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mercredi 29 avril 2009

Pirké Avot: « Celui dont la sagesse est plus grande que les actes, sa sagesse ne pérennisera pas. »

« Celui dont la sagesse est plus grande que les actes, sa sagesse ne pérennisera pas. »

Puisque nous nous trouvons ce moment dans la période du ‘Omer pendant laquelle nous récitons les Pirké Avot chaque Shabbat en public, nous allons donc - comme l’année dernière et comme tel est l’usage de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Shalita – consacré quelques jours à étudier certains sujets mentionnés dans les Pirké Avot.

Il est enseigné dans les Pirké Avot (chap.3 Mishna 12) :

Celui dont les actes sont plus grands que la sagesse, verra sa sagesse pérenniser. Celui dont la sagesse est plus grande que les actes, sa sagesse ne pérennisera pas.

Notre maître le RASBETS commente dans son livre Maguen Avot :

Lorsqu’il est enseigné ici « Celui dont les actes sont plus grands que la sagesse, verra sa sagesse pérenniser » il ne s’agit pas d’une plus grande proportion des actes sur la sagesse, car sans une importante dose de sagesse, comment l’individu pourrait-il posséder des actes nombreux, puisque les actes ne sont que le fruit de la sagesse et l’ignorant ne craint pas la faute. De même, la Tora dit : « …vous les étudierez (les Mitsvot) et vous les pratiquerez… » Ce qui signifie que c’est l’étude qui entraîne la pratique des Mitsvot.

Cette Mishna désigne en réalité celui qui s’est engager à mettre en pratique tout ce qu’il apprend. Lors de l’engagement, l’acte est déjà considéré comme réalisé. Comme il est enseigné dans la Me’hilta (Parasha de Bo et citée par Rashi sur Shemot 12-28) : « Les Béné Israël allèrent et accomplirent… » Ont-ils ce jour là accomplis le sacrifice de Pessa’h ? Pourtant ce jour n’était que Rosh ‘Hodesh Nissan alors qu’ils n’ont accomplis le sacrifice de Pessa’h qu’au 14 NIssan, pourquoi le texte dit-il qu’ « ils allèrent et accomplirent… » ? Seulement pour nous apprendre que la Torah considère le fait de s’être engagés à accomplir comme s’ils avaient déjà accomplis.

Le RASBETS cite encore d’autres références à travers les enseignements de nos maîtres et qui constituent des bases solides à cette explication.

« Celui dont la sagesse est plus grande que les actes, sa sagesse ne pérennisera pas. » désigne une personne qui étudie beaucoup sans pour temps mettre en pratique ce qu’elle apprend. Dans cette condition, il aurait été préférable de ne pas étudier. Comme il est enseigné dans les Avot de Rabbi Natan : Ceci est comparable à une personne qui se rend chez un épicier en lui disant : « Donne moi du vin et de l’huile. » L’épicier lui répond : « Apporte un ustensile. » La personne amène un ustensile en roseau qui ne peut pas contenir l’huile. L’épicier lui dit : « Tu ne possède même pas les ustensiles appropriés et tu réclames du vin et de l’huile ?! » De même, Hashem s’adresse aux Resha’im (les impies) en leur disant : « Vous ne possédez pas de bonnes actions et vous réclamez l’étude de la Torah ?! » Comme il est dit dans le livre des Tehilim : « Au Rasha, Hashem dit : Qu’as-tu a raconter mes lois ?! »

L’explication de « …sa sagesse ne pérennisera pas » correspond à ce qui est enseigné dans la Guemara Sanhedrin (106b) au sujet de Doeg Ha-Edomi : Doeg n’est mort que lorsqu’il oublia ses connaissances en Torah, comme il est dit dans Mishlé (5-23) : « Il va mourir sans morale, et il s’égarera par sa folie » Car il étudiait sans mettre en pratique.

Cette 2ème partie de la Mishna peut sembler surprenante.

En effet, comment est-il concevable que la connaissance de la Torah puisse adhérer à des Resha’im ? Doeg était un Rasha’ pourtant il n’en était pas moins un très grand sage sans son pareil dans la Torah. Comment peut-on comprendre que la Torah qui n’est que sainteté, qui émane directement d’Hashem depuis le ciel, qui est une Sagesse Divine, et pourtant des Resha’im peuvent montrer de l’assiduité dans son étude et même grandir en elle ! Même Doeg, si ce n’était que le Roi David pria pour qu’il meurt sans sa sagesse et qu’un miracle se produisit et provoqua à Doeg l’oubli de sa Torah comme le rapporte la Guemara Sanhedrin, sans cela il pouvait naturellement quitter ce monde en restant un sage dans la Torah. Comment donc un Rasha’ de cette espèce peut-il de façon naturelle accéder à un niveau si élevé en connaissance de la Torah ?

La réponse à cette question est donnée par le Gaon Rabbi Avraham Israël ZEEVI z.ts.l dans son livre Or La-Yesharim (à la fin du livre Orim Guedolim). Il explique que chaque Ben Israël, au moment où son âme s’est tenue sur le Mont Sinaï, a reçu d’Hashem une part exclusive de la connaissance de la Torah, une part que seule la personne qui la reçoit sera plus tard à même de dévoiler dans le monde. La majeure partie de la Torah que chacun apprend ne provient pas de sa part exclusive mais uniquement des parts qui ont été reçues par d’autres qui l’ont précédé et qui ont déjà dévoilé dans le monde ce que leur âme a reçue sur le Mont Sinaï. Ces commentaires et explications de la Torah qui ont été innovés par nos prédécesseurs, « planent » dans l’air et lorsque nous les découvrons à travers l’étude, nous ne faisons en réalité que les « saisir » dans l’air. Il n’est pas donné à tout le monde d’avoir le mérite d’innover et de dévoiler la part exclusive qui lui a été octroyée sur le Mont Sinaï.

Il en est de même pour les Resha’im.

Même si la crainte d’Hashem n’est pas présente dans leur esprit, ils peuvent malgré tout « saisir » eux aussi dans l’air ce qui a été déjà innové dans le monde dans le domaine de la connaissance de la Torah. Mais ils ne pourront en aucun cas – même avec la plus extraordinaire sagesse – dévoiler et innover cette part exclusive qui a été donnée à leur âme sur le Mont Sinaï.

C’est pour cette raison que le Tana emploi les termes précis « sa sagesse ne pérennisera pas ». Ce qu signifie la part de « sa » propre sagesse ne pérennisera pas s’il n’a pas la crainte d’Hashem à son esprit.

Il y a encore un sens profond à cet enseignement. En effet, celui qui étudie la Torah mais uniquement en disant, en apprenant et en comprenant les choses expliquées par ceux qui l’ont précédé dans les générations antérieures, cet homme n’étudie pas la Torah de façon directe d’Hashem mais en passant par des intermédiaires qui sont les sages qui ont innové ce qu’il étudie présentement. Mais par contre, celui qui a le mérite d’étudier la Torah en innovant et en dévoilant la part qui lui a été exclusivement donnée sur le Mont Sinaï, cet homme a le mérite d’étudier la Torah de façon directe sans le moindre intermédiaire, réellement d’Hashem lui-même.

C’est le sens du verset (dit au sujet du Roi David) : « Hashem est avec lui » car grâce à sa crainte d’Hashem, il avait le mérite d’étudier la Torah directement d’Hashem, et de ce fait, la Hala’ha était systématiquement fixée selon son opinion, car il n’y a que celui qui a la crainte d’Hashem qu a le mérite d’étudier une telle Torah qui représente « sa sagesse » et qui pérennisera.

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