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dimanche 9 novembre 2008

Mélodies non juives sur des extraits de la prière

Mélodies non juives sur des extraits de la prière

Cette Hala’ha est dédiée à la Refoua Shelema – la guérison complète de ma chère maman Simi Bat Leah, ainsi que pour la Refoua Shelema du Gaon et Tsaddik Rabbi Morde’haï Tsema’h Ben Mazal Tov (le Rav Morde’haï Eliyahou shalita)

Pour l'élévation de la Neshama de mon ami Refael Eliyahou Ben Esther (ALLOUCH)

Question

Est-il permis d’adapter des airs de chansons non juives sur un Kaddish ou une Kedousha, ou sur tout autre extrait de la prière ?

Décision de la Hala’ha

Il est permis selon la Hala’ha d’adapter des mélodies non juives sur diverses parties de la prière comme un Kaddish ou une Kedousha.

Il est de notoriété que de nombreux Gueonim ont composés des chants et des louanges sur des mélodies de chansons d’amour, et parmi ces chants, les célèbres Bakashot chantées les vendredis soirs d’hiver, après le repas de Shabbat dans les synagogues Sefarades et des communautés du moyen orient, en Israël comme dans la Gola depuis des générations, Bakashot composées par des Gueonim, Géants de la Torah sur les mélodies de chansons d’amour du répertoire moyen oriental (syrien, égyptien, ou autre)

Les Grands des Générations dans les communautés du moyen orient, ont composé ces chants et ces cantiques adaptés sur des mélodies arabes, pour chanter en l’honneur d’Hashem, lors de circonstances comme un mariage, une Bar Mitsva, ou une Mila, ou bien aussi pour les jours de Shabbat et de fêtes.

Cependant, en ce qui concerne la prière, il faut donner préférence à des chants sacrés déjà connus de l’assemblée - même si ces chants ont été eux aussi adaptés sur des mélodies non juives – étant donné qu’avec le temps, les paroles non juives d’origine ont été oubliées pour laisser place aux textes Kodesh adaptés sur la mélodie. Ils ont déjà quitté le domaine de l’impureté pour passer dans le domaine du sacré, et c’est ainsi que l’on agit.

Il est évident que même s’il est permis d’écouter des chansons non juives afin de pouvoir faire passer ces mélodies vers le domaine du sacré, ceci uniquement lorsqu’il n’y a pas la moindre crainte d’en arriver à penser à des choses interdites, pendant que l’on écoute ces chansons.

De même, il faut que ces chansons soient de nature apaisantes et non des chansons qui n’inspirent que débauche et stupidité, car s’il s’agit de cette catégorie de chansons, il est certain qu’il n’y a pas de possibilité de permettre leur audition, ni leur utilisation dans un but permis.

Sources et développement

Rabbi Yehouda He-‘Hassid[D1] écrit dans le Sefer ha-‘Hassidim (chap.768) :

« Celui qui possède une belle voix, doit veiller à ne pas chanter des airs étrangers, car c’est une ‘Avera (une faute), puisqu’on l’a gratifié d’une belle voix uniquement pour glorifier le Créateur bénit soit-il, et non pour la faute. »

Il semble qu’il fait allusion au fait de chanter des chansons non juives avec leurs paroles d’origine, car ce sont des chansons d’amour, comme l’écrit le RIF[D2] dans ses Teshouvot (chap.281) (le RIF est Rabbenou Its’hak EL FASSI, qui était le maître de Rabbi Yossef IBN MIGASS, qui était lui-même le maître du RAMBAM) en ces termes :

« Un officiant qui chante des chansons arabes, et qui exprime avec sa bouche des paroles grossières, doit être destitué des ses fonctions. On peut lui attribuer – à lui comme à ceux qui se comportent comme lui – le verset : « Elle a donné sa voix pour moi, mais je l’ai détesté. »

Ces propos du RIF sont cités au niveau Hala’hic par le Or’hot ‘Haïm (Hal. relatives à la prière note 78), ainsi que par le Kol Bo, le RAMA[D3] (O.H chap.53), et par le RADBAZ dans ses Teshouvot (chap.281).

Mais chanter des chansons sacrés ainsi que des cantiques sur une mélodie empruntée à des chansons d’amour, il semble qu’il n’y a là aucun interdit, car de la mélodie en elle-même, il n’y a ni interdit, ni même rappel de l’interdit.

Il est vrai que certains Poskim (décisionnaires) - comme le Gaon Rabbi Mass’oud RAKA’H[D4] dans son livre Maa’ssé Rokea’h (sur le RAMBAM chap. 8 des Hal. relatives à la prière Hal.11) - pensent que même lorsque le texte de la chanson est en lui-même Kodesh (sacrée), comme un Kaddish ou une Kedousha, ou des paroles de glorification et de prière adressées à Hashem, malgré tout, la mélodie non juive que cette chanson contient, peut la détériorer.

Cependant, notre maître le ‘HYDA[D5] écrit dans son livre Birké Yossef (chap.560) que l’auteur du Ma’assé Rokea’h comprend les propos du Sefer Ha’Hassidim (cité plus haut) dans le sens où même les mélodies des chansons non juives sont interdites. L’auteur du Ma’assé Rokea’h prend appui sur les propos du MaHaRaM DI LOUNZZANO[D6] dans son livre Sheté Yadot.

Mais le ‘HYDA fait justement remarquer que l’auteur du Ma’assé Rokea’h n’a – apparemment – pas fait attention aux propres paroles du MaHaRaM DI LOUNZZANO lui-même dans son livre Sheté Yadot (page 142 colonne 1) dont voici les termes :

« Puisque le chant et la louange sont la propriété d’Hashem, il est souhaitable qu’ils soient exécutés dans la plus grande perfection, comme il est dit : « …chantez pour Lui avec le luth à dix cordes… » (Tehilim 33) c'est-à-dire, en investissant toutes ses forces. C’est pourquoi, j’ai l’usage de composer la plupart de mes chants sur des mélodies arabes, car ils élèvent leurs voix et apportent de l’harmonie à leurs chants, comme nul ne sait le faire. Certes, j’ai constaté que quelques ‘Ha’hamim n’approuvaient pas le fait que des auteurs de chants sacrés adaptent leurs textes sur des mélodies ne provenant pas du peuple d’Israël, malgré tout, le Din ne va pas dans leur sens, car cela ne représente qu’un acte insignifiant. »

Cette opinion est approuvée également par Rabbi Avraham AL KLA’I[D7] dans son livre Za’hor LeAvraham (section Kaddish)

Cependant, selon l’opinion de nombreux Gueonim d’Israël, il faut aller à la souplesse sur ce point. Il est de notoriété que de nombreux Gueonim ont composés des chants et des louanges sur des mélodies de chansons d’amour, et parmi ces chants, les célèbres Bakashot chantées les vendredis soirs d’hiver, après le repas de Shabbat dans les synagogues Sefarades et des communautés du moyen orient, en Israël comme dans la Gola depuis des générations, Bakashot composées par les Gueonim Rabbi Shelomo LANYADO[D8] (auteur du Shou’t Beit Dino Shel Shelomo et d’autres ouvrages), Rabbi Avraham ‘ANTABI[D9] (auteur du Yoshev Ohalim et d’autres ouvrages), Rabbi Mordeh’aï LABATON (auteur du No’ha’h Hashoul’han et d’autres ouvrages), Rabbi Morde’haï ‘ABADI[D10] (auteur du Ma’yan Ganim et d’autres ouvrages) et de nombreux autres Gueonim, Géants de la Torah.

Ces Bakashot et Piyoutim (poèmes liturgiques)ont été composées sur les mélodies de chansons d’amour du répertoire moyen oriental (syrien, égyptien, ou autre)

De même, nous avons eu le mérite durant ces dernières générations, d’entendre de grands ‘Hazzanim (officiants) – Talmidé ‘Ha’hamim (érudits en Torah) – qui possédaient de belles voix et qui priaient avec une mélodie orientale en adaptant des airs de chansons d’amour sur diverses parties de la prière, comme le Kaddish ou la Kedousha, afin de chanter en l’honneur d’Hashem. Le cœur de l’assemblée se laisse attiré par ces mélodies qui leur permettent de se concentrer et de prier dans la ferveur requise, dans la joie et la bonne humeur, afin d’adresser sa reconnaissance à Hashem et de chanter sa gloire.

Le Sefer Ha-’Hassidim écrit aussi (chap.158) :

« Lorsque tu pries, récites les bénédictions de la prière avec la mélodie la plus agréable et la plus douce à tes yeux, et par cela, ton cœur se laissera attirer par les paroles de ta bouche. Lorsque tu adresses une demande et une supplication à Hashem, fais le avec une mélodie qui attire le cœur. Lorsque tu adresses une louange et une reconnaissance à Hashem, fais le avec une mélodie qui réjouit le cœur, afin que ton cœur se remplisse d’amour et de joie dans le service d’Hashem. »

Nous connaissons également les célèbres propos de notre grand maître le RAMBAM[D11] (chap.8 des Hal. relatives au Loulav Hal.15) :

« La joie dans le service d’Hashem et Son amour dans l’accomplissement de Ses commandements représente un grand Service. Celui qui se prive de cette réjouissance, mérite le châtiment, comme il est dit dans la Parasha des réprimandes : « Parce que tu n’as pas servis Hashem ton D. dans la joie et dans la bonne humeur… ».

C’est en se fondant sur tout cela que les Grands des Générations dans les communautés du moyen orient, ont composé des chants et des cantiques adaptés sur des mélodies arabes, pour chanter en l’honneur d’Hashem, lors de circonstances comme un mariage, une Bar Mitsva, ou une Mila, ou bien aussi pour les jours de Shabbat et de fêtes, avec des chants composés sur des mélodies arabes.

C’est ainsi que témoigne également le Gaon Rabbi Israël Moshé ‘HAZZAN[D12] (qui fut le Av Beit Din de l’île de Rhodes) dans son livre Shou’t Kera’h Shel Romi (chap.1) :

« En Erets Israël, on chante toutes les prières, le Kaddish et la Kedousha sur l’air des mélodies arabes, en Turquie, sur l’air des mélodies turques, dans les pays d’Europe, sur l’air des mélodies européennes, et il faut être vigilant uniquement vis-à-vis du contenu des paroles… »

Il conclu en disant :

« Moi aussi je me suis essayé à composer des chants et des Piyoutim (poèmes liturgiques) en les adaptant sur des mélodies de chansons arabes, en respectant pratiquement les même syllabes, et cela, afin de contenter la volonté du Gaon Rishon Letsion Rabbi ‘Haïm Avraham GAGUIN z.ts.l… »

Même si – il est vrai – le Gaon Rabbi ‘Haïm Fallag’i[D13] z.ts.l ne semblait pas approuver l’adaptation de Kaddish ou de Kedousha selon l’air du MAKAM (solfège arabe) sur des chansons étrangères, malgré tout, la Hala’ha va plutôt comme l’auteur du Za’hor Leavraham et l’auteur du Kera’h Shel Romi qui autorisent, puisque les Grands des Générations ont eux même agis ainsi.

Le Gaon Rabbi Shelomo ALOUF Shalita (le Rav de la communauté Ahava Veah’va à New York) s’est lui aussi longuement étendu sur ce point dans une Teshouva (réponse Hala’hic), et il précise que même en admettant qu’il y a une quelconque tare dans la mélodie (lorsqu’elle provient d’une chanson non juive) - comme le fait remarquer notre maître le ‘HYDA selon qui, toute mélodie non juive est imprégnée d’impureté et peut provoquer une déficience spirituelle à son auditeur - malgré tout, ceci n’est valable que lorsque la mélodie reste sous la dominance exclusive des non juifs, car dans ce cas, elle est encore dans le domaine de l’impureté. Mais dés lors où l’on a transféré la mélodie vers des chants sacrés, il n’y a plus à craindre la moindre interdiction.

Le fait même que tous les Gueonim ont eux même agis ainsi, constitue une véritable instruction de leur bouche qu’il est tout à fait correct d’agir de la sorte.

Par conséquent, l’essentiel à retenir selon la Hala’ha, est qu’il faut autoriser l’adaptation de textes sacrés sur des mélodies de chansons non juives.

Cependant, en ce qui concerne la prière, il faut donner préférence à des chants sacrés déjà connus de l’assemblée - même si ces chants ont été eux aussi adaptés sur des mélodies non juives – étant donné qu’avec le temps, les paroles non juives d’origine ont été oubliées pour laisser place aux textes Kodesh adaptés sur la mélodie. Ils ont déjà quitté le domaine de l’impureté pour passer dans le domaine du sacré, et c’est ainsi que l’on agit.

Il est évident que même s’il est permis d’écouter des chansons non juives afin de pouvoir faire passer ces mélodies vers le domaine du sacré, ceci uniquement lorsqu’il n’y a pas la moindre crainte d’en arriver à penser à des choses interdites, pendant que l’on écoute ces chansons.

De même, il faut que ces chansons soient de nature apaisantes et non des chansons qui n’inspirent que débauche et stupidité, car s’il s’agit de cette catégorie de chansons, il est certain qu’il n’y a pas de possibilité de permettre leur audition, ni leur utilisation dans un but permis.

Rédigé et adapté par R. David A. PITOUN France 5769 sheelot@free.fr

(à partir des écrits du Gaon Rabbi Ya’akov SASSON shalita)

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[D1]Rabbi Yehouda Hé-’Hassid (Allemagne 12ème siècle)

[D2]RIF Rabbi Its’hak EL FASSI Algérie – Maroc 11ème et 12ème siècle

[D3]RaMA Rabbi Moshé ISSERLEISS Pologne 16ème siècle, opinion Hala’hic principale pour les Ashkenazim

[D4]Rabbi Mass’oud RAKA’H Auteur du Ma’assé Rokea’h Afrique du nord 18ème siècle

[D5]Birké Yossef notre maître le ’HYDA Rabbi ‘Haïm Yossef David Azoulaï, 18ème siècle

[D6]MaHaRaM DI LONZZANO Morenou HaRav Mena’hem DI LONZZANOU Italie 16ème siècle

[D7]Rabbi Avraham AL KLA’I Turquie Israël 18ème siècle.

[D8]Rabbi Shelomo LANYADO (18ème siècle, Av Beit Din de la ville de Halab (Alep) en Syrie, auteur du livre Beit Dino Shel Shlomo)

[D9]Rabbi Avraham ‘ANTABI Syrie 19ème siècle. Grand décisionnaire du monde Sefarade. Auteur de Yoshev Ohalim et d’autres ouvrages.

[D10]Rabbi Morde’haï ‘ABADI Syrie 19ème siècle. Grand décisionnaire du monde Sefarade. Auteur de Ma’yan Ganim et d’autres ouvrages.

[D11]RaMBaM ou Maïmonide Rabbi Moshé Ben Maïmon Espagne – Egypte 12ème siècle

[D12]Rabbi Israël Moshé ‘HAZZAN 19ème siècle. Afrique du nord, Italie, Israël. Auteur de Shou’t Kera’h Shel Romi et d’autres ouvrages de Hala’ha.

[D13]Rabbi ‘Haïm FALLAG’I Turquie 19ème siècle. Auteurs de très nombreux ouvrages comme Roua’h ‘Haïm, Mo’ed Le’hol ‘Haï, Nishmat Kol ‘Haï, ou bien Kaf Ha’Haïm, entre autres…

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