux dans leur pratique du judaïsme.
Cependant, ils en arrivent parfois, et sans le vouloir, à transgresser la très lourde faute de manquer de respect aux parents, qui constitue l’une des plus graves transgressions de la Torah. C’est une expérience très difficile, car les enfants savent maintenant qu’ils sont spirituellement supérieurs à leur parents, qui eux, n’ont pas encore eu le mérite de percevoir la lumière de la Torah, et consacrent parfois encore leur existence à des futilités, alors que les enfants ont mérité de venir s’abriter à l’ombre d’Hashem, et élèveront leurs propres enfants dans la Torah.
Ces gens sont susceptibles de transgresser facilement cette faute gravissime, en ayant un sentiment de supériorité sur leurs parents.
Il faut une grande sagesse et beaucoup de réflexion pour s’épargner d’une telle situation d’humilier ses parents, qui est une très grave faute.

La pratique des devoirs religieux vis-à-vis d’Hashem (Ben Adam Lamakom), ne doit pas se faire sur le dos de nos devoirs envers nos semblables (Ben Adam La’havero).


Shabbat Shalom

vendredi 1 janvier 2010

Divré Torah sur Vaye'hi

QUELQUES REGARDS SUR LA PARASHA DE VAYE’HI

Ces Divré Torah sont dédiés à la Refoua Shelema – la guérison complète de mon épouse Sylvie Mazal Esther Bat Régine ‘Haya Sim’ha, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita), ainsi que pour la Refoua Shelema de l’enfant Yo’heved Mazal Bat ‘Hassiba (fille de Yéhouda et Eva ALLOUN), ainsi que pour la Refoua Shelema de Its’hak Ben ‘Aïsha, ainsi que pour ma propre Refoua Shelema David Avraham Ben Simi.

Rappel du contexte

Dans la fin de la Parasha de Vaygash que nous avons lue la semaine dernière, la Torah nous relate comment Ya’akov Avinou – qui n’a pas revu son cher fils Yossef depuis 22 ans – arrive en Egypte avec toute sa famille. Il est accueilli par Yossef qui est le vice-roi d’Egypte.
Ya’akov Avinou vivra les 17 dernières années de sa vie en Egypte.
Avant de quitter ce monde, Ya’akov Avinou fait venir Yossef auprès de lui et lui adresse ses dernières volontés, parmi lesquelles, celle de ne pas être enseveli en Egypte, mais seulement en Erets Kena’an, dans la caverne de Ma’hpela, là où reposent ses parents – Its’hak et Rivka – ainsi que ses grands-parents – Avraham et Sarah - là où il a lui-même enterré son épouse Léa.
Yossef présente ses enfants, Menashé et Efraïm, à son père Ya’akov.
Ya’akov, voyant ses petits enfants nés en Egypte, les bénit d’une Bénédiction assez particulière.

1. Gam Zou Le-Tova ou le devoir de tout positiver

« Et maintenant, tes deux fils, qui te sont nés au pays d'Egypte avant que je vienne auprès de toi en Egypte, deviennent les miens ; non moins que Réouven et Shim’on, Efraïm et Menashé seront à moi. »
Israël remarqua les enfants de Yossef et il dit : « Qui sont ceux-là ? » Yossef répondit à son père : « Ce sont mes fils, qu’Hashem m'a donnés dans ce pays. » Ya’akov reprit : « Approche-les de moi, je te prie que je les bénisse. »
Israël étendit la main droite, l'imposa sur la tête d'Efraïm, qui était le plus jeune et mit sa main gauche sur la tête de Menashé ; il croisa ses mains, quoique Menashé était l'aîné. Yossef remarqua que son père posait sa main droite sur la tête d'Efraïm et cela lui déplut ; il souleva la main de son père pour la faire passer de la tête d'Efraïm sur la tête de Menashé et il dit à son père : « Pas ainsi, mon père ! Puisque celui-ci est l’aîné, mets ta main droite sur sa tête. » Son père s'y refusa et dit : « Je le sais, mon fils, je le sais ; lui aussi deviendra un peuple et lui aussi sera grand : mais son jeune frère sera plus grand que lui et sa postérité formera plusieurs nations. « Il les bénit alors et il dit : « Israël te nommera dans ses bénédictions, en disant : qu’Hashem te fasse devenir comme Efraïm et Menashé ! » II plaça ainsi Efraïm avant Menashé. (Bereshit 48 versets 5.8.9.14.17.18.19.20).

C’est par cette Bénédiction si particulière donnée par Ya’akov Avinou à ses petits enfants Menashé et Efraïm, que tous les juifs bénissent leurs enfants chaque vendredi soir en leur disant : « Qu’Hashem te fasse devenir comme Efraïm et Menashé ! ».
Mais on peut s’interroger sur le fait que Ya’akov Avinou a d’abord signalé à Yossef que dorénavant, Efraïm et Menashé sont considérés pour lui comme Réouven et Shim’on, ses propres enfants. De ce fait, nous devrions plutôt bénir nos propres enfants en leur souhaitant d’être « comme Réouven et Shim’on ». Pourquoi disons-nous « comme Efraïm et Menashé » ?
De plus, pourquoi Ya’akov Avinou considère Efraïm et Menashé comme Réouven et Shim’on ?
Et enfin, pour quelle raison la Torah insiste sur le fait que Ya’akov Avinou a placé Efraïm (le plus jeune) devant Menashé ?

En réalité, lorsque Ya’akov Avinou a vu Efraïm et Menashé, il demanda à Yossef pour quelle raison les avait-il nommés ainsi.
Yossef répondit que lorsque Menashé est né, il voulut exprimer toute sa peine d’avoir été éloigné de la maison de son père, une maison qui était totalement remplie de Torah et de crainte d’Hashem. (La racine du mot Menashé est « Nashani » qui signifie « il m’a éloigné »).
Lorsque Efraïm est né, Yossef voulut exprimer toute sa reconnaissance envers Hashem pour l’avoir fait fructifier et évoluer dans un pays étranger, en le faisant passer du niveau d’un esclave à celui de vice-roi du pays. (La racine du mot Efraïm est « Lifrot » qui signifie « fructifier »)
Quand Ya’akov Avinou entendit cela, il dit à Yossef :
« Ton regard sur la vie n’est pas juste, car tu devais tout d’abord nommer ton premier fils en exprimant ta reconnaissance envers Hashem pour toutes les bontés qu’il t’a prodiguées. C’est pourquoi tu aurais dû d’abord nommer ton premier fils Efraïm, et ce n’est que le deuxième que tu aurais dû nommer Menashé, afin d’exprimer tous les malheurs que tu as subits. Nous devons toujours regarder la vie en voyant d’abord que « le verre est à moitié plein » (et non à moitié vide !). »
C’est pour cette raison que Ya’akov Avinou donna priorité à Efraïm devant Menashé pour la bénédiction. C’est aussi pour cette raison que le verset insiste en disant « II plaça ainsi Efraïm avant Menashé. » Car c’est ainsi qu’il faut toujours voir les choses de la vie ! Tout d’abord, les faveurs qu’Hashem nous accorde, et seulement ensuite les ennuis que nous avons.
On doit toujours avoir en conscience que même les ennuis que nous avons, et qu’Hashem nous envoi, nous sont tous bénéfiques, et ne sont - en réalité - pas des ennuis, mais uniquement des bontés, comme nos maîtres nous l’enseignent à travers le commentaire sur le verset : « Je descendrai avec le deuil dans la tombe ». Il s’agit de Ya’akov Avinou qui se lamente en ayant appris la disparition de Yossef. Hashem lui dit à ce moment-là : « Ya’akov ! Je suis en train de faire de ton fils Yossef un roi, et toi tu veux prendre le deuil sur lui ?! »
L’individu ne connaît pas toujours les sentiers d’Hashem, qui sont souvent remplis de soucis qui sont en réalité des faveurs et de véritables bontés d’Hashem.
C’est donc pour tout cela que nous bénissons nos enfants en leur souhaitant d’être « comme Efraïm et Menashé », en disant d’une certaine façon : « Que ce soit toujours la bonté qui vous atteigne, même lorsqu’elle n’a pas les apparences d’une bonté. »

On raconte dans la Guemara Ta’anit (21a) que Na’houm Ish Gam Zou fut envoyé auprès du roi (césar) afin d’intercéder en faveur des juifs. Ils lui confièrent un présent constitué d’une caisse remplie de pierres précieuses. Lorsque Na’houm Ish Gam Zou s’arrêta dans une auberge, des voleurs lui dérobèrent les pierres précieuses et remplirent la caisse de sable et de terre, afin que Na’houm Ish Gam Zou ne s’aperçoit pas de la différence de poids.
Na’houm Ish Gam Zou arriva devant le roi. On dit au roi que les juifs lui avaient envoyé un présent. Le roi ordonna que l’on ouvre le présent, et il constata qu’il était rempli de sable. Se sentant offensé et humilié par un tel « présent », le roi ordonna que l’on pende Na’houm Ish Gam Zou. Na’houm Ish Gam Zou dit : « Gam Zou LeTova ! » (Le surnom de « Ish Gam Zou » signifie « l’homme qui dit toujours Gam Zou » qui veut dire « ceci est aussi pour le bien ») car tout ce qu’accomplit Hashem est pour le bien.
Le prophète Eliyahou apparut sous l’aspect d l’un des serviteurs du roi et dit au roi :
« Majesté ! Ce sable que t’ont envoyé les juifs, est un sable spécial qui provient de leur patriarche Avraham qui l’utilisait en le jetant sur ses ennemis et remportait la victoire dans les guerres. »
On fit des vérifications et effectivement ce sable possédait la propriété particulière de donner la victoire à celui qui le jetait sur ses ennemis.
C’est ainsi que Na’houm Ish Gam Zou fut sauvé, en étant reconnaissant envers Hashem pour les « ennuis », comme nous le sommes pour les faveurs, car il savait qu’en réalité, il n’y a que de la bonté.

Une autre histoire est rapportée dans la Guemara, au sujet de Rabbi ‘Akiva (qui était l’élève de Na’houm Ish Gam Zou).
Un jour, Rabbi ‘Akiva devait se rendre dans une certaine ville, mais il arriva trop tard, car les gardiens de la ville avaient déjà fermé les portes. Il dit : « Tout ce qu’accomplit Hashem, il ne le fait que pour le bien. » Rabbi ‘Akiva avait avec lui 3 choses : un âne, une bougie et un coq. Un lion arriva et dévora l’âne. Le vent se leva et éteint la bougie. Un chat arriva et dévora le coq. Sur chacun de ces 3 ennuis, Rabbi ‘Akiva s’exclama : « Tout ce qu’accomplit Hashem, il ne le fait que pour le bien. »
En définitif, des brigands s’attaquèrent à la ville et tuèrent toute personne présente. Si Rabbi ‘Akiva s’y était trouvé, il aurait été tué lui aussi. Si la bougie était restée allumée, elle aurait sûrement attiré l’attention des brigands qui aurait tué Rabbi ‘Akiva. De même pour l’âne et le coq qui auraient probablement fait du bruit qui aurait certainement attiré les brigands et cela aurait mis la vie de Rabbi ‘Akiva en danger. C’est pour cela que finalement, tout était pour le bien !

Mais on peut se demander pourquoi Rabbi ‘Akiva disait une phrase différente de celle de son maître pour exprimer sa volonté de tout positiver. En effet, nous voyons que son maître Na’houm Ish Gam Zou disait « Gam Zou Le-Tova » (« Ceci est aussi pour le bien ») alors que Rabbi ‘Akiva disait « Tout ce qu’accompli Hashem, il ne le fait que pour le bien. »
En fait, Rabbi ‘Akiva estima que la phrase utilisée par son maître ne positivait pas assez les choses, car l’expression « Gam Zou Le-Tova » (« Ceci est aussi pour le bien ») laisse entendre que même si cela pouvait être meilleur, malgré tout, ceci aussi est pour le bien. Alors que Rabbi ‘Akiva utilisait une expression beaucoup plus positive, puisqu’en disant « Tout ce qu’accomplit Hashem, il ne le fait que pour le bien. » Cela laisse entendre qu’uniquement ce qu’Hashem a accompli doit être considéré comme étant pour le bien.

On raconte aussi que lors des derniers jours de la Deuxième Guerre mondiale, une femme du camp de concentration de Bergen Belsen fut condamnée à être pendue pour avoir volé des épluchures de pommes de terre. Lorsqu’on lui attacha la corde au cou, une sirène d’alerte retentit pour signaler un raid aérien des alliés. La femme supplia ses amies de la détacher puisqu’elle avait les mains attachées. Ses amies la détachèrent, et ils se mirent à chercher un abri. « Malheureusement » pour elles, le seul abri qu’elles trouvèrent était le sous-sol d’une maison où s’étaient abrités les maudits nazis eux même. Le commandant du camp sortit son arme et ordonna aux femmes de sortir immédiatement. Avec beaucoup de peine, les femmes sortirent et allèrent se cacher sous un mur à proximité. Il ne s’écoula pas une minute qu’on entendit une grosse explosion provenant d’une bombe lâchée par les alliés directement sur la maison où s’étaient réfugiés les nazis ! Qu’Hashem fasse périr ainsi tous nos ennemis AMEN.

Il n’y a que du bien qui émane d’Hashem, mais nous ne savons pas toujours discerner entre la bonté et le malheur qui germent de chaque événement, mais malgré tout, nous nous devons de toujours croire que tout est pour le bien.

2. Mériter le pouvoir c’est reconnaître ses fautes

La dynastie royale du peuple d’Israël a - de toutes générations - appartenue aux descendants de Yehouda.
Le Mashia’h doit également descendre de Yehouda, et régner sur Israël.
Nos maîtres se sont interrogés sur la raison de cette exclusivité.
Nos maîtres expliquent que Yehouda doit ce mérite exclusif, au fait qu’il a reconnu son implication dans l’épisode avec Tamar. (Voir Yalkout Shim’oni Shemot section 14).
En effet, Yehouda a fait preuve d’une véritable force supérieure en avouant ce qu’il avait fait, et cela, malgré le fait qu’il avait largement la possibilité de garder le silence sans que personne ne sache quoi que ce soit. Une telle personne mérite la royauté.

Il est écrit dans notre Parasha, au moment où Yaakov Avinou donne son ultime Bénédiction à ses enfants :
« Tu es un jeune lion, Yehouda, mon fils, quand tu te relèves, avec ta capture ! »
Nos maîtres expliquent (Midrash Rabba section 98) :
De la « capture » de Tamar, tu t’es « relevé ». Car Tamar avait été capturé et condamné à mort, et grâce à la force et au courage dont Yehouda a fait preuve en avouant son rôle dans la grossesse de Tamar, celle-ci fut épargnée de la mort. Grâce à cet acte de bravoure, ‘Hananya, Mishaêl et ‘Azarya seront eux aussi sauvés, bien des siècles plus tard, de la fournaise dans laquelle va les jeter Nabuchodonosor.

Reconnaître la vérité est une chose facile à dire ou à écrire, mais reste une chose extrêmement difficile à réaliser, car la honte est un sentiment très dur à surmonter, et malgré tout, Yehouda a avoué son implication avec Tamar, et c’est par ce mérite qu’il a hérité de la royauté.

Rashi commente le verset « Tu es un jeune lion, Yehouda, mon fils, quand tu te relèves, avec ta capture ! », de la façon suivante :
Tu t’es retiré en disant : « Qu’allons-nous gagner en l’assassinant (Yossef) ?! Allons plutôt le vendre aux Ishme’elim (arabes). Et ses frères l’écoutèrent.
Lorsque les frères de Yossef voulaient le tuer, Yehouda fut celui qui réussi à convaincre ses frères de ne pas tuer Yossef, mais plutôt de le vendre aux Ishme’elim.
En faisant cela, Yehouda sauve Yossef.
Il est écrit dans la Parasha de Vayeshev :
« Yehouda descendit d’auprès de ses frères »
Rashi explique :
Cela nous apprend que ses frères l’ont destitué de ses fonctions, car lorsqu’ils ont constaté la peine de leur père Ya’akov, en apprenant que son cher fils Yossef avait disparu, ils se mirent en colère contre Yehouda en lui disant : « Si tu avais exigé de nous de le ramener chez son père, nous t’aurions écouté. »

En réalité, c’est très étonnant, car n’est-il pas expliqué dans le Midrash que nous avons cité que Yehouda est justement celui qui réussi à convaincre ses frères de ne pas tuer Yossef ?! Comment osent-ils prétendre que si Yehouda leur avait ordonné de le ramener chez Ya’akov, ils l’auraient écouté ? Ne pouvait-il pas leur répondre en leur rappelant que sans son intervention, ils étaient disposés à le tuer ?!

Nous ne pouvons que constater une fois de plus la grandeur de Yehouda.
Même lorsqu’il a la possibilité de répondre à ses frères, il préfère choisir de ne pas débattre avec eux, et se laisse destitué de ses fonctions en se taisant, car il savait qu’en définitif, il y avait du vrai dans leurs propos.
C’est pour cela que Ya’akov le bénit en lui disant « Tu es un jeune lion, Yehouda, mon fils, quand tu te relèves, avec ta capture ! », car en te taisant face à tes frères lorsqu’ils t’ont reproché de ne pas leur avoir ordonné de ramener Yossef, et qu’ils t’ont destitué de tes fonctions, par cette attitude, tu as élevé ta personne.

Yehouda a appris cette qualité de sa mère, Leah notre matriarche.
En effet, il est écrit au sujet de Leah, lorsqu’elle mit au monde Yehouda :
« Cette fois encore, je remercie Hashem », car elle possédait la qualité de la vérité et de la reconnaissance envers Celui qui lui prodigue du bien.
Nous retrouvons cette qualité dans la descendance de Yehouda, puisque lorsque le prophète Natan vient réprimander le roi David sur son comportement avec Bat Sheva’, David ne cherche pas à débattre, ni à justifier ses actes, mais se contente de dire immédiatement : « J’ai fauté envers Hashem ! ». C'est pourquoi le prophète Natan lui répond : « Hashem a lui aussi retiré ta faute, et tu ne mourras pas ». Selon le principe de « celui qui reconnaît et abandonne sa faute, sera prit en pitié ».

Nous apprenons de là quelles sont les forces exigées pour régner. Régner sur Israël, comme régner sur soi même !!!
Car il n’y a absolument aucune grandeur dans le fait de s’enorgueillir et de protéger son Kavod (sa dignité), bien au contraire, l’individu qui marche dans le chemin de la vérité, en se soumettant à la vérité, cette personne règne véritablement sur elle-même, et mérite la royauté.

Puissions-nous mériter, avec l’aide d’Hashem, que vienne régner sur nous le Mashia’h, fils de David, qui sera doté des forces nécessaires pour régner sur son penchant et sur Israël.

Shabbat Shalom